Leçon 7 LE CHEVEU CREPU

Le Cheveu crépu
Depuis quand, jusqu’à quand?

Bonjour à tous,

Pourquoi avons-nous choisi d’aborder le thème du cheveu crépu dans ce numéro ? Nous aurions pu deviser sur la couleur ou la forme des yeux (bleus, bridés …), mais notre Revue traite de l’Histoire de l’Afrique. Plus proche de cet objectif, nous aurions pu examiner les liens entre l’Histoire et la couleur de la peau. Mais, c’est un sujet qui a déjà fait l’objet de tellement d’études – par ailleurs, par des gens nettement plus compétent que nous – que nous avons opté de vous parler ici d’un thème quasiment laissé pour compte : le cheveu crépu. C’est pourtant un caractère identitaire fort, l’une des particularités les plus visibles des personnes d’ascendance africaine. Quoique !!!… Il est vrai que de nos jours on peut sérieusement en douter tant la dénaturation (volontaire ou non !) de cette caractéristique chez la femme et l’homme noirs saute aux yeux.

C’est un long processus historique qu’il nous faut revisiter brièvement pour comprendre les origines du mimétisme physiologique actuel – car s’en est bien un – qui est entrain de pousser de plus en plus loin la dénaturation des références culturelles, morphologiques des populations africaines ?

Une première période très ancienne nous ramène vers des temps où dans les sociétés africaines le cheveu crépu, dans sa texture, dans l’architecture de ses coiffures (et j’en passe), était un mode de communication sociale à part entière. Il permettait, tantôt, de séduire l’être aimé ; tantôt, c’était une parure guerrière qu’on arborait pour faire peur à l’ennemi …

Comment dès lors, après des siècles et des siècles d’une riche culture sociale du cheveu crépu, le noir en est-il arrivé à désinvestir son corps, son esprit de cette culture et à les investir d’une culture étrangère ? C’est la seconde période de notre parcours historique qui nous met sur la piste d’une réponse en nous replongeant dans les époques sombres de l’esclavage et de la colonisation. Peut-être est-ce le regard plein de dédain si ce n’est de dégoût, l’exercice de l’influence, du dominant, de l’autre (le maître ou le colon) qui est à l’origine de ce désir pour le noir de se conformer à ce qui est alors la norme sociale en matière d’esthétique. Puisqu’il n’était pas regardable en l’état, le noir devait en permanence modifier son apparence pour adoucir sa condition sociale, pour éviter son exclusion de la marche du monde. On serait tenté de croire que c’était le sort des peuples d’Afrique. Ce serait se tromper car aux USA, par exemple, à une certaine époque ni l’armée ni l’administration n’acceptaient dans leurs rangs des noirs aux cheveux crépus.

Aujourd’hui, cette lecture historique du cheveu crépu doit intégrer de nouvelles données. Faut-il faire l’apologie du cheveu crépu ? Bien-sûr que non ! D’ailleurs, là n’est pas la question. Il nous faut, en tout cas, comprendre que notre époque, notre analyse ne pouvait pas complètement s’affranchir d’une lecture en terme d’influence de la culture occidentale dominante sur les cultures dominées. Ceci dit, regarder vers le passé historique des populations africaines ne peut nous servir que si l’on se réfère quand-même au contexte de la société moderne de consommation occidentalisée qui s’impose à la planète tout entière. Une société qui pousse à décloisonner les significations proprement culturelles prêtées aux façons qu’ont les groupes sociaux de s’approprier leurs caractéristiques physiques.

L’essentiel n’est, donc, pas ici de vous prodiguer des conseils en matière de coiffure. Nous ne sommes pas entrain de vous dissuader de recourir aux défrisage, lissage et compagnie. En effet, les temps changent et la modernité touche tous les peuples. Chacun a le droit d’adopter la mode capillaire de son choix car nous touchons là à la liberté individuelle. Mais, pour prétendre à la liberté, il faut comprendre pourquoi l’on adopte tel ou tel autre comportement. Est-ce la volonté de ressembler aux autres pour mieux se fondre dans la masse sociale ? Faut-il y voir des symptômes d’une aliénation culturelle, d’un vrai malaise identitaire ?

