Leçon 8 TERRITOIRE RACISME ET IMMIGRATION

Territoire, Racisme et Immigration ou L’histoire des liens et les liens de l’Histoire.

 

Bonjour à tous et merci de nous suivre. Petit à petit ce chemin est entrain de nous mener vers la réappropriation de notre Histoire.

En parlant d’Histoire, vous êtes-vous jamais demandés d’où peut bien nous venir cet attachement instinctif, presque irrationnel, que nous avons pour notre Pays, notre ‘Territoire’ ? Un attachement qui, quelques fois, peut occulter notre humanité et nous pousser à devenir un véritable danger pour nos semblables.

Nous ne pouvons vous promettre que sur quelques lignes d’écriture nous allons vous rationaliser ce sentiment irrationnel. Pour autant, en y réfléchissant, peut-être qu’un raisonnement par paliers successifs nous permettra d’approcher un début d’explication.

Sur un premier palier, nous retrouvons une définition triviale, terre-à-terre, de la notion de ‘territoire’, à savoir une limite géographique, une portion du globe terrestre. Cette seule définition ne permet, évidemment, pas d’expliquer la fierté et parfois les passions, que suscite le territoire dans le cœur de ses habitants. Quoique!!!… Montons ensemble sur le second palier pour nous rendre compte que ce morceau de la surface terrestre que le langage humain a nommé ‘territoire’, acquière nettement plus d’importance. Ce second palier, c’est le territoire entendu comme un patrimoine, une ressource. Il devient alors une propriété sur laquelle il faut affirmer son AUTORITE contre ce que l’on va désormais appeler des ‘étrangers’. Naissent alors et s’incrustent dans le discours social des incantations que ne font que nous confirmer dans notre conviction qu’il ne s’agit plus d’une simple portion de la planète mais bien d’un bien propre. Nous nous entendons dire sans tiquer que « ces étrangers viennent nous voler NOTRE travail, NOTRE pain … » que « chez NOUS, il n’y a pas assez de place pour tout le monde »…Le territoire devient NOTRE territoire.

Mais, c’est sur le troisième palier que la notion de territoire prend toute sa dimension dans l’inconscient social. L’homme apporte un sens culturel à la notion de territoire qui n’est plus un simple lopin de terre ni même une question d’appropriation de ressources, un patrimoine, mais une notion métaphysique: la PATRIE, la NATION. On entre alors dans le domaine des jugements de valeurs où l’étranger est celui qui n’est pas des NOTRES pour dire qu’il n’a pas les mêmes valeurs, les RACINES CULTURELLES que nous. A ce stade, le territoire prend un sens sacré qui s’encre dans l’imaginaire comme le fondement de notre identité. Il ne faut pas remonter loin dans l’histoire de l’humanité pour en apercevoir les conséquences quelques fois désastreuses. Il existe, d’ailleurs, un exemple particulièrement édifiant dans l’histoire contemporaine : au Moyen-Orient, depuis près d’un siècle, l’Israël et la Palestine se déchirent pour une terre (pourtant quasi désertique !), l’un et l’autre affirmant sans en démordre qu’il s’agit de son territoire puisque c’était la terre de ses ancêtres et de ses saints; en Afrique, la Côte-d’Ivoire a inventé la notion de ‘l’ivoirité’, le Congo celle de ‘la congoléité’ pour opposer (parfois dans un bain de sang) ce qui sont de vrais citoyens, de vrais patriotes, de ceux qui ne sont que des étrangers pour ne pas dire de nuisibles envahisseurs. Au Rwanda et au Burundi, les guerres ethniques qui opposent depuis des dizaines d’années les hutus, les tutsis et les twas trouvent partiellement leur fondement dans les notions de territoire, d’immigration et de pouvoir.

De ce palier au RACISME, il n’y a qu’un pas que d’aucuns n’hésiteront pas à franchir en faisant un amalgame entre des valeurs nobles (l’amour de la patrie, l’affirmation et la revendications de certaines racines culturelles propres) et un complexe de supériorité qui les poussent à prendre de haut tous ce qui ne sont pas de ‘leur sang’. Mais, ne nous y trompons pas! Le racisme ne se montre pas toujours au grand jour. Baudelaire disait: « La ruse du Diable, c’est de faire croire qu’il n’existe pas! ». Alors, regardez-y à deux fois avant d’adopter innocemment certaines attitudes, de donner du crédit à certaines paroles anodines en apparence ou à certaines pensées que nous croyons justifiées. Sachez y déceler le racisme intellectuellement violent et quelques fois meurtrier qui s’y dissimule. Un racisme qui prend ses racines dans ces fausses idées que nous nous faisons de ce que nous sommes censés devoir à ‘notre’ territoire. Un racisme qui ne fait que justifier un besoin nettement moins avouable quoique tellement humain : la domination, le pouvoir. En effet, en relisant l’analyse faite des trois paliers, on se rend vite compte que tout tourne autour de l’appât du pouvoir, de l’envie de domination. Revendiquer un territoire, c’est vouloir affirmer son autorité sur ses semblables.

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La Voix des Hommes

« Les mots, les sons, le pouvoir, sont les symboles de l’Homme.
C’est ce que nous utilisons contre l’oppression.
On ne se sert ni de bâtons, ni de pierres, ni de fusils.
Un de nos messages pour la planète dit :
Rassemblons-nous, sœurs et frères,
Le Temps nous échappe.
Ecoutez la Voix des Hommes, Elle appelle tout le monde.
Cette Voix est pour tous ceux qui l’accepteront… »

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AUTRE MEMOIRE
Hadelin DERONT

Fuir à l’essentiel,
Mémoire
Où l’on revient toujours,
Les yeux fermés

D’un battement d’aile.

