Leçon 3 MOBUTU LA TRAGEDIE

Editorial: MOBUTU, la tragédie d’un peuple et d’un continent

Bonjour à tous. Voici (déjà !) le troisième numéro de votre Revue. Par le courage de vos textes, continuez à démontrer au monde que l’Afrique mérite l’amour de l’humanité, que vous vous battrez pour reconquérir sa fierté.

Un grand homme a dit : « j’apprenais pour la première fois que les réalités de ce monde ne sont jamais ni entièrement bonnes ni entièrement mauvaises, qu’il faut savoir faire la part des choses et se garder de tout jugement préconçu. ». Nous devons, donc, être honnêtes avec vous et vous avouer, dès à présent, notre perplexité devant le thème que nous allons aborder dans ce numéro. En effet, comment arriver à parler sans a priori de cet homme – MOBUTU – dont la personnalité nous échappe forcément, alors que le peu que nous connaissons de lui est le fruit de nos lectures, des documentaires que nous avons visionnés et des témoignages qui, il faut l’admettre, sont loin de lui reconnaître beaucoup de mérites. Sans conteste, l’enquête nous a laissé une image peu reluisante d’un président corrompu, enrichi sur le dos de son peuple, sanguinaire et ayant contribué à mener le Congo dans sa situation actuelle. Pourtant, beaucoup de congolais que nous avons interrogés reviennent sur un Mobutu qui était sans réserve à l’écoute de ceux qui l’entouraient, un chef d’Etat avec énormément de charisme, et surtout, un vrai CHEF pour le Congo. C’est, donc, un thème fait d’ambiguïté, difficile et particulièrement complexe, que nous vous proposons. Nous devons flairer la bonne piste, ne pas tomber dans les bassesses de la pure caricature toute en vous montrant le système qui a vu naître MOBUTU et le système qu’il a lui-même mis en place. Nous devons vous faire comprendre les répercussions de cette époque sur la notre, tout en veillant à ne pas faire le procès d’un homme ou à diffamer son nom. C’est certes un numéro d’équilibrisme, mais mettre un couvercle sur l’Histoire récente du Congo reviendrait à laisser mijoter les passions. Actuellement, dans l’esprit des millions de congolais et d’africains, se cristallise des peurs et des frustrations, dont nous devons déceler les origines profondes si nous ne voulons pas que, demain, elles se transforment en haine.

Gandhi disait : « il y a ceux qui veulent punir et ceux qui veulent changer les choses, nous avons choisi de changer les choses ! ». C’est exactement notre but. En vous racontant l’histoire de MOBUTU, nous ne vous en dirons que la vérité, mais nous vous en dirons toute la vérité. Nous devons, en effet, vous montrer à quel point elle s’imbrique avec l’histoire de l’Afrique en général, voire du monde. Alors, même si les lignes qui suivent sont peut-être de nature à vous choquer, ne vous voilez pas la face ! Regardez dans le blanc des yeux vos démons afin de vous exorciser.

‘Il était une fois’ ?… non ! Cela vous donnerait l’espoir d’un dénouement heureux. Or, il n’en est rien dans cette véritable tragédie humaine subi par le Congo, mais partagée par beaucoup de pays africains. Cependant, ces mots ‘il était une fois’ sont certainement les plus indiqués pour décrire la légende que va se construire un jeune garçon né d’une famille très modeste, mais qui arrivera à soumettre, dans la souffrance et la corruption, un territoire 80 fois plus grand que la Belgique et regorgeant de trésors convoités.

Décrivons brièvement la scène. Pendant plusieurs décennies, le Congo va, tour à tour, être la propriété personnelle et exclusive du roi des belges LÉOPOLD II et la colonie de l’Etat belge. Sa très théorique indépendance est proclamée en 1960 grâce au combat de ses enfants dont le plus influant fût sûrement Patrice LUMUMBA. C’est dans l’ombre de celui-ci que va grandir politiquement un jeune sergent encore nommé Joseph-Désiré MOBUTU.

MOBUTU naît le 14 octobre 1930 à Lisala au Congo belge (quelques mois après le roi des Belges Baudouin Ier) d’un père cuisinier qu’il perdra très tôt et d’une mère à qui il vouera, sa vie durant, un véritable culte. À 15 ans, il est enrôlé dans l’armée coloniale belge, appelée alors La Force Publique. Il obtient le brevet de secrétaire comptable à Luluabourg. Il sort de l’armée avec un grade de sous-officier et devient journaliste pour le quotidien libéral L’Avenir. Il deviendra l’homme de confiance de LUMUMBA puis secrétaire d’Etat de son gouvernement (il sera désigné à la direction de l’armée congolaise). Son talent pour la stratégie politique et les désaccords internes à la classe politique congolaise vont le faire rapidement monter dans la hiérarchie militaire. Il devient vite le chef d’état-major et, sous les conseils (très intéressés) de l’ambassadeur de Belgique, de la C.I.A. et d’Israël, il fait arrêter, assigner à résidence, puis assassiner son ancien mentor LUMUMBA. C’est en mettant habillement à profit ses victoires contre les révoltes et rebellions successives (victoires qui n’auraient pas été possibles sans l’aide occidentale) que Mobutu va usurper petit à petit une image de grand stratège de la pacification et de l’unification du Zaïre. Il ne restait alors pour lui qu’à prendre le pouvoir politique en recourant à de malins coups d’Etat et en mettant au pas toute la population. Lorsqu’il arrive enfin à contrôler la machine politique, il instaure un régime autoritaire à parti unique (le Mouvement Populaire de la Révolution) et en devient le maréchal-président (rien que ça !). Il sera renversé par Laurent D. KABILA, père de l’actuel chef d’Etat, en 1997. Quelques mois après avoir été chassé du pouvoir, il mourra d’un cancer à Rabat le 7 septembre 1997.

Nous sommes bien évidemment conscients que parler de MOBUTU est devenu un lieu commun. D’ailleurs, nous ne sommes sûrement pas les mieux placés pour traiter d’un tel sujet. Tant d’éminents intellectuels lui ont déjà consacré tel ou tel excellente biographie. De très bons journalistes ont, à maintes reprises, exprimé leurs talents dans d’instructifs documentaires. Sans même évoquer la foule de débats et polémiques existant sur ce thème.

Alors pourquoi encore vous parler de MOBUTU ? Pourquoi longuement rappeler que cet homme avait basé le développement du Zaïre sur une économie de rentiers. Ne pouvant pas nier l’échec d’une telle politique dont les fondements ne sont rien de plus que de la corruption, MOBUTU va se lancer dans une suicidaire zaïrianisation de l’économie et des mœurs, la fameuse ‘authenticité zaïroise’, symbolisée par les ‘trois Z’ : la Nation Zaïre, le monnaie Zaïre et le fleuve Zaïre. La nationalisation brutale du tissu économique qui va en résulter n’apportera que désastre sur désastre pour les populations. En effet, les chefs d’entreprises étrangers seront obligeamment invités à remettre leurs clefs à des membres de l’armée zaïroise venus faire appliquer le décret de zaïrianisation. Le clientélisme ne tardera pas à prendre le dessus sur les règles économiques et les caisses de ces entreprises vont devenir ainsi un bon moyen d’acheter des fidélités pour un régime à bout de souffle. De nombreux bénéficiaires de la zaïrianisation, tous proches du régime, prirent ces entreprises pour leurs tirelires personnelles, au diable la gestion ! La corruption fut ainsi de plus en plus endémique dégradant dramatiquement la situation économique et sociale de l’écrasante majorité des zaïrois (un mot a même était inventé spécialement pour qualifier l’aire MOBUTU dans les annales de la science politiques : la ‘kleptocratie’, littéralement le ‘gouvernement par le vol’). Dans ce contexte, quelle ironie de se rappeler ces mots prononcés par MOBUTU en personne quelques années plus tôt : « Vous avez cru aux promesses aussi alléchantes que fallacieuses des politiciens. Vous leur avez accordé toute votre confiance le jour où vous leur avez donné vos voix. Voyez comment ils vous ont récompensés ! Vous avez été cruellement punis pour avoir mal placé votre confiance. Que cela vous serve de leçon afin que les souffrances et les privations que vous endurées soient épargnées aux générations à venir».

Pourquoi encore évoquer avec vous les incroyables contradictions de la vie politique de MOBUTU ? En voici un exemple parmi tant d’autres : après avoir caressé dans le sens du poils les puissances occidentales, après avoir emprisonné et fait tuer leur bête noire LUMUMBA en l’accusant de tendances communistes, MOBUTU, par « pure cynisme politique » (comme le dira plus tard L. DEVLIN alors attaché de la C.I.A. au Congo), donnera à LUMUMBA titres et honneurs de leader de la Nation Zaïroise et de premier martyr de la décolonisation économique. Par ailleurs, n’oublions pas que d’une main il tapait sur la table en exigeant l’authenticité et l’émancipation zaïroise alors que de l’autre, il distribuait généreusement les richesses de son pays à ses ‘alliés’ étrangers.