Commencer à se demander ce qu’est un beau cheveu, ce qu’est une belle coiffure, c’est continuer à penser qu’il y a une valeur esthétique universelle. C’est, donc, cautionner la domination d’une culture sur les autres.

Etre libre, c’est accepter de rester divers, accepter que le cheveu crépu est un patrimoine génétique, qu’on a le droit d’affirmer son caractère insolite, sa beauté. Mais être libre, c’est surtout s’inventer une identité esthétique propre et refuser catégoriquement qu’une domination économique nivelle toutes les cultures vers un idéal inexistant. Car le mimétisme est le pire ennemi de la liberté. Marcus GARVEY disait :  » do not remove the kinks from your hair, remove them from your brain! »

 

zondag-23-september-2007.JPGali_hinda1.jpg

____________________________

La Voix des Hommes

 « Les mots, les sons, le pouvoir, sont les symboles de l’Homme.

C’est ce que nous utilisons contre l’oppression.

On ne se sert ni de bâtons, ni de pierres, ni de fusils.

Un de nos messages pour la planète dit :

Rassemblons-nous, sœurs et frères,

Le Temps nous échappe.

Ecoutez la Voix des Hommes, Elle appelle tout le monde.

Cette voix est pour tous ceux qui l’accepteront. »

___________________________

LE DROIT A L’HISTOIRE.
FAIRE ECRIRE IMPLIQUE NECESSAIREMENT UN RETOUR.
SHASHAMANE.

Philippe MELONI.

Faire écrire implique par essence un retour. C’est une responsabilité des parents envers les enfants, qu’ils doivent mettre en œuvre dès le plus jeune âge, et aussi une responsabilité des grands frères et grandes sœurs vis à vis des petites sœurs.

Faire écrire permettra aussi une alphabétisation rapide du continent africain, qui a trop souvent été présenté comme titulaire d’une tradition orale et sans Histoire.
L’Histoire se fait avec des documents écrits, sans doute. Quand il y en a. Mais elle peut se faire, elle doit se faire, sans documents écrits s’il n’en existe pas.
Nous ne percevons pratiquement que par le passé, le présent pur étant l’insaisissable progrès du passé rongeant l’avenir.
Et l’Histoire n’est faite que de victoires ou de défaites momentanées, elle n’est jamais figée pour toujours.
L’Histoire est aussi une projection dans le passé, de l’avenir que s’est choisi l’homme.
Un Homme sans passé est plus pauvre qu’un Homme sans avenir.
Un historien est nécessairement un écrivain.
Au temps de la mondialisation, la communication et la toute puissance qu’elle dégage impose l’écrit. Qu’est ce qu’Internet sinon un grand livre ?
Prenez donc vos responsabilités, vous qui savez écrire, faites écrire et apprenez à faire écrire, à faire produire du nectar sur notre histoire et notre culture.
La culture est le fonds de savoir d’où les participants à la communication tirent leur interprétation lorsqu’ils s’efforcent de s’entendre sur quelque chose. L’interprétation se conçoit comme une pratique interne à un ensemble d’individus qui partagent un mode de vie et des valeurs communes.
Toute culture se nourrit de son histoire.

________________________

LE CHEVEU CREPU, DEPUIS QUAND JUSQU’A QUAND
Rabia Mint LEHRAITANY

La terre se divise en cinq continents. Cinq continents peuplés d’hommes différents de par leur culture, leurs valeurs, leurs traits physiques notamment par le trait physique se rapportant à la texture de la chevelure. Chaque continent à une ou des textures de chevelure différentes. La chevelure crépue est celle qui se rapporte au continent d’Afrique noire.
Bien que d’autres textures existent sur ce continent, c’est néanmoins la chevelure crépu qui domine et qui est l’une des caractéristiques du trait physique de l’homme noir d’Afrique en particulier.
Je dis en particulier car on ne peut pas généraliser ce trait physique comme caractéristique de l’homme noire en général.
En effet dans certains pays appartenant à d’autres continents en Inde ou en Arabie par exemple, un bon nombre de peuples sont noire sans pour autant avoir ce trait caractéristique du noir d’Afrique qui est la chevelure crépue.

