LE PRECURSEUR. By POL P. FERNANA

21 11 2012

Résumer le parcours de Paul Panda Farnana est compliqué, car sa vie prit de multiples détours en raison d’événement personnels, historiques (1914-1918) ou politiques, mais aussi des errements coloniaux.

Le premier coup du sort se transforma en trait de génie pour le jeune Panda : engagé comme « nounou » à l’âge de 7 ans, il est adopté par la sœur de son « patron » au décès de celui-ci. Admiratrice de la pensée humaniste de Tolstoï, Louise Derscheide l’élève comme son fils et en fait le premier agronome noir de Belgique, diplôme obtenu avec distinction. Un statut qui gêne plus qu’il n’honore l’administration coloniale belge. Le brimant et le pénalisant régulièrement pour ses travaux ou ses écrits, elle lui fera vivre bien des tourments.

Dire qu’il fut l’un des premiers militants du panafricanisme et le précurseur du nationalisme congolais est un point de départ. Oubliée en Belgique comme au Congo, cette figure tutélaire inspira pourtant, bien des années plus tard, Patrice Lumumba dans ses premiers combats et ce n’est pas un hasard si les deux hommes partageaient le même goût de l’art oratoire.

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LA REVOLUTION DE LA GRENADE. By MAURICE RUPERT BISHOP

11 11 2012

« The links between our People and the 30 million Black People of America go far back into the chronicles of the European assault on our Ancestral Land and our common struggle against racist oppression and the enforced transportation of our …

Ancestors to the Americas… » – Maurice Bishop (RIP).
Le 19 octobre 1983 mourait assassiné Maurice  Rupert Bishop par ses opposants aidé par les  américains sous le gouvernement de Reagan. Il était un Leader Révolutionnaire de la Grenade, Premier ministre de l’île de 1979 jusqu’à sa mort.




L’ARCHITECTURE. By Michel Mbakago

18 10 2012

L’architecture est art de suggestion, c’est la physionomie des nations, c’est de la musique figée

C’est ce qui fait les belles ruines.

Rondavelle du botswana .


Tres beau mariage réussi entre architecture moderne et tradition.

Voilà aussi des types d’exemples qui pourraient nous inspirer sur ce qu’il faut faire.

Michel Mbakago





LES DÉFIS DE L’AFRIQUE : L’AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE. by L’APICULTEUR

30 09 2012


Les discussions que nous avons ici sur le plan culturel et historique sont capitales pour le développement de l’Afrique mais elles ne prendront de sens que lorsqu’elles seront vulgarisées à l’échelle de la société. Or des populations qui connaissent la faim, des enfants surtout, ne seront jamais dans les dispositions nécessaires à l’assimilation de ces connaissances. L’émancipation intellectuelle à laquelle le pays doit aspirer se fera seulement si une masse critique d’africains ne connaît plus la faim. Le premier besoin d’un être humain est de se nourrir et nous verrons dans les lignes qui suivent les contradictions des économies africaines sur ce point et les leviers qui peuvent être activés pour parvenir à l’autosuffisance.

Une économie connaît presque toujours 3 phases de développement qui se succèdent et se chevauchent jusqu’à l’avènement du bien être pour tous. La première phase du développement repose sur le secteur primaire, c’est à dire l’agriculture. Le préalable vitale consiste à donner à manger à la population et toute économie qui part de zéro doit d’abord assurer la suffisance alimentaire à sa société. Quand elle arrive à se nourrir sans recourir à l’importation, on parle d’autosuffisance.

La deuxième phase repose sur le secteur secondaire, c’est-à-dire l’industrie. Le peuple nourri transforme les ressources de la nature pour bâtir des infrastructures nécessaires à son développement, telles que les habitations, les écoles, les hôpitaux et les moyens de transport essentiellement. La troisième phase enfin s’appuie sur les services. La nation suffisante sur le plan alimentaire et industrialisée a envie de se distraire et c’est à ce moment qu’interviennent les loisirs, les médias de divertissements etc…

Les économies africaines sont des économies qui doivent pour la plupart partir de zéro. On en est donc au stade primaire. La faim frappe régulièrement chez nous alors que nous sommes bénis par une abondance de terres fertiles et Thomas Sankara a réussi à nous prouver que nous n’avons pas besoin d’importer la nourriture. Nous ne pouvons pas nous plaindre du matin au soir du fait que les chinois s’accaparent nos terres quand nous-mêmes ne faisons pas grand-chose d’elles.