(in Lunes de gaz)

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ATELIER II

Antoine TSHITUNGU KONGOLO : Le racisme est une notion qui a atteint son apogée en Europe au 19eme siècle – en Europe mais également hors de l’Europe – avec une argumentation scientifique très sophistiquée même-si elle n’est pas toujours crédible. Le 19eme siècle est le siècle le plus raciste de l’histoire car on a fait du racisme une théorie avec la naissance de l’idée de race pure qui fondait le nationalisme. Cette théorie est venue, en fait, cautionner, la domination de l’autre. Les clichés racistes sont apparus quand on a voulu justifier la traite négrière, la colonisation … Mais, la hiérarchisation des races, des peuples est interne et externe. Vous remarquerez, par exemple, que même dans des pays comme la France qui se disent les champions des droits de l’Homme aujourd’hui, certaines populations étaient très dénigrées : au 19ème siècle, par exemple en France, quand on vous parle de bretons, on entend des gens qui ne parlent pas français, presque des sauvages ; quand on parle des gens du midi, on entend un peu les noirs de l’époque, des gens un peu trop ‘spontanés’…

Quant au lien direct entre le racisme et le colonialisme, je n’en vois pas. Le colonialisme est d’abord économique. N’oublions pas que les premières colonies sont d’abord le fruit de natifs qui vont s’installer dans une terre neuve – comme les anglais l’ont fait en Amériques – tout en gardant un lien avec la mère patrie.

Le racisme n’est donc pas inné. D’ailleurs, le langage humain lui-même n’est pas inné. Inné signifie ‘qui tient à la nature de façon génétique’. La biologie et la culture ne sont pas des choses à mettre ensemble. Il ne faudrait pas que l’on fasse de l’antiracisme en partant des mêmes faux arguments car, n’oublions pas que les défenseurs des théories racistes ont, quant à eux, fait cet amalgame. La culture est un acquis !

Ce qu’il faut faire pour comprendre le racisme aujourd’hui, c’est de démontrer que ces idées reviennent de plus en plus là aujourd’hui : quand on parle d’un ministère de l’identité nationale, par exemple, on peut se demander s’il n’y a pas de liens entre les notions de territorialité, de racisme et de l’immigration …

Juste SINDIHEBURA : Mais, ne croyez-vous pas que la notion même de territoire n’est-elle pas absurde puisque la terre en soi n’a pas de frontières physiques bien définies.

A.T.K. : Lorsqu’on regarde une carte du monde, on va se dire la France est ‘ici’ ! Mais, il faut se rappeler que ses frontières ont très longtemps fluctuées. D’ailleurs, l’Europe est le dernier continent aujourd’hui qui change encore de frontières et ce n’est pas fini !
Donc le territoire, comment le définit-on ? Pour les nationalistes, ça sera toujours quelque chose de fermer.

J.S. : Mais, une territorialité trop affirmée, ça justifie quoi ?

A.T.K. : Il faut montrer le lien entre la territorialité et la phobie des étrangers. Ce qu’on reproche aux étrangers, c’est d’apporter une culture incompatible à une culture interne. Par exemple, l’immigré du Sud va poser problème dans les pays occidentaux parce qu’on l’accuse d’être polygame dans une culture exclusivement monogame. La question à poser est, donc, la définition de ce qu’est la culture d’un pays. Le racisme n’est pas au niveau de ce qui est dit, il est au niveau de ce qui n’est pas dit ! Il faut, donc, déceler cette subtilité.

Valentin SAUVAGE : Je pense que le racisme est inné à tout homme et qu’il est induit par la territorialité. Tout homme a besoin de se définir pour pouvoir exister et en se définissant, il se donne un territoire et risque alors de devenir raciste.

Le racisme devient, donc, une exclusion pur et simple de ce qui étranger à soi, car cela représente un danger. C’est donc une façon de se protéger mais qui devient mal saine à cause de la peur qui pousse à généraliser et à exclure la personne étrangère du fait même qu’elle soit différente.
J.S. : Le besoin de s’identifier à un territoire est inné à l’homme ? Je ne suis pas d’accord car alors on nierait la qualité d’hommes aux nomades par exemple. Eux n’ont pas de territoire défini !

V.S. : Eux aussi ont groupe …

Eurydiane BUKURU : … et ils ont un territoire, tout leur appartient.

A.T.K. : C’est ça !

J.S. : Cela dépend de la manière dont on définit le territoire, si on le définit comme une frontière géographique où…

A.T.K. : L’attachement au territoire lorsqu’il est trop accentué, il y a un danger que l’on tombe dans le nationalisme. Une nation, c’est une communauté de valeur et le vouloir vivre ensemble. Le discours raciste va ramener la nation au territoire. On accentue la différence culturelle d’où on retombe dans la barbarie.

E.B. : Moi je suis burundaise et c’est pas une question de territoire, c’est un truc qui est vraiment ancré dans nos têtes. Regardez le problème ‘hutu, tutsi’…

J.S. : Il y a, même là, un lien avec le territoire. Celui qui va dire ‘moi je n’aime pas le tutsi parce qu’il vient d’ailleurs’, en fait, il dit ‘moi je n’aime pas le tutsi parce qu’il m’a envahi dans mon territoire à moi’.

E.B. : Oui mais le tutsi qui dit qu’il n’aime pas le hutu, il le dit pourquoi ?

Antoine de LOPPEM : disons qu’il y a un aspect ici qui m’échappe, moi j’ai besoin … concrètement, quelles sont les mesures … euh … on a un point de vue occidentale en parlant de l’Afrique, c’est deux choses apparemment différentes … Nous avons parlé de beaucoup de choses …Donc mais quoi. ?

Philippe MELONI : Je comprends l’idée mais j’aimerais qu’on soit, en premier lieu, d’accord sur ce que ne va pas …

A. De L. : Mais, moi je n’y connais rien sur l’histoire de l’Afrique. Donc, je me demande notamment par rapport à l’immigration : comment faire, par exemple, pour faire en sorte que toute la planète soit ouverte, parce qu’on est tous un , tous égaux !

La structure sociale dans laquelle on vit est construite depuis des centaines et centaines d’années et maintenant qu’on est trop nombreux et qu’il y a des abus en Afrique, comment faire concrètement pour essayer d’équilibrer la balance.

Je pense que pour faire en sorte que les puissants soient obligés de changer certaines choses, il faudrait une espèce de mouvement de masse. Ce qu’on fait ici c’est de la culture et de l’information … Evidemment, c’est le rêve de beaucoup de gens de pouvoir vivre dans une société où toutes les frontières sont ouvertes. Blancs, noirs, jaunes, vert … que les richesses effectivement soient reparties de manière plus équitable. D’accord mais tu vois …

P.M. : ce qui est intéressant d’un point de vue d’italo-belgo-burundais de Shashamane avec un enrichissement d’opinion : je suis né et j’ai vécu au Burundi, un pays très enclavé, mais vivre en Europe fait du bien, on voit des indiens, arabes, noires … quand on est trop enfermé, ça manque de dynamisme, c’est vide, c’est un gros problème. Mais, c’est vrai que trop mixage peut faire perdre l’identité commune et perdre les repères. Mais, c’est le jeu ! De toute façon les gens viennent ici parce que c’est une terre prospère, sécurisée, avec des droits de l’homme … C’est ce qu’on recherche ! Mais si ça tourne mal on partira. Si c’est la Chine qui prend le relais on espèrera peut être tous partir en Chine. Depuis la nuit des temps, ça a toujours été comme ça, on se passe le mot, il faut aller la bas, il y a ci et ça et tout…

J.S. : Il fallait d’abord dire ce qui ne va pas, mais c’est vrai que tu as raison, on a posé la théorie, on a dit ce qu’il n’allait pas, comment maintenant résoudre les problèmes ?

A. De L. : Et ceux qui veulent changer ça …
Nicolas MBOSO : on les tue !!!

J.S. : Mais oui, rentres en Afrique avec tes doctorats obtenus ici, que vas-tu faire là-bas ?

N.M. : C’est nous – et non pas les politiciens – qui pouvons changer les choses. Le petit peuple, les blancs, les noirs ensemble, la population.

A. De L. : Il faudrait en fait que la masse prenne conscience qu’il y a du pourri là-bas !

N.M. : C’est nous les jeunes qui devons faire quelque chose !

A.T.K. : Revenons à ce qu’on disait au début. La territorialité ce n’est pas seulement dans l’espace, c’est aussi ce qu’on a créé à l’extérieur. Par exemple, moi je suis né à Elisabethville. En principe, j’ai la nationalité belge ! Pourquoi je ne peux pas venir ici ? Pourquoi on se demande ce que je fais ici ? Ca n’a pas de sens ! Il y a donc une sorte de lecture sélective, de l’oubli. Je vois beaucoup de jeunes de votre âge dont le grand père est allé au Congo, il raconte des histoires et des histoires mais ils oublient beaucoup de choses !
Moi je suis né belge, donc il est normal que je sois là.

Mais, ce que je veux aussi c’est que le belge puisse aller au Congo sans restriction.

J.S. : Ce qui ne va pas en Afrique, c’est qu’on ne fait qu’y envoyer de l’argent.

A.De L. : Qui ‘on’ ?

J.S. : la partie la plus aisée de cette planète bien-sûr ! Elle dit, on va vous donner ou vous prêter de l’argent. Mais, ça ce n’est que ‘arroser’, ce qu’il faut c’est ‘planter’.

N.M. : Ça, je crois qu’il a compris. Lui il pose une question qui est claire ‘comment faire pour renverser la situation ?’

J.S. : ce n’est pas les dirigeants qui vont changer ça. Ils connaissent bien la situation et savent ce qu’ils cherchent. C’est le français ou le belge à qui ont dit que les africains envahissent leur pays, qu’ils volent leur emploi (etc.) qui doivent changer leur manière de voir l’Afrique. Car, l’africain aime bien son Afrique. S’il pouvait y rester, il y resterait.

A.T.K. : Est-ce que vous avez suivi les statistiques sur la population en Belgique. La population a augmenté. On a fait une cartographie et qui fait le plus d’enfants ? C’est Molenbeek ! Conclusion : puisque ce sont les immigrés qui font le plus d’enfants et que, par principe, ils ne travaillent pas, ce sont eux qui sont à l’origine du trou dans la sécurité sociale.
(…)

A.T.K. : Et là on verse dans le racisme ! C’est clair !

E.B. : Je pense qu’on a toujours besoin de rabaisser l’autre pour être mieux que lui.

A.T.K. : En Afrique, ce n’est pas mieux ! Pourquoi un blanc ne peut pas être burundais, congolais ou Rwandais. On a un héritage historique très mal géré. C’est comme si tout ce qu’on a vécu ensemble n’a pas de valeur.

Moins on accepte les autres, moins on s’accepte soi-même ! Je me souviens à l’université, il y avait des étudiants des trois pays, Congo, Rwanda, Burundi. Certains voulaient vivre seulement entre eux et rien qu’entre eux. On doit casser ces carcans là ! Un homme, c’est un homme ! Ce qui manque en Afrique c’est l’humanisme !

N.M. : C’est sur !

A.T.K. : Traditionnellement on est très accueillant en Afrique – on l’a tellement été que certains en ont abusé. Mais aujourd’hui partout en Afrique, la haine de l’étranger est là ! Pour des raisons surtout économiques mais aussi idéologiques et identitaires.
Pourquoi nous ne dénonçons pas les fascismes noirs tel que Mugabe du Zimbabwe par exemple. Mais, dans tous les cas, ça reste une entente entre puissants. Au Zimbabwe, les fermiers blancs se font chassés de leurs propriétés mais Yann Smith (ancien premier ministre sud-africain) lui est toujours là! Est-ce que quelqu’un est allé prendre la ferme de Yann SmiTh? On ne prend que les fermes des petites gens, des gens faibles.
Mais, ce que je veux dire, c’est que en Afrique les mentalités des jeunes de 18 ans donnent envie de pleurer. C’est à se demander pourquoi nos ainés se sont battus pour l’indépendance. Ils voulaient construire une Afrique ouverte accueillante et aujourd’hui les africains ne rêvent qu’à tuer le voisin. Ce n’est pas normal! Et quand ils arrivent en Europe, ils veulent qu’on les accueille.

J.S. : L’économie a quand-même une grande part de responsabilité. Si je ne mange pas une journée, puis deux, puis une semaine, peut-être que je vais commencer à avoir les crocs contre mon voisin qui lui a sa petite vache ou son petit champ. Et comme vous le disiez tantôt, la peur et la haine du voisin ne seront qu’une justification

E.B. : Alors, vous croyez que si on leur donnait à manger suffisamment ils ne s’entretueraient plus?

J.S.: oui! Pourquoi aller tuer son voisin alors …

E.B.: parce qu’on a toujours besoin de quelqu’un de plus pauvre, de plus malheureux pour se sentir mieux. Je pense que c’est dans l’homme; c’est notre part de sadisme

A. T. K.: c’est lié au pouvoir aussi …

N.M. : c’est un point de vue qu’on peut comprendre dans un monde où le capitalisme a créé une situation …

A.T.K.: parce que les noirs ne sont pas capitalistes d’après toi?

N.M. : non, je n’ai pas dit ça! Ils sont, je crois, devenus capitalistes … Mais, c’est un gros débat! Je parle ici de tous les hommes anciens. Dans le le temps, ils ne pensaient pas et ne vivaient pas comme à notre époque.

P.M. : c’est un thème lourd c’est vrai …

A. De L. : c’est une impatience aussi. Ça fait tellement longtemps qu’on se demande quoi faire …

P.M.: d’après toi, ça ne changera pas?

A. De L.: Non! Il faut que ça change!

E.B.: je crois qu’il faut dire merci d’être bien né alors! Il faut se rendre compte de la chance que l’on a et peut-être offrir la même chance aux autres. Il faut se dire ‘j’ai une prise de conscience, je ne vais plus agir comme ça’. Parce que tout le monde a eu, à un moment ou un autre, eu des pensées racistes (ethnistes …). Peut-être qu’il faut y réfléchir et offrir sa réflexion aux autres. Ça peut être un début d’action.

A. De L.: ce qui est vrai aussi c’est qu’on est très inconsciemment influencé par les médias (les ‘Tintin au Congo’ …). On ne s’en pas forcément contre mais …

E.B.: justement, ça c’est déjà une prise de conscience.

J.S.: il doit exister des milliers de voies de solutions. Nous, on a pris celle qui consiste à dire au monde que les médias qui lui ont servi telle histoire sur l’Afrique ont oublié de préciser tel ou tel autre détail. C’est un travail de fourmi mais le jour où l’on aura reconstitué tout le puzzle le regard du monde sur l’Afrique changera.

A.T.K: le changement de regard est important.

J.S.: parce qu’à force de dire à tout le monde qu’en Afrique il n’y a que des conflits, à moment donné, la routine fera disparaître la compassion des gens … A force, on éloigne l’Afrique des cœurs des gens

A. De L.: c’est la technique … c’est ce qui est voulu!

N.M. : le diamant!!!

A.T.K.: une remarque …, ce n’est pas contre toi (il s’adresse au cameraman) mais la notion qu’on a de son propre pays est capitale. Si le Congo n’est que du diamant, on peut comprendre aussi la bêtise de la jeunesse actuelle. Elle ne voit pas la communauté des gens, la richesse humaine. On l’a tellement chosifiée que leur pays est devenu une chose aussi. Elle le défend comme un chien qui défendrait son os. Ça ne vas pas!!!

N.M. : mais, c’est quand-même une part de la réalité qu’aujourd’hui on tue les congolais entre autres pour le diamant, non?

A.T.K.: le diamant, ils l’auront pendant très longtemps sans devoir tuer!

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Francesca FERRAGNI

Les premiers immigrés, pour longtemps, chez nous, ont été les sénégalais, les vendeurs des bracelets, des briquets, des cd gravés, ceux qu’on trouvait l’été sur nos plages à la mer à vendre bijoux et serviettes, en marchant toute la journée sous le soleil brûlante avec leurs énormes sacs bondés chargés sur l’épaule. Ils étaient là, on les croisait dans la rue, on achetait même des trucs chez eux, mais en réalité on ne les voyait pas et par conséquent on ne se posait pas de questions, où ils vivaient ? Avaient-ils une famille, des enfants ? D‘où ils venaient et qu’est ce qu’ils allaient chercher dans notre pays ? Je n’en comprenais pas le sens, mais on les appelait « marocains », seulement maintenant je m’aperçois que dans ce mot il y avait déjà une prise de distance et une profonde déficience.

Quand j’ai grandi, à la télé on commençait à parler des débarquements en Sicile, dans les Pouilles, les images de ces désespérés qui traversaient la mer avec de petits bateaux sont entrées dans nos maisons et ont suscité étonnement parmi les gens. Pour certains le voyage se terminait au milieu de la mer, noyés, ils étaient ivoiriens, marocains, sénégalais, albanais…ils sont arrivés par milliers. Ce type d’immigration, clandestine, illégale c’était nouveau pour l’Italie qui n’avait pas un plan pour gérer tout ça.

La première étape a été de renfermer ces gens dans des structures, vieille caserne militaire, anciens bâtiments, pour leurs donner un premier secours et les identifier, en attente pour avoir le temps de décider quoi faire d’eux. Je ne sais pas si dans ces lieux surveillés, loin, cachés à nos yeux, ils ont vécu une sorte de captivité ou si c’est ce qu’ils ont connu après qu’on les ait mis « en prison ».

J’ai du mal à parler de l’immigration en Italie, de la montée du nationalisme, de l’intolérance et de la violence que tout ça a porté. L’Italie c’est, depuis le début de son histoire, un pays riche de contradictions ; divisé entre nord et sud, plein des rancunes, fier, jamais unis, violé et appauvri par certains politiciens renfermé sur leur positions, sans s’apercevoir des évolutions sociaux, des transformations désormais nécessaires et qu’on ne peut plus rejeter mais qu’il faut essayer de comprendre pour chercher les bonnes solutions.
Je suis une fille italienne de 24 ans et dans ma vie j’ai voyagé pas mal. J’ai des amis français, africains, russes, polonais, chinois, gens avec une autre culture et une différente mentalité mais je n’ai jamais vécu ça comme une barrière, comme un mur entre moi et eux. Je me suis enrichie avec leurs racontes, avec leurs histoires, en rêvant leurs paysages. Ce par ici qui passe la tolérance, avec la connaissance; mais c’est seulement l’un de pas, il faut encore marcher beaucoup.

Je lis souvent des immigrés qui violent, qui volent, qui tuent. La délinquance dans les rues, les trafics de drogue, le marché de la prostitution, des problèmes de tolérance religieuse. On a l’impression qu’ils sont entrain de nous voler quelque chose, la sûreté dans nos villes, notre culture et notre liberté. On se sent impuissante, vulnérables, fragiles, en danger. La société est divisée en deux blocs, ceux qui regardent l’immigration comme un mal de notre société contemporaine et donc la rejette, d’ici le nationalisme et l’intolérance et une partie qui s’engage activement pour en favoriser l’intégration. Il n’y a jamais eu un plan d’accueil au niveau politique, une grande partie des immigrés qui vivent maintenant en Italie sont encore irréguliers, leur travail et sous payé et sans assurance et on les a rassemblé dans des quartiers qui forment des sortes de ghetto. Mais avec ça on a fondé des associations qui s’occupent des droits des immigrés et du soutien de leurs familles, on organise des débats, des projections ou on essaye de dévoiler le mystère qui se cache derrière ces masses des cultures qui se mêlent, l’Italie c’est même l’un des pays européens qui offre aux immigrés irréguliers l’assistance sanitaire gratuite.

Ici on ne parle pas de racisme, on parle de peur, d’ignorance, d’un changement qui a révolutionné nos vies et qui nous épouvante, on parle de l’impuissance d’une société qui se sent « colonisée », qui voit un monde entrain de changer si rapidement au point que résulte si difficile s’adapter. Je vois dans les enfants italiens d’aujourd’hui qui grandissent avec les fils des immigrés, qui fréquentent avec eux la même école, qu’avec l’innocence de leur âge, ils ne s’aperçoivent pas des discriminations, loin des préjugés qui font partie du monde des adultes, le futur de notre société.

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Pierre VANDERHULST

Le racisme est une idéologie fondée sur une croyance en une hiérarchie entre les êtres humains selon leur origine ethnique. Pour identifier et classifier les races humaines, les adeptes de cette absurdité utilisent la couleur de peau et la morphologie. D’après eux, il y a trois grands groupes. La race noire venant d’Afrique ou d’Australie où elle vit médiocrement sans le moins idéal. La race jaune dont les chinois sont les plus nombreux représentants a atteint une apogée mais ils sont restés au même niveau. Enfin la race blanche qui a dominé et domine toujours la Terre entière. Le racisme se manifeste par des discriminations, le colonialisme et des génocides tels que la Shoah, les Arméniens de Turquie, les Indiens d’Amérique, les Aborigènes d’Australie, le Rwanda et maintenant le Darfour. Selon moi, nous sommes tous issus d’une union entre une femme et un homme. Nous possédons tous le même patrimoine génétique et une voix qui nous permet de nous exprimer. Il n’y a pas de race pure comme certains le pensent. Nous sommes tous le fruit du métissage. C’est ce mélange ethnique et culturel qui nous fait vivre encore. Sans cela, nous serons tous anéantis par les maladies consanguines et l’ignorance. Et donc j’estime que, qu’il n’y ait qu’une seule race, la race humaine. Le territoire est un lieu de reproduction où l’on se développe et s’émancipe. Depuis la nuit des temps, l’homme immigre d’un territoire à un autre en y puisant les richesses matérielles, culturelles et humaines. C’est ainsi que l’homme s’est développé. L’homme a le droit de se déplacer où bon lui semble tout en respectant les lois de l’endroit où il se rend. Il n’y a qu’une Terre et donc elle appartient à tout le monde.