Aujourd’hui pourtant ce trait physique caractéristique de l’homme noir d’Afrique a subi une transformation notamment par le défrisage qui fait passer cette chevelure de l’état crépu à l’état lisse se rapportant plutôt à la chevelure de l’homme blanc.
De par cette observation, plusieurs questions viennent à se poser:

¨ est-ce que par l’acte du défrisage l’homme noir chercherait-il à ressembler à l’homme blanc?
¨ ou alors, l’homme noir utiliserait-il le défrisage comme un soin de beauté parmi d’autre?
¨ ou encore, l’acte de défrisage par l’homme noir ne pourrait pas tout simplement être assimilé à un phénomène de mode?

Tout d’abord il est possible que par l’acte de défrisage, l’homme noir chercherait à fuir son identité dans la volonté de ressembler ou de s’approcher de l’identité de l’homme blanc.
C’est donc le reflet du complexe d’infériorité qui pourrait être la cause de l’acte.
Un complexe d’infériorité du a l’histoire de l’homme noir (d’Afrique) a partir de l’esclavage qui plus tard ferait place a la colonisation de sorte qu’exposer a une histoire ou il se retrouve le faible, le dominer, l’inférieur, il est peu fier de lui et chercherait a ressembler a ceux
(Hommes blanc) qui ont été aussi fort pour le dominer.
Peu fière de son peuple et se limitant a cette partie de son histoire ou il était déchu de la personnalité, il chercherait donc a adhérer au camp des plus fort en essayant de leurs ressembler, en adoptant leur culture jusqu’a les approcher dans leur traits physique notamment par le lissage du cheveu.

Ensuite, on peut constater que le défrisage est un produit qui a beaucoup évoluer, qui a été rénovée et qui est devenue beaucoup plus facile a utiliser qu’il ne l’était il y’a quelques années.
Aujourd’hui il n’est plus vu comme un produit chimique très dangereux duquel il faut beaucoup se méfier.
Du produit chimique dangereux, il est passé à une sorte de soin de beauté vendu avec des accessoires permettant de ne plus trop se soucier de son cote néfaste.
D’ailleurs même le grand groupe L’Oréal vient de mettre sur le marcher une large gamme de défrisages.
Dans cette évolution du défrisage on pourrait se demander si l’homme noire ne l’utiliserait peut être pas dans un but « de se faciliter la vie ».
En effet, il ne faut pas forcement avoir la chevelure crépue pour savoir que c’est une chevelure difficile a peigner et coiffer.
Dans cette optique, l’homme noir opterait sûrement pour le défrisage par faciliter. Il l’utiliserait donc comme un soin de beauté.

Enfin, aujourd’hui nous voyons un peut partout dans le monde des peuples non africain (noir) opter pour les coiffures spécifiques à l’Africain noir.
On peut aussi observer le phénomène de bancs solaire très utiliser depuis un bon moment et qui permet un bronzage de la peau blanche qui rapproche celle-ci du teint spécifique a l’africain.
Tout ces caractéristiques de l’homme noir adopter par l’homme blanc se rapporte a un phénomène de mode.
D’où le défrisage adopter par l’Africain pourrait aussi bien être assimiler à ce même phénomène.
________________________