Quel intérêt de vous rappeler encore que MOBUTU a employé toute son intelligence – et intelligent, il ne l’était pas que peu ! – à se constituer une fortune qui, aujourd’hui, le classerait en bonne place dans le magazine FORBES (en 1984, près de 4 milliards de dollars) ? Pourquoi serait-il encore nécessaire de réécrire, pour la nième fois, la misère, la faim, les souffrances qui ont été le prix à payer par le peuple afin d’asseoir la légende d’un seul homme ? ‘MOBUTU sese seko kuku ngbendu wa zabanga’ signifie ‘MOBUTU le guerrier tout puissant qui embrase tout sur son passage et reste invaincu’. Pour un homme dont la seule formation militaire se limitait à la comptabilité et qui est mort avec le grade de maréchal du Zaïre, cela vous donne à suffisance une idée de sa mégalomanie. Restons un instant sur cette mégalomanie : après avoir imposé ‘l’abacost’ (à bas le costume), version zaïroise du costume occidental, comme habit officiel et traditionnel du Zaïre (nous laissons chacun juge de l’utilité d’une telle initiative), il obligea tout zaïrois à se choisir, comme lui-même, un nom zaïrois et à délaisser les noms chrétiens. Heureuse initiative s’il en est ! Mais, elle ne révélait aucunement une quelconque intention de revendiquer le droit et la fierté d’être zaïrois, africain. Pour preuve, la mesure suivant fut d’élever le lingala, sa langue maternelle, comme langue officielle à Kinshasa au détriment du kikongo. L’apogée a été atteint lorsqu’il décide de se construire dans sa ville natale, en pleine jungle, trois palais, d’y adjoindre un barrage et un aéroport international. L’endroit sera surnommé ‘Versailles de la jungle’. N’évoquons même pas son couvre-chef en peau de léopard symbolisant la couronne des rois.

Les raisons ne manquent, donc, pas de vous rappeler cette page de l’histoire africaine. L’un de nos torts a été de croire qu’avec la mort du léopard du Zaïre, l’Afrique était débarrassée du cancer de la mauvaise gouvernance qui la ronge. D’un seul coup, tout le monde a poussé un soupir de soulagement et a détourné le regard. Or sans atteindre l’état d’orgueil d’un MOBUTU (il se nommait ‘le Père de la Nation’, ‘le Guide éclairé’), les accros au la drogue du pouvoir, les despotes et les pilleurs en bandes organisées n’ont pas disparus d’Afrique. Ils n’hésitent pas à narguer les puissances mondiales, à faire avaler au monde entier une couleuvre sans même prendre la peine de lui donner un verre d’eau pour la faire passer. Par exemple, le Darfour devient un lamentable bourbier et la communauté internationale discute toujours sur le qualificatif à donner au machiavélisme des certains dirigeants de la région et à l’inconscience de certains occidentaux. Pourquoi ce gâchis de millions de vies humaines ?

Malheureusement, en les appâtant avec la fortune et le pouvoir, certains de nos dirigeants seraient prêts à vendre leur âme et l’âme de ceux qui leur ont fait confiance ! Certes ils sont devenus incollables dans l’art du faux semblant, de l’hypocrisie et de la répression. Cependant, pour peu que l’on ose se rapprocher, on ne tarde pas à voir des fissures dans leur édifice. Voyez vous-mêmes : que diriez-vous d’un chef d’Etat qui, depuis une trentaine d’années, dirige un peuple qui le plébiscite à chaque élection à plus de 90% ? Aberrant n’est-ce pas ? Et pourtant, cela arrive fréquemment en Afrique et personne n’y voit que ‘la démonstration du progrès démocratique’. Absurde et plutôt ironique lorsque l’on sait que, en général, dans ces pays l’appareil et les deniers de l’Etat servent un seul homme, le chef de l’Etat et qu’il y est cordialement recommandé à tous de LA FERMER ? C’est comme si ces dirigeants, que leur suffisance est montée au nez, ne cessaient de se répéter à eux-mêmes : « après moi, le déluge ! ».

Voici une autre raison de vous reparler de MOBUTU : la dette qu’il a laissée en cadeau à son pays était estimée, en 2003, à 10 milliards de dollars. Or, sans aucun doute possible, le ‘moi d’abord’ des politiques africaines ne laisse pas présager un sort meilleur à certains pays. Par conséquent, cessons de nous enorgueillir d’une quelconque indépendance pour les Etats africains car être le débiteur de quelqu’un c’est lui être redevable. Une personne avisée disait : « une indépendance politique que n’accompagne pas une indépendance économique reste purement formelle et théorique ».

Enfin, il existe une dernière raison d’évoquer le souvenir de MOBUTU. Nous vivons sur une seule planète et la mondialisation ne cesse de nous rapprocher. Si nous ne voulons pas nous retrouver dans une impasse, nous, peuples du monde, devons entamer le dialogue et aplanir nos ressentiments, nos malentendus et nos colères. Revisiter l’histoire nous permet de démasquer les responsabilités de chacun, d’honorer ceux qui sont partis dans le silence et l’indifférence à cause de leur combat pour la liberté et de reconnaître la souffrance de ceux qui sont restés dans une contrefaçon d’indépendance. C’est à ce prix seulement que nous pouvons avancer sans nous prendre les pieds dans les ornières et les chaînes de l’Histoire.

En épilogue, finissons sur une note heureuse. MOBUTU l’a ignoré dans son orgueil et en a fait les frais, « on peut tromper une partie du peuple tout le temps ou un certain temps tout le peuple. Mais, on ne peut jamais tromper tout le peuple tout le temps ». Puisque les choses doivent changer en Afrique, ouvrons les yeux et ne regardons plus pour ne pas voir ! Puisque nous en avons le droit, exigeons de nos gouvernants d’être irréprochables sinon le navire va sombrer ! Si les malheurs de la terre que ces dirigeants africains de peu de scrupules foulent chaque jour ne sont pas suffisants pour les inciter à changer, alors il faudra changer de dirigeants. Les africains ont droit à une vie meilleure, à un Continent dont l’avenir n’est plus hypothéquée. Et c’est chose possible ! La preuve en est que dans beaucoup de pays de ce beau continent, la bonne gouvernance, une politique sociale et économique ambitieuse sont devenues des thèmes forts suivis par leurs dirigeants. Gardons toujours l’espoir de lendemains meilleurs !

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La voix des Hommes
« Les mots, les sons, le pouvoir sont les symboles de l’Homme.

C’est ce que nous utilisons contre l’oppression.

On ne se sert ni de bâtons, ni de pierres, ni de fusils.

Un de nos messages pour la planète dit :

Rassemblons-nous, sœurs et frères,

Le Temps nous échappe.

Ecoutez la Voix des Hommes, Elle appelle tout le monde.

Cette Voix est pour tous ceux qui l’accepteront… »

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Anonyme

 

D’un trait de diamant
L’abeille a fêlé la rêverie du vieil homme en son désert
A présent il la suit des yeux
jusqu’à ce buisson d’abeilles ardentes
Qui sans se détruire
Déploie de dards et de miel son incandescence

Marche pieds nus car tu foules ici
Une terre dont la poussière n’a pas de prix
l’or du temps à l’or du sable confondu

Alors
ce qui se tient dans le buisson
répand alentour un silence
Qui couvre les bruits du monde.

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L’AFRIQUE SE REVEILLERA-T-ELLE UN JOUR?
O. S.

Montréal CANADA

Il arrive dans la vie qu’une conversation banale nous secoue pendant des heures voire des jours. J’attendais tranquillement un ami au terminus d’autobus de Montréal quand un monsieur d’un certain âge a pris place à mes côtés avant d’engager l’une des conversations les plus enrichissantes de ma vie.

Professeur d’études stratégiques dans un institut international, l’homme connaît le continent africain comme le fond de sa poche. Son analyse, son point de vue sur notre avenir, donne froid dans le dos. Et s’il vous plaît, ne sortez pas la rancune du « colon nostalgique ». Lisez avec la tête et la raison ce qu’il dit. Je vous rapporte fidèlement ses constats

«Cela fait maintenant plus de 25 ans que j’enseigne la stratégie. Dans ma carrière, j’ai eu affaire à des dizaines d’officiers et de hauts fonctionnaires africains. Je suis malheureusement obligé de vous dire ceci : du point de vue des études stratégiques, de l’analyse et de l’anticipation, je leur donne un gros zéro pointé. Nos stagiaires africains sont très instruits, ils ont de belles tenues militaires ou manient le français de manière remarquable, mais, dans les cours, ils ne nous apportent rien. Tout simplement, parce que, à ma connaissance, dans toute l’Afrique francophone, il n’y a pas un seul centre d’études stratégiques et internationales avec de vrais professionnels à leur tête.

Je vais vous expliquer pourquoi je n’ai aucun espoir pour ce continent. Au moment où je parle, le monde fait face à trois enjeux principaux : l’énergie, la défense stratégique et la mondialisation. Donnez-moi un seul cas où l’Afrique apporte quelque chose. Rien ! Zéro !