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TERRITOIRE, RACISME ET IMMIGRATION
Rabia MINT LEHRAITANY

Le racisme est l’une des grandes causes des malheurs du monde. Sa théorie ne date pas d’hier. En effet, en remontant a l’histoire ancienne nous constatons que le racisme existe probablement depuis qu’existent les êtres humains et qu’il est fortement lie’ au territoire. Cependant, il ne faut pas remonter aussi loin dans l’histoire pour pouvoir exposer les grands malheurs qu’a subi le monde de par le racisme. A la Seconde Guerre mondiale, Adolf Hitler avec son idéologie raciste (la race aryenne) plongera dans les passions jusqu’a perdre la raison. L’holocauste fut le résultat de son racisme. Le même état d’esprit fut également l’un des facteurs contribuant au génocide du Rwanda. L’une des formes du racisme: L’esclavage fut aboli en 1865, pourtant en Afrique du sud jusqu’en 1993, les Noirs sont places dans des ghettos (ségrégation racial) et n’ont quasiment pas de droits, de plus un stricte contrôle est établi sur leur moindre action. Le fléau du racisme entache même le 18ème siècle appelé’ siècle des Lumières avec ses nombreux partisans. Certes les Lumières firent des développements ‘éminents avec les mathématiques, la physique, chimie, astronomie, médecine etc… . Néanmoins pour les questions relatives au racisme les discours choquent au point ou il devient paradoxal de parler de siècle des Lumières pour designer le 18ème siècle de par l’ignorance dont furent preuve certains de ces adeptes. Entre bien d’autres parmi ces derniers, je cite Voltaire qui explique: « Il n’est pas improbable que dans les pays chauds des singes aient subjugue’ des filles ». (Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, 1756, tome1, pg 8). Aujourd’hui encore ou l’on se dit dans une société « civilise » après que le racisme ait apparu sous tous ces formes (esclavage, guerres, Holocauste etc…) Le racisme continue. Et pourtant cette réalité n’a pas raison d’être. Elle n’a pas raison d’être parce que tout simplement on ne peut juger une personne de par sa couleur de peau, sa religion, sa culture, etc… . Pour conclure, sachons une fois pour toute qu’il n’existe pas des races humaine présentant des différences biologiques. Il n’existe qu’une seule race: La race humaine. Néanmoins, ce qui existe en nombre se sont les multiples cultures relatives a cette unique race humaine. Ces multiples cultures forment la richesse qui façonne le monde. Une richesse que seul ceux qui savent faire preuve de réflexion « sage » peuvent acquerir.

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TERRITOIRE, IMMIGRATION, RACISME
Eurydiane BUKURU

Territoire, racisme, immigration sont des thèmes que j’ai souvent analysé indépendamment les uns des autres. A tort puisque, effectivement, un territoire mal géré peut provoquer une immigration et celle-ci peut engendrer une certaine forme de racisme. Ce sont des thèmes universels car tout le monde, à un moment de sa vie, est amené à s’interroger sur d’où il vient et où il va, pour savoir qui il est. Je m’explique : le territoire est un concept basé sur une réalité (la terre) et des constructs psychiques. Le territoire représente donc une terre, une terre qu’un groupe d’hommes (individus) s’est approprié. A cette terre l’homme va aussi lui attribuer des propriétés telles que une langue, une culture, un mode de pensée, un système politique souvent une religion, une croyance … Bref, une organisation complexe qui servira à donner une signification commune de cette terre et ainsi lui permettra de se définir et de s’identifier. Le territoire n’est plus seulement un morceau de terre. Il s’agit d’un concept qui va, au-delà de la réalité concrète car il contribue à la définition de l’homme comme étant un habitant de … Le territoire nous donne en général une nation, une nationalité et des valeurs. Malheureusement, parfois, le territoire où nous naissons, évoluons, grandissons, ou simplement vivons, ne correspond plus à nos besoins. Je pense que c’est à ce moment que les personnes quittent leur pays d’origine (leur territoire). Il y a beaucoup de raisons pour immigrer : instabilité politique, raisons économiques … Peu importe les raisons de l’immigration, les personnes qui quittent leur territoire d’origine placent beaucoup d’espoir dans leur pays d’accueil qui constitue la solution, l’échappatoire pou leurs problèmes ; ils espèrent une meilleure vie et pour cela, ils quittent tout ce qui leur étaient cher ( leur terre, leur territoire, leurs biens, leurs amis, leurs familles …). Les voilà fraîchement débarqués sur un nouveau territoire (pays) avec tout à apprendre : les règles, l’idéologie, les valeurs, les croyances, les mœurs et coutumes, les traditions … Tout est nouveau. Que l’immigration soit choisie ou contrainte (forcée), elle constitue un énorme changement, elle nécessite un effort d’adaptation à tous les niveaux pour l’immigré, ce qui n’est pas une mince affaire car il faut qu’ils reconstruisent toute une vie, qu’ils s’y retrouvent administrativement, qu’ils se fassent des amis, qu’ils se créent des affiliations, qu’ils se situent socialement et économiquement. Il faut qu’ils apprennent à apprécier ce qui sera désormais leur nouveau chez eux et fassent le deuil du pays d’accueil imaginaire qui n’est pas comme on l’imaginait. Pour que les immigrés puissent se sentir chez eux, il faut qu’ils arrivent à s’intégrer dans un pays, un système, qui a déjà ses propres valeurs. Ils doivent s’y introduire et se frayer un chemin, se trouver une place en tant qu’individus faisant désormais partie du paysage national. Ils doivent s’intégrer socialement, économiquement, politiquement et humainement. Mais cette intégration n’est réalisable que si le pays d’accueil accorde une place réelle aux immigrés. Souvent, le problème est que la politique du pays d’accueil, ainsi que les accueillants, veulent que les immigrés soient assimilés, or je pense qu’il est plus intéressant d’accueillir l’autre (l’étranger) dans sa différence. L’immigré, pour moi, constitue une valeur ajoutée pour le pays d’accueil. Il vient enrichir les connaissances, les croyances, les perceptions, les cultures … et non appauvrir le pays comme le pensent certaines personnes. Il faudrait permettre aux immigrés africains de rester africains en Europe. S’ils cuisinent des plats locaux, il ne faut pas directement dire « ça pue » ou « c’est gras » sans avoir goûter ou dire « pourquoi elle met le tchador ? Ici nous sommes dans un pays laïc ». Je ne vois pas en quoi ça dérange puisqu’elle n’oblige personne à le porter. Il ne faut pas oublier que la liberté s’arrête où commence celle des autres. Les immigrés ne doivent pas être des copies conformes des nationaux, mais, selon moi, ils doivent ajouter de la valeur sur le tableau déjà existant. Il faut garder à l’esprit qu’être un immigré n’est pas toujours facile. On ne cesse de leur rappeler qu’ils ne sont pas chez eux, qu’ils sont des étrangers et qu’ils sont la source de beaucoup de maux sociaux et financiers. Ils sont toujours pointés du doigt « ils n’est pas d’ici ! » « de quelle origine est-tu ? ». Evidemment des pensées comme celles-ci peuvent être la cause du racisme en désignant l’étranger comme l’envahisseur, le fauteur de troubles, celui qui fait trop d’enfants, qui a deux femmes, qui est trop sale, qui est trop paresseux, qui prend le travail des autres ou qui profite des avantages sociaux et appauvrit le pays. Je pense, dans ce cas-ci, que le racisme que nous rencontrons est un instrument politique qui adopte une attitude hostile à l’égard de l’étranger. Les personnes qui ont un esprit étroit, un esprit critique peu développé, utilisent ses stéréotypes comme une réalité généralisable et intègrent dans la tête qu’effectivement les étrangers, les immigrés, sont une menace pour leur confort. Pour moi, le racisme ‘généré’ par l’immigration n’est pas nécessairement basé sur l’idée qu’il existe une hiérarchie des différentes ‘races humaines’. Quoique je pense que le racisme est un sentiment inhérent à l’homme dans la mesure où tout le monde a envie d’être plus beau, plus intelligent, plus sportif que son voisin, pense être mieux que les autres. Nous avons tous tendance à penser en mal de l’autre, à le dénigrer, en le désignant par son identité. Nous avons tous dans nos têtes ce genres de stéréotypes : «les arabes sont des voleurs, des polygames, des terroristes », « les noirs sont bêtes, agressifs, violents », « les blancs sont des tirants, des racistes », « les jaunes sont des mangeurs de chiens », « les allemands sont des nazis », « les belges sont des ivrognes, les wallons sont des fainéants et les français sont trop chauvins », « les juifs sont avares et radins »… Je pense que la différence entre un raciste et un non raciste réside dans le fait que le non raciste peut discerner la réalité : il sait que ce genre de phrase sont des généralités, il sait que chaque personne a ses particularités, ses défauts et ses qualités ; qu’il y a des cons et des intelligents, des beaux et des moches, dans tous les peuples. Tandis que le vrai raciste, lui, reste dans ce schéma et reste rigide. Il arrive même à avoir du dédain, du dégoût, et une peur exacerbée de l’étranger. Là, je prône les bons côtés de l’immigration, peut-être sûrement parce que moi-même je suis une immigrée. Mais, disent certains, on ne peut pas accueillir toute la misère du monde en Europe. Bien sûr ! Et c’est pour cela qu’il faut des lois. Je souhaiterai juste que ces lois soient humaines, qu’elles traitent les personnes comme des êtres humains et non comme des numéros. Ainsi, le territoire, l’immigration, sont des phénomènes naturels. Je dirais même qu’ils sont des valeurs adaptatives. Ce sont des phénomènes, des concepts, existant dans le règne animal. Mais, en tant qu’humain, je pense qu’il faut apprendre à accueillir l’étranger. Il ne sert à rien de haïr quelqu’un pour ce qu’il est parce qu’il ne l’a pas choisi, mais on peut le haïr pour ce qu’il fait parce que ça il l’a choisi.

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LA FAMILLE PENING (famille métisse) :
Jean-Luc (le père),
Antoinette, Hélène et Julien (les enfants).

A : Dans les grands lacs (Congo, Rwanda, Burundi, …) il y a beaucoup de racisme envers les métis. Déjà entre eux c’est la guerre, alors comment peuvent-ils nous accepter.

H : Au Zaïre aussi ils sont racistes.

A : non moins, beaucoup moins, en tous cas envers les métis.

H : moi j’ai eu de la chance, je n’ai jamais été victime de racisme sauf une fois avec ces histoires rwandais congolais à la rue neuve.

A : Les filles ça va, c’est surtout les garçons. Moi-même le seul racisme que j’ai vécu, c’était seulement au Rwanda. Comme j’ai vraiment grandi chez les rwandais, je sais de quoi je parle. J’en pleurais tout le temps. Vous avez eu de la chance, vous êtes comme des rois, mais dans ma génération.
Moi je n’avais pas de papier, j’étais apatride avec un papier d’apatride. Je ne comprenais pas, je faisais tout comme les rwandais mais je n’avais rien. Et aucun ami dans la même situation que moi. Mon père était métis aussi et tout le monde le connaissait. Je sais que la génération avant moi, c’était encore plus dur. Moi, ma mère a toujours été fière de moi, elle n’a jamais voulu qu’on m’adopte. Ca j’ai eu de la chance.
Beaucoup d’enfants ont été adopté comme ça, après le contact était perdu avec les parents. Beaucoup d’histoires…

J-L : moi ce qui m’a frappé au Rwanda et au Burundi, c’est que le racisme vient des intellectuels. Je me souviens les agriculteurs avec qui je travaillais, ils m’appelaient Jean-Luc tandis que mon homologue et l’universitaire, ils m’appelaient muzungu (le blanc). C’est très révélateur.

J : quand j’étais au Burundi, j’ai rencontré des filles qui étaient membres de l’A.M.G.L. (Association des Mulâtres des Grands Lacs), elles sont très actives, entreprenantes…
Il y a toujours des gens qui ont besoin de noms ou classifier des catégories.

H : quand on me demande mes origines, en fait je suis grecque/rwandaise, mais je ne me suis jamais vraiment posée la question parce qu’aucun évènement ne fait que je me sois posée la question.
En fait je n’aime pas quand on me demande si je me sens plus blanche ou noire même si c’est vrai que je vais plus vite m’entendre avec des africains ou des gens qui ont voyagé.

A : moi j’aurais aimé que le Rwanda et le Burundi aient une autre image du métissage, qu’on nous donne des papiers, des droits, l’école comme tout le monde…la bas c’est très profond.

J-L : c’est pareille pour les couples mixtes. L’image c’est la pauvre petite africaine qui se marie avec un blanc pour son argent.

H : C’est tout le temps ça, dès que tu vois une noire avec un blanc.

J-L : et dans l’autre sens, ça dérange beaucoup aussi, dès qu’on voit un noir avec une blanche, qu’un blanc domine un noir on peut accepter mais qu’un noir domine un blanc, ça c’est très dérangeant.

J : c’est le coté macho et aussi l’adaptation à la civilisation. En tous cas c’est compliqué.
Je n’aime pas non plus les métis qui renient un de leur côté, certains veulent être trop européens d’autres trop africains…De toute façon même si tu es bien dans peau, les gens veulent te mettre mal à l’aise.

A : en tous cas, moi je ne suis ni rwandaise ni belge, je suis métisse, c’est tout !
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MA TERRE
Gaël FAYE

Regardez l’Afrique c’est un revolver
Amas de peuples qui se révoltèrent
Regardez l’Afrique c’est un colt
Un vin d’espoir cuve de révolte

Regardez sa crosse taillée à même l’os de l’Afrique de l’Ouest
Elle adhère à la pomme de main, sable de feu sahélien
L’arme à temps sortie des nuées brûlante de l’harmattan
Engin de poing, fusion de terre de lignes frontières tracées à l’équerre

Regardez les rainures de son canon s’étalent le long d’un grand Rift 22 long Rifle
Au métal scintillant, confluant des rivières pourpres et des grands lacs émeraude

Regardez son viseur à la corne de l’Orient
Papier crayon, lyrics rayons de la Torah-Bible-Coran

Regardez son canon, nation arc-en-ciel, moitié apatride moitié Apartheid
A l’embout comme une langue-poudrière, évadée d’une cellule froide de Robben Island

Regardez sa gâchette, Zaïre des trésors gâchés
Turbulence vertigineuse de cette terre qui s’excuse d’être trop généreuse

Regardez ses cartouches, chemise de cuivre noyau de plomb
Ricocher, se loger dans le ventre froid du Nord et des villes de béton
Les « six coups d’un barillet », ces balles poètes combattent hors de l’arme
Dans les rues des pas perdus nous sommes projectile d’hommes et poésie d’âme

Contempler l’arme c’est ma toile
Les balles traçantes sont mes étoiles
Des fleurs craintives poussent sur ma terre
Je suis d’encre et d’exil d’un continent revolver

__________________________________________

(…)

Stephane UGEUX

I choose Marcus Garvey because it’s one of the greatest icons of African-American People.Marcus Mosiah Garvey was a journalist, entrepreneur, crusader for black nationalism, and founder of the Universal Negro Improvement Association (UNIA ). He was born in Jamaica. Garvey is remembered as an important proponent of the « Back-To-Africa » movement, which encouraged people of African ancestry to return to their ancestral homelands. This movement even inspire other movements from the Nation of Islam ( where Malcolm X was an addict ) to the Rastafari movement, who see him as a prophet because he he makes a prediction concerning the arrival of a black emperor who will rule among black people and will guide them into the right way of behaving, love, respect and solidarity… this vision came true when Haile Selssie king of king lord of lord being the Emperor of Ethiopia which has been the mother land of a lot of people who were developpe phylosophy such as Rastafari. During his childhood and teenage he lived in Jamaica and Panama where he worked at the built of the canal. Between 1910 & 1914 he travalled in South America and England where he was an Journalist In 1916 he went to America, country that pretended equality, freedom, justice for everybody And created the UNIA ( Universal Negro Improvement Assocaition ). Marcus & UNIA motto was: “One god, One aim, One Destiny”. His aim: he created a radical Black nationalist doctrin who said that the african american have to work together not with the whites. And he required the reapatriation of all of the Afro-American in the land oh her ancester He decided to create The “Black Starline” that brings black people to africa by boat. Especially the Liberia His destiny was Africa the land of the ancester and in many of his speeches he talk about Ethiopia. He had a lot of problem in USA with the US gov. He’s even been sent to jail. After that he has benn exiled to Jamaican, when at first he was rejected but after he was acclaimed, listening by the populatin and finished as the first national heroes of the country.

He left Jamaica in 1935 and finished his live in London when he died of a stroke the 10 june 1940.

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5 responses

19 11 2007
be

Gaël , il faut continuer ,car tes mots font mal au coeur et du bien aux oreilles

19 11 2007
be

en me relisant je comprend la rationnalité de ces thèmes que sont l’immigration, le territoire et le racisme . Je me sent incapable de trouver les mots juste qui puissent exprimer réellement ce que je ressent .
Beaucoup d’emotions m’envahissent en même temps( colère, tristesse,peur, joie,rage,effroi,amour ,passion ,..)

5 02 2008
RA-JAH TEACHER

Nos voeux réciproques de santé de bonheur et de suucès.Que JAH nous ouvre le coeur et l’oeil afin que nous accomplissions la prophétie.
peace and love.

27 04 2008
Animal

Trop interessant cette revue. c’est vrai que tout est territoire mental.
L’homme est un animal avec ses territoires. Les indiens d’ameriques croyaient aussi que les usa c’etait leur territoire avant l’arrivée des blancs. Pareilles pour les noirs d’Afrique du Sud ou les arborigenes d’Australie
On devrait pouvoir controler ca…

26 10 2008
LE TEXTE DE LA SEMAINE «

[…] Leçon 8,Territoire, Racisme et Immigration ou L’histoire des liens et les liens de […]

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