Antoine TSHITUNGU KONGOLO

Moi je propose qu’on prenne à bras le corps cette problématique, en commençant par réfuter le terme même dans lequel le débat est posé parce que parler du cheveux crépu comme si c’était une notion consensuel, bien définie, c’est déjà un mirage.
Le cheveu crépu, pour moi, c’est un mirage, un de plus, car il suppose que tous les noirs ont la même texture de cheveu, ce qui est archi-faux.
Les cheveux dans les populations africaines sont extrêmement variés et cette diversité ici est niée. Pourquoi ? Parce qu’on est dans la déclinaison des clichés habituels hérités de l’histoire coloniale, les noirs sont primitifs, ils sont sauvages, laids, ils sentent mauvais et ont des cheveux crépus. Des clichés qui se télescopent entre eux et qui se soutiennent mutuellement. Quand vous isolez un de ces clichés, vous ne pouvez comprendre les autres, il faut les comprendre ensemble. Il y a une image coloniale du noir dont le cheveu crépu n’est qu’un des éléments.
C’est un cliché qui a résisté au temps, à tout ce discours tiers-mondiste, humaniste, antiraciste, qu’il y a eu à un moment donné.
On n’a pas compris comment ils naissent et comment ils fonctionnent.
Quelles sont les autres images auxquelles le cheveu crépu renvoie.
J’ai parlé de la sauvagerie, de la primitivité, mais il faut penser au monde physique africain. Il a été décrit à foison en partant évidemment de la sensibilité et du regard européen dans cette volonté de domestiquer l’Afrique. Et on se rend compte que la domestication ne va pas de soi.
Le cheveu crépu renvoie à la brousse inhospitalière. Lisez n’importe quel reportage ou roman, la brousse, la nature africaine, elle est inhospitalière. A se demander comment l’homme vit là bas. D’Henry Morton Stanley, jusqu’à aujourd’hui, ça n’a pas changé, c’est inhospitalier.
Et on vous parle de la brousse, on ne vous parle même pas des plantes et des arbres.
Ici on vous décrit le pommier, le cerisier, le chêne mais là bas en Afrique, c’est la brousse.

Le cheveu crépu renvoie à cette brousse inhospitalière, revêche, insoumise, qui se refuse aux blancs.
Et qu’est ce qui arrive aux noirs qui veulent se plier aux règles et devenir des petits civilisés ?
Je pense à cela parce que pour le défrisage, c’est surtout ces personnes là.
Et il y a des autres noirs qui refusent ce que les européens veulent et où est ce qu’ils vont ? Ils partent en brousse !
Donc la brousse, ça a toujours été ce sanctuaire où se réfugient tous ceux qui refusent la civilisation et même les blancs qui refusent les mensonges de leur compatriote, qui s’en vont dans la brousse vivre avec les femmes et les hommes noirs, on les appelait les décivilisés. Le blanc qui va épouser une femme noire, qui vit à la manière noire, dans le milieu des noirs, c’est un décivilisé. Donc en Afrique, comme le climat est inhospitalier, le cheveu crépu, c’est un peu, de tous les clichés, celui qui est resté et qui a une image un peu lisse mais attention, c’est l’arbre qui cache la forêt des clichés.

J’observe beaucoup dans nos familles, dans les pays africains, la texture du cheveu est extrêmement variée, or quand on parle du mythe du cheveu crépu, c’est comme si tous les cheveux des noirs étaient les mêmes.
Ce sont des mythes, des représentations collectives. Ce mythe des cheveux crépus, malheureusement, nous l’avons assimilé depuis très longtemps.
Observez ceux qu’on appelait les assimilés, les évolués dans le cas du Congo qui voulaient être des blancs, qui avaient une certaine instruction, observez, regarder les photos de l’époque. Si vous regardez, après le voyage de Baudouin, c’est un exemple de 1955, regardez les lunettes de tous les leaders congolais qui ont émergé à l’époque : Lumumba, Mobutu…
Ils voulaient avoir les mêmes lunettes que Baudouin, regardez la raie, ils voulaient vraiment s’assimiler extérieurement. D’où on voit comment ils traitent leurs cheveux aussi.
Il faut retourner à l’art du tressage des cheveux dans nos cultures traditionnelles.
Par exemple l’empereur Msiri portaient des dreadlocks et ça a disparu avec la colonisation, heureusement que c’est revenu par le retour des noirs américains à l’Afrique.
On n’en parle pas souvent, on disait d’ailleurs de tous les chefs qui avaient résisté qu’ils étaient très laids.
Regardez l’art des cheveux, si vous relisez aujourd’hui, Henry Morton Stanley, qui a raconté le pire et le meilleur mais qui a vu des choses, ils passent quand même son temps à vous décrire l’extraordinaire sophistication de la chevelure.
Donc ne pas croire ce mythe des cheveux crépus qu’il faut discipliner, il est né plus tard. Quand vous lisez les livres des explorateurs, ils sont racistes mais ils sont en admiration devant les femmes et les hommes. Les cheveux étaient très soignés. Nous ne sommes plus dans cette culture là, nous sommes dans une culture de la perte. Et on est à défriser les cheveux…à cause de la publicité.
Il y a toutes ces entreprises américaines qui sont née pour le meilleur et pour le pire et qui ont un très gros marché en Afrique.
Alors les jeunes africains veulent leur ressembler.
Je pense que c’est un cliché et il faut le détruire. Il n’a plus l’allure raciste des autres clichés mais il l’est toujours. Tous les noirs n’ont pas les mêmes cheveux et il ne faut pas se défriser non plus.
Constatons malheureusement la perte de tout cet art du tressage, du parement, et de l’ornement et sur lequel on a aussi énormément de traces.