Commençons par l’énergie et précisément le pétrole. Tous les experts mondialement reconnus sont unanimes à reconnaître que d’ici 15 à 20 ans, cette ressource sera rare et excessivement chère. En 2020, le prix du baril tournera autour de 120 dollars. C’est conscients de cette réalité que des pays comme les USA, la France, la Chine, le Royaume Uni, etc. ont mis sur pied des Task Force chargés d’étudier et de proposer des solutions qui permettront à ces nations de faire main basse sur les ressources mondiales, de s’assurer que quoi qu’il advienne, leur approvisionnement sera assuré. Or, que constate-t-on en Afrique ? Les dirigeants de ce continent ne sont même pas conscients du danger qui les guette : Se retrouver tout simplement privé de pétrole, ce qui signifie ni plus ni moins qu’un retour à la préhistoire! Dans un pays comme le Gabon qui verra ses puits de pétrole tarir dans un maximum de 10 ans, aucune mesure de sauvegarde, aucune mesure alternative n’est prise par les autorités. Au contraire, ils prient pour que l’on retrouve d’autres gisements. Pour l’Afrique, le pétrole ne comporte aucun enjeu stratégique. Il suffit juste de pomper et de vendre. Les sommes récoltées prennent deux directions : Les poches des dirigeants et les coffres des marchands d’arme. C’est pathétique.

Ensuite, la défense stratégique. L’état de déliquescence des armées africaines est si avancé que n’importe quel mouvement armé disposant de quelques pick-up et de Kalachnikov est capable de les mettre en déroute. Je pense qu’il s’agit plus d’armées de répression intérieure que de guerre ou de défense intelligente. Pourquoi ? Parce que, comparées aux armées des nations développées, de la Chine, de l’Inde ou du Pakistan, les forces africaines rappellent plus le Moyen âge que le 21è siècle. Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne. Il n’y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons antiaériens. Les cartes dont disposent certains états-majors datent de la colonisation ! Et aucun pays n’a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d’aéronefs suspects dans son espace aérien sans l’aide de forces étrangères. Quelle est la conséquence de cette inertie ? Aujourd’hui, des pays comme les Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d’une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol. Rien qu’en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques. A mon avis et je crois que je rêve, si les pays africains se mettaient ensemble, et que chacun accepte de donner seulement 10 % de son budget militaire à un centre continental de recherche et d’application sur les systèmes de défense, le continent peut faire un pas de géant. Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour 3000 dollars US par mois afin de vous livrer des armes sophistiquées fabriquées sur le continent et servant à votre défense. Ne croyez pas que je rigole. Il ne faut jamais être naïf. Si la survie de l’Occident passe par une recolonisation de l’Afrique et la mainmise sur ses ressources naturelles vitales, cela se fera sans état d’âme. Ne croyez pas trop au droit international et aux principes de paix, ce sont toujours les faibles qui s’accrochent à ces chimères. Je pense qu’il est temps de transformer vos officiers (dont 90 % sont des fils à papa pistonnés qui ne feront jamais la guerre et je sais de quoi je parle) en scientifiques capables de faire de la recherche et du développement. Mais, je suis sceptique. Je crois que ce continent restera enfoncé dans le sommeil jusqu’au jour où le ciel lui tombera sur la tête.

Enfin, la mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres sujets qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous recevons sont d’excellents perroquets qui répètent mécaniquement les arguments qu’ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l’inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept à un but : garder les pays pauvres comme sources d’approvisionnement en biens et ressources qui permettraient aux pays riches de conserver leur niveau de vie. Autrement dit, le travail dur, pénible, à faible valeur ajoutée et impraticable en Occident sera fait dans le Tiers-monde. Ainsi, les appareils électroniques qui coûtaient 300 dollars US en 1980 reviennent toujours au même prix en 2006. Et puisqu’il l’Afrique n’a toujours pas un plan cohérent de développement économique et d’indépendance, elle continuera à être un réservoir de consommation où seront déversés tous les produits fabriqués dans le monde. Pour moi, l’indépendance signifie d’abord un certain degré d’autonomie. Mais, quand je vois que des pays comme le Sénégal, le Mali, le Niger ou la Centrafrique importent quasiment 45 % de leur propre nourriture de l’étranger, vous comprendrez qu’un simple embargo militaire sur les livraisons de biens et services suffirait à les anéantir.

Pour terminer, je vais vous raconter une anecdote. Je parlais avec un colonel sénégalais venu en stage chez nous il y a quelques mois. Nous regardions à la télévision les images de millions de Libanais qui défilaient dans les rues pour réclamer le retrait des soldats syriens de leur pays. Je lui ai demandé ce qu’il en pensait. Il m’a répondu : ‘Les Libanais veulent retrouver leur indépendance et la présence syrienne les étouffe’. C’est la réponse typique de la naïveté emprunte d’angélisme. Je lui ai expliqué que ces manifestations ne sont ni spontanées ni l’expression d’un ras-le-bol. Elles sont savamment planifiées parce qu’elles ont but. Israël piaffe d’impatience d’en découdre avec le Hezbollah et puisque Tel-Aviv ne peut faire la guerre en même temps aux Palestiniens, au Hezbollah et à la Syrie, son souhait est que Damas se retire. Une fois le Liban à découvert, Israël aura carte blanche pour l’envahir et y faire ce qu’elle veut. J’ai appelé cet officier sénégalais il y a deux jours pour lui rappeler notre conservation. Malheureusement, il était passé à autre chose. Son stage ne lui a servi à rien.

J’espère vraiment qu’un jour, les Africains auront conscience de la force de l’union, de l’analyse et de l’anticipation. L’Histoire nous démontre que la coexistence entre peuples a toujours été et sera toujours un rapport de force. Le jour où vous aurez votre arme nucléaire comme la Chine et l’Inde, vous pourrez vous consacrer tranquillement à votre développement. Mais tant que vous aurez le genre de dirigeants que je rencontre souvent, vous ne comprendrez jamais que le respect s’arrache par l’intelligence et la force. Je ne suis pas optimiste. Car, si demain l’Union africaine ou la CEDEAO décide de créer un Institut africain d’études stratégiques crédible et fiable, les personnes qui seront choisies se précipiteront en Occident pour apprendre notre manière de voir le monde et ses enjeux. Or, l’enjeu est autre, il s’agit de développer leur manière de voir le monde, une manière africaine tenant compte des intérêts de l’Afrique. Alors, les fonctionnaires qui seront là, à statut diplomatique, surpayés, inefficaces et incapables de réfléchir sans l’apport des experts occidentaux se contenteront de faire du copier coller, ce sera un autre parmi les multiples gâchis du continent. Avant que vos ministères des Affaires étrangères ne fassent des analyses sur la marche du monde, ils feraient mieux d’en faire d’abord pour votre propre intérêt ».

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LA QUALITÉ D’UN LEADER.
Extraits d’un discours prononcé par S.M. l’Empereur Haïlé SELASSIE IER

Nous savons tous que la nécessité d’un bon leadership dans toutes les conditions sociales est plus grande aujourd’hui qu’elle ne l’a été auparavant. Chaque aspect de la vie demande des mains directrices. Et chacun de vous jeunes gens qui avez reçu l’opportunité enrichissante d’une éducation supérieure sera appelé dans l’avenir à porter sur les épaules à divers degrés les responsabilités de conduire et de servir la nation africaine.

Il est important de rappeler que leadership ne veut pas dire domination. Le monde est toujours plein de gens qui veulent gouverner et dominer d’autres personnes.

Le vrai leader est d’un autre genre, il recherche une action efficace qui a un but véritablement bienfaisant. Il inspire les autres à suivre son sillage, et portant haut la torche de la sagesse, indique la voie à la société pour réaliser sincèrement ses grandes aspirations.

Vous avez appris de votre étude de l’Histoire que l’histoire des nations est souvent faite en termes des réalisations des individus. Dans chaque événement significatif de l’histoire vous trouverez un leader courageux et déterminé par un but ou un objectif qui suscite l’inspiration, et un adversaire qui cherchait à déjouer ses efforts.

Dans une société normale, chacun a une occasion de se montrer comme un leader. Le leader se distingue par sa propre connaissance d’un métier, sa sensibilité et sa perspicacité, son initiative et son énergie. Le sens des responsabilités. Les leaders sont des gens qui élèvent les critères par lesquels ils se jugent et par lesquels ils sont prêts à être jugés.

Le but choisi, l’objectif sélectionné, les exigences imposées, ne sont pas uniquement pour leurs partisans. Ils développent avec une énergie et une dévotion achevées leur propre talent et leur savoir de manière à atteindre les critères qu’ils ont eux-mêmes posés. Cette approbation sans réserves des exigences imposées par des critères toujours plus élevés est la base du progrès humain. Un amour de haute qualité, rappelons-le, est essentiel pour un leader.

Le sérieux est une autre exigence pour un leader. Etre sérieux c’est être prêt à accepter les responsabilités, et à les remplir loyalement. Un leader sera disposé à prendre conseil auprès de son peuple mais devra toujours agir d’après ce qui lui semble juste. Cela exige que le leader se défasse de toute peur excessive de commettre des erreurs. S’engager avec succès dans une carrière qui implique un leadership exige un esprit courageux et déterminé.

Une marque du grand leader est qu’il se sent suffisamment sûr pour consacrer sa pensée et son attention au bien être de ses subordonnés et à la perfection de son travail, plutôt que d’être constamment soucieux de l’approbation ou de la non approbation des autres.

Celui qui serait leader devrait payer le prix de l’autodiscipline et de la contrainte morale. Cela entraîne la correction et le développement de son caractère personnel, la maîtrise de ses passions et ses désirs, et un contrôle exemplaire de ses besoins matériels et de son énergie.
Les leaders doivent se soumettre à une autodiscipline plus stricte et développer un caractère moral plus exemplaire qu’on en attend des autres.
Pour avoir la première place on doit aussi être le premier à la mériter.

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UN VOYAGE AU CONGO
Philippe MELONI

Liège BELGIQUE

Arrivé au Congo par les airs, je fus très surpris par la petite taille de l’aéroport de Njilli et par la vétusté de son équipement pour un endroit qui se veut être l’aéroport international de ce grand Congo.

Kinshasa est une ville énorme, c’est la plus grande d’Afrique. D’aucuns disent que sa population dépasse les dix millions d’habitants. Je n’ai aucun chiffre mais c’est grand, vraiment très grand.

En visitant le quartier de ‘La Gombe’ qui regroupent les ambassades et qui est considéré comme un quartier résidentiel, j’ai pu mesurer l’état de pauvreté et de délabrement de ce pays.

Des enfants, jeunes et moins jeunes, se sont lancés à ma poursuite, me demandant de l’argent. Je leur ai donné ce que j’avais. Ces enfants sont des Shéggés, ils seraient plusieurs milliers à Kinshasa. Ils naissent dans les rues, y vivent de vols et de mendicité ; ce sont des vagabonds qui évoluent en ville. C’est déjà la troisième génération de Shéggés. Dans les rues vivent mélangés pêle-mêle, grands parents, parents et enfants. En continuant ma visite, un restaurant m’interpelle. On y mange toutes sortes de viandes de brousse, brochette de croco, singe, pangolin, agouti, cibissi,…

Dans la rue, la tension est palpable, des élections sont prévues pour très bientôt. Les gens attendent beaucoup des élections, ils espèrent qu’elles vont améliorer leur niveau de vie et apaiser leur souffrance. Mais les bureaux de vote ne sont pas prêts, l’organisation et les fonds manquent encore et les élections risquent d’être reportées à l’année prochaine. Le peuple congolais a juré de tout brûler, piller et détruire si les élections n’ont pas lieu. Il prévient qu’il commencera par manifester. Les politiques ont répondu clairement et avec autorité : interdiction de manifester ! Pour être bien sûr de se faire bien comprendre, la police spéciale anti-émeute patrouille en ville, deux par deux, au volant de jeeps noires chargées de six à huit colosses aux armures noires, lunettes noires, casques et gants noirs, armés de lance-flammes et mitraillettes flambants neufs. Les ordres sont clairs : le jour des élections, interdiction formelle de circuler et de manifester ! Sans compter l’impressionnante armée de la MONUK (Mission des Nations Unies pour le Kongo). Dans les casernes, les soldats congolais, n’ayant pas touché leur solde depuis belle lurette, se rebelleraient en cas de soulèvement populaire.

La peur se diffuse de plusieurs manières, mais celle qui me choque le plus, c’est Katakata, l’égorgeur tronçonneur. Un fantôme hante les nuits kinoises, personne ne sait rien de lui sauf que l’imaginaire collectif lui attribue des meurtres en série, relatés dans la presse le matin. Il s’appelle Katakata. Les photos, en couleur, sont horribles : mains, têtes, pieds découpés, thorax comme dévoré par un fauve. Fausses rumeurs, propagandes et mensonges, photos, terrorisent cette ville à l’approche des élections. Elles célèbrent ainsi, en symphonie macabre et silencieuse, les éternelles noces de la Peur et sa plus fidèle épouse : la Haine.

Le fameux jour des élections arrive alors et elles n’ont pas lieu. Les plus courageux manifestent mais ils n’ont pas d’armes et la police anti-émeute ne badine pas. Certains n’ont pas survécu mais combien, je ne sais pas.

Kinshasa est de plus en plus grande. Chaque jour sera encore un peu plus difficile. Il faudra encore attendre de longs mois pour les prochaines élections. On a déjà commencé à enrôler et répertoriés les futurs votants. On incite ainsi tout le monde à avoir sa carte d’électeur, elle sert aussi de carte d’identité. J’hésite à m’en faire faire une. Je ne suis pas congolais mais, il suffit d’amener quatre témoins qui certifient que vous êtes bien congolais. En tout cas, le peuple veut vraiment les élections, pour lui, ce sont les élections qui vont tout arranger.

Les problèmes africains ont des racines profondes, et certains d’entre eux, -comme les continuelles divisions ethniques et tribalistes-, remontent à bien avant la colonisation. Ces politiques divisionnistes et désunionistes ont été du pain béni pour ceux qui voulaient s’enrichir, piller et conquérir l’Afrique.

Comme nous le rappelle Hannah ARENDT, il est essentiel que les citoyens s’expriment, dialoguent, puissent librement critiquer ce qui ne va pas dans la pratique du ‘discours’. ARENDT dit : « Nous avons coutume aujourd’hui de ne voir dans l’amitié qu’un phénomène de l’intimité, où les amis s’ouvrent leur âme sans tenir compte du monde et de ses exigences. […] Aussi nous est-il difficile de comprendre l’importance politique de l’amitié. Lorsque, par exemple, nous lisons chez Aristote que la philia, l’amitié entre citoyens, est l’une des conditions fondamentales du bien-être commun, nous avons tendance à croire qu’il parle seulement de l’absence de factions et de guerre civile au sein de la cité. Mais pour les Grecs, l’essence de l’amitié consistait dans le discours. Ils soutenaient que seul un « parler – ensemble » constant unissait les citoyens dans une polis. Avec le dialogue se manifeste l’importance politique de l’amitié, et de son humanité propre. Le dialogue (à la différence des conversations intimes où les âmes individuelles parlent d’elles-mêmes), si imprégné qu’il puisse être du plaisir pris à la présence de l’ami, se soucie du monde commun, qui reste « inhumain » en un sens très littéral, tant que des hommes n’en débattent pas constamment. Car le monde n’est pas humain pour avoir été fait par des hommes, il ne devient pas humain parce que la voix humaine y résonne, mais seulement lorsqu’il est devenu objet de dialogue. Quelque intensément que les choses du monde nous affectent, quelque profondément qu’elles puissent nous émouvoir et nous stimuler, elles ne deviennent humaines pour nous qu’au moment où nous pouvons en débattre avec nos semblables. Tout ce qui ne peut devenir objet de dialogue peut bien être sublime, horrible ou mystérieux, voire trouver voix humaine à travers laquelle résonner dans le monde, mais ce n’est pas vraiment humain. Nous humanisons ce qui se passe dans le monde en nous parlant, et, dans ce parler, nous apprenons à être humains»

Au Congo, le pays se nomme officiellement ‘République Démocratique du Congo’, tout comme on parlait, déjà du temps de Léopold II, d’ « Etat Indépendant du Congo ». Le langage est ici loin, très loin de la réalité. Qu’est-ce qu’une république, une démocratie, un Etat… indépendant par rapport à quoi ? En tous cas rien ne fonctionne ici ou peu de choses, tout est faux ou presque : les frontières, l’hymne nationale, le nom, le président…

Après une discussion avec un congolais sur le fait que l’hymne national congolais soit en français, le congolais n’a cessé de ma répéter qu’il faut d’abord nourrir les gens avant de penser à l’hymne.

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CONGO, MON PAYS
Aimé LUVAGHO

Bruxelles BELGIQUE

Je suis Congolais d’origine et de nationalité mais actuellement, je suis assimilé aux belges car mes parents sont d’origines congolaises, mais ont la nationalité belge. Quand je suis arrivé ici en Belgique j’allais avoir 9 ans. Je garde des flashs du Congo, et plus particulièrement de Lubumbashi où je suis né et j’ai grandi jusqu’à mon arrivé en Belgique. Depuis je n’y suis plus retourné, même pas une seule fois. Pas par manque d’intérêt ou de priorité mais surtout parce que je n’ai pas beaucoup de temps ni beaucoup d’argent. Le Congo reste pourtant dans mes priorités pour le futur.

A propos du Congo, je sais d’où je viens et je pense que c’est très important. J’ai des connaissances de base en histoire, en géographie et sur l’histoire politique du Congo et de l’Afrique en générale. Mais, j’ai quitté ce pays il y a très longtemps et c’est vrai qu’à 8 ans ce n’était pas les questions les plus passionnantes. Par la suite j’ai toujours fait attention à m’informer de l’évolution de mon pays sachant que quand je suis parti les choses allaient bien. Quand j’ai quitté le Congo en 1989, pour moi tout tournait, je n’ai pas vu de différence entre là-bas et ici. A l’époque c’était Mobutu, le Zaïre, je suis né Zaïrois. Il n’y avait vraiment pas de problèmes, il me semble que tout tournait. D’où, je n’ai rien vu de spécial en Europe.

Aujourd’hui le Congo est par terre et les gens souffrent énormément. Cette souffrance résulte pour moi d’un système qui a été mis en place par la colonisation, d’abord Léopold II et ensuite Mobutu et les autres. Le système est bien ancré dans l’appareil de l’Etat, dans les mentalités des gens … Ce système c’est vraiment dire : le Congo c’est un grenier et chacun prend, prend et prend … C’est vraiment la cleptocratie ou la mangercratie ! On prend sans penser aux générations futures ou plus fort encore, sans se préparer pour les moments durs. Je pense que certains ont cru que le grenier était inépuisable. Ce système a commencé par le chef de l’Etat, s’il se sert de cette façon, je ne vois pas comment il pourrait condamner les gens en dessous de lui qui font la même chose, qui suivent le modèle. Ce système a perduré et s’est bien ancré au Congo; aujourd’hui encore. Mobutu était un bon exécutant des occidentaux qui perpétuaient ce système mis en place par Léopold II.

La cassure s’est produite quand les gens ont compris que ce qu’ils vivaient n’était pas normal. Elle a été réalisée par des pionniers comme Patrice Lumumba. Eux, ils ont montrés l’exemple, et il y en a eu d’autres en Afrique et ailleurs. Il n’y a pas que le Congo qui a dû batailler pour son indépendance, il n’y a pas que les congolais qui ont dû se construire leur identité et revendiquer le fait d’être des personnes identiques en qualités et honneurs à tous les autres habitants de cette planète. On aurait dû profiter de cette occasion pour opérer la cassure avec un système corrompu mais on n’a pas pu saisir la balle au bond. A ce moment peut être il y avait peut être moyen d’agir autrement et peut être qu’on ne serait pas dans cette situation si…mais avec des si on peut refaire le monde.

Le règne de Mobutu, c’est revenir à une situation où on est indépendant sans vraiment l’être. On l’a instrumentalisé et lui, il vendu son âme. Le comble c’est qu’il avait l’apparence de prôner un retour à l’authenticité africaine mais par rapport à ces actes et aux choses qu’il montrait, c’était vraiment le nouveau colonisateur.

Donc oui, il y a eu l’indépendance. Indépendance qui n’était pas préparée, ce qui est logique puisque le colonisateur ne voulait pas de cette indépendance à la base ou du moins pas à ce moment là. D’où les gens qui ont préparé cette cassure n’étaient pas aussi bien préparés qu’il aurait fallu qu’il le soit. Donc, il y a peut être aussi eu des dérapages de leur part. Mais dans le fond, ce qu’ils recherchaient aussi c’était la dignité des colonisés.

Aujourd’hui à cette heure-ci, c’est toujours pareil. Chacun veut sa part du gâteau. A l’époque le gâteau, c’était seulement pour Léopold II et la Belgique, puis à Mobutu mais il était toujours l’instrument des blancs et actuellement c’est toujours la même chose. C’est-à-dire que l’on instrumentalise quelqu’un que l’on met au pouvoir, au niveau de l’Etat.
Il y a eu des élections, je ne sais pas quels sont les résultats qui vont sortir mais je sens qu’il faudra attendre une conscientisation des gens pour se dire : on est d’accord, on sait qu’il y a un gâteau mais on n’est pas prêt a le partager comme vous voulez qu’on le partage.
En tous cas il faut qu’on puisse l’utiliser comme moyen ou monnaie d’échange et que ce soit un échange équitable.

Avec Mobutu, il fallait être avec lui ou alors ne plus être du tout, il y a beaucoup de gens qui ont fui ou disparu. Il savait bien joué sur ces deux tableaux. Soit tu étais avec, soit tu n’étais pas avec et à ce moment là tu étais un danger pour lui et donc pour les occidentaux. D’où tu avais peu de chance de t’en sortir.

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Madeleine KOUADIO

Bonjour. Je suis Madeleine Kouadio, née le 18 janvier 1975 à Zaguié, une ville de Côte d’Ivoire à quelque 40 km d’Abidjan. Je suis donc une fille du sud, je suis Accran du sud, j’ai fait toutes mes études à Abidjan. J’ai eu mon bac à Govy qui est ma ville familiale. Mes parents sont de Govy.
A l’époque c’était bien, mes parents vivaient dans la région d’Abidjan, je restais avec un tuteur et puis j’ai fait ma première et ma terminale auprès de mes parents.
Au pouvoir, c’était alors le vieux Houphouët. Il y avait des petites difficultés mais tout ce qu’il y a comme guerre tout ça, ça n’existait pas à l’époque. On a connu le premier coup d’état à partir de 2004. Avant c’est vrai qu’il y avait des problèmes qui existaient mais comme dans tous les pays, c’est vrai qu’il y avait des problèmes sociaux.
Quand j’ai fini l’université, j’ai fait des petits boulots dans des sociétés sans vraiment être engagée et là ça commençait à me taper sur le système et je me suis dit que les études que j’ai suivi ne me servaient à rien du tout, c’était trop trop littéraire. J’ai fait une maîtrise en lettre, l’évolution de la langue française.
Je pouvais faire l’enseignement, le journalisme mais ça ne m’intéressait pas du tout et compte tenu de mon niveau, j’avais quand même un bac + 4, allez encore à l’école. Et en plus ça coûte extrêmement cher.
Dans mon cas, j’ai étudié et je me suis rendu compte que ce que j’ai étudié ne sert à rien donc je me suis dit soit je pars, soit je recommence tout. J’avais des amis qui ont fait l’école avec moi, ils n’ont pas voulu aller à l’unif et ils ont fait un graduat. Ils avaient leur voiture, moi je n’avais rien même pas un sac.
Après 6 mois, j’ai voulu venir ici en Europe parce que je n’avais pas d’ouverture labas. Je voulais quitter le pays pas parce que je voulais venir en Europe mais je n’avais pas d’ouverture, je n’avais pas de boulot.
Alors j’ai commencé à rêver qu’ici en Europe, je pouvais m’en sortir.
En arrivant, je me suis rendu compte qu’ici, je vis plus mal qu’en Afrique. Ca franchement !!
Je suis arrivée ici par le biais d’un homme, mon fiancée avec qui on dialoguait par internet.
Il croyait alors que j’étais sa petite chose qui venait d’Afrique, qui devait lui obéir et tout ça…Mais c’est pas comme ça !!! Même chez nous en Afrique on ne traite pas les femmes comme ça. En Afrique, c’est pas comme ça mais c’est difficile aussi. Le social n’est pas développé.
En Afrique, les femmes n’ont pas beaucoup de choix avec les hommes comme il n’y a pas d’aide social. Souvent la famille te dit « tu étais avec homme, tu es revenue…maintenant tu vas manger la poussière !! »
Le mode de vie est différent, la culture aussi, il ne faut pas comparer.
Içi l’homme n’a plus son autorité d’homme. Nous, les filles, on a été éduqué de façon que ton mari, c’est lui le maître de la maison.
En Afrique, le problème en général, c’est que c’est une richesse. Et aujourd’hui, tout ce que l’Afrique vit, les africains ont leur part de responsabilité et les colonisateurs ont leur part de responsabilité, parce que je me dis que les africains sont trop manipulables. On n’a pas d’entente au niveau de l’Afrique, chacun pense qu’à lui donc du coup, quand les occidentaux arrivent et qu’ils veulent faire une sédition ou une division, c’est très facile.
Moi ce que j’ai constaté, c’est que la France a tellement investie dans ce pays qu’à un certain moment ils puent !
La France s’est toujours impliquée dans la politique ivoirienne. La côte d’Ivoire est une vache à lait pour la France et en même temps, ils ont beaucoup investi.
Dès que quelqu’un arrive au pouvoir il doit collaborer avec eux et malheureusement c’est toujours la même histoire, dès que la personne ne fait pas l’affaire de l’occident, ça devient un réel problème pour eux.
Comme on le vit aujourd’hui au Congo, les africains ne sont pas en mesure de mettre au pouvoir les gens qu’ils ont envie.
On se sent un peu vexé et frustré en tant qu’africain pour ça.
En côte d’Ivoire, c’est pareil. Maintenant, il y a le problème de l’Ivoirité.
Quand ils ont divisé l’Afrique, ils l’ont fait n’importe comment. Pourtant on voit que différents peuples peuvent habiter ensemble comme ici en Belgique. A un moment on fait une constitution, on répartit les compétences et il faut les respecter. Mais comment voulez vous qu’on respecte des constitutions qu’on n’a pas écrit nous-mêmes. C’est carrément un réel problème !!
Nous en côte d’Ivoire on a dit non parce que la France veut nous imposer quelqu’un qui n’est pas d’origine de notre pays.
Moi mes enfants auront une racine même si ils ne vont pas en Côte d’Ivoire, les gens d’ici diront voilà les enfants de Madeleine, elle est ivoirienne.

La France a tué nos frères, ils ont voulu faire un coup d’état et la population est descendue dans les rues.
Aujourd’hui, c’est la France qui manipule tout ça sans se salir les mains.
On a beaucoup à faire, beaucoup de travail. Quand j’ai vu que ce sont des noirs qui ont tué Lumumba dans la forêt noire, j’ai eu honte de moi.
En côte d’Ivoire, ça fait 4 ans que la guerre dure, les gens sont fatigués, ils ont compris que ça ne sert plus à rien.

Tant que les africains n’auront pas compris qu’il faut qu’on s’unisse pour faire un, pour pouvoir enlever la main du colonisateur, on ne pourra pas s’en sortir.
On dit qu’on a une indépendance mais elle est vraiment superficielle, on n’a pas d’indépendance !!!

Aujourd’hui quand tu arrives à Abidjan, c’est grave il n’y a plus de blancs chez nous, il n’y a plus de blancs. Tous les blancs sont partis.
C’est vrai qu’il y a des gens au chômage qui n’arrive pas à s’en sortir… Le niveau a vraiment baissé.
Le pays n’a pas changé.
D’ici 5 ans, je vais voir si je peux rentrer mais pas maintenant, je ne suis pas assez armée.

Il faut que l’Occident nous lâche, l’Afrique est toujours prise mais ils ne veulent pas que les africains aient leur indépendance.
En côte d’Ivoire, on a vomi les français.
Ici il y a des ivoiriens qui débarquent, on les rapatrie comme des moutons, on les ligote comme des animaux.
Quand il y a une guerre, rien n’est contrôlé. Tant que l’Occident ne comprendra pas que l’Afrique a besoin d’être tranquille pour voler de ses propres ailes, ça n’ira pas.
Aujourd’hui il y a une nouvelle génération qui ne se laissera pas faire. Les gens doivent réfléchir autrement.
Les présidents qui sont là depuis 40 ans, quand ils vont partir, les occidentaux voudront mettre quelqu’un de leur clan à leur place pour continuer ce système et ça c’est terrible. Ils ont des pions, ils créent des pions et on a beau parler, ils nous braquent des chars dessus, qu’est ce que tu veux faire, tu es traumatisé. Et après ils envoient des missions de paix pour protéger qui ? Toujours la même clique !!
Aujourd’hui quand un africain rentre en Afrique, c’est pour se remplir les poches, c’est pas pour travailler. Et ça aussi cette mentalité si on la change pas, ça n’ira pas ! C’est nous-même qui devons construire notre continent, pas eux !!

Mais ce qui m’a vraiment le plus choquée, c’est l’année dernière quand j’ai vu l’armée française qui a tiré sur les jeunes africains qui étaient à mains nues…J’ai vu les reportages et ça m’a vraiment scandalisé. Que des ivoiriens se fassent la guerre, ça arrive dans une famille qu’il y ait des disputes mais voir l’armée française tirer sur cette population qu’elle dit protéger, c’est scandaleux !!
On s’est vraiment senti lâché, on s’est rendu compte qu’ils étaient là pour nous diviser et pas nous protéger.
Voir une armée européenne tirer sur une population étrangère, vraiment ça m’a fait très mal !!En plus venant d’un pays civilisé !

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Don DONGO YEMO

Ils ont eu un vent de panique au moment de l’indépendance du Congo. Ils ont préféré lâcher prise mais ils ont seulement changé les formes, les noms. Ok on vous donne l’indépendance mais on joue sur un autre tableau, derrière on mettra maintenant un noir en tête et puis le bizness continue. Et c’est là où Lumumba les a surpris parce qu’il ne composait pas. Il n’y avait pas de compromis avec lui. Il voulait la dignité des congolais. Alors ils ont crée une sécession pour avoir la région la plus riche et quand on arrive à liquider Lumumba pour mettre Mobutu à sa place, donc plus besoin de sécession, eux-mêmes envoient les casques bleues pour reprendre cette région et la donner à Mobutu, leur homme. Et quand tu réfléchis, tu te dis, en fait l’indépendance on l’a jamais eu. Y’a jamais rien eu en fait en 41 ans. Il y a toujours eu un contrôle. Sauf Lumumba qui a porté seul l’indépendance quelques temps.

J’étais à Kin l’année passée, je vous assure il y a un sentiment d’insécurité terrible. On le sent. Il y a des gens dangereux là bas. Tout le monde a peur et quand tout le monde a peur, c’est incontrôlable. Ca me ferait peur de rentrer à Kin, voila je m’installe en tant qu’entrepreneur, ça tourne, tu te crée des jaloux, tu sais pas ce qui va t‘arriver la nuit. Ca fait peur et quand le soir tu veux dormir, tu sors dans la rue, tu sens qu’il n’y a pas d’autorité. Tu peux te faire fouetter grave.
On fait des choses pour faire peur à la population, à l’époque de Mobutu, je me souviens, gamin, d’un bandit qui soi-disant arrachait la pomme d’Adam pour la revendre. Il y a eu plein de morts à cette époque à Kinshasa. Je pense que c’est le pouvoir dictatorial qui fait ça pour faire peur à la population, juste pour créer un état de peur. Plus les tentatives de coup d’état, on vous réveille la nuit, quelqu’un a pris la radio et s’autoproclame président. Ca permet de liquider tous les opposants. Vous êtes condamnés !
Dans le subconscient même des congolais il y a une peur d’être découpé qui s’est installée, et ils la transmettent dans les gènes et quand tu leur parles encore de tueur qui arrache la pomme d’Adam pour la revendre…
Je pense que ce genre de choses est organisé par le pouvoir parce qu’il y a toujours des coïncidences de période, élections…, ça a toujours été comme ça. Le gars arrachait la pomme d’Adam pour l’Europe pour faire des recherches.
C’est un couvre feu sans le dire, comment ne pas avoir peur ? Parce que si le type n’est pas un débile mental ou un détraqué ou un tueur en série je ne vois pas dans quel intérêt commencer à découper. Dingue ! Est-ce qu’on l’a attrapé ? Le phénomène s’est arrêté, si c’était un malade il aurait continué. C’est le pouvoir, prêt à tout pour être là. Pourquoi le gars tue comme ça ? Pour de l’argent ! Dans ce genre de régimes il y a quand même des bourreaux, des vrais bourreaux des gens qui sont payés et qui en sont arrivé à ce stade là. Des bourreaux sanguinaires. Même du temps de la colonisation, ces bourreaux étaient déjà là. C’étaient des Congolais.

Je suis né sous Mobutu, j’ai fait jusque ma troisième là bas puis je suis arrivé ici en Belgique, j’ai fais 4 ou 5 de primaire, puis je suis rentré au Congo et je suis de retour ici depuis 12 ans maintenant.
J’ai fait mes primaires à Flagey et quand je suis rentré j’ai bien vu le système, j’ai compris les choses, j’ai vécu les deux pillages, le pouvoir dans la rue.
J’ai vécu une enfance magnifique. Ca a commencé à déraper quand on a eu le multipartisme. Avant ça, il y a avait de l’organisation, on venait en vacances ici en Belgique, tu allais à la banque, ma mère travaillait chez air Zaïre, elle avait 20 000 francs belges par enfants pour les vacances. C’était des francs belges, il y avait une organisation. J’étudiais dans une école privée, c’était des livres du Congo, édités là-bas, tout était zaïrois et ça marchait, les livres étaient parfaits. L’école, l’enseignement, tout était organisé. Après on a senti que ça fonctionnait plus, les banques ne fonctionnaient plus, l’argent commençait à se changer dans la rue. Ca c’est quand Mobutu a lâché un peu pour aller un peu se réfugié à Gwadolité, son palais dans la jungle, où soit disant il laissait faire le gouvernement après la conférence nationale. Il y avait plus rien qui tournait.
Avant il y avait des fins d’année franchement on mangeait. J’étais dans un milieu privilégié mais on ne sentait pas que le petit peuple souffrait autant. Après 91, l’inflation galopait à un niveau pas possible. On ne savait pas pourquoi Mobutu était parti. Il a dit qu’il devenait arbitre et laissait faire le gouvernement. L’inflation galopait à un niveau pas possible. Mobutu disait qu’il n’intervenait plus dans la gestion publique tout simplement. C’était au gouvernement de faire les choses. Avant ça, il y avait deux fois par an des consultations populaires où Mobutu recevait le peuple. On mettait une tribune où les gens venaient apporter leur problème et il essayait de les résoudre. C’était un peu à la manière d’un village, pas comme dans les sociétés modernes, avec la chanson « papa est là, on n’a plus faim ». Mobutu essayait de répondre à des souffrances comme un chef de famille tout simplement.

 

 

 

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Connais-tu ton Histoire?

 

CHEIKH ANTA DIOP
‘Wiloman’ Willy TSHIBANDA

Quel est l’intérêt historique de l’œuvre du patron des historiens contemporains d’Afrique noire ? Comment les jeunes Africains peuvent détourner leur destin en lisant l’œuvre du savant ? Sans doute l’avenir du continent noir n’est pas tracé dans le marbre, mais comment avoir de l’espoir, comment combattre ce monde hostile et inégalitaire ?

Toute l’œuvre de Cheikh Anta Diop milite en faveur de l’unité de l’Afrique noire, gage d’indépendance vraie. Hier indépendance politique aujourd’hui il est question d’indépendance économique. Mais les jeunes Africains ne peuvent concevoir le monde, sans réelles références historiques. Ils doivent façonner l’avenir. Mais que devient l’avenir sans passé historique ?

Ce but majeur est poursuivit dans ‘Nations Nègres et Culture’. L’origine des peuples Africains y est abordée, le décodage de l’unité linguistique qui unit tout les peuples d’Afrique. Dans cet ouvrage mémorable, l’historien effectue une étude comparative de l’Egyptien ancien et toutes les langues Africaines. Il est le premier à le faire. Tout les savants occidentaux modernes, j’entends les Egyptologues surtout. Catégorie de savant sur laquelle il faut mettre de grands guillemets, ne douteront pas une seconde de la véracité de ces études. Combien ont-ils été prêts à l’évoquer depuis près de 60 ans? Car l’idée d’une Egypte noire et Africaine, idée pourtant bien connue d’Hérodote, de Strabon, Lepsius etc. a depuis longtemps été enterrée, depuis l’époque des impérialismes. Epoque où le peuple Africain était l’objet de tout les mépris, et sous le joug de l’esclavage.

Mais l’œuvre de Cheikh Anta Diop ne se résume pas à cette redécouverte du passé Africain. Dans ‘L’Afrique noire précoloniale’. L’historien nous fait part du niveau de vie réel des Africains, avant de rentrer en contact avec l’occident et le monde musulman. Et c’est dans cet œuvre que l’édification de l’individu Africain moderne prend sens. Au niveau politique, au niveau social, et enfin en terme de connaissances de soi.

L’individu Africain, en effet, devra remettre en question certaines tentatives acculturatrices et occidentalisantes. Réelles danger pour l’Afrique. Depuis l’esclavage à nos jours. Echanges toujours désastreux pour les Africains. Pour qui sait qu’avant en Afrique les gens ne mourraient pas de faim, pas comme aujourd’hui. L’Essor de ce continent, verra certainement le jour.

Mais n’en voit-on pas tous les jours ? Les sceptiques ! Ainsi les Africains de très peu de foi diront Mais à quand donc cet état fédéral !!! Il existe au total près de 44 pays en Afrique noire et près d’une dizaine seulement de ces pays traversent des situations de crise majeure. Cela laisse donc 34 pays dans lesquels on trouve des démocraties précaires, stables en embryon et politiquement modélisables pour le reste de l’Afrique. Et dans moins d’un quart seulement de ces 44 pays on retrouve ; républiques bananières, despotisme, famines etc.

L’ensemble de tout ces pays Africains vivent dans une soumission relative à l’occident. Gageons qu’avec la chute programmée des Etats Unis, le douteux positionnement de l’Europe. L’avenir nous réserve beaucoup plus de surprises que l’on serait prêt à y croire, sur la marche en avant des économies émergentes à l’extérieur comme à l’intérieur de l’Afrique.

Pour être sur de cet avis, il faut lire ‘Les fondement économiques et culturels d’un état fédéral d’Afrique noire’ pour se rendre comte que la révolution en Afrique est à venir. La situation géopolitique actuelle de ce continent dépasse pour beaucoup notre entendement. C’est aussi que nous sommes ça et là dans une tendance comparatiste avec l’occident. D’où notre désarroi !
La solution viendra de ceux qui comprendront que l’occident est un leurre, un mirage pour l’Afrique. Ceux qui n’auront aucune crainte à défier son impérialisme. Pas seulement dans le domaine historique, il en est de même pour tous les domaines.

Je terminerai sur une exhortation du professeur à une assemblé à Niamey au Niger: « Formez vous, armez vous de sciences jusqu’aux dents, et allez arracher votre patrimoine culturel » et aussi « l’Afrique devra dans certains domaines, accéder à une vérité, par ses propres moyens d’investigations. Savoir qu’elle est en possession d’une vérité et, adopter des mesures conservatoires. Jusqu’à ce que tout le monde joue le même jeu. Jusqu’à ce que les idéologues perdent ! »

Lire Cheikh Anta Diop c’est une façon d’aimer l’Afrique, de l’ultime façon sans doute.

Œuvres de Cheikh Anta Diop aux Editions Présence Africaine

Nations nègres et culture, 1955

L’unité culturelle de l’Afrique noire, 1960

Les fondements économiques et culturels d’un état fédéral d’Afrique noire, 1960

L’Afrique noire précoloniale, 1960

Antériorité des civilisations nègres, 1967

Civilisation ou Barbarie, 1981

Nouvelles recherches sur l’égyptien ancien et les langues négro-africaines modernes, 1988

 

 

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13 responses

21 09 2007
isaban

merci pour tous mes freres,on reste en contact

21 09 2007
ant

Bonsoir,
C’est pour nous un plaisir de te compter pami les fidèles des rencontres littéraires .
Ant
Vivement les métissages!

21 09 2007
ant

Fraternelles salutations Frères Shashamane

Comment allez-vous ? Nous souhaiterions avoir de vos
nouvelles. Comment progresse la mission ?
L’année scolaire 2006-2007 se termine ce vendredi 15
juin et nous rendons grace à JAH RASTAFARI d’avoir,
avec sa grace, réussi à accomplir ce marathon.
A l’occasion de la journée de l’Enfant Africain le 16
juin, Nous rendrons hommage aux enfants de Soweto et à
tous les combattants de la Liberté et de la Lumière.
Certains que vous serez en pensée avec nous, recevez
l’expression de notre JAH LOVE !
Pour le Père JAH et toute la Famille JAH
Mère JAH

21 09 2007
edenina

Chers freres, Greetings !
Comment vous portez tu depuis le temps! j’ai parfois l’occasion de lire le journal que vous m’envoiyez mais desole je n’ai toujours pas contribue par contre promis je ferais un effort et surtout profiter du fait que je suis encore en Ethiopie pour envoyer quelques articles…
Guidance and protection
Keep in touch
edenina

21 09 2007
Homme du Burundi

ça va mans. J’ai un questionnaire sur le thème d’immigration
présentation

1) nationalité/année d’immigration/travail/niveau intellectuel(si nécessaire)/pays où il vit

2) qu’est-ce qui t’a possé à partir de ton pays? (dégager situation écque, pô,social)

3) est-ce que tu es convaincu qu’on ne peut rien faire sans voyager?

4) quel a été la 1ère impression en attérissant en occident?

5) peux-tu expliquer à un jeune africain qui se trouve dans un pays comme le Burundi les causes de ces frustrations de la jeunesse en occident quand il voit brûler des voitures,…)

6) que fait un jeune africain pour préserver son identité en vue de n’est pas se noyer dans la masse de l’ anonymat et de l’individualisme occidentale.

7) comment perçois-tu les esperances ou les illusions qu’un jeune africain porte sur l’occident?

8) par rapport au terrorrisme, l’immigration, la hausse du chômage,… est-ce que vous ne craignez pas d’être des boucs émissaires dans le future?

9) que penses-tu en voyant les images des nofragés qui essayent de rejoindre l’Europe?

10) est-ce que tu te sens vraiment integré dans la société occidentale?

11) à quelles formes de racisme tu fais face dans la vie quotidien?

12) qu’est-ce que vous aimez en occident
qu’est-ce que vous détestez
qu’est-ce que vous craignez, ce que vous esper
un message pour un jeune africain qui a le rêve de venir?

Vous pouvez improviser. Essayez de trouver un enregistreur de bonne qualité même si c’est une K7 c’est traitable. Interrogez le plus de racines possibles et de nationalités possibles.
Homme du Burundi

24 09 2007
Connais tu ton histoire?

1. Sais-tu que le Sahara n’est devenu aride que relativement récemment ? Il fût tout d’abord une mer intérieure. Puis, il s’assécha peu à peu pour devenir un lac marécageux qui coupait le continent en deux. Avant d’être le désert que nous connaissons actuellement, il est resté, pendant très longtemps, un immense pâturage.

2. « Bien qu’ayant vécu dans plusieurs pays, mon plus grand dépaysement aura été de voyager dans mon propre pays, en allant dans le nord où les gens sont différents, l’habillement est différent, le climat est différent, la nature est différente …. ». Véronique TADJO est née en 1955 à Paris, mais elle a été élevée à Abidjan. Son enfance a été marquée par de nombreux voyages entrepris en compagnie de ses parents et de son frère. Elle a beaucoup voyagé dans toute l’Afrique de l’Ouest, en Europe, aux Etats-Unis et également en Amérique latine. Elle a enseigné à l’Université Nationale de Côte d’Ivoire pendant plusieurs années. Actuellement, elle est écrivain et anime des ateliers d’écriture et d’illustration de livres pour les enfants dans plusieurs pays. Elle a reçu le Grand Prix Littéraire d’Afrique Noire 2005. Après quelques années passées au Kenya, puis en en Angleterre, Véronique TADJO vit actuellement (2006) en Afrique du Sud. Dans cette interview qu’elle donna à un journaliste français, elle évoque la beauté surprenante de la Côte d’Ivoire. Pour Véronique TADJO, il n’y a pas plus déroutant que le retour sur la terre et dans la culture de ses ancêtres. Mais, comme elle le dit,
« Partir / revenir
Ces allées et venues de la vie
Nous laissent fatigués lassés
Que rien ne brise l’exigence du temps
Tu es ici
Tu es là-bas
Le monde est divisé
Mais quand tu rassembles
Tes amours
Il n’y a pas de différence »

3. Savez-vous quelle est la provenance de cette sagesse : « En Afrique, lorsqu’un vieillard meurt c’est toute une bibliothèque qui brule » ? Ce proverbe n’est pas aussi ancien qu’on pourrait le croire. En effet, il s’agit d’une citation d’AMADOU HAMPATE BA, savant écrivain malien né en 1900, prononcée à une conférence de l’UNESCO. Il entendait par là que l’Afrique est une terre de tradition orale dont la sagesse et l’Histoire se transmettent par la voix de ses vieux sages. Lorsque l’un d’eux meurt, c’est donc toute une bibliothèque qui s’en va en flamme. Or, ce sont eux qui sont détenteurs de notre histoire. Approchons-les, écoutons-les car, comme le dit un proverbe africain : « Même si tu ne sais pas où tu vas, sache au moins d’où tu viens. ». Et cela est une obligation universelle partagée par tous les peuples. Pour preuve, voyez cette pensée juive : « La seule chose que l’on peut donner à ses enfants : ce sont des racines et des ailes. »

AMADOU HAMPATE BA a également dit : « Les hommes sont comme les herbes et les plantes des champs : les espèces vénéneuses poussent à côté des espèces guérisseuses, et les plantes comestibles à côté de celles qui ne le sont pas. Chez tous les hommes à part les sages et les saints, on trouve un trait commun : chacun est porté à dénigrer son ennemi ou son adversaire et à le présenter comme un vaurien. Pourtant, bien peu se rendent compte qu’en diminuant la valeur de leur rival, ils ne font que minimiser leur propre valeur. »

4. L’Afrique est riche par l’arc-en-ciel des religions qui y coexistent. Nous ne prenons ici que deux exemples :
– on estime que la religion musulmane est pratiquée par un africain sur trois rien qu’au sud du Sahara. Cette proportion représente environ 1/8 de l’Umma (communauté musulmane) mondiale.
– La religion chrétienne, quant à elle, représente plus du tiers des africains.

Que l’on soit croyant ou non, il faut reconnaître la sagesse des paroles suivantes :

– La Bible, Evangile selon Saint Mathieu : « Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne et, après qu’il fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna et dit :
‘Ne jugez point, afin que vous ne soyez pas jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on mesurera avec la mesure dont vous mesurez.
Pourquoi vois-tu la paille dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui a une poutre dans le tien ? Hypocrites, ôte premièrement la poutre de ton œil, alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère.’ »

– Le Saint Coran, sourate 103 : « Cherchons protection auprès du Sage, contre le mal des êtres, contre le mal de l’obscurité quand elle s’approfondit et contre le mal de l’envieux quand il a envie. Par le temps, l’homme est certes en perdition sauf ceux qui croient et accomplissent de bonnes œuvres, s’enjoignent mutuellement la vérité et l’endurance. »

– L’évangile selon Saint Mathieu, chapitre 8 : « Un disciple s’approcha de Jésus et lui dit ceci : Seigneur, permets-moi d’abord d’aller ensevelir mon père. Mais Jésus lui répondit : suis-moi, et laisse les morts ensevelir leur morts. Il monta dans la barque et ses disciples le suivirent. »

24 09 2007
Haptwold geogis

Les hommes, seuls objets de l’Histoire

6 01 2008
Mint rabia

La diaspora africaine?????????
Que fait la diaspora africaine?
A t-elle quitté son continent pour venir dormir sur les autres continents du monde??
Ou alors aura-t-elle oublié d’ou elle venait???
Ou encore, elle ne veut peut etre pas voir la triste réalité de l’etat de son continent et prefere l’oublier ou pire le renier????
Ou alors le defi est telement immense qu’elle ne sait par ou commencer, et donc elle a sombré dans le découragement??????

La critique est facile!
A l’ulb, j’entend de temps à autre des etudiants africains tenir des conversations aux mille critiques quant à la politique de l’un ou l’autre chef d’etat africain. Quant à la situation désastreuse de l’afrique en générale.
Ce qui est triste c’est que la plupart de ces étudiants pour pas dire quasi tous, ont trés facile à tenir de grands discours, mais quand il s’agit de reflechir à comment mettre ces grands discours « liberateurs » en action, là se pose un gros problème: Seul 1% parmi ceux-ci répond présent.
A la manière d’Emile Zola avec « J’accuse », j’ai moi aussi des accusations a formulés.
J’en citerai quelques uns seulement car la liste est longue.
J’accuse les « ex » politiciens africains qui ont vendu l’un ou l’autre pays d’afrique.
J’accuse les politiciens africains « actuels » qui continuent dans la meme voie.
Par dessus ceux-là,
J’accuse les politiciens occidentaux qui mirent par le passé l’afrique « en vente aux encherès » (conférence de Berlin).
Par dessus ceux-là encore,
J’accuse tout homme ou femme de la diaspora africaine ayant eu recourt au minimum d’istruction et qui ne serait pas engagé dans l’une ou l’autre association, dans l’une ou l’autre organisation ayant pour objectif le « redressement » de l’afrique.
Toute personne ( diaspora d’afrique) sachant lire et ecrire est concernée par la situation insoutenable de l’afrique.
Mais ma plus grande accusation va aux étudiants et ex-étudiants africains (diaspora) diplomés qui observeraient sans réaction. INADMISSIBLE!!!
Ils ont la plus grande des responsabiltés face à la situation déplorable de l’Afrique, et devraient mener des grandes reflexions quants au « redressement » de l’Afrique.
Ou sont-ils???
Avec tous les injustices que le continent Africain subit,on devrait entendre parler d’une association à caractere internationale, comme par exemple: ASSOCIATION ESTUDIANTINE DE LA DIASPORA AFRICAINE POUR LE REDRESSEMENT DE L’AFRIQUE.

Le mal-etre de l’afrique vient des actions des uns ( l’occident, hommes politiques africains…) et de « l’inaction » des autres ( les africains qui aiment leur continent mais qui ne font rien tout en le pouvant, pour sortir leur continent de l’obscurité…).
Comme on dit « la roue tourne ».
L’Afrique aura son tour ou plutot aura son tour à nouveau.
Mais pour faire tourner la roue, il faut une grande union.
La diaspora africaine s’unira pour faire tourner la roue.
Soyons optimiste!!!
Mais pas optimiste pour etre optimiste.
Il est plus que tant que nous nous asseyions tous ensemble pour mener la reflexion du comment parvenir à ramener la lumiere à notre Afrique immergé dans le noir.
Le defi est certes immense, mais pas impossible à relever…

6 01 2008
Mint rabia

Super l’analyse du prof canadien ds l’article de O. S. .(Plus haut)
Ce prof est super pessimiste quant à l’avenir de notre continent. Il n’est pas le seul et les africains sans generaliser sont les plus grand pessimistes pour l’avenir de l’Afrique. Mais moi je suis super optimiste pour l’avenir de mon Continent. Car il y’a une solution!
Il s’uffit juste d’une union pour soutenir l’education en afrique.
Une fois le peuple éduqué, il poura enfin mettre un terme au vol auquel l’Afrique est sujette depuis ouf et prendre son destin en main ainsi il aura la pleine propriété sur ses richesses. Et là qui sera pesimiste au sujet de qui???
Alors toi, africain arrete d’etre aussi fénéant, aussi pesimiste face à ton continent. Vient donner ta part de progrés pour la reconstruction de ton continent. Il y’a une solution!!!

11 05 2008
Mint rabia

‘‘Notre union ne doit connaître aucun climat, aucune frontière ou nationalité. (…), il faut que les noirs du monde entier pratiquent une foi, celle de la confiance en eux-mêmes, avec un dieu, un but, un destin.’’

Marcus Garvey

22 05 2008
Mint rabia

« Divisés nous sommes faibles. Unie, l’Afrique pourrait devenir, et pour de bon, une des plus grandes forces de ce monde. Je suis profondément et sincèrement persuadé qu’avec notre sagesse ancestrale et notre dignité, notre respect inné pour la vie humaine, l’intense humanité qui est notre héritage, la race Africaine, unie sous un gouvernement fédéral, émergera non pas comme un énième bloc prompt à étaler sa richesse et sa force, mais comme une Grande Force dont la Grandeur est indestructible parce qu’elle est bâtie non pas sur la terreur, l’envie et la suspicion, ni gagnée aux dépends des autres, mais basée sur l’espoir, la confiance, l’amitié, et dirigée pour le bien de toute l’Humanité ».

Kwame NKRUMAH.

13 03 2014
Makisosila MAWETE

QU’EST-CE QUE LEOPOLD II A FAIT DE MIEUX QUE MOBUTU ? LEOPOLD II A FAIT FAILLITE EN TANT QUE PROPRIETAIRE DU CONGO TOUT SEUL. LA FAILLITE DE LEOPOLD II EST-ELLE AUSSI UNE MALEDICTION DE MOBUTU ? QUELLES SONT LES REALISATIONS DONT LA BELGIQUE PEUT ÊTRE FIERE AU CONGO ? MOBUTU AVAIT-IL COUPE DES MAINS AVEC LA BENEDICTION DES PRETRES CONGOLAIS ? CET EXPOSE PARTISAN DEGAGE UNE ODEUR PUANTE DE MAUVAISE FOI. PARLEZ-NOUS DU PILLAGE DU CONGO PAR LA BELGIQUE APRES NOUS AVOIR GAVE SUR LES FAUTES DE MOBUTU; MERCI

16 12 2014
manir dansaraki

un grand homme disait : « le vrai esclave ce n’est pas celui qui a été attrapé et enchainé de force,mais celui qui l’accepte de l’être moralement et psychologiquement»lorsque nous regardions l’état d’esprit de nos dirigeants actuels,leur façon de pensé et de diriger on ne peut que perdre espoir avec leur de toubab. je ne dirais pas que notre continent est sans espoir car nulle ne sait ce que demain nous réserve,mais l’heur n’est plus aux beaux discours et celui des louanges,il est tant de réagir ,de passer a l’action,il est tant de nous libérer de l’esclavage mental et de nous prendre en main car personne ne le fera a notre place.
VIVE L’AFRIQUE!!!!! L’UNION FAIT LA FORCE

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