Leçon 4 INDIGENES RACES PURES ET METISSAGES

Editorial: Indigénat, race pure, métissage … Chaque mot a sa raison d’être

Bonjour à tous. Merci du précieux soutien que vous apporter à notre action. Grâce à lui, nous osons aborder des sujets délicats comme c’est le cas du thème que nous vous proposons de parcourir dans ce numéro : le pouvoir des mots sur les esprits et les idéologies. ‘Indigénat’, ‘races’, ‘métissage’,…ces mots sont devenus au fil du temps des qualificatifs tellement familiers que nous avons complètement oublié leur sens et origines. Vous allez découvrir, dans les lignes qui vont suivre, que, tout compte fait, il n’y existe pas de mot anodin. Chacun d’eux à une raison d’être !

Pourquoi vous parler d’un tel sujet dans une Revue qui parle de l’Histoire de l’Afrique ? La question des races et des métissages n’est-elle pas plutôt universelle ? Sans doute ! Mais, l’Afrique est particulièrement concernée. La distinction des races, le statut de l’indigénat, le dénigrement des métissages ont été à la base de l’histoire des discriminations subies par les peuples africains. Cependant, n’y voyez pas une nième lamentation d’une Afrique qui se morfond dans son passé. Pas le moins du monde ! Nous voulons seulement rappeler que jeter un regard critique sur sa propre Histoire permet de se construire un avenir sans fantômes.

C’est en visionnant un film très récent (et surtout un film excellent) de Rachid BOUCHAREB : ‘Indigènes’ que nous avons eu l’idée de vous entretenir de ‘l’histoire des mots’. Ce film est un véritable devoir de mémoire pour les héros (indigènes) afin que finalement on leur reconnaisse la qualité d’Hommes. Véritable fer de lance contre le racisme et contre les discriminations d’actualité que subissent aujourd’hui les fils d’indigènes, ce film exprime les choses qu’il tient à dire de façon profondément juste, et il n’a rien d’une production huilée et par trop policée. Le film ‘Indigènes’ ne peut que déranger à l’heure où la question de la mémoire coloniale fait enfin l’objet de débats exacerbés. Il dérange mais sans outrance tant l’ignorance des faits et l’histoire de ces gens simples le justifie. En définitif, ce film tombe à pic pour rappeler avec quel mépris ont été traités les soldats africains qui ont combattu et qui sont morts pour sauver ce qu’il convenait alors d’appeler « la mère-patrie », la France.

Evidemment, les origines de son réalisateur expliquent pourquoi le film se concentre sur une Région particulière de l’Afrique. En effet, on voit défiler au générique des photos d’époque montrant, en 1943, des gens ordinaires s’enrôler dans l’armée française aux quatre coins du Maghreb. Mais, ce que le film démontre c’est aussi, et surtout, les implications des mots sur l’histoire de tout un Continent. Il nous rappelle que même si ‘Indigène’ est un synonyme d’autochtone, son histoire est lourde de sens et profondément africaine. Environ 130 000 combattants africains seront appelés ‘indigènes’ par la hiérarchie militaire qui tenait absolument à les différencier des ‘hommes’. Tout est fait pour éviter que des amitiés ne durent ou que les tirailleurs ‘indigènes’ ne prennent du galon. L’intégrité de la ‘mère patrie’ ne souffre pas le métissage et on ne désire pas voir des africains encore colonisés libérer l’Alsace pour ensuite triompher des Nazis en Allemagne. Pourtant, malgré leur contribution à la victoire, malgré leur sacrifice, soixante ans plus tard, la ‘mère patrie’ reste amnésique et les discriminations liées au statut de l’indigénat ne sont pas que du passé : il n’y a pas longtemps (en fait, moins de deux ans), les survivants indigènes ne bénéficiaient pas d’une pension équivalente à leurs frères d’armes. Comment ne pas payer des pansions dignes à ces soldats ‘indigènes’ ? Les balles nazies ne faisaient, pourtant, pas de différence au combat. A plusieurs reprises, le film nous montrent des révoltes contre leur statut d’indigènes et met à l’épreuve les valeurs auxquelles croyaient et croient toujours les puissances coloniales (liberté, égalité, fraternité …). C’est le cœur qui est convoqué pour comprendre ce que peuvent ressentir aujourd’hui les descendants de ces soldats finalement remisés dans l’oubli ; métis de ces cultures, doutant de leur identité, constamment traités d’étrangers, ‘Indigènes’ tente de leur expliquer l’œuvre de leurs pères morts en héros. Démasquer le passé, c’est exister !

Le film n’est, cependant, que le déclencheur de la réflexion que nous vous proposons de mener avec nous tout au long de ce numéro. D’une part, ce n’est pas uniquement le régime de l’indigénat qui interpelle. En effet, nous devons également nous demander pourquoi nous sommes aujourd’hui convaincus qu’il existe des ‘races pures’, quelle place occupent ou doivent occuper les hommes issus des métissages entre les peuples. D’autre part, les rapports discriminatoires ne peuvent pas se réduire au statut de l’indigénat appliqué aux combattants africains de la 2ème Guerre Mondiale. De tous les temps, la domination, le désir de soumettre et d’exploiter son semblable se sont toujours fondés sur la discrimination. Là où il y a des hommes, il y a des discriminations et le processus est toujours le même : endormir la conscience en considérant l’autre comme inférieur ou de peu de valeur pour mieux l’asservir.

Notre démarche ne consiste, sûrement pas à se poser en victime ! Nous voulons plutôt appeler à l’unité des peuples pour construire l’Afrique. Et puisque rien ne sert de bâtir sur des fondations fissurées, nous devons connaître le sens et les mentalités qui sous-tendent tous ces mots qui nous sont devenus, aujourd’hui, banals.

Indigénat

Le régime (discriminatoire) de l’indigénat est un statut d’infériorité pratiqué dans les colonies françaises du milieu du XIXe siècle à 1944-1947. Mis en place d’abord en Algérie, il est généralisé à l’ensemble de l’empire français à partir de 1889. La France ne fut pas la seule puissance coloniale à procéder ainsi ; Britanniques, Portugais ou Néerlandais firent de même. Les colons ne tiennent pas à doter les indigènes des mêmes droits qu’eux, principalement pour des raisons démographiques.

Un Code de l’indigénat fut adopté le 28 Juin 1881. Puis c’est en 1887 que le gouvernement français l’imposa à l’ensemble de ses colonies. Pour le résumer, ce code assujettissait les autochtones et les travailleurs immigrés aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux impôts de capitation (taxes) sur les réserves et à un ensemble d’autres mesures tout aussi dégradantes. Il s’agissait d’un recueil de mesures discrétionnaires destinées à faire régner le ‘bon ordre colonial’ basé sur l’institutionnalisation de l’inégalité et de la justice. Ce code fut sans cesse ‘amélioré’ de façon à adapter les intérêts des colons aux ‘réalités du pays’ colonisé.

Le Code de l’indigénat distinguait deux catégories d’habitants dans les colonies : les citoyens français (de souche métropolitaine) et les sujets français, c’est-à-dire les Africains noirs, les Malgaches, les Algériens, les Antillais, les Mélanésiens … ainsi que les travailleurs immigrés. Les sujets français soumis au Code de l’indigénat étaient privés de la majeure partie de leur liberté et de leurs droits politiques. Ils ne conservaient au plan civil que leur statut personnel, d’origine religieuse ou coutumière.

Tout compte fait, le colonialisme ainsi pratiqué, s’apparentait à une sorte d’esclavage des populations autochtones: celles-ci étaient dépouillées de toute leur identité. Ce système colonial odieux, qui paraît sans aucun doute honteux aujourd’hui, semblait normal à l’époque et la plupart des pays colonisateurs pratiquaient des politiques similaires.

Le Code de l’indigénat était assorti de toutes sortes d’interdictions dont les délits étaient passibles d’emprisonnement ou de déportation. Ce système d’inégalité sociale et juridique perdura jusqu’en 1946, soit plusieurs années après que les accords de Genève (le 23 avril 1938) eurent interdit toute forme de travaux forcés.

La loi du 7 avril 1946 abolissant le Code de l’indigénat permit de nouveau aux autochtones de circuler librement, de jour comme de nuit, et de récupérer le droit de résider où ils voulaient et de travailler librement. Cependant, les autorités françaises réussirent à faire perdurer le Code de l’indigénat en Algérie pratiquement jusqu’à l’Indépendance (1962). Des codes similaires furent adoptés par les Britanniques, les Portugais, les Hollandais, etc. Ce ne sont pas seulement les Français qui ont appliqué ça!

Racialisme, racismes, races pures et métissages

Le racialisme est une barbarie littéraire que vous ne retrouverez pas dans les dictionnaires. Il a été inventé pour qualifier la discipline consistant à répertorier (faut-il préciser de manière complètement arbitraire) les différences entre les hommes en les classant en race. Bien qu’il s’en prétende distinct, le racialisme alimente le racisme en lui donnant les arguments qui lui permettent de considérer que la pureté d’une race est un signe de son caractère spécifique ou, pire, de sa supériorité. Le racialisme n’est, en fin de compte, qu’un racisme modéré à qui il ne manque que la hiérarchisation des races. D’ailleurs, dans la langue anglaise, on utilise sans distinction ‘racism’ et ‘racialism’.

Donc, que ce soit le racialisme ou le racisme, le présupposé est qu’on doit naître d’une race et qu’on ne peut naître que d’une race car le mélange pervertit la pureté de la race . Dans cette idéologie, le métis (issu de l’union de deux races) n’a pas sa place. Dans les moments de tension, il représente tout ce qui est haïssable chez l’autre et, de ce fait, est rejeté par les deux camps. Dans l’imaginaire de nombreux peuples, l’unité ethnique est symbolisée par le sang. Le métissage est alors considéré comme un mélange de sang (les métis deviennent des ‘sangs mêlés’ qui ne peuvent représenter ou défendre aucun des camps).

Qu’est-ce qu’un métis ? Ce vocable a d’abord servi de nom générique au fruit des croisements entre les différentes espèces animales, végétales … Ensuite, on l’a employé spécifiquement pour désigner une personne née de parents qui sont issus de populations phénotypiquement différentes : dit plus clairement, des parents d’une pigmentation de peau différente, même si le métissage actuellement ne se limite pas à la couleur de la peau mais s’étend, plus généralement, aux mœurs aux cultures … car les sociétés ne sont plus hermétiquement isolées sur le plan géographique.

La désignation des personnes selon leur couleur a eu une telle importance par le passé que les métis eux-mêmes étaient recevaient un nom pour chaque teinte entre le noir et le blanc. Dans les Antilles françaises, espagnoles et portugaises, au Brésil, dans le sud des États-Unis comme dans d’autres colonies, l’importance de l’origine raciale ne s’arrêtait pas à la première génération. Une classification selon le sang s’est mise en place. Ainsi traditionnellement, un enfant issu d’une union noir-blanc est qualifié de mulâtre. Ce terme qui a vieilli (il n’est plus utilisé que de façon sporadique par des artistes ou des écrivains) est excessivement lié au passé esclavagiste. Son étymologie ne laisse aucun doute quant à son caractère péjoratif lorsqu’il fait référence au mulet, croisement stérile entre un cheval et un âne, trahissant ainsi le désir de couper court au métissage. Outre le mulâtre, on connaît également le quarteron issu d’une union mulâtre-blanc, l’octavon issu d’une union quarteron-blanc et le câpre (ou griffe) issu d’une union mulâtre-noir. La langue anglaise va plus loin car la division ne s’y arrête pas à octoroon (l’équivalent d’octavon) mais continue avec le quintroon (ou hexadecaroon) et ainsi de suite. Ces derniers qualificatifs sont probablement très peu utilisés car, à ce niveau, les individus ne présentent pratiquement plus de différences quant à la pigmentation de leur peau. Ils retrouvent, de façon artificielle, la ‘pureté’ de la race. La boucle est pour ainsi dire bouclée et la notion même de ‘race pure’ est piégée par sa propre absurdité.

Par voie de conséquence, l’idéologie à la base du racisme devient elle-même insensée car dans un monde où la frontière géographique n’a jamais été un obstacle aux mélanges des populations, aujourd’hui il y est impossible et absurde de soutenir avec certitude qu’il existe des races pures. La pureté de la race suppose l’absence de tout mélange. Or le mélange est inéluctable. Le racisme n’est, donc, plus qu’une vue de l’esprit. Il perd tout soutient logique. En effet, en défendant une hiérarchisation dans de prétendues races pures et en interdisant tout métissage entre celles-ci, l’idéologie du racisme se condamne elle-même à devenir une aberration car même si elle arriver à endiguer le métissage biologique, elle serait désarmée contre les métissages culturels. Aujourd’hui, à quelques rares exceptions près, il n’existe pas de culture qui ne soit le résultat de mélange et d’influences extérieures, quitte à remonter très loin dans le temps pour découvrir leurs traces. Mais, en fait, il n’est pas nécessaire de remonter le temps. Il suffit d’ouvrir les yeux sur notre quotidien : manger ‘chinois’ en regardant un film hollywoodien tout en écoutant un air oriental avec, à l’horizon, un coucher de soleil sur un lac africain … qu’est-ce tout cela sinon un fabuleux métissage des sociétés ?

Avec le développement des idéaux pacifistes et la contestation scientifique des fondements du racisme, le XXe siècle (surtout sa fin) a été marqué par une forte valorisation du métissage. Il devient un canon de beauté avec l’émergence des premiers ‘tops models’ métis. Par ailleurs, à cette même époque, le métissage se forge une identité devenant une valeur nationale pour certains peuples : le Brésil, par exemple, où la population résulte d’un métissage entre les Amérindiens, les Noirs et les Blancs ; la musique latine y est la résultante des influences africaines, européennes et autochtones.

Cependant, le métissage biologique et/ou culturel reste variablement apprécié selon les endroits et les sensibilités. La pression sociale décourage souvent la mixité culturelle ou biologique poussant ainsi les peuples à l’isolement. Par exemple, comment les métis pourraient se sentir considérés et valorisés dans un pays où lors des recensements, l’administration leur refuse, dans les questionnaires, une existence propre ne reprenant les enfants métis que soit dans la catégorie du père, soit dans celle de la mère ?

Donc, d’un point de vue idéologique, les enjeux du métissage sont profondément enracinés dans les débats sur le racisme. Deux camps s’affrontent : les défenseurs du métissage mettent en avant les valeurs de tolérance et d’ouverture qu’il incarne, tandis que ses détracteurs y voient une corruption des valeurs et de la pureté de la race. C’est ce qu’on doit nommer du racisme. La preuve est, pourtant, faite que la pureté de la race est une notion complètement artificielle.

L’esclavagisme a grandement contribué au dénigrement du métissage en inventant des qualificatifs peu flatteurs, indignes d’un homme : le mulâtre n’est plus un ‘nègre’ (bête de somme au service du blanc), mais il reste inférieur au ‘maître’ et surtout on le veut stérile comme le mulet (qui n’est plus vraiment un âne mais ne sera jamais un cheval).

Voilà ! Vous comprenez désormais pourquoi l’indigénat, le métissage, le racisme ne sont nullement des débats archaïques, mais plutôt très actuels. Vous réalisez également le poids historique de tels mots sur l’Afrique actuelle et l’exigence morale qui est la notre de les utiliser avec discernement. Les conclusions vous appartiennent !

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La voix des Hommes
« Les mots, les sons, le pouvoir sont les symboles de l’Homme.

C’est ce que nous utilisons contre l’oppression.

On ne se sert ni de bâtons, ni de pierres, ni de fusils.

Un de nos messages pour la planète dit :

Rassemblons-nous, sœurs et frères,

Le Temps nous échappe.

Ecoutez la Voix des Hommes, Elle appelle tout le monde.

Cette Voix est pour tous ceux qui l’accepteront… »

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Mick RWUBUSISI

NORWAY

 

La faiblesse de l’homme est la tendance qu’a son esprit à devenir paresseux et de prendre toute information pour argent comptant. Par contre, lorsque l’homme n’a plus peur de penser par lui-même et d’exprimer courageusement sa critique de l’information, alors le monde peut progresser. C’est, entre autres, pour cela que cette Revue existe. Il s’agit de donner une tribune aux idées et de permettre à tous de les critiquer, de les enrichir avant de les assimiler.

 

Nous sommes donc particulièrement heureux de vous transcrire le premier texte critique écrit par l’un de nos lecteurs.