Je voudrais juste ajouter aussi que tout se qu’on dit se complète, il ne faut pas faire le sourd par rapport par rapport à ce que l’autre dit.
La question telle qu’elle a été posée ici, pour moi en tous cas, c’est un débat d’allure culturelle sur le prétexte du cheveu crépu.
Ce qui est dit est apport essentiel, mais je ne crois pas qu’on se soit déplacé pour simplement parler du défrisage.
Quand j’ai parlé de l’Empereur Msiri et de sa façon de se coiffer, il faut réfléchir, ce n’est pas seulement pour faire une belle photo. Ca veut dire que la coiffure faisait et fait toujours partie des personnes.
D’où vient cette perte en Afrique ?
Il serait intéressant de faire une recherche sur les produits locaux qui étaient utilisés.
Quand à tous ces produits faits à base de mercure, de bio dure de mercure pour décaper la peau, vous savez que c’est très dangereux, ça tue aussi, ce n’est pas seulement le complexe d’infériorité, ça tue aussi.
Le frère de Mobutu, Kengo Mobutu, il en est mort tellement il voulait devenir blanc, il était ambassadeur à Stockholm, il voulait devenir comme les suédois, ça fait rire surtout quand tu es né à Lusala mais il est mort d’un cancer de la peau à 35 ans.
Alors vous allez me dire qu’il n’y a pas de complexe dans ça ?

________________________

Eurydiane BUKURU crepu1.JPG

La diversité a toujours cohabité avec l’humanité.
Cheveu bouclé, lisse, frisé et crépu, toutes ses variantes existent dans la nature.

Le cheveu crépu existe depuis l’humanité et mourra probablement avec elle. Que ce cheveu soit maltraité par le défrisage, étouffé par des tissages ou simplement mal perçu. Ça n’empêchera pas que la repousse soit crépue. On a beau cacher le naturel il revient au galop.

Certaines personnes naissent avec le cheveu crépu comme moi. A mon avis le problème ne réside pas dans ce que l’on en fait mais plutôt dans la prise de conscience du pourquoi on désire le modifier.

Est- ce une question de mode où technologie se mêle à l’esthétique en proposant un modèle standard de beauté, Où tout le monde tend à vouloir être dans la norme sans se demander qui nous sommes réellement. Le modèle par excellence étant l’occidental type c’est-à-dire : un mètre quatre vingt, mince, cheveu lisse et peau claire.

Ou simplement est ce par facilité quotidienne, par paresse que nous changeons ce cheveu crépu pour le rendre domptable et discipliné car il a la réputation d’être coriace.

D’autres pensent que c’est un complexe d’infériorité qui s’exprime, que les crépus n’aiment pas leurs cheveux parce qu’ils leur rappellent qu’ils sont noirs ainsi que toute la charge négative. Tous ces facteurs peuvent expliquer de manière concomitant la cause de cette modification du cheveu crépu.