On sait à quel point le travail de la terre est souvent mal vu en Afrique. Les jeunes africains, noyés dans le modèle d’une économie de services que projettent les médias occidentaux, font pour beaucoup des choix de carrière qui répondent mal aux besoins du terrain. C’est aberrant de voir tous les jeunes qui font des études de marketing par exemple alors que le continent a besoin en priorité d’agronomes et de techniciens.

Un autre obstacle à l’autosuffisance alimentaire est la cupidité des producteurs et des vendeurs. Nous vivons aujourd’hui dans un système féodal emprunté à l’occident, où la terre est un bien privé, alors que dans le MPA (le mode de production africain), elle appartient à tout le monde. En attendant que ça change, c’est d’une génération différente de propriétaires terriens dont nous avons besoin.

Je n’oublierai jamais les agriculteurs qui stockaient les sacs de céréales au Niger pendant que la famine décimait les enfants, dans le seul but de spéculer, c-à-d de faire grimper le prix de leurs productions. Il faut moraliser le secteur et la Maât peut aider dans ce sens, car elle interdit la spéculation sur le grain. Moi qui ai vécu dans une grande ville où un doigt de plantain coutait jusqu’à 100 francs CFA, il m’a suffit d’aller en campagne où le même doigt, revendu, coutait 25 francs CFA. Beaucoup de vendeurs se font donc des marges bénéficiaires exorbitantes et on se rend compte qu’il est tout à fait possible de faire baisser les prix.

Si vous pensez à travailler la terre dans le seul but de vous enrichir de manière excessive alors que le panier de la ménagère s’allège un peu plus, alors vous êtes nuisibles à l’Afrique. Le producteur comme le vendeur doit pouvoir s’enrichir de manière modérée et il doit être motivé par la volonté d’enrichir la société en lui permettant d’être suffisante sur le plan alimentaire.

En résumé selon moi, nous devons partir à l’assaut de nos terres, nous devons nous doter de connaissances en agronomie et il faut faire baisser considérablement les prix en minimisant les bénéfices des producteurs et des vendeurs que beaucoup d’entre nous serons.





LA REINE NDATE YALLA MBODJ. By Sidya Léon Diop

19 09 2012


La linguère Ndaté Yalla Mbodj (1810-1860) est la dernière grande reine du Waalo, un royaume situé dans le Nord-Ouest de l’actuel Sénégal.
C’est une héroïne de la résistance à la colonisation française dans l’Afrique de l’Ouest du xixe siècle. Elle est la mère de Sidya Léon Diop – ou Sidya Ndaté Yalla Diop – qui deviendra à son tour l’un des plus grands résistants à la colonisation du Sénégal.

Succédant à sa sœur Ndjeumbeut Mbodj, elle s’est battue avec acharnement à la fois contre les Européens et les Maures.
Elle est officiellement couronnée reine du Waalo le 1er octobre 1846 à Nder, la capitale. Dès le début de l’année 1847, elle se heurte aux autorités françaises et réclame un droit de passage pour les Soninkés qui approvisionnent Saint-Louis en bétail.
L’abbé Boilat, reçu en grande pompe par la reine le 2 septembre 1850, décrit sa demeure dans Esquisses sénégalaises.
En février 1855, alors que les colonnes de Faidherbe sont entrées au Waalo avec 15 000 hommes, la linguère s’adresse ainsi aux principaux dignitaires de son pays:

« Aujourd’hui nous sommes envahis par les conquérants. Notre armée est en déroute. Les tiédos du Walo, si vaillants guerriers soient-ils, sont presque tous tombés sous les balles de l’ennemi. L’envahisseur est plus fort que nous, je le sais, mais devrions-nous abandonner le Walo aux mains des étrangers ? »

« Ce pays est à moi seule! » Lorsque les Français arrivent au Sénégal en 1855 pour le coloniser, la première force de résistance qu’ils rencontrent est une femme. Son nom: Ndaté Yalla Mboj. Alors qu’en France la citoyenneté féminine ne sera reconnue que 90 ans plus tard, ce n’est pas sans surprise que les Français découvrent cette femme au beau visage, à la corpulence forte et à la tête d’une immense armée.

Pour comprendre l’histoire de cette femme au courage absolu, il est nécessaire de rappeler qui était sa famille. Ndaté Yalla vient de la famille Tédiek, une famille qui s’est enrichie au cours de son long règne en accumulant une fortune et des armes grâce à des échanges avec les comptoirs français.

Notez qu’en ces temps là, les souverains sénégalais des Royaumes Wolofs portaient le titre de « Brack« , et les mères ou soeurs des souverains étaient appelées « Linguères« . Les linguères pouvaient succéder aux souverains et certaines dirigeaient elles même leur armée.

A la mort du Brack Kouly MBaba Diop en 1816, sa cousine la Linguère Fatim Yamar Khouriaye Mbodj lui succède et décide d’élir son mari Amar Fatim Borso Brak du Waalo. C’est la première fois qu’une Linguère est en même temps l’épouse d’un Brack. Les Linguères étaient préparées à diriger leur peuple, politiquement et militairement. Elles étaient formées au métier des armes et savaient défendre le Royaume, même en l’absence des hommes.

Un exemple est celui des Evènements de Nder:

le mardi 7 mars 1820 le Brack se trouve dans la ville de St Louis pour s’y faire soigner en compagnie des hauts dignitaires de sa cour. Les guerriers des deux états voisins, les Maures, profitent alors de son absence pour attaquer la capitale, mais ils reculent très vite face à la riposte d’un groupement de femmes téméraires armées jusqu’aux dents et dirigé par Fatim Yamar elle-même. Lorsque les guerriers vaincus retournent chez eux, leur orgueil leur pousse à revenir et à finalement venir à bout de ces femmes. Cette fois, l’armée féminine ne tient pas face aux hommes, mais la Linguère et ses compagnes préfèrent se brûler vives plutôt que de faire face au déshonneur. Fatim Yamar décide de tout de même faire échapper ses deux filles de 10 et 12 ans, Djeumbeut et Ndaté Yalla, afin de perpétuer sa lignée. Eduquées en guerrières, les deux filles dirigeront plus tard le royaume.

Sidya Léon Diop




Les Africains sont ils chez eux en Afrique ? By Rachel Kinuani

27 08 2012

J’en connais qui riront en lisant cette question, tellement la réponse leur semble logique.

Ils ont raison, ou dois-je dire, ils devraient  avoir raison, mais nous verrons que dans la réalité tout ne se passe pas toujours comme cela devrait l’être !

Si l’on demande à un enfant ,où rentre-t-il après les cours, surement il nous répondra ,chez nous et effectivement ce petit enfant aura raison parce que chez ses parents ,c’est chez lui, c’est l’endroit où il doit se sentir, en sécurité, protégé, entouré d’amour, des siens et épanoui.

Mais on verra qu’avec les années, le petit enfant qui criait à tout bout de champ je rentre chez nous, une fois devenu homme, il voudra avoir une autre  maison, sa propre maison, son chez soi…mais qu’est ce qui a changé du petit enfant? Surement ,certains des paramètres ont fait que l’enfant ne se sentait plus chez lui, dans la maison familiale alors que ses parents y vivent toujours ou encore d’autres membres de la famille…vous vous demandez où je vais en venir! Un peu de patience…

Revenons  donc à notre question, les africains sont ils chez eux en Afrique ?

Qu’entend on par chez eux ??? Comme la maison familiale de ce petit enfant, l’Afrique offre-t-elle aux africains : la protection, la sécurité, l’épanouissement qu’elle devrait ?

En sachant toutes les guerres qu’a connu l’Afrique (le génocide, la guerre à l’est au Congo, la guerre en Côte d’Ivoire et plus récemment le Mali et j’en passe…) et qui ont occasionné autant de morts, je ne pense pas que l’Afrique offre la sécurité nécessaire aux africains, je pense même qu’ils sont plus en danger en Afrique parce que non seulement victimes de l’insécurité militaire, de l’abus de pouvoir de la part certains dirigeants mais aussi victimes de l’insécurité économique, de la précarité ,de manque de soins de santé adéquats  et dans ces conditions, comment voulez-vous que les africains se sentent épanouis en Afrique…ou se sentent chez eux tout simplement, d’aucuns s’étonnent qu’il y ait autant d’immigrés clandestins en Europe arrivant d’Afrique  mais si ils ne se sentent plus en sécurité chez eux, ne se sentent plus épanouis chez eux, on pourrait les comprendre ou du moins ils peuvent justifier leurs démarches, en disant qu’ils sont à la recherche d’un chez soi qui leur offrirait toutes les conditions que l’Afrique, qui devrait être leur chez soi naturel, ne leur offre plus !

Surement qu’à une certaine époque, (avant la colonisation je dirai ), les africains étaient chez eux en Afrique mais depuis, et même après l’indépendance, l’Afrique est devenue le chez soi des  non autochtones qui s’enrichissent en se servant de toutes les ressources que peut offrir l’Afrique tant naturelles mais aussi humaines qu’on arriverait à se demander si les non africains ne sont pas plus chez eux en Afrique que les africains eux-mêmes.

Parce ce que malgré l’indépendance politique, on sait qu’il y a toujours une main mise des puissances étrangères sur les pays africains visant à maintenir leurs intérêts au détriment parfois de ceux des africains eux-mêmes !

Eu égard à ce que  je dis plus haut, je pense que chez ‘’nous,’’c’est pas le lieu où nous sommes nés ou notre lieu de provenance mais le lieu où nous nous sentons le mieux ,en sécurité et épanouis, se basant sur ces critères, je dirai que les africains malheureusement ne sont pas chez eux en Afrique…comme tout africain enfin je l’espère, je nourris l’espoir que cela arrivera un jour mais le chemin reste encore long, et  cela doit passer nécessairement par une prise de conscience générale et par une volonté collective des africains de se réapproprier ce qui leur est dû de droit non de mains des non-africains mais aussi de celles de certains africains qui sont au pouvoir et qui profitent seuls de toutes les potentialités que peut offrir l’Afrique !

Rachel Kinuani

 





RUDOLF DUALA MANGA BELL, HÉROS CAMEROUNAIS ANTICOLONIALISTE. by AFROCHILD

22 08 2012

Héritier du clan royal des Bell, né en 1873 à Cameroontown (aujourd’hui Douala), Rudolf Duala Manga Bell a effectué la première partie de sa scolarité au Cameroun et la seconde partie de sa scolarité (lycée et université de droit) en Allemagne.

Le 12 juillet 1884, une partie des chefs des différentes tribus de Douala signent un traité de protectorat « Germano-Douala » qui place la ville sous la protection de l’Allemagne. Cameroontown est alors renommé Kamerunstadt.

En 1896, Rudolf est retourné vivre au Cameroun, s’est marié avec une Anglo-Camerounaise, Engombe Dayas, et est devenu fonctionnaire.

Le 2 septembre 1908, Duala Manga Bell accède au trône royal de la dynastie des Bell (fondée en 1792) suite à la mort de son père.

Deux ans après, un gouverneur allemand au Cameroun, Théodore Seitz souhaite faire de Douala (renommée ainsi en 1907), une ville exclusivement réservée aux Allemands et y construire l’un des plus grands ports d’Afrique. Pour l’exécution de son projet, il planifie de confisquer les terres des autochtones et de les en exclure.

Le roi désapprouve immédiatement ce projet en répliquant aux Allemands que le pacte de 1884 n’autorise pas l’expropriation des autochtones de leur lieu d’habitation. Un long bras de fer va alors commencer….

À partir de 1910, le chef de tribu va lutter avec les moyens dont il dispose selon la loi (pétitions, envoi d’émissaires en Allemagne, en France, en Angleterre,…) contre la mise en place du projet.

Toutefois, en 1913, le programme d’urbanisation devient réalité.

Constatant que les occupants se moquent de la loi et chassent les natifs, l’héritier s’allie avec les chefs d’autres villes du Cameroun pour contrer les plans des autorités coloniales.

Au courant de la mutinerie, les Allemands arrêtent le leader résistant le 10 mai 1914, l’accusant d’haute trahison, puis l’exécutent par pendaison le 8 août 1914 á Douala.