 

Ce texte vous apportera un point de vue différent de celui que vous a donné l’article « L’Afrique se réveillera-t-elle un jour ? » publié dans le précédent numéro de votre Revue Afro Child (Leçon n°3 : Mobutu ou la tragédie d’un peuple et d’un continent). Comparez et saisissez la chance de vous construire votre propre opinion ! Bonne lecture. (NDLR)

 

Salut à tous,

 

Je tiens d’abord à féliciter tous les membres de l’équipe « Afro Child » pour l’initiative qu’ils ont eu d’ouvrir un champ d’expression libre comme celui-ci. Bien qu’il ne soit pas le premier, il reflète cependant un enthousiasme considérable de la part des enfants d’Afrique, soucieux de voir leur chère maman, un jour, libérée du mal qui l’asservit depuis belle lurette et des idées préconçues comme, par exemple, celles pour lesquelles j’aimerais proposer mon point de vue.

 

Le parcours du dernier numéro de la Revue m’a fort impressionné dans l’ensemble et, comme un flash dans mes yeux, je me suis arrêté l’article du journaliste africain Ousmane SOW qui raconte sa rencontre avec un professeur dans une station d’arrêt-bus à Montréal au Canada. Comme vous pouvez bien l’imaginer, lorsque deux personnes se rencontrent, un sudiste et un nordiste, le sujet de débat est souvent orienté vers le sud et rares sont les fois où le contraire se produit. Doit-on en être fier ? Moi je suis fier de parler de mon pays, le Rwanda, et de mon continent L’Afrique, surtout quand il s’agit de la musique, des cultures, des paysages et des gens. Par contre, je suis plutôt triste quand il s’agit d’entendre des personnes faire des analyses politiques à leur manière avec des idées préconçues qui tendent à réduire tout un continent en un minuscule block de définitions ensemblistes comme quoi  » en Afrique c’est comme ça…. » ou encore « la tradition africaine est telle… »

 

Par exemples, les analyses tenues par ce professeur canadien en stratégie, qui rencontre beaucoup d’officiers militaires venus d’Afrique et qui semble bien connaitre l’Afrique ‘comme le fonds de sa poche’. Pour ce dernier, l’Afrique devrait réunir les 10% du budget des ministères de défenses de chacune de ses pays, trouver des spécialistes en Asie, qui sont prêt à travailler pour un salaire de trois milles dollars, pour construire une centrale nucléaire, apparemment, pour l’ensemble du continent, et le continent serait libéré de toutes ces oppressions venues du nord. Ce serait pour lui l’une des voies de sortie (il en propose trois au totale dont l’économie et l’énergie) afin le continent Africain recouvre son autonomie d’avant la période d’esclavage et de la colonisation.

 

Voyons voir ensemble, ces propositions, de la part de ce professeur canadien en stratégie. Tout d’abord, quelle est la somme qui sortirait de cette cotisation des ministères de défenses des pays africains? 10% du budget de chacun d’eux… inutile de faire les calculs. La somme est énorme ! Et je me demande, comme par hasard, qui aurait la gestion de cette somme ? Sûrement une équipe sera choisie, et un autre budget sera voté, pour payer ces agents et entretemps des dizaines de conférences seront animées, le Rwanda voudra accueillir l’une des conférences, pourquoi pas le Nigeria, le Kenya, l’Algérie, la Libye, le Sénégal ou l’Afrique du sud et ainsi d’autres sous seront dépensés pour le déplacement des conférenciers et la tenues des colloques, ateliers, plan d’action etc… Ainsi de suite, voila donc comment monsieur veut que les maigres deniers publics des pays du Sud soient utilisés. Cela ne m’étonne pas du tout quand je vois l’évolution de certaines résolutions qui ont pour but d’améliorer, permettez-moi le terme, les conditions de vie ici sur terre. Aucune d’entre elles n’atteint le but préconisé, sauf celui que nous autres peuples d’en bas ne connaitrons jamais. Il y a de quoi se dire que ces décideurs ont tous fait la même école avec un même prof. Et si, par ‘miracle’, ce projet marchait et que l’Afrique arrivait à détenir une centrale nucléaire, quel pays sera jugé le plus responsable pour ‘loger’ cette technologie ? Enigme !

 

La technologie nucléaire, nous le savons tous, nous le voyons tous, ne sert pas qu’à produire de l’électricité. Les puissances qui possèdent cette technologie, détiennent également la bombe qui va avec. Alors, que restera-il à faire le jour où l’Afrique aura sa bombe ? A mon avis, il ne restera plus qu’à la larguer. Où ? En tout cas j’imagine mal que ce soit sur la lune ou la planète mars. Ce sera, sans nul doute, sur cette vielle Terre ; notre vieille Terre ! Dieu merci qu’il y ait encore quelques professeurs soucieux de la survie de la race humaine et pas seulement des rapports de force entre les hommes et les races. Le professeur Muhammad YUNUS, en occurrence, qui vient de rafler, pour l’an 2006, le prix Nobel de la Paix. Rien qu’avec la somme de 27 dollars qu’il a prêté à chacun des 42 habitants de son village (rien avoir avec les dix pourcents du budget d’un ministère de la défense …), il a lancé un projet immense sur le plan mondiale, le microcrédit, pour lutter contre la pauvreté. Il est fondateur de la Grameen Bank. N’allez pas me demander pourquoi la pauvreté persiste encore et pourquoi toutes ces inégalités qui ne cessent d’élargir le fossé entre les riches et les pauvres. Je vous renverrai à cette dernière phrase : pourquoi ne sommes-nous pas encore sauver alors que nous avons déjà eu la visite du Sauveur le CHRIST ?

 

Joyeux Noël et bonne année à tous.

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PALETTE MÉTISSE
Jean-Luc PENING

On m’a donné carte blanche…
Et pourquoi pas une carte noire?
De toute façon, qu’elle soit toute blanche ou toute noire, une carte n’a aucun intérêt tant qu’elle n’a pas été colorée de mots et peinte de pensées. Tant qu’elle n’a pas été caressée et grisée de mon encre noire, ma page blanche n’a strictement rien à vous dire.

Mais avant tout, je dois me présenter. Je m’appelle Jean-Luc et je suis un blanc-blanc-belge. Mon père était d’origine ardennaise et ma mère originaire de Blandain, près de Tournai. Moi je suis né à Bruxelles, capitale bilingue de l’Europe et de la Belgique. La Belgique, vous savez, ce petit pays qui a été colonisé et exploité par les Romains, les Francs, les Germains, les Espagnols, les Hollandais et j’en passe et des pires. Ce petit pays dont l’économie dépend entièrement de l’industrie automobile allemande, des diamantaires juifs, de la main-d’oeuvre polonaise, de multinationales étrangères (une seule grosse entreprise est belge) et dont la plus grande industrie est maintenant aux mains des Indiens. Un pays dont la plus grande fierté dans le monde est le Blanc-Bleu-Belge, ce fameux bovidé fait de 2 couleurs et dont nous vantons tous le superbe arrière-train venu d’ailleurs et nommé le « cul de poulain ». Un pays où on parle le Français, vous savez, cette langue indo-européenne faite de mots latins, grecs, celtes, anglais, germaniques, arabes, slaves, … et qui s’écrit avec des lettres d’origine grecque et des chiffres arabes. Un pays trilingue multiethnique qui se dit catholique … Bref, je suis un métisse venu d’un pays fait de milliers de métissages et dont L’Afrique n’a pas à envier l’histoire…

Mais la Belgique c’est aussi un pays qui a colonisé et exploité un continent 80 fois plus grand que lui et qui continuera à le faire tant que les Africains pratiqueront la politique de la main tendue, du pantalon baissé et de la fuite vers des pays aux CPAS chimériques au lieu de se tourner vers ses propres richesses humaines et culturelles et de croire en son propre avenir à bâtir loin d’un occident miroir aux alouettes et d’un capitalisme creuseur de fossés.

Mais je m’éloigne du sujet, coup de gueule oblige …

On m’a donné carte blanche pour vous parler métissage. Moi qui suis un producteur de métisses (mon épouse est capresse rwandaise hutu-tutsi-grecque), je tenais à vous dire, à vous mes enfants et à vous les enfants du monde, que nous sommes tous des métisses issus du grand mixer mondial. Vous êtes donc des hommes et des femmes comme tous les autres avec un vécu et des chromosomes qui font de vous une personne à part entière impossible à classer dans la moindre catégorie si ce n’est celle de terrien citoyen du monde. En fait la seule chose qui vous différencie c’est que vous portez les couleurs de vos origines dans votre peau. Mais quelles couleurs? Des couleurs que tous vous envient et que vous devez porter dignement. Ce sont des couleurs fortes qui prouvent au monde que la notion de race n’existe pas, qui montre à tous qu’il existe des traits-d’union forts entre les civilisations et qui ferme la gueule à tous les extrémistes. Vous êtes issus d’un mariage heureux ? Vous êtes issus d’une rencontre triste ? Peu importe ! Nous avons tous notre histoire. Vous êtes issus de la rencontre de deux mondes, quelle chance vous avez ! Ne passez pas à côté. Allez vers vos racines avec respect, apprenez la langue de vos pères, apprenez la langue de vos mères, imprégnez-vous de leurs coutumes, savourez leurs cultures, appropriez-vous leurs valeurs. Nourrissez votre cerveau de ces richesses et faites en profiter votre entourage. Dites-vous bien que le jour où tous les hommes et femmes seront métisses et afficheront leurs métissages, il n’y aura plus de racisme et nous vivrons dans un monde nettement plus harmonieux quitte à ce que les usines de bancs solaires et d’hydroquinone ferment.

En fait les métisses, comme tous les jeunes du monde entier, passent par une délicate phase d’identification, heureusement généralement passagère, durant laquelle ils veulent faire partie du groupe sans se faire remarquer … Tous les métisses souffrent un jour de leur différence comme en soufre le petit gros, la grande rousse ou le point noir à lunettes … Comme tous les enfants, ils se rendent compte un jour que le monde est cruel, difficile et intolérant. Tous les métisses voudraient un jour être blancs parmi les blancs ou noirs parmi les noirs mais au regard des autres, vous n’êtes que des blancs en Afrique et des noirs en Europe. Devant ces regards hostiles, peureux de toutes les différences, vous n’avez qu’une seule arme : la fierté. Si ce n’est pas vous qui montrez l’exemple de l’ouverture du monde, qui le fera ? Si vous ne montrez pas un attachement à toutes les cultures dont vous êtes originaires, qui le fera ? Vous êtes des exemples, soyez ouverts, tolérants et bien dans cette peau qui vaut de l’or.

Vous avez en main une palette de couleurs, une palette de richesses, une palette de cultures. Avec un peu de la rigueur du blanc, de la profondeur du noir, du sourire du jaune, de la force du rouge, de l’appétit du vert, …ou toute autre valeur, créer votre chef d’oeuvre et éclairez-en le monde (sans jamais oublier d’y ajouter l’éclat de l’humour et une touche d’autodérision). Soyez les artisans de cette palette métisse qui fera la planète métisse de demain.

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« LE POST-MODERNISME EST INCOMPATIBLE AVEC LE RACISME »
Eurydice BUTOYI

Liège BELGIQUE

Eurydice BUTOYI est une jeune fille originaire du Burundi et de nationalité belge. Elle poursuit des études de Fashion design à Kent en Angleterre. Dans l’interview qu’elle nous a accordée, elle nous parle du post-modernisme en mettant en évidence d’intéressants liens avec l’idéologie du racisme. (NDLR)

 

D’abord je voudrais vous remercier d’avoir eu l’idée de réveiller notre intérêt pour le continent africain.

Pour comprendre le post-modernisme, il faut d’abord que je vous explique le modernisme. La philosophie de la modernité considérait (c’est dans les années ’60) que pour qu’une chose soit belle, il faut qu’elle soit fonctionnelle, il ne faut pas qu’il y ait du superflu. Ça allait très loin ! Par exemple, la beauté d’un objet artistique se jugeait par rapport à sa fonction. En architecture, le modernisme est à l’origine des ‘cités HLM’, c’est-à-dire les grands blocs d’immeubles sociaux minimalisés à fonds, où tout le monde a ce qu’il faut pour vivre (un appartement, une épicerie, une école … tout ça dans un même environnement) ; mais où tout est identique pour tout le monde. En fait, l’exemple de l’architecture moderne est typique de la philosophie moderniste appliquée à la société : il faut que les progrès technologiques, scientifiques et intellectuels servent à résoudre les problèmes sociaux. En construisant es logements sociaux modernes, fonctionnels, beaux … mais tous identiques, on a pensé équilibrer les rapports sociaux ; ramener la classe ouvrière vers le rang d’une classe moyenne. Mais, en faisant ça, on a complètement ignoré l’individu. Le modernisme ne pense pas la société comme un ensemble d’individus aux désirs et aux besoins différents, mais comme un ensemble de classes sociales que le progrès va servir à équilibrer.

Donc, pour résumer, le modernisme a complètement nié l’individu … Et le post-modernisme est une réaction au modernisme. La postmodernité revient à l’individu et non plus seulement sur l’appartenance de celui-ci à tel ou tel groupe. L’homme se recentre sur lui-même et sur ses préoccupations propres. Si la postmodernité se (re)intéresse à la personne, quel est le rapport avec l’idéologie du racisme ?

En fait, le post-modernisme s’accompagne d’une fragmentation de l’individu ; son identité n’est plus définitivement établie par la seule apparence extérieure de la personne qu’on a devant soi. Il n’y a plus de modèles prédéfinis : une femme peut désormais être une parfaite maîtresse de maison et une chef d’entreprise compétente, un homme peut être en colle blanc le matin et en même temps aimer les boites de nuits … A côté de ça, les groupes sociaux se fragmentent et se mélangent aussi : on peut se revendiquer aujourd’hui de deux groupes sociaux qui hier étaient opposés ou au contraire refuser d’appartenir à aucun groupe. En fait, la période postmoderne, c’est celle que nous vivons aujourd’hui.

Lorsqu’on a compris la postmodernité, on comprend également que ce serait contradictoire de soutenir l’idéologie du racisme. Le raciste dit qu’il y a une hiérarchisation des races prétendument pures et donc une hiérarchisation des individus basée sur leurs races. Or, on vient de le voir, le post-modernisme a fait qu’aujourd’hui il est impossible de définir les capacités sociales d’un individu par son seul aspect extérieur (c’est-à-dire la couleur de sa peau). Par ailleurs, il est également impossible dans le post-modernisme de dire qu’une race est pure parce que les groupes sociaux se sont fragmentés et, du coup, se sont beaucoup mélangés.

Aujourd’hui, c’est vrai qu’on devient raciste par facilité pour ne pas prendre la peine d’accepter son semblable qui est devenu, avec le post-modernisme, très complexe à définir et donc à prévoir dans ses réactions. Mais, quand-même, le racisme a complètement perdu son sens et il est contradictoire à la philosophie sociale que nous vivons.

Pour finir, je dirai à tous ceux qui lisent que l’Afrique a beaucoup souffert, mais qu’elle reste un très beau continent et un continent très riche qui se relèvera. Alors, qu’ils continuent à vous soutenir. Et vous, ne vous découragez pas !

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LA PROCESSION
Jean-Luc PENING

Froid, on se sert les uns contre les autres. Noir, la nuit est encre. Silence, on attend, on attend, on attend…
Noir silence.

Soudain un bruit, un frisson de panique, une peur. Ouf, ce ne sont que les passeurs, les « taupes », qui arrivent. On leur confie nos dollars et on se met en route. Toujours serrés les uns contre les autres pour ne pas se perdre, pour être sûr de mettre le pied dans le pas du précédent. Chenille compacte qui descend vers la plage, procession lente et toujours silencieuse.

C’est le départ. On a tout laissé derrière : la famille, les amis, les repères. On n’a pas laissé grand chose de matériel, peut-être un lopin de terre, pas plus. Tout est dans les balluchons et sur les épaules : deux chemises, un tricot, deux photos jaunies. Pas de papiers d’identité, le groupe est devenu anonyme, un groupe humain constitué de personne, personne.

Mais là-bas, de l’autre côté, plus loin, c’est la vie qui attend. Un paradis où on peut manger, où on peut boire, rire, parler, où on peut travailler, acheter se vendre. C’est dur là-bas, mais c’est mieux, beaucoup mieux. D’ailleurs Bientôt on y sera et on en reviendra beau, riche. La chenille sera devenue papillon. En attendant, on monte dans le bateau. Trempés, la mer est agitée. Serrés, silence à espionner l’ennemi qui ressemble à la lueur d’un phare sur l’horizon.