Pour ma part, le cheveu crépu représente une partie de mon identité au même titre que les formes généreuses et la peau noire. Apres mur réflexion, je désir intégrer mon cheveu crépu tel quel à mon image parce qu’il permet de m’affirmer et reconnaître comme africaine. Suite aux manipulations et modifications que j’ai fait subir à mes cheveux afin de les avoir lisses. Je me suis aperçue qu’au final je ne gagnais ni en facilité, ni même en esthétique.
Le naturel est ma solution.


_______________________

Alice BIREHA

Pourquoi toutes les femmes sur cette terre peuvent porter leurs cheveux naturels sans avoir honte, sans faire des artifices, … mais pas nous les femmes noires qui avons hérité de Dieu des cheveux crépus par nature ?

On passe tant de temps et dépensons beaucoup d’argent pour faire en sorte que nos cheveux aient le tombé, le lissé, le mouvement d’une femme qui ne serait pas noire ! Et pour ce, chaque trimestre on n’applique à même le crâne un produit tellement fort et corrosif à tel point que l’on doit se protéger les mains et trouvions cela normal, malgré les brûlures, les cheveux fins, les pointes sèches et cassantes !

La femme noire, qu’elle soit américaine, antillaise ou africaine, pense que avoir des cheveux crépus est une imperfection.
Elles croient que lorsqu’ elles portent la texture naturelle de leurs cheveux, elles auront l’air négligées, masculines, ou laides !!
Elles se disent aussi que leurs cheveux crépus sont ingérables, difficiles à coiffer, et qu’au niveau social ils n’ont pas d’allure.

Mais tout cela n est pas vrai !!
Avoir des cheveux crépus n est pas une tare !!
Nos ancêtres africains ont toujours portés leur texture naturelle de cheveux sans qu’ils s’en plaignent et sans en avoir honte!! Aucune légende africaine ne nous a jamais prévenu de l’incapacité à les gérer, les coiffer ou même de la laideur à porter les cheveux naturels.

Arrêtons de nous mentir à nous même !!
Aucune femme africaine n’a besoin de défrisage.
Nos cheveux ne sont ni incoiffables, ni impossible à gérer, ni exempts de classe, de féminité telle que la nature nous les a donnés.

Il faudrait que nous femmes noires ouvrions les yeux sur ce qu’est le cheveu crépu au-delà des préjugés, des croyances populaires et du paradigme du Lisse= beau ou Crépu= laid.
Il n’est nullement besoin d’avoir les cheveux lisses pour porter une coiffure superbe.
Ne renions pas nos cheveux crépus, par contre apprenons les bons gestes pour mieux les coiffer et les mettre en valeur.
Il y a aussi d’autres alternatives, pourquoi ne pas les tresser ? Nos ancêtres le faisaient, pourquoi pas nous ? Les cheveux crépus peuvent être tressés ! Cela on l’oublie !! Au lieu de les tresser en gardant la texture naturelle, on les défrise d’abord.

Femmes noires, faisons la paix avec nous même !
N’ayons pas honte de porter nos cheveux crépus, c’est ce qui fait notre beauté!

________________________

Pierre VANDERHULST

Tout bêtement, les noires se défrisent les cheveux pour essayer de ressembler aux blanches et pour moi c’est un complexe d’infériorité parce que pendant trop longtemps on a dit que les noires étaient bêtes et laides.
Pour moi, le complexe c’est quand les noirs mettent des produits pour se blanchir la peau.
Moi je suis blanc et je reste blanc.

Le défrisage des cheveux, ou lanthionisation, consiste à changer la nature des cheveux par des techniques, agressives, thermiques ou chimiques. Certains dénoncent cette pratique en la mettant dans le même lot que les essais de blanchiment de la peau à l’aide de crèmes ou autres : il s’agirait d’un complexe de la population ayant une peau à forte pigmentation, d’une tentative à ressembler à l’autre, le blanc, celui que l’on voit dans les publicités les cheveux au vent. L’un des premiers produits permettant le défrisage est apparu aux Etats-Unis avec comme slogan « Black, no more ». Mais c’était il y a bien longtemps…

De nos jours peut-on critiquer cette coiffure alléguant qu’il s’agit d’un complexe d’infériorité ? N’est-ce pas réducteur ? Doit-on y voir une problématique raciale ? Il serait temps de ne plus s’arrêter à cela.
Contrairement à ce que je pensais, le défrisage n’est pas l’apanage des cheveux crépus mais, certes, c’est sur ceux-ci que l’effet esthétique est le plus impressionnant. Les cheveux lissés seraient plus faciles à entretenir et permettraient de faire des tresses, nattes et autres.
Le défrisage des cheveux reste une coiffure, sans plus. Libre à chacun de faire ce qu’il veut avec ses cheveux.

_______________________

Nicolas MBOSO

Je ne pense pas que défriser ses cheveux que défriser se cheveux c’est une question d’aliénation, une question de se sentir inférieur ou pas ou quoi que ce soit.
Les cultures se partagent, pourquoi on joue au djembé, pourquoi un blanc va apprendre va apprendre à jouer au djembé.
Le mixage est déjà et on est déjà mixé et il faut l’accepter. Le monde est en plein mouvement.
Quand on parle d’Hitler qui ne voulait pas que les races se mélangent pour créer une race supérieure, on va en arriver là si on dit que nous on est noir et on veut rester avec nos cheveux crépus.
Moi j’ai déjà défrisé et j’ai eu des locks aussi.
On peut partager les cultures mais il faut savoir se retrouver aussi, les noirs ont besoin de retrouver, ça c’est sur mais la question de défriser les cheveux, porter des locks, couper ses cheveux, ça c’est pas un problème en soit, le problème c’est de savoir qui tu es vraiment et pourquoi nous on a toujours eu des cheveux crépus.

Le cheveu crépu : « une identité africaine, oui, en perte de vitesse je crois »

Je ne suis pas d’avis que les personnes qui font le défrisage sont aliénées mais il faut voir ce qui se passe dans leur tête ? Quelle est leur éducation ? Quel est leur milieu ? D’une part…

D’autre part, il y en a qui sont complexés et ils veulent ressembler à l’image que la société dit normal, acceptable…

Mais les africains sont réveillés et se des questions concernant leur histoire. Bravo !!

________________________

Jacques NDI

Pour moi le défrisage ce n’est pas mauvais en soi, vue la technologie actuelle en ce moment. Je pense que c’est un look comme un autre. Il n’y a pas que le défrisage et je ne pense pas que c’est un complexe d’infériorité. Je pense que c’est complètement à côté de la plaque, il n’y a pas mal de points du côté des blancs comme du côté des noirs.

Que direz-vous par exemple des blancs qui vont à la mer pour se faire bronzer ? C’est vrai qu’il n’y a pas de possibilité d’aller jusqu’au bout pour les blancs par exemple de devenir plus noir mais si c’était possible, des gens iront jusque là. Je pense qu’il faut être libre dans sa tête.

Personnellement parlant, le défrisage en soi n’est pas mauvais, c’est un look comme un autre, surtout dans ce nouveau monde de la mode où on a besoin à perpétuité de ressembler ou de s’identifier à l’autre ou à son idole.

________________________

Philippe BUYCK

Petite parenthèse pour souligner l’importance de la coiffure pour s’identifier ou se donner une identité, on connaît tous le fameux reporter « tintin », En flamand, il s’appelle Kuifje, donc il s’appelle d’après sa coiffure. C’est qui Kuifje, c’est sa coiffure. Je me suis un peu coiffé comme tintin et quand les gens me voient, ils me disent : « ah tintin ».
C’est très important la coiffure pour s’identifier.

________________________

version imprimable

 

7 responses

28 09 2007
princess ethiopienne

Bravo les abeilles, plaisir de vous lire et de voir les travaux avancer. J’espere que vous allez bien, je reviens d’Ethiopie ou j’ai passe de tres beaux moments.
je me suis baigné dans les lacs de lait et de miel de Shashamane…quel délice!!
A bientot, keep the vibe up
one love
princess ethiopienne

30 09 2007
vincent

pourquoi les blackman se rasent-ils les cheveux?
vincent

17 01 2008
Mint rabia

« Le Noir a deux dimensions. L’une avec ses congénères, l’autre avec le Blanc. Un Noir se comporte différemment avec un Blanc et avec un autre Noir.
Que cette scissiparité soit la conséquence de l’aventure colonialiste, nul doute… Qu’elle nourisse sa veine principale au coeur des différentes théories qui ont voulu faire du Noir le lent acheminement du singe à l’homme, personne ne songe à le contester.
Ce sont des évidences objectives, qui expriment la réalité ».