L’ennemi n’est pas venu, il faisait trop mauvais. Le groupe reprend sa marche à vingt mètres de la plage au son du hors-bord qui s’éloigne. Quelques balluchons se sont perdues dans les vagues, des personnes aussi, peut-être. Il faut encore attendre un peu, le soleil n’était pas au sommet de la falaise, il est un peu plus loin. On se réchauffe, on se repose. Patience ! Un bruit, silence. C’est le camion qui arrive. Ses portes se referment hermétiquement, il fait noir, toujours noir.

Le voyage est long, très long, plein d’angoisse à chaque arrêt, à chaque coup de frein. On est clandestin, on doit passer inaperçu sous peine d’être renvoyé d’où on vient. Enfin la porte s’est ouverte, pas sur la vie, mais sur la nuit. Encore un peu de route à faire. On y est presque. De camions en camions, d’attente en attentes, de refuges perdus en caves encrassées, le voyage libérateur a continué. On approche.

Jusqu’au jour où les taupes ont clairement expliqué qu’ils n’avaient même plus les moyens de payer les quelques denrées qui servaient de nourriture, que le voyage était plus long que prévu, qu’ils avaient dû faire un détour pour éviter des contrôles, qu’ils avaient dû acheter de l’essence au marché noir… Bref, que si on voulait continuer il fallait payer et que pour pouvoir payer il fallait travailler. On avait ce qu’ils ont dit. Les taupes ne sont-elles pas insectivores?
C’était dur, on s’y attendait. Le principal est que le voyage ne s’arrête pas là, si près du but. Des mois dans une cave sombre à coudre des chemises, une nuit de route. Un trimestre ou plus à faire des basses besognes ici, des semaines de manutentions lourdes là. De travail en fuite, de travail en attentes et de travail en travail, on a appris à coudre, à trier, à porter, à supporter, à se taire et à se terrer. On a aussi appris la maladie, le désespoir, la prostitution. Et la chenille est devenue larve.

Mais un soir d’espoir on a vu le soleil. Un groupe s’est reformé sur la route. Froid, on se sert les uns contre les autres. Noir, la nuit est encre. Silence, on attend, on attend, on attend… Noir silence.

Soudain un bruit, un frisson de panique, une peur. Ouf, ce ne sont que les taupes qui arrivent. On leur confie les dollars qui restent et on se met en route, chenille compacte qui descend vers la plage. C’est le départ d’un groupe de personne.

Mais là-bas, de l’autre côté, plus loin …

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THE THREE FACES OF RACISM
David HAWKINS

Paris FRANCE

In 1999 I was working at the building of the North-western Train Station in Chicago. At this point it was October and I had been working at one of the companies on the 16th floor as a Senior Systems Analysts. Typically, in these kinds of computer IT positions, you don’t have to come to work in a suit and tie. I don’t remember what I was wearing exactly, but it was winter in Chicago and it would have been something warm. I was also taking classes at Columbia for my Bachelor’s degree. On this particular day I needed to get a birthday present for my Japanese teacher, who had announced that she would be leaving the school at the end of the year.

I went into the cosmetics store « The Body Shop » on about the third floor of the same building where I worked. I had never been in that particular store before, but had visited other shops in the chain. It was usually a good place to pick up gift packages of lotion, soaps, and other toiletry items. So I came in asking about a particular perfume. The saleswoman was very polite and walked me over to where they were located. I looked at a few different products, and then I looked at my watch and found that I wouldn’t have enough time to decide.

So I figured I would come back later, after work, and pick something up. On the way out of the store the saleswoman asked me « What did you do with the perfume? » I thought she was wondering why I hadn’t bought it.

« Oh, I don’t have time to pick it up now; I’ll try and stop by after work. »

« Okay… But what did you do with it? » Turns out she wasn’t wondering if I had bought it or not. She was wondering if I had stolen it.

« I put it right back where you picked it up. »

« Do you mind showing it to me? » If « she » had been a « he » I probably would have punched him at this point. Instead I walked her over to the exact same place where she had just picked up the perfume five minutes ago, and showed her the exact same bottle she had just handed me. Then I left the shop (still in a hurry), froze, turned around, and went right back in and asked to speak to the store manager.

The previous year, again 1998 and again in Chicago, I was walking down the street with my girlfriend of the time, who just happened to be a person of Philippine origin. A woman in her mid forties approached me and asked me for change. I told her I only had enough to go to the movie theatre. When I had made it four paces away the woman shouted behind me « Traitor. » I kept on to the movies.

Over ten years before that I had entered a candy shop near my grade school. It was after school and the shop was filled with children. I had just walked into the shop, so obviously I was near the rear of the line. A fellow classmate named Gregory started fighting with a much larger girl. There was some shoving, and the two fell through one of the display cases. As glass flew everywhere I decided that now would be a great time to leave and get my candy another day.

Forty minutes later another kid shows up at my grandmother’s house and tells her we’re wanted at the candy shop. When my grandmother and I make it to the shop, the woman insists that I was involved in the fight that broke the display case. I assured her I was nowhere near it. That, as a matter of fact, there couldn’t have been anybody further away from it since I was the last person to come in the shop. Somehow she was convinced it was me. The most shocking part of any of these individual incidents is the fact that they were committed in my own town by people with the exact same skin colour as me. Throughout history there have been examples of men and women, usually in the military or some sort of policing role, who have been trained to attack their own people.

It is a completely different spirit that compelled the three civilians above to commit wanton acts of racism against someone of the same colour. There is no formal training or indoctrination for civilians in America. Instead, Americans are hypnotized into racism by a popular culture that suggests that young black males are dishonest, untrustworthy, and have criminal intentions.

Every song on the radio… every story on the news… and half of the popular television series reinforce this idea day and night. When I was a child I believed that I would not live past the age of 18. I believed this because the news made it a point of reminding me that « Most black males do not live beyond the age of 18. » President Reagan, and then President Bush (the father of the current President) had America engaged in what they called a « War on Drugs, » which only translated into a « War on Minorities. »

The end result of this war was tougher laws in largely minority neighbourhoods, and more minorities being sent to prison year after year. (For a while it was even illegal for more than four black males to stand on any street corner in Chicago. The law, one of the most unconstitutional and blatantly racist ever adopted in a major northern American city, was eventually struck down by the Supreme Court.)

I grew up in an all-black neighbourhood, where there should have been no discrimination to speak of. But in the absence of outside forces, the community invented its own form of prejudice.

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DIGNES D’ÊTRE DE LA RACE DES HOMMES
Juste SINDIHEBURA

Liège BELGIQUE

« La différence des couleurs de peau est devenue l’indice visible de différences invisibles porteuses de qualités inférieures ou supérieures. Réduit à son statut de dominé et d’exploité, dont sa couleur de peau prend le sens d’un marqueur naturel, le Noir africain peut être méprisé, traité comme un sous-homme, une marchandise ordinaire. Il y a là une réinvention de la catégorie de l’esclave par nature (…)
(…) Le sang noir est imaginé comme le support de la transmission héréditaire de l’infériorité intellectuelle et morale, sous la supposition qu’un peu de ‘sang noir’ suffit pour que la race ou la lignée soit irrémédiablement ‘souillée’. Conséquence directe de cette doctrine inacceptable : le métissage, en particulier le croisement entre Blancs et Noirs (entre les maîtres européens et leurs esclaves africains) doit être proscrit comme une déviation monstrueuse du désir de procréation et comme une violation des lois de la nature. L’argument fondamental et récurrent est qu’il produit une dégradation de la ‘race supérieure’ sans pour autant améliorer en proportion la ‘race inférieure’, celle-ci étant jugée imperfectible (…)
(…) Malgré des survivances, ce racisme classique, hiérarchisant les groupes humains selon des caractéristiques somatiques ou phénotypiques, a globalement reculé. Il a perdu toute légitimité scientifique, et, depuis 1945, est condamné universellement. Seulement, nous sommes passés d’un racisme biologique ou bio-racial à un néo-racisme culturel, qui consiste à absolutiser les différences culturelles (notamment les différences religieuses) en les essentialisant, pour en faire de nouveaux marqueurs d’altérité radicale ou d’infériorité irrémédiable» Pierre-André TAGUIEFF

L’important n’est pas ce que vous allez lire, l’important est ce que vous allez comprendre. Voici mot pour mot l’histoire que nous contaient nos Grands-Pères :

Deux vieillards, se faisant face au bord d’une falaise, discutaient. Parfois, au paroxysme de l’ennui ou de l’énervement, ils se lançaient des petits cailloux ou d’énormes rochers sur la tête. Mais, le plus clair de leur temps, ils s’épuisaient de mots tantôt aussi doux que la brise fraîche des nuits estivales, tantôt aussi acérés que les rafales du vent hivernal. Au bord de ce gouffre sans fonds, ils palabraient depuis … depuis quand déjà ?

« Dis-moi mon frère…» la lueur dans les yeux fatigués du vieillard noir trahissait la sagesse injectée dans le moindre de ses paroles : « Dis-moi… est-ce que tu me vois ? » continua-t-il tout en essayant péniblement de se relever de toute sa hauteur. Mais, la petite chaise en bois d’ébène sculpté semblait irrésistiblement attirer ses vieux os vers le bas. Ah ! Maudite vieillesse … pourquoi si vite et si tôt ?

Sur l’autre bord, le fringuant vieillard blanc, occupé à s’occuper de sa vie, tourna nonchalamment son vif regard et répondit avec une note d’agacement : « Je te vois depuis toujours mon ami. Je te connais depuis toujours ! » Alors qu’il prononçait ces mots, son esprit fut une fois encore intrigué par la chaleur qui semblait littéralement baigner les paysages envoutants d’outre-rive … « Les cieux lui sont bien cléments ! Serait-ce de l’envie que je sens me submerger le cœur ?… » ne put-il pas s’empêcher de penser.

Le sage noir maudit en silence l’agressivité de ce soleil au zénith dont les assauts lui brulaient les deux ou trois cheveux tenant encore debout sur son crâne. D’un geste devenu machinal depuis longtemps, il essuya la sueur de son front et répliqua : « Mon frère, comment veux-tu me voir si tu ne me regardes pas ? Comment dis-tu me connaître si tu ne me vois pas ? Comment peux-tu me regarder si tu es effrayé par la vérité simple et limpide que tu vas découvrir en moi ? Eh oui, la vérité ! Celui que tu nommes depuis la nuit des temps ‘l’étranger’ n’est nul autre que moi, ton frère ! »

D’un mouvement de la main, le sage blanc balaya cette objection : « La vieillesse n’a pas adouci ton humeur mon ami. Comment puis-je donc ne pas te regarder, ne pas te voir et ne pas te connaître alors que c’est moi et moi seul qui t’apporte les nouvelles de la civilisation et de l’humanité ? Aurai-je un jour droit à ta gratitude ? »

Alors que ses yeux plissaient sous l’effort, essayant de deviner cette matière qui se dérobait à son esprit, le sage noir se murmura : « Que peut bien être ce voile blanc qui recouvre ses terres et ses montagnes ? Quelle beauté, quelle pureté !»

« Pardon ? » dit le sage blanc en entendant le chuchotement. Cet hiver là, le froid se montrait bien impitoyable et faisait trembler ses os usés par le temps.

« Pardon de quoi mon frère ? Pardon que la peur, la méfiance et l’ignorance que tu as à mon égard t’égare et annihile dans ton esprit la seule idée qu’un jour tu puisses reconnaître en moi ton frère, ton frère de sang ? Et voilà que tu as inventé des mots pour mieux te distinguer, mieux t’éloigner de moi, pour mieux te rassurer : désormais, j’appartiens à une autre race malgré que le même sang des mêmes ancêtres coule dans nos veines…» le sage noir avait parlé plus haut que sa pensée.

« Euh… non, je te demandais pas de me pardonner, mais de me dire ce que tu viens de murmurer ! » précisa le sage blanc un peu interloqué par les mots de son voisin.

« Ah, ça !… ce n’est rien. Juste des futilités de vieillards. Mais, dis-moi plutôt, si vraiment tu me regardes et que tu me vois, si réellement tu me connais vraiment, alors de quelle couleur est ma peau ? » se reprit le sage noir

Les yeux du sage blanc se faufilaient comme ils pouvaient parmi les rayons de lumière qui inondaient l’autre rive. Mais, ils n’arrivaient plus à y percevoir que ce qui brillait « Quelle étrange question !… Mon ami, saches que ta couleur m’importe peu ! » rétorqua-il de plus en plus intrigué.

« Eh bien, nous y voilà mon frère !… » Le sage noir sourit et demanda sans détour « si la couleur de ma peau t’importe peu, puis-je savoir pourquoi tu as décidé que ce soit à elle que je doive ma race ? Si elle est de si peu d’intérêt tes yeux, à quoi peuvent bien te servir ces petits noms que tu aimes me donner : homme de couleur, indigène… »

« Un cœur qui aime rentre son dard… n’insistes donc pas ! ‘Homme de couleur’ n’est qu’une jolie façon pour t’appeler mon ami » essaya de se convaincre le sage blanc.

« Jolie ? Tu dis ‘jolie’ ?… laisses-moi te raconter une histoire. Tu estimes poétique de me qualifier d’homme de couleur, mais, cher frère, moi quand je suis né, j’étais noir. En grandissant, j’ai gardé ma peau noire. Lorsque je vais au soleil, je reste noir. Quand j’ai peur ou que je suis malade, je suis noir. Même à ma mort, je serais noir. Tandis que toi, mon frère, à ta naissance, tu étais rose. Quand tu as grandi, tu es devenu blanc. La peur te rend vert et la maladie te rend jaune. A ta mort, tu seras gris. Alors, dis-moi mon frère, pourquoi m’appelles-tu homme de couleur ? » Le sage noir toussota un peu … ces longues phrases l’épuisaient toujours. Ensuite, il continua « Chaque mot a sa raison d’être ! Alors, dis-moi pourquoi tu m’appelles ‘homme de couleur’ ?»

Dans l’esprit du sage blanc, l’idée fit son chemin avant de prendre racine et de germer. Alors, le vieillard avoua : « Il est vrai que ces innocents euphémismes ne font que masquer des réalités que ma conscience n’arrive pas à admettre. Peut-être est-ce pour te refuser notre égalité culturelle et ma fraternité. Sont-ce encore des euphémismes ?… »

« Ce ne sont plus des euphémismes mon frères ! Rien de moins que des sobriquets dénigrants et salissants qui me rendent si exotique, si peu civilisé et si… ‘coloré’ dans mes habitudes et dans ma culture que tu te permets de t’ériger en guide da ma destinée » sans aucune colère dans sa voix, le vieux noir venait de rendre compte à son frère blanc de son éternel sentiment de rejet et, parfois, de mépris.

Alors que le soleil commençait à décliner et se couchait derrière lui, le regard du sage blanc, plein d’émotions, suivait le parcours de cet astre. Il s’exclama : « Mon frère, maintenant je te vois. Maintenant je comprends !… Comment ai-je pu être aveuglé si longtemps par le dilemme qui hante et asphyxie mon esprit : je ne savais plus comment continuer à t’appeler ‘noir’ alors que j’ai contribué depuis des siècles à donner à ce mot un sens si péjoratif et insultant ? Insultant pour ta personne ; insultant pour ta culture ; Et, sans m’en rendre compte, insultant pour toute l’humanité»

«Ce n’est pas ‘ Noir’ qui est une insulte, mon frère. La vérité est que je dois la couleur de ma peau à quelques milligramme de mélanine et non pas à la noirceur de mon cœur ou à l’infériorité de ma culture.»

« Tu as raison, mon frère. D’autant plus que je ne suis pas blanc grâce à l’immaculé de mon cœur malgré la haute estime que je peux porter à ma civilisation. D’ailleurs, ai-je une civilisation propre, séparée de la tienne, qui me rendrait mieux informé des enjeux du monde ? Ou est-ce encore une façon inconsciente de te refuser le droit d’être toi en te qualifiant inférieur à moi. »

Un long silence suivit puis le sage blanc reprit en regardant dans le gouffre devant lui : « En y repensant, mon frère, quelle futilité toutes ces différences et ces fossés que nous creusons entre nous ! Je suis blanc, tu es noir, mais surtout nous sommes des hommes. Montrons-nous dignes de cette humanité ! As-tu remarqué que le même soleil traverse chaque jour ce gouffre ? Oui, le même soleil dans tes contrées comme dans les miennes ! Pourtant, nous, nous considérons cette barrière infranchissable… Quelle sottise mon frère ! Quelle sottise !»

Le sage noir acquiesça avant d’ajouter : « Un jour, un ami m’a dit ‘je rêve d’un monde de soleil dans la fraternité de mes frères aux yeux bleus’. Moi, je ne veux plus en rêver, je veux le construire ce monde ! Mais, je ne peux et je ne veux le faire qu’avec toi ! »

On dit que le racisme nous sert à déporter sur l’autre le dégoût que nous avons de nous-mêmes. Pour que notre beauté nous soit révélée, il faut d’abord aimer le frère que nous décelons dans l’autre et considérer cet autre comme un être pourvu de la dignité humaine. Entendez, donc, ce que ces ainés viennent de nous enseigner !

Après s’être promis que dès le lendemain ils allaient jeter un pont sur le gouffre qui les séparait, les deux vieillards, se faisant toujours face, reprirent leurs discussions. Ils palabrèrent jusqu’à … jusqu’à quand déjà ?

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Remo MELONI

‘Homo homini lupus’ : L’homme est un loup pour l’homme. Est-ce de là que viennent tous ces comportements qui se systématisent dans le rejet de groupes entiers sous divers prétextes religieux, ethniques, culturels, « raciaux »…et qui s’appellent racisme, xénophobie, intolérance, exploitation … ? Pourquoi ce rejet des différences dans un monde où la solidarité doit être indispensable devant les défis auxquels se trouve confrontée notre humanité ? Pourquoi les relations Nord / Sud ont-t-elles pratiquement laissé la place à une concurrence effrénée dans notre civilisation occidentale, où il faut nécessairement être meilleur que son voisin, plus performant…etc. ?
Pourquoi, dans ce même esprit rejeter d’autres groupes entiers sous prétexte d’infériorité par rapport à des critères pour le moins douteux ?
Quelle souffrance ces attitudes ont entraîné et combien elles continuent à affecter notre humanité !

Comment un adulte peut-il abuser de son pouvoir pour maltraiter et humilier un enfant désarmé, victime facile parce qu’étranger ? Combien d’exemples vécus dans notre chair ou observés autour de nous ! Ces souvenirs marquent.

Comment réagir : contre les bourreaux ou contre les injustices pour un monde riche de diversité et de respect mutuel entre des hommes, caractérisés bien sur par des différences, mais aussi essentiellement par une large majorité de traits communs ?.

Mon choix est celui de lutter contre les injustices et d’empêcher la perpétuation ou l’émergence de systèmes iniques où justement des victimes et des bourreaux se retrouvent en présence.

Plusieurs chemins, dont certains probablement non encore exploités, existent : mon choix est celui de promouvoir la dignité humaine par la participation des gens aux décisions qui les concernent, à en faire des acteurs de leur développement, à leur permettre de réaliser qu’ils peuvent prendre en main leur destinée. C’est ce que je développe de par ma vie professionnelle, que je veux continuer à faire et que je voudrais voir mes enfants continuer.
C’est ce que je veux continuer également à faire dans le cadre de ma vie privée.

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CONVERSATION
Johan BAGGIO BEMBE ,
Aurélie LÉGER
et JONATHAN
Etudiants

Johan : Je suis métis de père camerounais et de mère française avec des origines italiennes.
Ma vision sur l’Afrique et ses problèmes en général est qu’il y a tellement de problèmes africains qu’il ne faut plus trop raisonner en termes de problèmes parce que le mot problème réduit tout à un côté trop négatif.
Il faut maintenant voir les choses qu’on peut apporter. On connaît les problèmes que ce soit la corruption, le pillage de toutes les ressources par de grandes entreprises occidentales et des gouvernements africains mêmes qui sont en grande partie à blâmer.
Il faudrait laisser les problèmes de côté et voir ce qu’est l’Afrique aujourd’hui.
Mais le gros problème, c’est pour moi l’éducation, la conscientisation, un mouvement vers la démocratisation du savoir et de l’enseignement et surtout de la conscientisation. Un peu comme Cheik Anta Diop comme ce qu’il a commencé.
Je trouve que c’est présent dans les diasporas africaines, c’est-à-dire les communautés qui sont en Occident, aux Usa, mais pas en Afrique même.

 

Aurélie : moi je suis métisse martiniquaise, de père noir et de mère française.
Quant on voit en Centrafrique qui est un des pays le plus touché par le Sida mais qui a aussi une flore et une faune super développées mais aussi les clivages ethniques comme les pygmées où d’autres enroules comme ça.
Je pense que toute l’intelligentsia africaine manque de crédit, pas en terme de tunes mais…

 

Johan : (…) de représentation

 

Aurélie : ouais. J’ai vu des gens diplômé en géographie qui ont une licence et qui pourrait enseigner à la faculté et qui sont là au marché à vendre des légumes pourris.

 

Johan : leur savoir ils le donnent ici. Ca se voit souvent chez les intellectuels africains, ils sont très souvent portés sur la discussion c’est-à-dire on va relater les problèmes mais pas d’action, c’est-à-dire revenir dans mon pays pour changer les choses. Il y en a très peu qui font ça finalement.

 

Aurélie: Ouais et puis ça parait aussi un défi insurmontable, trop de déception de fatalisme, de gens qui ne veulent plus en entendre parler.

 

Johan : Il y a plein de gens aussi qui sortent de l’Afrique et qui disent non, je ne retournerais pas la bas. J’ai eu la chance d’en être sorti, je n’y retourne plus jamais.

 

Aurélie: ouais voila.

 

Johan : Justement il faut aussi promouvoir ce côté-là, il ne faut pas oublier qu’on a longtemps écarté l’idée de civilisation africaine, l’idée même de société africaine. Même tout ce qui est art a été mis de côté ou bien mis en avant pour les mauvaises raisons et les expositions en Europe ou on montrait des pygmées ou des mecs qui tapaient sur leur tambour avec le cri du gros sauvage alors que le djembé c’est un truc de fou. C’est un art à part entière, c’est un véritable art, c’est une façon de communiquer, c’est plus qu’un art, c’est un mode de vie
Il y a vraiment un énorme patrimoine sur lequel s’appuyer, l’art doit être mis en valeur.

 

Aurélie: reconnu aussi. En fait le problème aussi en général dans la mondialisation qui s’intensifie ces derniers temps c’est qu’il y a des gens ou des pays ou des cultures qui perçoivent la mondialisation comme un truc unilatéral et on a l’impression qu’ils se sentent obliger de se conformer à une norme occidentale sans pour autant que les occidentaux s’intéressent vraiment à leur culture à eux et il y a un côté un peu flippé de voir sa culture étouffée par une autre plus grande, il y a un peu de ça dans le terrorisme et pourtant la mondialisation, c’est un truc super intéressant, enrichissant…

 

Johan : ça se fait très mal aussi, dans le concept des lumières de développer…

 

Aurélie: non mais il y a des délires culturels genre l’année du Brésil, il faut un peu voir ce qui se passe ailleurs, ne pas seulement rester dans les délires de l’occident.
Il y a peut être aussi un lobby qui s’est installé lié avec le pouvoir et qui est peut être employé à mauvais escient aussi.
En Afrique il y a en moyenne 260 coups d’état par an. Après si il n’y a pas de stabilité au cœur même de l’Afrique, comment veux tu qu’ils puissent se représenter sur la scène mondiale. Il faut restructurer.

 

Johan : quant tu es métis, tu es plus sujet à des problèmes d’identité que d’autres personnes.

 

Aurélie : Être noir aussi. Ca se ressent beaucoup aujourd’hui les populations noires elles sont ravagées par le crac, le manque d’éducation (…)

 

Johan : ce qui s’est passé à la New Orléans (…)

 

Aurélie : (…) la violence (…)

 

Johan : (…) des populations pauvres, des renois qui n’ont pas pu bouger qui étaient dans la merde (…)

 

Aurélie : Aux usa, nous on n’est pas métis ou mulâtres, on est black. Dans le monde anglo-saxon si tu as une goutte de sang noir, tu es noir.

 

Johan : au moins ça règle pas mal de problèmes d’identité (rire)

 

Aurélie : aux usa, c’est dur. Les mecs sont racistes et fiers d’être racistes. Les blancs envers les noirs, les noirs envers les blancs, les noirs entre eux, le communautarisme, les latinos (…)

 

Johan : Déjà tu le vois juste avec le mot négro, neger. C’est le truc que tu trouves dans chaque stéréotype de la racaille américaine.
Négro genre négritude ouais ok mais c’est quant même dévalorisant.

 

Johan : la Martinique ? Je n’ai pas eu la chance d’y aller maintenant je trouve que ça s’éparpillent parce
Que mon père il y a un détachement identitaire par rapport à l’Afrique et m^me peut être la Martinique même si il parle créole. Culturellement il porte encore la Martinique mais il n’y est pas retourné depuis ma naissance.
Je pense que la Martinique, la Caraïbe, toutes ces îles là, ça a un côté vraiment paumé, déraciné, perdu, maladroit aussi dans sa façon de gérer qui se retrouve aussi dans le quotidien, les familles antillaises (…)

 

Johan : mais en même temps, il y a des trucs tellement géniaux qui ont découlé juste le créole par exemple, la langue créole cette capacité qu’ils ont eu de prendre la langue de l’occupant, de tout mélanger et de se refaire une culture.
Au niveau du langage, c’est pour ça l’anglais est la langue la plus parlée, eux ils annexent tous ces formes variantes de l’anglais, tu vois le booker price, il a été gagné par un indien, tandis qu’en France tu n’as rien, la langue française elle n’évolue pas un poil (…)

 

Aurélie : Non je ne suis pas d’accord, le français aujourd’hui, c’est un mélange avec de l’arabe, de l’africain, du gitan (…)

 

Johan : Je ne remets pas en question les mélanges qu’il y a eu, je remets en question ce qu’on va en tirer pour faire évoluer la langue.

 

Aurélie : La France c’est un pays très conservateur.

 

Johan : qui s’occupe de ça, c’est quelle chambre, je crois que c’est le sénat.

 

Aurélie : Ils ne veulent pas entendre parler de modifications de la langue française.

 

Johan : Il y a plein d’écrivains qui viennent d’Afrique et d’anciennes colonies et qui déchirent. A part Senghor et l’académie française, mais on va pas tout le temps rester sur les mêmes, Senghor, Césaire, on les connaît.

 

Aurélie : Il y a un côté un peu ‘les noirs qui parlent bien français’.

 

Johan : comme si Senghor c’était le seul nègre qui était arrivé à écrire un bouquin. Il y a aussi Sony Laboutangy.
Je ne dirais rien du Cameroun, moi je suis unijambiste, c’est ça le déracinement mon pote, je ne me suis pas fait d’idée du Cameroun. Je n’ai jamais goutté la nourriture camerounaise, je ferais ça direct au Cameroun avec mon père.
Par contre je suis allé au Burkina Fasso, j’ai un peu de famille la bas et je me sentais chez moi, j’étais à la maison mais j’ai vraiment un problème d’identité assez fort par ce qu’il me manque une partie, c’est ça en fait.
Si j’avais les deux ce serait une force.

 

Aurélie : Mais t’es pas obligé d’attendre ton père, tu peux rechercher maintenant !

 

Johan : Ah mais c’est ce que je suis en train de faire en ce moment même.

 

Aurélie : Voilà ! Mais ce n’est pas évident.

 

Johan : Indigènes (…)! Ce serait bien d’avoir des témoignages d’indiens d’Amériques du sud, par ce que eux ils ont été massacrés mais…

 

Aurélie : A part les caucasiens, tout le monde s’est fait traités d’indigènes. Au jour d’aujourd’hui, je pense qu’indigène c’est un terme qui devient vraiment obsolète, qui fait parti du passé qu’il ne faut pas oublier mais qui quelque part m’amuse. Je crois que c’est un concept irréel c’est-à-dire que même les races qu’on appellent pures, elles ont été crée par des mélanges à la base, même de l’être humain, à l’époque préhistorique il y avait plusieurs familles de bipèdes et eux-mêmes ont été amenés à se mélanger pour créer un hybride qui sera résistant à l’évolution mais au final, race pure, on peut pas la situer.
Pour moi ça veut rien dire race pure.

 

Johan : ouais moi non plus

 

Aurélie : Civilisation pure, culture pure je ne comprends pas.
Même en Inde le système des castes, les gens intouchables …j’aimerai savoir comment il gère l’envie de préserver les puretés au quotidien.

 

Johan : (…) comme les hutus ou les tutsis…nous on se fait traité de blancs chez les noirs et de noirs chez les blancs

 

Aurélie : ouais se faire traiter de blanc bec (…)

 

Johan : même 1 noir qui est né en occident et qui a grandi ici quand il revient, c’est un blanc, sauf qu’il est moins visible.
Si tu as le teint plus clair tu as plus d’efforts à faire pour t’intégrer mais (…)

 

Aurélie : Ouais c’est vrai mais ça mène où ces idées la. Entre hutus et tutsis ça a quoi comme résultats ? Cette façon de hiérarchiser ça mène a quoi ?

 

Johan : le métissage c’est l’avenir

 

Aurélie : C’est l’avenir et ces le passé aussi

 

Johan : ouais en Egypte il y avait des gens toutes les couleurs

 

Aurélie : ouais bien sur je trouve qu’il y a un côté contre nature dans cet acharnement à préserver les races.

 

Johan : exact, c’est contre nature

 

Aurélie : Ouais tu vois ça aussi dans les mots mulâtres, mulet, c’est le petit stérile d’un âne et d’un cheval.

 

Johan : exact

 

Aurélie : L’idée de placer un mot sur ce mélange entre âne et cheval
Je trouve ça intéressant par ce que ça veut dire qu’on donne sa place à…ne pas être âne, cheval, mulâtres…

 

Johan : ouais attend par ce que placer des mots sur carterons octavon …
Il y a un terme global qui est métis
Sinon tu arrives à des trucs redneck où ça fait peur et ils se font des gosses entre eux.

 

Aurélie : De toute façon au delà de la couleur de la peau, il y a aussi une question de culture ça c’est un fait

 

Jonathan : Moi j’ai des problèmes identitaires avec ça, en plus de mes parents sont divorcés. Je suis né en France et je ne suis jamais allé en Afrique mais je me suis aussi déjà fait traité de blanc et de nègre, la langue c’est dur, tout seul j’ai quand même appris le lingala.

 

Johan : ouais il y a des gens qui sont noirs de la peau mais qui sont blancs dans leur tête.
Gardons espoir.

 

Aurélie : Quelque soit tes origines, ton attachement à ton pays, il ne faut pas avoir peur de l’autre. Par ce le plus grand problème de l’être humain, c’est qu’il a peur du changement, de l’inconnu.
Et s’il y a un foyer de mauvaises vibrations…

 

Johan : mais bien sur, en France, c’est ce qui s’est passé lors de la présidentielle, la plupart des gens qui ont voté Le Pen, ce sont des gens de campagnes qui ont jamais vu un noir ou un arabe…

 

Aurélie : Ouais mais faut pas les diaboliser, ils vivent dans leur campagne profonde et le soir ils voient des jeunes rebeus, renois ou même français qui s’habillent en survêt qui vont brûler des voitures qui vont (…)

 

Johan : Ouais mais c’est même plus insidieux parce que la France, c’est un pays assez rural et ces gens sont pas forcément en contact avec la violence des cités. Leur réalité c’est TF1.

 

Aurélie : Moi j’en vois plein qui au quotidien pourrait être considéré comme les plus racailles mais qui sont les plus polis dans le bus avec les vieilles dames, malheureusement les gens n’ont pas toujours l’occasion de s’en rendre compte de ce genres de choses.
Le problème, c’est surtout la peur.

 

Johan : et quand tu as peur tu as très vite tendance à classifier, cataloguer.

 

Aurélie : La peur, ça te pousse à rentrer dans une organisation pour neutraliser ce qui fait que tu as peur…

 

Johan : l’immigration ! Au lieu d’essayer de comprendre pourquoi les gens veulent venir en France, alors que la plupart du temps ils trouvent plus la merde que chez eux et pourquoi la réaction c’est la répression.

 

Aurélie : Ouais Sarkozy et son immigration choisie, cet homme qui se veut vraiment en face des problèmes, c’est vraiment du pipo par ce que régler ce problème c’est aider les gens dans leur propre pays.
Pourquoi ils vont jusqu’à risquer leur vie pour arriver jusqu’ici ? C’est ça la question !
Ils mettent leur vie en péril, quittent leur famille, leur culture…Ce sacrifie il veut bien dire quelque chose. Ca veut dire qu’il y a des choses invivables sur place.

 

Aurélie : lieu de craquer du fric dans l’administration ou essayer de bloquer les frontières je pense que ce serait plus efficace de créer des fonds pour l’éducation, les universités et d’aider l’Afrique à se structurer pour être autonome.

 

Johan : Ouais c’est en Afrique qu’il y a le plus besoin de gens qualifiés.
Il n’y a pas de boulot ici mais va la bas tu seras utile.

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...

Corentin SUMESH BAAR

Spa BELGIQUE

 

Bonjour,

Je m’appelle Corentin SUMESH BAAR, j’ai 25 ans et je suis d’origine indienne. Je suis né à Kumbakunam en Inde et j’ai été adopté par une famille belge dès mon plus jeune âge.
Victime d’un vaccin périmé, j’ai contracté la poliomyélite et les médecins étaient sûrs que je ne marcherai jamais. A force de volonté, de courage, et de travail sur moi-même, j’ai vaincu le pronostic des médecins et aujourd’hui je marche.

Je suis créateur de projets humanitaires et organisateurs d’expéditions pour personnes handicapées en Himalaya. Je suis moi-même titulaire de deux records du monde pour ascension en 2003 du mont Everest-Khalapatar (5543m) et en 2006 de la vallée de Stokongri.
Je repars en Inde pour une nouvelle expédition à la fin de la semaine, expédition qui fera l’objet d’un film que vous pourrez visionner.

J’étais donc destiné à ne pas marcher et aujourd’hui, j’escalade des montagnes et atteint des sommets. J’en suis vraiment fier et c’est le fruit de beaucoup de travail malgré les embûches et les imperfections. En fait, j’ai compris que le handicap n’est pas toujours où l’on croit. On ne marche pas avec les jambes mais avec la tête.
Ce projet m’a aussi permis de rentrer en Inde, pays qui m’a vu naître et dont je ne savais pas grand-chose.

Ayant eu la chance d’avoir toujours été traité comme un citoyen normal dans le pays d’accueil (la Belgique) qui m’a vu grandir et m’a adopté, l’indigénat ne m’a pas tellement fait souffrir. Mais, en allant en Inde, j’ai parfois l’impression que les gens ont plus de mal à m’accepter qu’ici, en tant qu’indien. C’est dommage mais c’est vrai que je ne connais pas leur (ma) culture, langues et mode de vie. Néanmoins, l’Inde reste pour moi le plus beau pays du monde et j’ai hâte d’apprendre d’avantage sur mon pays.

Je pense que l’indigénat est une question de mentalités, d’ouverture sur le monde. On est tous des indigènes quelque part. L’indigénat est difficile à comprendre et expliquer.
En Inde, ce sont des Indiens et quelque part des indigènes (terme que je déteste) mais ça ne veut pas dire qu’en Belgique tous les belges sont des indigènes.

En étant avec (mes frères indiens) en Inde, il m’est plus facile de comprendre la culture et le mode de vie des indiens qu’en Belgique.

Pour terminer je lancerai ce message à tous les jeunes du monde : donnez-vous la peine de réaliser vos rêves et ne laissez personne vous écraser.

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Aimé LUVAGHO

Bruxelles BELGIQUE

Indigènes évoque pour moi une distance, le fait de montrer une personne différente, étrangère par rapport à moi, encore je suis gentil en disant distance, différence, étranger par rapport à moi. Ce qui est sûr, c’est que ce terme là ‘indigène’ vient de l’Europe à l’époque où ils commençaient à explorer le monde. Tout peuple en dehors de l’Europe, du continent européen, était traité d’indigène. J’ai regardé dans le dico la définition d’indigène mais ça ne m’a pas plu donc j’ai laissé tomber.

Indirectement le côté négatif de l’indigénat, c’est l’évocation de l’infériorité, quelqu’un qui n’est pas au même niveau, un sauvage, quelqu’un sans éducation, le non-civilisé. Très sincèrement ce terme, je n’aime pas trop l’entendre. A part la race aryenne, tous les autres peuples ont été traités d’indigènes quelque part. Si on mettait les chinois au centre du monde, peut être que eux aussi appelleraient les autres : indigènes. Et dans ce cas là, les occidentaux aussi seraient traités d’indigènes. Encore une fois avec des si…

Quelles définitions mettre sur le terme indigène ? Ce mot est vraiment passé pour moi dans le langage courant comme péjoratif. Je préfère allochtones, autochtones mais pas indigènes. Il faut voir d’où vient le terme, à quel moment on l’utilisait et pourquoi ? A partir du moment où tu sais pourquoi le terme est arrivé dans la langue, ça explique les choses. On n’invente pas un mot pour rien. Un peu comme le racisme.

C’est vraiment important que tous les « descendants d’indigènes » sachent qu’à l’époque c’était la réalité, un peu comme les noirs américains et l’esclavage, ou les allemands et les juifs qui travaillent et étudient constamment leur histoire. Avant d’avancer dans le futur, il faut savoir d’où on vient, je pense que ça c’est super, super important. Sinon on n’avance pas ou alors on avance sur quelque chose de flou, de léger. Cela n’empêche pas d’avancer avec les autres mais l’histoire est quelque chose d’important.

Les races pures ne m’évoquent rien, pour moi toutes les races sont pures donc en même temps aucune n’est pure, soit c’est tout le monde soit ce n’est personne. Je sais que certains sont profondément convaincus de la pureté de leur race par rapport aux autres mais ils se sont autoproclamés race pure. A partir de ce moment, indirectement ils font un classement, si eux sont races pures, les autres sont des indigènes, des sauvages… Je ne pense pas qu’il y ait une race pure mais une à côté d’une autre.

Et actuellement c’est ça ces races se rencontrent se croisent et c’est ça le métissage. Je pense qu’à un moment où un autre on arrivera, en tous cas je l’espère, à ne même plus utiliser ce mot de race et il n’y aura qu’une seule race. C’est ça le métissage. Les races se croisent, s’entrecroisent et finiront par créer le métissage. Maintenant je ne sais pas quand ça va se faire. Il y en a qui se battent et qui sont contre ces idées. En tous cas, pour ma part c’est mon souhait.

Aujourd’hui le classement fait par les personnes qui aiment bien utiliser ces termes ‘race’ et ‘indigène’ met tout en haut la race blanche et tout en bas la race noire. Et entre les deux il y a un mouvement entre la race arabe, asiatique, et sud américaine, beurre, jaune et rouge. Ayons un esprit ouvert vers les autres et vers le monde car le monde est un grand village et les distances ne font que diminuer de plus en plus entre habitants que ce soit par les moyens de communication, avec Internet par exemple ou avec les moyens de transport comme l’avion. Il faut aussi un esprit de curiosité et prendre la peine de connaître l’autre, c’est comme ça que la peur s’estompera.

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RAPPORT DE 8 ANS DE MISSION AU BENIN

BENIN 1998-2005    sans-titre.JPG

JAH ELIEJAH ADANJAH
Aumônier et Pionnier Ambassadeur de la Diaspora Panafricaine et du Peuple de JAH, pour La Sainte Famille JAH

http://www.dailymotion.com/relevance/search/famille+jah/video/xjb9d_ecole-endogene-famille-jah

Royaume Théocratique et Messianique d’Israël en Ethiopie-Abyssinie
Par le Règne de Son Impérial Majesté Hailé SELASSIE 225è descendant du Roi David par le Roi Salomon et la Reine de Saba
Représentée par L’Organisation Internationale The Ethiopian World Federation Inc.
Etablie et dotée d’une Constitution suivant les ordonnances et la bénédiction de S.I.M Hailé SELASSIE I
Par le Dr .Malaku Emmanuel BAYEN le 25 Août 1937
Capitale : Concession territoriale de Shashamane Abyssinie ETHIOPIE
Acte de donation 1955
Gloire, Louanges soit rendu au Très-Haut Dieu le Tout-Puissant Créateur du Ciel et de la Terre par le Règne de Son Impérial Majesté Haile SELASSIE I
Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion Vainqueur de la Tribu de Juda
Oint Consolateur annoncé dans les écrits Biblique
et par le Prophète Marcus Mosiah Garvey

Nous, de nom d’usage JAH ELIEJAH ADANJAH, né le 1er octobre 1944 à Ste Anne Guadeloupe et inscrit à l’état civil français sous nom d’esclave donné à nos parents et grands-parents REMUS prénoms Jérôme ARY, avons l’honneur en notre qualité de représentant du «Peuple de JAH», Africains de la Diaspora descendants des générations déportés, et volontaires ce jour au Retour en Afrique, de soumettre à votre bienveillante attention ce qui suit :

 

Vu l’Histoire de la Traite Négrière ( au départ des côtes de l’Afrique et des principaux ports de l’époque comme Ouidah) et de la déportation des Africains dans les territoires des Amérique et Caraïbes pour y êtres réduits à l’esclavage, en notre qualité de descendant de ces Africains déportés hors d’Afrique pour êtres réduits à l’esclavage en Amérique et dans les îles de la Caraïbe où nous sommes né le 1er octobre 1944 en Guadeloupe, nous avons l’honneur et la bénédiction de porter ce témoignage.

 

Très jeune, vers le début des années 1950, nous avons du quitter la Guadeloupe notre île natale pour un second exil avec nos parents vers la France en Europe.

Après quelques années de vie à Paris, notre rencontre et nos nombreux contacts avec des Aînés Noirs venus d’Afrique, la plupart pour étudier, nous donnait l’envie d’aller un jour vivre sur la terre d’origine de tout Nègre : Le Continent Africain .

C’est au cours de l’année 1976 que nous allons rencontrer Edima N’GOUMOU ( qui deviendra plus tard la Mère JAH, notre épouse). Cette première rencontre eut comme motif la création du premier Hebdomadaire de la communauté noire à Paris « Black Hebdo » dont elle fût l’initiatrice et nous un des fondateurs ainsi que le directeur administratif. Suite à la création de ce journal, notre vie va prendre une dimension militante par notre adhésion au Mouvement PANAFRICAIN (la renaissance de l’identité culturelle et spirituelle de l’homme noir) ce qui nous permettra d’envisager avec certitude le Retour à la Terre Patrie.

A cette époque, les travaux en Egyptologie de notre illustre Aîné Cheik ANTA-DIOP oblige tout Homme Noir conscient à se replonger dans des études Panafricaines pour y approfondir l’histoire des civilisations Africaines et force nous est de constater que la Bible elle aussi confirme l’antériorité du Peuple Noir et de son existence dès l’origine de l’Humanité en Eden Afrique.

Nous découvrons alors que la majorité des Noirs nés dans les terres étrangères des Amériques et des Iles de la Caraïbe et qui vivent dans la dispersion ou « Diaspora » sont des déportés de la Traite négrière et appartiennent à la grande Diaspora Africaine dont certains se reconnaissent de la postérité d’Abraham à qui Dieu avait prédit comme cela est relaté dans la bible au livre de la genèse au Chapitre 15 versets 13 à 16 « que sa descendance irait dans les temps de la fin en esclavage, loin, dans des terres étrangères et que cela durerait 400 ans ».

Voilà pourquoi, un certain nombre d’entre nous, vont de façon sincère et profond faire le vœux biblique du Naziréat et nous nous consacrerons à vivre de nouveau comme des Africains originels en laissant croître librement notre chevelure et notre barbe. (vœux de naziréat « Bible.Liv.Nombres chp. 6 ).

De façon simultanée notre adhésion au Mouvement Rastafari se fera de manière très naturelle par la rencontre avec les Chantres du Reggae, véritables Messagers de la prophétie biblique du Retour à la terre Ancestrale Afrique.
Ceux ci annoncent par des chants, cantiques et messages le règne de Haile SELASSIE I né sous l’appellation de Ras Tafari MAKONEN, rejeton de David, le Consolateur du temps de la fin annoncé dans les écrits bibliques. Il, SIM Haile SELASSIE I est Oint sur le Trône de David sis en Ethiopie où sont préservés en «terre sacrée » du berceau de l’Humanité les insignes de la royauté Israélite « le Trône de David, l’Arche de l’Alliance, les Tables de la loi qui ont étés remis à Moïse ainsi que les reliques du temple de Jérusalem » le tout ayant été emporté par Ménélik 1er, petit -fils de David né des Amours du Roi Salomon et de la Reine de Saba souveraine de toute l’Ethiopie, lors du voyage que celui-ci fit à l’age de 20 ans à Jérusalem pour y recevoir les insignes de la royauté Salomonienne et Davidienne.

Notre premier voyage sur le continent Ancestral Afrique en juillet 1977 se fera au Cameroun et sera pour nous un véritable pèlerinage aux sources et de plus nous permettra d ‘évaluer l’ampleur de la préparation pour un Retour définitif.

C’est en mai 1979 qu’à l’invitation du Panafrican Congress Movement nous participons aux célébrations d’ «African liberation Day » (Journées pour la libération de l’Afrique) qui se tiennent à Nottingham en Grande Bretagne, accompagnés par trois éminents artistes Messagers chanteurs de Gro-Ka de la Guadeloupe ( Patrick TULIPE, René DAMBURY et KAVA) tous représentants de la communauté des Africains Francophones. La Mère JAH et nous même y seront désignés par le Panafrican Congress Movement pour organiser de façon concrète le Rapatriement : Retour à la Patrie Mère des volontaires Panafricains désirants se réimplanter en terre Africaine.

C’est ainsi qu’en 1981, à la naissance de notre première enfant, nous quitterons Paris et retournerons vivre en Guadeloupe car il nous avait été indiqué de façon précise que c’est de cette île ancien réservoir d’esclaves, restée département français d’outre-mer, devenue depuis la création de l’Union Européenne « île vacances soleil toute l’année » pour les touristes Européens, que nous devrions organiser ce Retour prophétique.

Pendant 7 années de vie dans les montagnes de la Guadeloupe où, nous accueillerons 3 autres enfants, nous mènerons mon épouse, moi-même et un jeune compagnon une vie en totale autarcie pour préparer notre spirituel et physique Retour. Nous descendrons de la montagne en 1989 pour demander aux autorités de la Guadeloupe que soit prise dorénavant en compte notre volonté de rentrée en Afrique car nous étions conscient qu’à l’abolition de l’esclavage les noirs ont étés gardés captifs sous des identités occidentales (le nom du Maître Blanc) et des nationalités étrangères ( et dans notre cas «Française») au lieu d’être libérés et rapatriés vers leur continent d’origine d’où ils avaient été arrachés de force. Nous savons aussi qu’il fut fait obstruction en Guadeloupe à 100 postulants au retour en Août 1851. Faute de moyens et de soutien leur demande resta «lettre morte». Voilà pourquoi nous exigerons des Autorités en place qu’un bateau soit mis à notre disposition pour notre retour.

Tous ces évènements vont bouleverser le contexte géopolitique de la Guadeloupe où l’aliénation est telle que le Maire de la ville où nous nous trouvons Gérard Lauriette un « mulâtre » (c’est ainsi que s’appellent les métis qui font de leur peau clair un lignage et une suprématie sur les peaux plus foncées) nous fera enfermer chez les fous car notre requête lui semble incroyable.

Après une sérieuse confrontation avec les Médecins Français blancs et le personnel soignant de l’Hôpital notre requête sera enfin reconnue et notre Famille et nous allons recouvrer la liberté.

Libre de nos mouvements et opinions, nous allons avec notre Famille et quelques jeunes qui nous ont rejoint mettre sur pied en Guadeloupe dès 1990 une Association légalement constituée, intitulée «Association Nouvelle Création » ayant une « Ambassade pour le Retour » ainsi qu’un « Corps de Service de Jeunes Volontaires au Retour » appelé « JAH MIL FA JAH » « Mille Mains à la Terre Mille Mains Pour Bien Faire » ; des jeunes que nous formons en une Véritable unité pluridisciplinaire (Agriculture biologique, Artisanat utilitaire, Environnement, Dressage des Animaux, Mécanique-auto,…) et pour lequel nous obtiendrons plusieurs accréditations dont l’une de Jacques CHIRAC alors candidat aux élections Présidentielles Françaises de 1993. Ces jeunes devront être chargés sous nos directives, de l’encadrement, de la logistique et de la mise en place des structures de développement et des opérations « Mille Mains à la Terre, Mille Mains pour Bien Faire » en terre africaine.

En 1995, nous avons pu obtenir que le tribunal de la Guadeloupe fasse mention sur nos états civils de nos appellations JAH ceci pour commencer à remplacer les noms et prénoms occidentaux qui nous ont été donnés pour tenter d’effacer pendant l’esclavage et même lors de son abolition, nos identités Africaines et Ethiopiennes.( En nom d’usage il sera donné JAH ELIEJAH ADANJAH pour remplacer REMUS Jérôme Ary, JAH O JAH 1er enfant féminin, JAH FAJAH 2ème enfant féminin, JAH WA JAH 3ème enfant masculin, JAH COM JAH 4ème enfant masculin).

Nos qualités et responsabilités d’Aînés étant désormais reconnues par tous, nous aurons la charge de mettre en place le premier local de The Ethiopian World Federation Inc en Guadeloupe. La Mère JAH en sa qualité de Première Présidente du local créera un Comité International « Reine du Midi » dont elle assume depuis, la Présidence d’Honneur.

Quant à nous, JAH ELIEJAH ADANJAH nous serons nommé Aumônier, officier responsable de la tenue morale et spirituelle du Local Guadeloupe « Serviteurs de L’Agneau 24+1 » poste que nous assumons jusqu’à ce jour au sein du Bureau Spécial pour le « REPATRIATION » de The Ethiopian World Federation Inc.

En effet, pour répondre aux impératifs les plus immédiats, dès 1992 nous avons établi une Ambassade du Peuple de JAH, un « Bureau Spécial de The Ethiopian World Federation Inc. Pour le Repatriation » chargé de gérer l’organisation du Retour en Terre Ancestrale d’une partie des Volontaires et Familles de la Diaspora Panafricaine descendants des générations déportées, se reconnaissant postérité d’Abraham et prêts à se réimplanter dans le secteur rural « Zion » où sur les collines et les Montagnes du Continent Africain Ethiopie « Holy Mount Zion ».

Le Bureau Spécial pour le « REPATRIATION » est un Comité créé sous l’égide de la Sainte Famille JAH du local de The Ethiopian World Federation Inc. pour la réalisation par étapes de « la Sainte Traversée » des « Pionniers et des Volontaires du Corps de Service » des îles de la Caraïbe aux Côtes de l’Afrique et des côtes jusqu’en Ethiopie, à Shashamane notre principale et première concession sur la terre Africaine, don de Son Majesté Impérial Haïlé SELASSIE I à tous les Noirs de la Diaspora Historique voulant se réimplanter dans le secteur rural de l’Afrique).

Sur recommandation du Professeur Dany BEBEL GEISLER Chercheur à l’Université Antilles Guyane, venue en 1994 à la Conférence sur la « Route de l’Esclave » à Ouidah, nous JAH ELIEJAH et JAH EVEJAH répondrons présent à une invitation du Conseil Mondial des Organisations Panafricaines «PANAFRICA» basé au Bénin et dirigé par le Vizir OLOFINJI AKANDE.

Nous nous rendrons au CAMEROUN à une réunion internationale des organisations Panafricaines qu’il avait organisée en prélude du sommet des Chefs d’Etats de l’O.U.A qui se tenait dans la capitale du pays YAOUNDE.

Lors de cette rencontre avec les Organisations Panafricaines présentes, nous exprimons notre volonté de retour au titre de la Prophétie Biblique, ainsi que celle des membres de notre organisation, de quelques personnes privées de la Guadeloupe et aussi la demande d’autres organisations Panafricaines ou religieuses des îles de la Caraïbe que nous représentons et qui elles aussi se préoccupent de la question du Retour en terre ancestrale Afrique.

En effet, 149 ans après que l’esclavage ait été aboli dans les territoires français, jamais personne n’avait pu sortir de façon légale de cette captivité, même après plusieurs demandes de rapatriement vers l’Afrique, alors que du Brésil, des Etats-Unis de la Caraïbe et de l’Angleterre des Noirs Africains descendants des rachetés de l’esclavage ont été rapatriés et réinstallés au Dahomey (actuel Bénin), au Libéria et au Sierra – Léone. ( une pétition pour une demande de retour en Afrique et de rapprochement familial a été déposée auprès du gouverneur en Guadeloupe le 23 août 1851 par 100 noirs affranchis par l’abolition de l’esclavage du 27 mai 1848. La pétition restée sans suite, est retrouvée classée aux archives Nationales. Néanmoins une sanction sévère à été prise à l’encontre du blanc Octave de CHICOURT qui avait aidé à la rédaction de la pétition).

Nous faisons part aussi lors de cette réunion au Cameroun que depuis 1992 la Sainte Famille JAH représentée alors par l’Association Nouvelle Création avait demandé par voie officielle que soit tenu en Guadeloupe un tribunal de la Réparation et qu’un processus est en cours pour que l’esclavage soit reconnu et condamné comme crime contre l’Humanité.

Ainsi à l’occasion de cette réunion à Yaoundé, nous serons la Mère JAH et moi-même nommés Président et vice-Président des droits de l’homme par l’OCDLC (Organisation Camerounaise des Droits et des Libertés du Citoyen) pour la région Caraïbe. Il nous est aussi demandé par un collectif d’organisations panafricaines la mise en service du corps de volontaires agricoles et humanitaires : « Mille Mains à la terre, Mille Mains pour Bien Faire » sur le Continent AFRICAIN et ceci au plus tôt.

Le Président de cette réunion le Vizir Olofinji AKANDE de nationalité Béninoise insistera pour que nous puissions visiter le Bénin car dit-il son pays est bien plus au fait de l’esclavage que le Cameroun qui est un pays n’ayant pas de passé esclavagiste.

Il est vrai qu’en 1994, la manifestation U.N.E.S.C.O « la Route de l’Esclave » va signaler l’actuel BENIN où se trouve Ouidah ville de la côte ouest Africaine comme un des hauts lieux de la traite négrière transatlantique une des activités du royaume d’Abomey de l’ancien DAHOMEY.

Aussi, nous ferons une visite de 10 jours au Bénin, notre visite du pays allant du sud jusqu’au Nord profond, nous rassurera quant à l’hospitalité et à la bienveillance de la population béninoise. A chaque étape nous promettons d’informer nos frères et sœurs de la Guadeloupe de la chaleur et de la volonté de coopération des populations béninoises avec la Diaspora.

En finalité, pour le Bénin, deux (2) projets seront retenus:

1- Participation pour le Corps de Volontaires à la création de la Cité de l’Humanisme initiée par Africa Cultures Institute du ViZIR OLOFINJI, projet qui devait surtout servir de chantier école pour la Jeunesse Pionnière volontaire au Retour en Afrique, descendants des générations déportés, ceci leur permettant après ce complément de formation de se rendre ensuite sur les différents territoires octroyés à la Diaspora pour leur Réinstallation ou de continuer sur d’autres chantiers-écoles.
o Exemple : chantier de reconstruction pour Ecole de Nouma au CAMEROUN ; La concession de Shashemane en ETHIOPIE, «Terre-Promise» don du Roi des Rois S.I.M Hailé SELASSIE à la Diaspora descendants des générations déportés, reste la destination finale à atteindre).

2- La Construction d’une Maison de la Diaspora en partenariat avec l’Association JAD Juristes Africains pour le Développement. Le but de ce projet permettre aux frères et sœurs de la Diaspora d’avoir en Afrique et au Bénin une maison en terme de domicile. L’objectif de cette Maison est d’avoir une infrastructure, une administration pour l’accueil de tout frère de la Diaspora animé d’un esprit de Retour définitif ou temporaire. Cette Maison de la Diaspora doit être un lieu de Retrouvailles un point à partir duquel peuvent se développer toutes les initiatives panafricaines de la Diaspora sur le Continent.

De retour en Guadeloupe début septembre 1996, nous faisons un rapport aux différentes Organisations The E.W.F.Inc., Conseil des Anciens, Association Reine du Midi…) de l’importance de notre passage au Bénin et de la nécessité d’y implanter la première Mission et en priorité la Création d’une petite « Cité Jardin » pour les enfants au sein de la Cité de l’Humanisme par l’intermédiaire d’un chantier école en faveur des Jeunes de la Diaspora Caraïbe.

En outre au CAMEROUN nous avons pu officialiser auprès de la Présidence de la République à laquelle nous avions fait, au préalable depuis la Guadeloupe sous le couvert de l’Association Nouvelle Création, la demande d’une « concession » de plus ou moins 25 ha loin des villes.

La Présidence de la République du Cameroun par l’intermédiaire de son Secrétaire Général nous répondra par un courrier officiel que nous devrons venir choisir l’emplacement nous même. De nombreuses localités du Sud, de l’Est, et de l’Ouest Cameroun ont souhaité un partenariat avec nos différentes organisations et offert la possibilité d’avoir des terres en concession.

Après deux mois en terre Africaine, revenu en Guadeloupe, en priorité ce sont d’abord les Anciens et Sages tous des chrétiens ayant une grande connaissance de la Bible qui comprendrons et soutiendrons notre démarche de Retour en terre d’Afrique par le Bénin, ensuite certaines organisations soutiendront à condition que le Bénin soit un terre de transit pour notre Unité via le Cameroun, et enfin d’autres tenteront de s’opposer en prétextant que le Bénin est un pays trop marqué par le Vaudou.

A partir de cet instant, pour éviter toutes polémiques avec les diverses organisations qui nous sont proches et aussi pour la bonne préparation psychologique et technique de notre Groupe nous décidons de mettre toute nos actions sous le couvert de notre appellation générique «La sainte Famille JAH» qui va piloter cette Mission spéciale avec le concours de trois Comités du Local Guadeloupe de « The Ehtiopian World Federation Inc. » qui sont : Reine du Midi, le Bureau Spécial pour le REPATRIATION et JAH MIL FA JAH « Mille Mains à la Terre, Mille Mains pour Bien Faire ».

Voilà pourquoi notre départ vers l’Afrique sera le sujet de longues discussions avec les diverses couches de la population et c’est lors d’une grande réunion qui sera retransmise sur la chaîne de télévision « Canal 10 » que le Conseil des Anciens prendra la décision de laisser partir une «Première Unité de la Famille JAH» avec leur bénédiction.

C’est donc avec l’accord du Conseil des Anciens de la Guadeloupe qui devient dès lors GWADA que nous décidons de répondre tout d’abord à l’appel du Vizir Olofinji pour notre participation à la création de la cité de l’Humanisme, avec ensuite extension sur le Cameroun et pour finir l’Ethiopie.

Pour officialiser notre Mission, il sera décidé que Pierre VALET, 88 ans Doyen du conseil des Anciens de la Guadeloupe, nous accompagnera pendant un mois pour attester de la véracité de notre démarche.

Pour couvrir et légaliser notre MISSION PROPHETIQUE, une lettre ouverte sera adressée au Autorités Internationales: Président de la République Française, au Pape Jean-Paul II, au Nations Unis, à l’U.N.E.S.C.O, le Vizir OLOFINJI se chargeant des autorisations africaines.

Voici pourquoi, le 11 avril 1997, nous avons amorcé la Sainte Traversée au départ de la Guadeloupe jusqu’au Bénin notre terre d’accueil sur la côte ouest Africaine. Arrivé sur la terre ancestrale du Bénin le 15 avril 1997, nous avons été très bien reçu, un excellent et agréable accueil nous été réservé depuis l’aéroport jusqu’à notre premier lieu de résidence le siège d’Africa Cultures Institute.

Par la suite nous avons du constater que malgré la bonne volonté et la gentillesse des uns et des autres, le Vizir OLOFINJI faute de moyens ou de connaissance réelle de nos attentes en matière d’accueil n’avait pas pu préparer une réception et une prise en compte technique pour une Unité spéciale comme la nôtre où la présence d’enfants aurait exigé de tous de plus grandes attentions et de sa part une meilleure organisation.

Pendant le mois de présence de notre doyen Pierre VALET et d’un frère architecte de la Guadeloupe qui l’accompagne, nous avons tout fait pour que la situation puisse paraître rassurante malgré l’inconfort et les pénuries d’habitat pour notre Famille dus à l’absence de moyens et de logistiques de l’organisation partenaire.

Après le départ du Doyen Pierre VALET, les évènements se sont précipités, le Vizir OLOFINJI n’ayant pas de solutions à notre situation et les chantiers prévus par Africa Culture Institute ne démarrant pas, pour notre Famille Missionnaire avec 4 enfants accompagnée de deux jeunes Volontaires, ce fut le dur choc de la solitude, mais conscients que nous étions les premiers à renouer de façon volontaire les racines de la Diaspora francophone avec les racines Ancestrales, nous avons fait face avec dignité à cette nouvelle et inconfortable situation.

Grâce à nos années de préparations intensives en Guadeloupe pour le Retour en Afrique, la détermination et la foi inébranlable de tous les membres de l’équipe, nous avons pu surmonter les premières embûches, mais devons faire face à une difficulté majeure, c’est que le reste de l’équipe ne pouvait pas nous rejoindre dans l’immédiat et que malgré cela nous devions rester opérationnel en priant JAH le Tout-Puissant qu’il nous inspire une nouvelle marche à suivre.

Avant toutes choses, nous devons témoigner que nous avons été soutenus par la gentillesse et l’hospitalité de nos frères et sœurs des populations locales ainsi que la bienveillance de plusieurs personnalités qui, comprenant le bien fondé de notre action, nous apportèrent soutien moral, affection ainsi que leur hospitalité,(Roi ONIKOYI ABESSAN de Porto Novo et de la Diaspora, l’actuel DAH AGBOTON, les Professeurs Béatrice et Honorat AGUESSY, les frères et sœurs de la Cité du Soleil)

Tout au début de notre arrivée nous avions d’abord séjourné dans le village de TAKON, puis à Porto-Novo où un des volontaires de « Mille Mains à la Terre… » va nous rejoindre. Parti de la Guadeloupe avant nous, il aura séjourné quelques 10 mois au Sénégal et au Mali pour enfin nous retrouver au Bénin.

Nous partons ensuite pour Cotonou et là, soutenus par les membres de notre organisation resté en Guadeloupe qui nous envoient une part importante de nos réserves financières nous achetons avec bien des déboires un mini-bus en bon état, l’équipons, et sur conseil d’un Aîné nous décidons pour régénérer les enfants qui dépriment et sont très déçus par toute cette situation de visiter le Bénin profond.

Notre périple va nous conduire jusqu’à Natitingou, là nous serons au nombre de 9 personnes de la Diaspora, plus notre chauffeur-guide avec sa femme et ses trois enfants ce qui fait un total de 13 personnes, nous y séjournerons une année entière pour la scolarisation de nos enfants qui le seront enfin pour la première fois.

Le fait que nos enfants n’ont pu recevoir une scolarité très tôt et ont subi un certain traumatisme, la faute en incombe aux autorités Préfectorales, Régionales, Départementales et Municipales de l’île française de la Guadeloupe qui refusent de répondre et même d’examiner pendant des années la demande de Repatriation de notre Famille posée depuis 1988, nous persécutent de manière insidieuse et surtout nous ont toujours laissé dans une situation d’instabilité et d’attente indéfinie, l’aînée de nos enfants alors âgée de 17 ans devait être scolarisée dès notre arrivé en terre Africaine.

Bien plus tard, face à notre détermination, il nous sera indiqué que nous devons trouver un pays souverain Africain qui accepte de présenter nos diverses revendications devant la Juridiction Internationale et les suites à pouvoir leur donner.

Notre souci premier a été dès notre arrivée au Bénin de chercher une école correspondant à notre vocation d’écologiste panafricain ou mieux de créer notre propre école en alliant le meilleur de la formation technique endogène, agriculture, artisanat utilitaire, et de l’enseignement général.

Voilà pourquoi en l’année scolaire 1997-1998 dans le petit village de Bérécingou où nos enfants sont scolarisés dans les classes primaires, nous mettrons en place un premier module de formation en agriculture maraîchère pour les jeunes déscolarisés du village.

Malgré tout, un découragement va gagner certains membres du groupe : les difficultés d’adaptation, l’isolement, notre logistique fait défaut au départ de la Guadeloupe et le manque de moyens inciteront deux des jeunes volontaires à repartir.

Après avoir fini notre périple au Nord Bénin nous allons rejoindre la ville de Ouidah dernière adresse présumée de nos Ancêtres déportés lors de la traite négrière transatlantique où avec l’I.D.E.E l’Institut de Développement et d’Echanges Endogènes dirigé par le professeur Honorat AGUESSY nous allons participer en qualité de Vice-Président de I.P.A.D.I. (Initiative Panafricaine pour le Développement International) à l’organisation d’une série de manifestations dont la plus importante pour laquelle nous sommes co-initiateurs sera en avril 1999, un colloque International sur le « Retour de la Diaspora » Contribution des Noirs à la Science et à la Technologie pendant la Période de l’Esclavage.

Lors de ce colloque dont l’ouverture se fera sous la Haute autorité du chef de l’état le Président de la République du Bénin, le Général Mathieu KEREKOU, s’engage à son tour à lancer un appel tous les acteurs de cette tragédie à une conférence qui devrait se dérouler en fin d’année.

Des incidents mineurs vécus avec les professeurs AGUESSY pendant la période du colloque vont par la suite prendre une importance disproportionnée, ceci va provoquer des réactions de part et d’autre et créer quelques perturbations dans nos relations ce qui sera contraignant pour tous, car tout un chacun a beaucoup investi dans ce colloque. Le colloque terminé, nos moyens financiers sont quasiment nul et nous sommes totalement dépourvus et sur le document final notre participation est minimisée.

Un des membres de notre Unité venu depuis la Guadeloupe pour nous assister et nous aider à préparer le Colloque est chargé une fois rentré de recréer la logistique et de nous envoyer des fonds, ce qui sera fait dans des conditions très difficiles et encore une fois cela créera chez les enfants une anxiété telle que nous sommes contraints de demander avec une certaine vigueur ce qui nous est dû a celui chargé du transfert. Tout cela va provoquer notre départ de la maison qui avait été mise à notre disposition par les Professeurs AGUESSY.

A la suite de ce colloque la nécessité de nous régénérer au contact du secteur rural et du Jardin où nous avons choisi et pris l’habitude de vivre devient une urgence, c’est pourquoi fidèles à notre vocation d’écologistes recherchant à promouvoir un modèle de vie en pleine nature, nous avons cherché et trouvé comment nous installer à Ahozon, au bord du lac TOHO.

Le site que nous avons découvert est un lieu rêvé pour nos enfants et pour le développement de nos activités dominées par l’agriculture maraîchère, l’artisanat, l’éco-tourisme et vu notre volonté d’œuvrer dans l’Humanitaire, un endroit idéal pour l’éducation des enfants déscolarisés, l’accueil et la formation des jeunes.

En octobre 1999 nous créerons une école humanitaire Panafricaine dénommée Ecole Endogénie Jardin de la Fraternité qui aura à charge l’éducation des enfants de la Diaspora à commencer par les nôtres et ceux déscolarisés ou orphelins du Bénin.
L’école, dirigée dans les premiers temps par la Mère JAH et Père JAH assisté d’un instituteur bénévole pendant les 2 premiers trimestres débutera avec 6 élèves dont 3 de nos enfants. Par la suite nous devrons faire appel à des volontaires, jeunes diplômés ayant une expérience de l’enseignement que nous défraierons. Avec notre équipe nous mettrons en place une pédagogie nouvelle basé sur l’Endogénie, l’Ecologie, l’Artisanat Utilitaire et la Panafricanité le tout allié à l’Enseignement Général classique.

A une demande d’aide d’urgence pour soutenir la Famille JAH qui traverse des difficultés à cause de la défection du reste de notre Unité restée en Guadeloupe, le gouvernement du Bénin accordera une subvention de 2.000.000 frs cfa. Nous utiliserons une partie des fonds alloués pour remettre les membres de la Famille sur pied et établir un jardin d’autosuffisance alimentaire sur le terrain que nous avons loué à Ahozon.

Néanmoins nous sommes préoccupés car pour bien fonctionner le reste de notre Unité devrait pouvoir nous rejoindre au plus tôt et nous n’avons pas d’infrastructures adéquates, pour remédier à cela nous décidons de passer à l’offensive culturelle et donc d’ouvrir une structure au sein de la ville de Ouidah. L’ancien bâtiment du Commandant de cercle en face de la circonscription urbaine de Ouidah est libre nous le choisissons certains de pouvoir à partir de ce lieu générer des finances, nous mettrons en place un atelier de production artisanal, une petite bibliothèque et un petit Centre Culturel lieu de rencontre des adolescents et jeunes scouts du secteur.

Par la suite pour ouvrir l’Ambassade Culturelle de la Diaspora nous y investirons près de 800.000 frs cfa pris sur les fonds qui nous été alloués, ceci en peinture, menuiserie, eau, électricité et travaux divers.

L’inauguration de l’Ambassade Culturelle de la Diaspora avec le Panthéon des Savants et inventeurs Noirs initié par un Béninois Tom NEGUS se fera le 6 février 2OO1 en présence des autorités politico-administratives, de notables de Ouidah et de personnalités nationales et internationales.

Par la suite les personnes en charge de ce lieu par manque de vision de la chose de la Diaspora, nous créerons de telles difficultés que nous serons contraints de quitter les lieux en perdant tout l’investissement.
Après tous ces tracas, enfin une période d’espoir s’ouvre, la Famille va pouvoir œuvrer, les Enfants sont heureux d’habiter au bord d’un lac, d’avoir un jardin à nouveau !, une partie du rêve commence à se réaliser.

Cela fait près de 2 ans que nous vivons au Bénin quand nous venons nous installer sur ce domaine disponible de 2 hectares 3OO. Avec le propriétaire et son représentant, nous prenons accord pour un loyer mensuel nous donnant d’abord le temps de pouvoir réunir des fonds pour l’acquisition dudit terrain en vue d’en faire « La Cité l’enfant c’est sacré » un projet initié par l’Association Enfance-Développement Partage qui en confia l’ordre de réalisation à l’Unité « Mille Mains à la Terre Mille Mains pour Bien Faire ».

La situation dudit domaine en bordure du LAC TOHO, lac protégé depuis des décennies faisait de ce site, une base appropriée pour le développement de pèlerinage écologique et culturel dans la région, un espace idéal au sud Bénin pour en faire un Site Protégé devant servir de premier havre d’accueil pour les Familles et enfants de la Diaspora associés à l’accueil et l’éducation des enfants orphelins, les déshérités du continent Africain.

Conformément aux accords pris lors de nos diverses rencontres avec les propriétaires nous aurons à demander à multiples reprises les actes légaux du terrain ou à défaut une promesse de vente de la part de Victorin DOSSOU seul représentant alors de Antoine DOSSOU son père et propriétaire car nous désirons commencer les travaux au plus tôt notre projet en faveur des Enfants ayant été agréé par l’U.N.E.S.C.O.

Par la suite Victorin DOSSOU nous déclara que le terrain était en litige et ce en plusieurs points. Depuis lors nous attendions qu’il assainisse la situation de manière à ce que nous puissions entamer les travaux pour mettre en état et en fonction la ferme « Ecole Endogénie Jardin de La Fraternité ». Aussi, nous avons été très surpris quand son attitude a changé, qu’il nous a signifié un non-renouvellement du bail et que par la suite des démarches pour notre expulsion ont été engagé de sa part.

Nous avons cherché quelles seraient les voies et moyens de conciliation pour l’emmener à reconsidérer la situation en tenant compte que ce terrain représentait beaucoup pour nos enfants ensuite pour les enfants de l’école que nous avons initiée depuis 4 ans et qui comportait alors un effectif de 30 élèves ainsi que pour nous les Pionniers de la Diaspora Panafricaine qui avions le devoir d’apporter notre contribution au Bénin notre « terre d’accueil » et par la réalisation de ce projet montrer notre savoir faire.

Dès notre arrivée au Bénin l’objectif de notre Unité de Pionniers était d’établir une « Mission Spéciale Panafricaine » pour l’organisation de la Rentrée en Afrique du Corps de Volontaires « Mille Mains à la Terre Mille Mains pour Bien Faire ».

Pour répondre à cet impératif nous avions établi depuis la Guadeloupe un « Bureau Spécial de The Ethiopian World Federation Inc. pour le Repatriation ». Véritable Ambassade du Peuple de JAH chargé de gérer l’organisation du Retour en Terre Ancestrale d’une partie des Volontaires et Familles de la Diaspora Panafricaine descendants des générations déportées, se reconnaissant postérité d’Abraham et prêts à se réimplanter dans le secteur rural « Zion » où sur les collines et les Montagnes du Continent Africain Ethiopie « Holy Mount Zion ».

Ce «Bureau Spécial de The Ethiopian World Federation pour le Repatriation » Ambassade de la Diaspora et du Peuple de JAH présent au Bénin depuis Avril 1997 se compose de :

– JAH ELIEJAH ADANJAH Aumônier du 1er Local de The Ethiopian World Federation Inc. Guadeloupe.
Fondateur du Corps de Service « JAH MIL FA JAH » « Mille Mains à la Terre Mille Mains pour Bien Faire »
Président de la «Fondation Nouvelle Création»
Pionnier Ambassadeur de la Diaspora Panafricaine et du Peuple de JAH près le Bénin.
– Mère JAH EVEJAH Présidente du 1er local de The Ethiopian World Fédération Inc. Guadeloupe « Serviteurs de l’AGNEAU », Présidente internationale du Comité portant le nom de « Reine du Midi ».
Chargée de Mission de l’Ambassade Culturelle de la Diaspora et du Peuple de JAH. Porte parole de l’Unité des Pionniers de la Diaspora.
Secrétaire Générale de la Fondation Nouvelle Création
Co-Fondateur de l’Ecole Endogénie Jardin de la Fraternité

– ART-AJAH Thierry BALECHOU sergent « at armes » officier d’ordonnance chargé de la Formation des Jeunes pour la protection de l’environnement.
Professeur d’artisanat de l’Ecole Endogénie Jardin de la Fraternité
Trésorier de la Fondation Nouvelle Création.

– Quatre enfants du couple JAH dont l’aînée JAH OJAH en épousant un jeune Béninois Dieudonné BAGRI a donné naissance à un TiJAH ou petit Prince appelé ISAHJAH ce qui à permit d’agrandir la famille de deux membres.

A ce jour pour, fonctionner de façon plus autonome sur le territoire souverain de la République du Bénin La Famille JAH a créée une Fondation sous forme d’O.N.G dénommée « FONDATION NOUVELLE CREATION » qui est un Comité légal de The Ethiopian World Federation Inc.
Au sein de la Fondation Nouvelle Création existent plusieurs structures :
– L’école Endogénie Jardin de la Fraternité
– L’Ambassade Culturelle de la Diaspora et du Peuple de JAH
Et bientôt un Haut Commissariat pour les Volontaires au Retour en Afrique

Conclusion

Vu que l’Afrique a été victime pendant 400 ans de l’odieux commerce triangulaire au bénéfice de l’Occident , des pays européens en particulier.

Vu que les fils d’Afrique ont subi la traite négrière et l’esclavage dans sa forme la plus dégradante

Vu que nos ancêtres Africains experts de l’Agriculture, de la Charpente, des Forges etc. ont été arrachés de force à leur Continent et qui par le dur labeur ont défrichés, mis en valeur et rendus prospères ces territoires des Amériques et des Caraïbes sinistrés par un génocide perpétrés par les fils de l’Europe sur les populations des Amérindiens premiers résidents de ces régions.

En tenant compte que la Guadeloupe l’île devenue possession française dont la population noire esclave fut affranchie des chaînes de fer par la République en 1794 et remise en esclavage en 1802 par la traîtrise de Napoléon BONAPARTE

Considérant que ces vaillants fils de l’Afrique n’ont jamais pu être dédommagés même après que l’esclavage eut été aboli.

Considérant qu’en août 1851, 100 ancêtres Gwadafricains ont demandé en vain d’être rapatriés sur la terre d’Afrique par le biais d’une pétition dûment adressée au gouverneur de la Guadeloupe.

Etant entendu que l’arrivée de la Famille JAH en terre ancestrale du Bénin le 15 Avril 1997 est l’accomplissement du vœu de ces ancêtres Gwadafricains.

L’histoire du Bénin confirme que la famille JAH est la première Unité de la Diaspora francophone à s’implanter de façon définitive sur le territoire béninois. A ce titre, ils sont les Pionniers ambassadeurs de la Diaspora Panafricaine près le Bénin.

Aujourd’hui, il a 8 ans que nous sommes présents comme « tête de Pont » avec notre famille et un des Jeunes Volontaires du Corps de Service que nous avons fondé pour répondre à l’urgente question du Retour à la Terre-Mère Afrique et cela depuis les années 1990 date du dépôt légal de notre 1ere structure l’«Association Nouvelle Création» auprès des autorités Préfectorales de la Guadeloupe. De plus, nous menons ici une lutte sans répit pour l’obtention de nos droits et surtout celui de la rentrée en terre Africaine des volontaires.

Après bien des péripéties, la perte du terrain privé, nous avons obtenu de l’Etat Béninois par arrêté du MAEP « Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Elevage » et ce, sur instruction du chef de l’Etat, le Président de la République Mathieu KEREKOU, un domaine de 4 hectares dans une forêt classée.

Le domaine attribué par arrêté Ministériel en date du 1er septembre 2003 n°1069/MAEP/D-CAB/SGM/DFRN/SA à la Famille JAH pour la construction d’un Centre d’Eveil, d’Animation et de Stimulation pour Enfants est situé dans la Forêt classée d’Ahouicodji à Ahozon, Arrondissement de PAHOU, commune de Ouidah à 300 m de la route inter- état Cotonou-Lomé et est aussi accessible par la Pépinière d’Etat situé sur le chemin des Caméliens.

Avec son paysage serein, la richesse de son sol, la pureté de l’air et sa situation en pleine campagne, le site d’Ahozon laisse une sensation de bien-être et d’évasion à tous ses visiteurs.
La situation dudit domaine en bordure du Lac Toho, lac protégé depuis des décennies fait de ce site :
Une maquette d’un Eden Nouvelle Jérusalem le point de départ d’une réalisation prophétique concernant le Bénin.
– le lieu idéal pour le développement des séjours écologiques
– Un espace approprié, un site pour l’enfance en difficulté du continent.
– Un premier havre d’accueil terre-promise de transit sur la Côte ouest Africaine d’ou ils ont étés arrachés, pour ces descendants des générations déportés désireux pour la plupart de se réinstaller par la suite dans le Bénin profond, dans d’autres pays Africains ou même en Abyssinie Ethiopie où une concession extensible a été octroyé par le « Roi des Rois sa Majesté Impérial Hailé SELASSIE » devant les Nations-Unies à tous ceux de la diaspora douloureuse voulant se réimplanter dans le secteur rural.

Ainsi de jour en jour s’accomplit cette Prophétie par laquelle le Tout Puissant offre aux descendants des acteurs de la tragédie d’hier d’écrire au présent une page de vérité qui répare l’ignominie passée… voici pourquoi le Bénin écrit ce jour pour l’Afrique et l’Humanité une page d’histoire où à nouveau il doit tenir un rôle de Porte celle pour le Retour des descendants des déportés d’où «LE BENIN PORTE DU GRAND RETOUR»
.

Impact de la mission de la SAINTE FAMILLE DE JAH au BENIN
1-La présence de la Sainte Famille JAH a réveillé au sein de l’opinion publique béninoise la réalité du Retour des Africains de la Diaspora sur la terre ancestrale.

2 – Cette présence a ravivé au sein des autorités à différents niveaux la nécessité d’organiser des colloques, des séminaires, des conférences relatifs au rapprochement entre les Africains du continent et ceux de la Diaspora.
Ex :
*l’organisation d’un colloque à l’IDEE sur le Retour de la Diaspora Contribution des Noirs à la sciences et à la technologie pendant la période de l’esclavage : en avril 1999
*Conférence des leaders pour la Réconciliation et de Développement en décembre 1999, qui a donné naissance à l’ABRD
*Le festival Gospel et Racines en octobre- novembre 2002

3- La présence de la Sainte Famille JAH a suscité au Bénin, de nombreux écrits sur la question du Retour des frères de la Diaspora, et des travaux de recherches, des mémoires.

4- Grâce à la Sainte Famille JAH au Bénin, le mouvement Rastafari a eu un nouveau souffle de respect et de considération, les jeunes Rastafari sont de mieux en mieux acceptés et tolérés au sein de la société béninoise.

5- grâce au pèlerinage « Mémorial Afrika » qui a lieu chaque année en provenance de la Guadeloupe et à l’émission de radio sur la chaîne nationale ORTB « Diasporafrica » que la Sainte Famille JAH anime, nombreux sont les Béninois qui croient à la contribution et à l’apport de la Diaspora quant à la réussite de leur pays et de l’Afrique.

 

 

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Connais-tu ton Histoire?

Au début des années 1950, SMI l’Empereur Haïlé Sélassié Ier fait don à toute la diaspora noire d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud et des Caraïbes de 200 hectares de terres fertiles à Shashemene, une ville commerçante dans la vallée du Rift, à 250 km au sud de la capitale Addis-Abeba.

Si Shashemene rime aujourd’hui avec « rastaman », cette concession territoriale ne s’adressait pas aux seuls Rastas, mais bel et bien à toute la diaspora noire. Ce don était signe de la reconnaissance du Négus pour le soutien moral et financier de la communauté noire à l’effort de guerre éthiopien lors de l’invasion du pays par les troupes mussoliniennes entre 1935 et 1941.

À Shashemene, ville de 100 000 habitants située à 1900 mètres d’altitude, les descendants d’esclaves bénéficient désormais d’une terre fertile pour s’installer dans ce qu’ils identifiaient comme « Sion », la terre sainte, pour y vivre le « livity », mode de vie conforme à la philosophie rasta.

Descendant du roi Salomon et de la reine de Saba

Quels sont exactement les liens particuliers qui lient les rastas à l’Ethiopie ? Pour les Rastas du monde entier, SMI l’Empereur Haïlé Selassié I incarne la figure messianique du Rédempteur. Né Tafari Makonnen, il portait le titre ras d’où le nom adopté par les adeptes du mouvement Rastafari. L’Ethiopie était depuis longtemps une métaphore des peuples noirs et de la nation noire. Le Jamaïcain Marcus « Mosiah » Garvey (1887-1940), imprimeur et nationaliste noir avait fondé l’Association Universelle pour le Progrès des Nègres en 1917 et avait souvent parlé de la nécessité pour les Noirs de rentrer en Afrique, ainsi que du besoin de voir Dieu à travers les « lunettes de l’Ethiopie », c’est-à-dire pour les Noirs l’importance de retrouver un Dieu noir, à leur image. Son mouvement avait attiré des millions d’adhérents noirs et Garvey était craint par les puissances occidentales. Alors lorsqu’en 1930 Ras Tafari Makonnen est couronné avec le nom « Haile Selassie » (Pouvoir de la Trinité) et avec les titres messianiques de Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, Lion conquérant de la Tribu de Juda, Elu de Dieu, Lumière du monde, il ne fallait qu’un pas pour que les communautés garveyites y voient la réalisation des prophéties bibliques ayant trait au retour du Christ en la personne d’un Roi. Cependant, c’est le ‘Gong’, Leonard Percival Howell, qui sera le premier à révéler L’Empereur d’Ethiopie comme messie et rédempteur.

L’ascendance du jeune roi (37 ans à l’époque) plongeait dans des récits bibliques : il serait le 225ème descendant de l’union entre le roi Salomon et la reine de Saba. De plus, le royaume abyssin représentait pour les nationalistes noirs et les adeptes de Rastafari la seule nation libre et souveraine d’Afrique alors colonisée. Seulement, le pays se trouve envahi par l’armée italienne en 1896, puis à nouveau en 1935, contraignant l’Empereur éthiopien à l’exil. Cette situation éveille un sentiment pro-éthiopien parmi les membres de la diaspora africaine qui se soulèvent pour soutenir les troupes éthiopiennes

Une terre en donation

« L’Ancien Testament, ouvrage de référence des Rastas, mentionne le mot « Ethiopie » à plus de trente reprises, ce qui permet d’établir un lien biblique avec ce pays synonyme de paradis sur terre. La Genèse évoque le ‘Jardin d’Eden’ que les Rastas associent avec l’Ethiopie », explique Brother Karl, président de la Jamaican Rastafarian Development Community of Shashemene (JRDC), organisation rasta basée à Washington sur le modèle de celle fondée en Ethiopie. Et de poursuivre : « L’Ethiopie est le premier pays à avoir reçu l’Ancien Testament, et les Ethiopiens sont les premiers fidèles du Christ ».

« Repatriation is a must » (le rapatriement est une nécessité), thème récurrent dans les chansons de roots reggae, le rapatriement en Ethiopie constitue une problématique au cœur de la culture Rastafari. En effet, les Rastas voient en l’Ethiopie, qu’ils surnomment « Sion » ou encore la « nouvelle Jérusalem », un lieu de pèlerinage, la Terre Promise qui a vu naître leurs ancêtres.

Un rapatriement en masse, un soutien pour les Éthiopiens…

C’est ainsi qu’après les premiers arrivés au début des années 1950, une dizaine de familles sont venues de la Caraïbe et des États-Unis durant les années 1960 à Shashemene, suivies par d’autres, jusqu’à l’arrêt des arrivées à la fin des années 1970 à cause de la situation politique éthiopienne. Ce n’est qu’après 1991 que les arrivées ont repris de plus belle. Les premiers à avoir accepté le cadeau du Négus et à s’être déplacés vers la « Terre Promise » étaient des garveyites, des Juifs noirs, des Musulmans noirs et des Baptistes. Ils étaient peu nombreux et dès les années 1970, seulement des Rastas ont continué à venir et à s’installer à Shashemene. « Mais seuls les plus fervents ont pu économiser suffisamment pour financer leur rapatriement », nous confie Brother Karl, même si des organisations comme la Fédération mondiale éthiopienne et les Douze Tribus d’Israël, durant les années 1970 ont financé et soutenu le voyage et l’installation de leurs membres. En 2001, on comptait plus de 200 familles rapatriées à « Sion ».

Ceux qui sont arrivées n’étaient pas « bien lotis » en occident, mais étaient pauvres pour la plupart, issus des ghettos de Kingston. Dans les années 1990 des personnes plus aisées mais autant victimes du racisme et de la marginalisation économique et sociale dans les métropoles anglophones ont commencé d’arriver.

L’intention qui sous-tend le besoin de rapatriement de la diaspora africaine en Ethiopie est avant tout de fuir « Babylone », un monde synonyme d’oppression, pour venir soutenir le développement d’une terre dont l’indépendance avait été fièrement défendue par les éthiopiens malgré la pauvreté et, parfois, la faim. « Nos frères ont voulu quitter Babylone, ce monde de violence et de sang, pour participer au développement de Mama Africa (l’Ethiopie). Ils y ont trouvé les bases leur permettant de mener une vie meilleure. C’est précisément au moment où nos frères éthiopiens sont dans le besoin que nous devons être présents », nous explique Brother Karl.

…mais au changement de gouvernement les difficultés apparaissent…

En 1974, le comité militaire qui gouverne l’Ethiopie, le Derg, renverse la monarchie et entreprend la nationalisation des terres pour permettre à toute la classe paysanne d’avoir son lopin. Des 200 hectares de terres offerts par l’Empereur, seule une poignée de parcelles est restée aux mains des rapatriés de la diaspora.

Beaucoup d’Ethiopiens n’étant pas familiers de l’histoire de la diaspora africaine et des conditions dans laquelle elle avait vécue, ils avaient parfois du mal à comprendre ce que ces rapatriés faisaient là. Alors que SMI Haile Selassie I avait appelé les jamaïcains des « frères de sang » lors de sa visite en Jamaïque en 1966, les paysans autour de Shashemene trouvaient surtout qu’ils avaient trop de terres et n’arrivaient plus à comprendre, après la révolution, leur attachement à l’Empereur.

« Certains Ethiopiens considèrent que leur terre a été donnée à des étrangers, des gens venus d’ailleurs, ce qui marginalise les populations ayant accepté l’offre introduite par la concession territoriale. Cette situation a suscité chez certains l’envie et la jalousie envers les rapatriés. Car l’Éthiopie demeure un pays sous-développé qui accueille des populations mieux loties en Occident. Et puis la population est jeune : 60 à 70% de la population a moins de 20 ans, et le plein emploi n’est pas encore d’actualité », explique Brother Karl. Ainsi, les descendants d’esclaves rapatriés en Ethiopie sont confrontés à la pression permanente de leurs voisins qui vivent dans la pauvreté. C’est pourquoi les immigrés de la diaspora tentent de « prouver qu’ils méritent la terre que l’héritier désigné de la lignée royale salomonienne leur a offert ».

… même si tous travaillent au développement local

C’est là tout le travail de la Jamaican Rastafari Developement Community (JRDC) qui entreprend divers projets à Shashemene. La fondation de la JRDC était d’abord une initiative locale, à Shashemene puis des contacts se sont établis avec les communautés Rastas aux Etats-Unis. Le développement impulsé localement est la preuve que les rapatriés se sont engagés dans leur communauté à Shashemene. L’école de la JRDC en est un bon exemple et a une particularité qui fait d’elle un cas unique dans toute l’Afrique : elle a été fondée par des descendants d’africains qui ont choisi de nouer leur destinée avec celle de l’Afrique et de s’installer à Shashemene, où ils avaient été invités par SMI l’Empereur Haile Selassie. L’école est reconnue par le Ministère de l’éducation et l’enseignement suit le cursus éthiopien. Elle dispense un enseignement en amharique (la langue impériale) et en anglais (langue étrangère obligatoire). Elle s’est récemment agrandie et accueille maintenant près de 500 élèves. Tous les efforts possibles sont faits par la communauté locale et les administrateurs de l’Ecole pour que les conditions y soient meilleures que dans les écoles publiques alentour où se retrouvent parfois une centaine d’élèves par classe. L’école a la seule bibliothèque du quartier et en sus des langues, toutes les disciplines y sont enseignées, ainsi que l’éducation physique et la pratique informatique. Les frais d’inscription sont très abordables pour que tous les enfants, immigrés ou éthiopiens puissent y venir. Les besoins sont néanmoins pressants en termes de salles de classe, de cantine et d’élargissement des effectifs. Notre but est de soutenir avec force et vigueur cette première école panafricaine sur le continent, afin que la jeunesse puisse connaître son Histoire (sans aucune concession), aimer son Continent et pousser sur des racines solides.

« Un melting-pot »

« C’est un véritable melting-pot », commente Brother Levi, organisateur des cérémonies de commémoration du 60ème anniversaire de la naissance de Bob Marley (6 février) qui se sont tenues à Addis-Abeba pendant tout le mois de février 2005. Et de poursuivre « A Shashemene, les Jamaïcains représentent la majorité des rapatriés, mais on trouve aussi des Rastas venus de la Martinique, d’Allemagne, de Suède et même du Japon ! ». Une population qui demeure en attente de la reconnaissance du gouvernement éthiopien qui semble avoir oublié les politiques panafricaines de l’Empereur…

A suivre …

Philippe MELONI

11 responses

22 09 2007
nessini

merci de nourir notre interieur…
Bravo
nessini

22 09 2007
mulugeta

Open your eyes, free your mind and do not consider « his story » as your story.
Mulugeta

24 09 2007
Connais tu ton histoire?

*Ouvrez vos bras au changement, mais ne laissez pas s’envoler
Vos valeurs.
Suivez les trois R : Respect de soi-même, Respect des autres,
Responsabilité de tous vos actes.
Partagez votre savoir. C’est une manière d’atteindre
L’immortalité.
Dalaï Lama

Ô Afrique, réveille-toi !
Le matin est là,
Tu n’es plus abandonnée,
O mère généreuse,
De loin tes fils et tes filles
Se hâtent vers toi.
Leurs cris résonnent par delà les mers :
Libérez l’Afrique !!

*people give us our own security, you know my neighbourhood, I know your neighbourhood. BURNING SPEAR.

* Le métissage, vecteur de connexion, d’unification, de tolérance et d’ouverture…à méditer.

24 09 2007
mengistu kassa

l’Histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d’originaux et beaucoup de copies.

24 09 2007
Berhane Selassié

Laws cause crime and violence. Earth a come, earth a foward to creation. All the laws that we abide by are blah-blah and boom boom because wxe have to suffer, as any man can know that. The law we have no must be a must. The only law which is law is the law of life. The law how to live.

7 10 2007
Patson xpder003

Chers frères et sœurs,
ceux ci n’est pas une pétition et ni une revendication,
Soyons des hommes fiers et dignes, ne jamais renier son passé ni ses origines,
C’est trop facile de vouloir effacer le passé, le mot nègre doit revivre, on a le devoir de lui donner des couleurs et d’accepter d’être un nègre.
Ne pas oublier nous donne la force d’avancer et de vivre avec le passé
Pourquoi nègre serait-il péjoratif ? Et l’art nègre, la culture nègre et la littérature est-ce péjoratif ?
Aujourd’hui, on emploie volontiers des termes anglais pour « valoriser » ceux que l’on estime dévalorisés… Comme si l’anglais valorisait, et le français dévalorisait… Un blanc croit-il qu’en appelant un nègre un black ou noir, les nègres ne seront plus… dénigrés ?
Notons que ce verbe vient du latin denigrare (rendre noir, noircir) puis, au sens figuré on employait l’expression denigrare famam : noircir la réputation (de quelqu’un)
Que les nègres soient

Que les nègres soient fiers d’être nègres ! Et vive la négritude !

« Un mot peut élever la fierté d’un peuple et construire une œuvre immense, permettre de Penser, agir par nous- mêmes et pour nous- mêmes, en Nègres…, accéder à la modernité sans piétiner notre authenticité. »

6 01 2008
Mint rabia

Bravo à toi, Mick RWUBUSISI. Pour ta reaction quant à l’article « L’Afrique se réveillera-t-elle un jour » publié dans la leçon 3. Quand j’ai lu cet article dans la leçon 3,ma tete à prit « feu », je me suis dit genial. Cet article ne ferra qu’accroitre le pessimisme de certains face à l’Afrique. Le « feu » tu l’as éteint lorsque je suis passé à la leçon 4 avec ta super reaction. Vive tout ceux qui sont optimistes face au « redressement » de l’Afrique et engagé dans la reflexion du comment arriver à ce « redressement ».

6 01 2008
Mint rabia

J’ai entendu ou lu ceci un jour: « L’homme pense sans réfléchir comme le miroir qui réfléchit sans penser ». à méditer

8 01 2008
Mint rabia

Une reaction pour le commentaire plus haut de Patson xpder003.

Le mot nègre c’est pas ce qui pose problème.
Le problème c’est l’identité nègre qui a été entachée par l’histoire qui lui est relative.
C’est cette identité qu’il s’agit de revaloriser.
Un noir n’est jamais respecté comme il se doit, comme les autres habitants des autres continents de la terre.
Aussi, il peut avoir fait des super etudes, exceller en toute matiere, avoir de super diplomes… ça reste un noir! C’EST PAS CrEDIBLE.
Et vous savez pourquoi elle n’est pas respectée cette identité nègre?
Parceque le continent d’ou elle provient n’est pas respecté et parceque lui, nègre, ne fait rien pour qu’il le soit.

Un nègre c’est pas crédible.

« La pire vérité vaut mieux que la meilleure illusion ».
Issac Bashevis Singer

17 04 2008
Ethymologique

Indigence (dico Larousse) : Etat d’une personne qui vit dans la misère, grande pauvreté intellectuelle et morale, qui est privé de ressources suffisantes.
Indigénisme (dico Larousse) : politique menée par certains gouvernements visant à l’acculturation des ethnies qui vivent dans leur pays.
Indigne (dico Larousse) : qui inspire le mépris, la honte.

Etait ce le projet de la colonisation occidentale : rendre les hommes indignes, indigents et indigènes ??

Ethymologique

11 05 2008
Mint rabia

‘‘Le Nègre ignore que ses ancêtres, qui se sont adaptés aux conditions matérielles de la vallée du Nil, sont les plus anciens guides de l’humanité dans la voie de la civilisation ; que ce sont eux qui ont crée les Arts, la religion (en particulier le monothéisme), la littérature, les premiers systèmes philosophiques, l’écriture, les sciences exactes (physique, mathématiques, mécanique, astronomie, calendrier…), la médecine, l’architecture, l’agriculture, etc. à une époque où le reste de la Terre (Asie, Europe : Grèce, Rome…) était plongé dans la barbarie.’’

Cheikh Anta Diop

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