Frantz FANON.

L’acte du défrisage par l’Homme Noir, complexe d’infériorité?

A bien penser, je crois bien que l’Homme Noir par l’acte du défrisage exprime de façon consciente ou inconsciente un complexe d’infériorité.

Je vous suggère de lire ces deux livres de Frantz Fanon:

° »Peau noire, masques blancs ».
° »Damnés de la Terre ».

Quelques extraits de « Peau noire, masques blancs ».

« Ce que nous voulons, c’est aider le Noir à se libérer de l’arsenal complexuel qui a germé au sein de la situation coloniale ».

« Le Noir veut etre comme le Blanc. Pour le Noir, il n’ya qu’un destin. Et il est Blanc ».

« Si la structure psychique se révéle fragile, on assiste à un écroulement du Moi. Le Noir cesse de se comporter en individu actionnel. Le but de son action sera autrui ( sous la forme du Blanc ) ».

14 06 2008
Gauthier Balukuna

Bonjour l’Afrique,

Imaginez le retard qu’aurait l’occident avec tous ses differents peuples si ils n’etaient dans l’histoire croise l’Afrique; ou mieux l’Africain.
Proudly african.

20 10 2010
Malembama

Bonjour,

Etant noir et me défrisant les cheveux occasionnelement, je pense qu’il faut aller de l’avant et ne pas se focaliser sur l’attitude à avoir par ce qu’on est noir.

Je crois qu’aujourd’hui l’Afrique et les jeunes issus de l’immagration souffrent d’une crise identitaire dicté par leurs parents…

Je ne renis pas l’exlavage, n’y mes origines « Congolaise ». Je dis juste qu’aujourd’hui, etre noir s’est pas s’interdire de faire ce que bon nous semble… L’homme blanc copi l’homme noir et vis vers çà!

L’homme noir du XXIe siecle vit doit vivre daans son temps.Qui sommes nous pour juger? Frisé ou crépu le cheveux n’est qu’un attribu qui à mon sens n’est pas facteur de « complexe »!!!

Au contraire… c’est une question de mode « Cheveux lisse en hiver » et « rasé en été »

Amicalement,

G.M

4 11 2012
mesmer

moi je pense que chaque personne doit s’accepter tel qu’il a été charpente depuis le ventre de sa mère le cheveux crépu est la marque d’identité par excellence des noirs vous ne verrez jamais une non noire chercher a avoir des cheveux crépus le corps que nous avons est le temple de Dieu c’est lui qui nous a donne cela les défriser reviendrait a critiquer son che-d’œuvre

19 03 2013
Sharonrose 14

De ma part,en Afrique nous avons plusieurs types de cheuveux.En ethiopie,la majorité des femmes ont des cheuveux plustôt bouclés,métissés,et très long;elles ont un mélange métissé.Mais en Afrique centrale,australe et ect…On trouve les races de cheuveux en variété selon la région ou l’ethnie.Le problème n’est pas d’avoir honte de sa culture mais d’accepter et aimer comment Dieu nous a créer.En nous défrisant,nous rejettons ce que nous sommes et nous disons à Dieu qu’il a été bête de nous avoir créer ainsi en faisant cet acte…c’est du pure complexe!!! et le manque d’inssactisfation,tout cela pour ressembler au starts d’hollywood car c’est l’origine du défrisage.En plus, le défrisage n’est qu’une simple illusion car quelque mois après avoir apliquer le produit,les cheuveux se coupe,deviennent secs,et il ya de la repousse.On eus essayé plusieurs tentatives mais le naturel reste naturel.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :