Leçon 1 LE DROIT A L’HISTOIRE

Editorial : Pourquoi cette Revue ? Le droit à l’Histoire

Bonjour à tous. C’est avec une grande émotion que nous vous souhaitons chaleureusement la bienvenue dans cette Revue, notre Revue ou plutôt VOTRE Revue.

 

 

Voici, en résumé, sa genèse : en Septembre 2006, l’a.s.b.l. Shashamane est créée avec pour objectif de soutenir les efforts d’une école éthiopienne située dans une Région appelée Shashamane à quelques 2h30 heures de route au sud d’Addis Abeba en Ethiopie. Pourquoi cette initiative ? L’école de Shashamane, depuis déjà quelques années, a une particularité qui fait d’elle un cas, malheureusement, rarissime en Afrique : elle dispense à ses jeunes écoliers un enseignement basé sur l’Histoire des peuples et traditions, les langues et littératures d’Afrique et de leur pays. En soutenant cette école, l’a.s.b.l. Shashamane veut (re)donner à la jeunesse africaine de connaître son Histoire (sans aucune concession) et l’opportunité d’aimer son Continent.

 

C’est dans le prolongement de cette première initiative que va germer l’idée d’ouvrir un espace de dialogue et d’enrichissement mutuel sous la forme d’une Revue, dont voici le tout premier numéro. Le but principal de notre projet est de conscientiser, informer, responsabiliser les jeunes en leur démontrant que l’Histoire est le fondement de tous les immenses défis auxquels est confronté aujourd’hui le continent africain. Cette tâche exigera de nous une honneteté et un courage sans relache afin de dénoncer toutes les formes actuelles de néo-colonisation et d’assujetissement de l’esprit, en révélant les idéologies actuelles du développement qui ambitionne (sciemment ou non) d’imposer, en Afrique, des modes de vie et de pensées étrangères …. Sur ce continent doit se construire une ‘civilisation’ africaine. La ligne directrice durant cette aventure est et restera la (re)découverte de l’Histoire africaine afin de pouvoir la partager avec d’autres peuples et de recevoir d’eux le meilleur. L’humanité est une fleur dont chaque peuple représente un pétale. Si le pétale africain brille, c’est toute la fleur qui s’embellit. Nous avons donc besoin de vous tous autant que vous êtes.

 

Soyons francs et vrais. Soyons libres ! La revue sera votre voix, elle sera le fruit de votre expression. C’est tout naturellement, d’ailleurs, que la majeure partie de chaque numéro vous sera consacrée. Peu importe la forme, la syntaxe ou la quantité de mots, nous vous garantissons que le fonds de chacune de vos paroles sera une nourriture pour les esprits et contribuera à leur éveil. La Revue a pour emblème une abeille car ce que nous vous offrons c’est du nectar de pensée et c’est aussi ce que nous attendons de vous.

 

La Revue s’engage également dans la lutte contre le racisme et pour un monde sans frontières. Vous devez croire qu’il s’agit d’une lutte éternelle dans laquelle atteindre le but n’est qu’utopie. Mais, comme le disait un très grand penseur, il y a une énorme différence entre la pensée et l’action. Pour notre part, nous choisissons l’action et plus ceux qui feront avec nous ce choix deviendront nombreux, plus nous serons armés pour raccourcir cette éternité. Cette lutte est aussi une orientation idéologique précise que nous prenons par rapport au continent africain, miné par un racisme tout azimut. Ethnicisme, tribalisme, régionalisme…et on n’en finit pas. Nous sommes tous égaux, frères et sœurs, et militons pour une Afrique Unie. Nous donnons, également, notre appui aux sans-papiers et aidons à leur régularisation. Vous l’aurez, sans doute, deviné, le thème de cette Revue tournera autour de l’Afrique. Evidemment, chaque numéro aura un thème particulier.

Cette Revue, vous en êtes les lecteurs mais également les rédacteurs. Chacun d’entre vous devra, donc, s’engager à faire partager ses connaissances avec les autres : lire, écrire et faire écrire, voilà la consigne ! Nous nous efforcerons, à chaque fois, de vous brosser sans aucune prétention l’idée – le thème – de chaque numéro. Lisez-le et faites-le lire à vos amis, puis retournez-nous vos textes, suggestions et remarques.

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La Voix des Hommes
« Les mots, les sons, le pouvoir sont les symboles de l’Homme.

 

C’est ce que nous utilisons contre l’oppression.

 

On ne se sert ni de bâtons, ni de pierres, ni de fusils.

 

Un de nos messages pour la planète dit :

 

Rassemblons-nous, sœurs et frères,

 

Le Temps nous échappe.

 

Ecoutez la Voix des Hommes, Elle appelle tout le monde.

 

Cette Voix est pour tous ceux qui l’accepteront… »

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Adam Simeon FELLEMAN

 

Give Thanks for the Shashamane newsletter.
Will you have an English version as well I hope?
Freetranslation.com only translates small pieces of text.
Hopefully your readers will help out with the school students in Shashamane land.
Love.

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POMPE-A-FRIQUE
Nicolas A.R. MELONI

Durban SOUTH AFRICA

Mes chers amis, je me suis levé ce matin avec la décision de vous parler de quelque chose qui me tient a cœur : L’Afrique. Il est tout d’abord très important de définir ce qu’est l’Afrique. L’Afrique ce n’est pas seulement ces clichés de maladies, de pauvreté, de corruption, de guerres, que l’on essaye sans cesse de lui attribuer. L’Afrique, ce n’est pas non plus un safari à 20000 dollars en Afrique du Sud, ou l’on tue des ‘springbok’ pour avoir le plaisir de les manger dans de luxueux loges au milieu de la savane. L’Afrique mes amis, et avec un grand A, c’est le plus vieux continent du monde, oui, notre mère à tous, le berceau de l’humanité.

Seulement, il y a 565 ans de cela, ce que l’histoire qualifie de la ‘traite des nègres’ débuta, lorsque des individus ramenèrent dans leur pays les premiers esclaves noirs. Les puissances impériales de l’époque, se sont donc empressées d’utiliser les ‘négroïdes’ en tant que main d’œuvre ou encore pour guérir certaines maladies tel que la syphilis ou la malaria. Ces hommes, femmes et enfants noirs partirent de l’Afrique de l’Ouest (qu’ils ne revirent plus jamais) pour être acheminé aux quatre coins du globe, c’est ainsi que la diaspora africaine débuta.
S’en suivie alors la colonisation, elle s’étend de la Conférence de Berlin (1885), qui avait pour but d’établir les règles du jeu pour la conquête de l’Afrique afin de désamorcer les conflits entre les colonisateurs, aux « indépendances » des années 1960 qui constituent l’acte fondateur des actuels 57 États africains.

La précarité en Afrique est bien souvent mise en relation avec le néo-colonialisme. Durant longtemps le mot d’ordre des empires coloniaux, qui est d’ailleurs toujours d’actualité fut de diviser pour mieux régner. Mais dans quel but, pourquoi avait-il si peur de l’Afrique ? Peut-être avait-il vu en l’Afrique unie un danger réel pour leur hégémonie.
Mais néo-colonialisme, qu’est ce que cela veut dire ? Le néo-colonialisme, c’est tout simplement s’arranger, par des moyens très différents, pour que les guerres, les famines, et la haine perdurent en Afrique. Tout cela dans le but d’exploiter les ressources du sous-sol Africain et de freiner ce qui est ou pourrait devenir la croissance Africaine.

Depuis que je suis tout petit, je me suis toujours demandé ce qui différenciait l’homme de l’animal, et un beau jour, voici ce que l’homme lui même m’a répondu : L’homme s’est toujours différencié de l’animal par sa pensée, sa parole, son intelligence, etc…. Cependant, aussi loin que mes yeux ont pus le constaté, l’animal, lui, n’est pas raciste. J’en conclus donc que le racisme est un fléau qui ramène l’homme à un stade que l’on ne connaît même pas, ou peut-être plus que cela : qui n’existe même pas ! Le racisme aurait en fait était inventé de toute pièce dans le but de se renfermer sur soi-même, de ne pas accepter l’autre, de refuser la biodiversité. Cela me rappel d’ailleurs une histoire similaire, celle des frontières, qui sont imaginaires et non réelles, probablement à l’image des fondements du racisme. Frontière et racisme ne sont que des mots, ce ne sont pas des choses physiques, dès lors comment peut-on oser me faire croire que cela existe. Il est tout à fait vrai que les postes frontières ainsi que la ségrégation existent, mais ils n’ont été construits que sur des concepts fondés de mensonges, d’autodestruction.

La conscientisation du défi Africain, ça ne date pas d’hier, elle commença dans les années 60 avec l’apparition de nouveaux mouvements, de nouvelles philosophies et donc de nouveaux philosophes Africain à travers l’Afrique et les Amériques. Ce fut les années du « Black Power », un ensemble regroupant différents mouvements militant pour les droits civiques des noirs.
Parmi eux, le Panafrican s’est définit comme étant le mouvement politique et culturel qui considérait l’Afrique, les Africains et les descendants d’Africains à l’étranger comme un seul ensemble visant à régénérer et unifier l’Afrique ainsi qu’à encourager un sentiment de solidarité entre les populations du monde africain. Parmi les panafricanistes on peut citer Marcus Garvey, W.E.B. DuBois, Kwame Nkrumah, Fela Kuti, Malcolm X, Steve Biko, Patrice Lumumba, Cheikh Anta Diop, Bob Marley… Combien de ces personnes sont mortes assassinées ou encore piégées ?
Et la ruse de certains esprits mal tournés a une fois de plus été de réduire les nouvelles idées du Panafrican à la criminalité en les attribuant aux noirs.

Mais une fois de plus, nous sommes très loin de la réalité. De plus en plus de personne se rendent compte qu’être Africain c’est tout d’abord s’accepter tel que l’on est et pour ce que l’on est.
L’Afrique donc mes amis, c’est ce continent qui souffre et qui, dans sa souffrance fait souffrir les Africains sur son sol mais aussi outre mer. La question fondamentale qui vient à se poser est au fond de savoir et de comprendre pourquoi l’Afrique endure-t-elle une souffrance aussi atroce…

« Un peuple ignorant de son Histoire est comme un arbre sans racines ».
Marcus Garvey

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Pamela MELONI

Durban SOUTH AFRICA

Afrique. Mais quelles sont donc les images associées à ce mot ? Afrique. Images d’un continent noir, peuplé de gens aux croyances mystiques et d’animaux sauvages. Images d’un continent noir aux maladies tropicales potentiellement mortelles, ravagé par les famines et la malnutrition. Images d’un continent noir décimé par des guerres ‘tribales’ et de mères pleurant leurs fils partis au combat. Images d’un continent noir de réfugiés, incapable de se moderniser. Oublié, Cheik Anta Diop. Oubliée, la florissante civilisation des Swahili en Afrique de l’Est. Oubliée, celle du Grand Zimbabwe. Certains vont même jusqu’à affirmer que ces civilisations n’étaient pas africaines (comment des ‘Nègres’ auraient-ils pu être à la base de sociétés si raffinées ?) mais importées sur le continent par les Arabes et les Perses. Ces idées d’une Afrique dangereuse, primitive et sauvage ont été, et sont toujours, utilisées afin de justifié l’esclavage, le pillage systématique et massif des ressources africaines et les profondes inégalités (actuellement désigné par le terme ‘divisions nord-sud’) politiques, économiques et technologiques entre le continent africain et européen. Depuis des siècles, les Africains pourvoient au développement d’autres continents : en hommes avec les esclaves et les intellectuels, en minéraux et matières premières avec l’or, les diamants, le cobalt, le mercure… Et à qui profitent ces bénéfices ? Que reste-t-il pour mère Afrique ? Guerres, génocide, famines, corruption… Il est de notre devoir, en tant qu’Africains mais aussi en tant que citoyens du monde, de corriger ces images et de réparer ces injustices… Pour un monde juste, équitable, où il fait bon vivre pour tous ses habitants.

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CONNAIS-TOI TOI-MEME !
Anonyme

Que pourra-t-on attendre après que cette déclaration aura fait le tour de la communauté noire aux Etats-Unis d’Amérique et aujourd’hui en Afrique ? Même s’il existe d’autres causes aussi profondes de la pauvreté et de la réalité actuelle dans nos pays.

« Les noirs ne lisent pas »

Pour ceux d’entre vous qui l’ont écouté, c’est le titre de l’article que De Lee avait lu un matin sur les ondes d’une station de radio de New York. Pour ceux d’entre vous qui ne l’ont pas écouté, cet article malheureusement dépeint une certaine réalité. Une lettre assez assommante exprime ceci :
« Les noirs ne lisent pas et resteront toujours nos esclaves. Nous pouvons encore continuer à récolter des profits des Noirs sans effort physique de notre part. Regardez les méthodes actuelles de maintien dans l’esclavage qu’ils s’imposent eux-mêmes: ignorance, avidité et égoïsme

1. Ignorance

Leur IGNORANCE constitue la première arme de ce maintien en esclavage. Un grand homme une fois déclara ‘la meilleure façon de cacher quelque chose à un Noir est de la mettre dans un livre’. Nous vivons actuellement à l’âge de l’Information. Ils ont l’opportunité de lire n’importe quel livre sur quelque soit le sujet en rapport avec leurs efforts de lutte pour la liberté, mais ils refusent de lire. Il y a d’innombrables livres facilement disponibles à Borderas, à Barnes & Noble, à Amazon.com sans mentionner les librairies spécialisées pour Noirs qui fournissent des oeuvres de grande valeur susceptibles de leur permettre d’atteindre une certaine équité économique (qui devrait être en fait intégrée à leur lutte) mais peu d’entre eux lisent de façon soutenue, si jamais ils lisent, ils gardent les informations pour eux-mêmes et ensuite ils n’écrivent pas pour leur progéniture {ceux d’Afrique cachent les recettes de leurs ancêtres à leurs descendants préférant mourir avec}.

2. Avidité

C’est une autre puissante arme de contention. Les Noirs, depuis l’abolition de l’esclavage, ont eu de grandes sommes d’argent à leur disposition. L’an dernier, seulement pour la période des fêtes de Noël et de fin d’année, ils ont dépensé 10 milliards de dollars des 450 milliards de dollars qui représentent leur revenu annuel (2,22%). N’importe qui d’entre nous peut les (noirs) utiliser comme un marché cible pour quelle que soit l’entreprise. Ils viendront toujours y consommer. Étant principalement des consommateurs ils agissent par avidité, poussés par le plaisir et le désir de toujours posséder. Ils veulent toujours en posséder davantage sans penser le moins du monde à épargner pour la progéniture ou à investir pour les générations suivantes. Au lieu de démarrer une entreprise ils penseront de préférence à s’acheter de nouvelles paires de chaussures très chères. Certains d’entre eux vont jusqu’à négliger leurs propres enfants pour se procurer les tout derniers modèles… TOMMY ou FUBU. Ils pensent jusqu’à présent que rouler en Mercedes et vivre dans une grande maison leur octroie un certain «statut» ou qu’ils ont réalisé le Rêve Américain. Ils sont fous ! De l’Europe, des USA, d’Afrique …ils sont tous les mêmes ! La majorité des leurs frères croupissent encore dans la misère parce que leur avidité les empêche collectivement de constituer un lobby financier pour une meilleure communauté. Avec l’aide de BET, Black Entrecroisement Tonino, une chaîne de télévision pour Noirs (ndama), et d’autres médias télévisés du même genre qui leur apportent des images destructives dans leurs propres foyers, nous continuerons à tirer d’eux d’immenses profits comme ceux gagnés par TOMMY et NIKE. Voyez cependant combien ils dépensent encore plus dans ses produits comme jamais ils ne l’ont fait auparavant !) Ils continueront de s’exhiber ainsi les uns devant les autres pendant que nous autres nous construirons une communauté plus forte à partir des profits que nous réalisons d’eux.

3. Egoïsme

Il est enraciné en eux depuis les temps de l’esclavage et l’époque coloniale et c’est l’une des principales manières à travers lesquelles nous continuons à les y maintenir. L’un des leurs, Dubois, disait dans un livre, Le Dixième des Talents (1/10), qu’il existait une désunion viscérale dans leur culture. Il était précis dans ses déductions qui stipulent qu’il y avait des éléments épars de leur culture qui avaient atteint une certaine forme de succès. Cependant cette partie n’a pas bénéficié de l’amplitude de son oeuvre. Ils n’ont pas lu que le dixième des Talents se donnait pour mission de leur permettre d’aider les 90% sans talents d’atteindre une meilleure qualité de vie. Au contraire ces éléments ont crée une nouvelle catégorie de classe, la classe Bupreste (que nous traduirions par parvenus) et ils regardent de haut les leurs ou bien les aident avec condescendance. La seule culture qui prend l’accession chez eux c’est la culture de ramassage et de cueillette qui est nourrie par la semence de Caen, frère d’Abel ‘le nivellement vers le bas’. Leur EGOISME ne leur permet pas de travailler ensemble sur des projets pour atteindre des réalisations communes. Ils ne réaliseront jamais ce que nous avons accompli. Quand ils se mettent ensemble ils laissent leur ego dominer leurs objectifs communs. Donc leurs prétendues organisations d’aide et de charité (…) semblent seulement promouvoir leurs noms sans apporter de réels changements au sein de la communauté. Ils sont heureux de siéger dans des conférences ou des conventions dans nos hôtels (Sheraton, Intercontinental, …, discutant au sujet de ce qu’ils projettent de faire tout en récompensant par des plaques d’honneur et des titres les meilleurs orateurs mais non les meilleurs réalisateurs ‘ceux qui, en fait, agissent). Y aura-t-il une fin à leur ÉGOISME ? Ils refusent obstinément de se rendre compte que unis ils pourraient accomplir beaucoup plus : TOGETHER EACH ACHIEVES MORE (TEAM) Ils ne comprennent pas qu’il n’y a pas mieux que des entités individuelles mises ensemble pour contribuer à une œuvre commune. En réalité beaucoup de ces Buprestes ne se rendent pas compte que ‘une seule signature suffit pour qu’ils redeviennent pauvres’ et que deux chèques de paie les séparent de la pauvreté (ils sont à deux mois de salaire de la pauvreté). Que tout cela est contrôlé par les plumes des autres et leurs bureaux. Une simple signature suffit!! (Ndlr)

Ainsi donc nous continuerons à les maintenir dans cet état :
a. aussi longtemps qu’ils refuseront de lire et partager l’information,
b. aussi longtemps qu’ils continueront d’acheter tout ce qu’ils veulent pour satisfaire leur avidité de posséder,
c. et aussi longtemps qu’ils continueront de penser qu’ils ‘aident’ leurs communautés en payant des cotisations à des organisations qui ne font pas plus que tenir d’extravagantes conventions dans nos hôtels.

En passant, ne vous inquiétez pas qu’ils puissent lire cet article. Rappelez vous : ILS NE LISENT PAS ! S’ils lisaient, ça ne fait rien, ils sont amnésiques (pour eux le bourreau et la victime ont la même fosse). »

Chers amis,
Prouvons-leur que ce qu’ils pensent de nous est faux. Passez cette lettre à vos amis et relations et réagissez le plus vite possible…

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UN INCENDIE
Juste SINDIHEBURA

Liège BELGIQUE

Notre continent est en proie à un incendie. Une branche s’est embrasée, il y a déjà des siècles et voilà qu’aujourd’hui tout le continent brûle. Etait-il bien intentionné cet homme que nous avons accueilli bon gré mal gré ? Croyait-il nous vouloir du bien à nous, gens à la peau et mœurs bien étranges et donc bien à changer ? Un incendie ! Voilà ce qu’il nous a laissé avant de repartir. Il a foulé de ses propres pieds des millénaires d’histoire et de civilisation mais en a fait que peu de cas ! Usant de sa force et de sa ruse, il a réduit le peuple qu’il l’accueillait en esclave, en colonisé, en exploité ! Nous l’avons accueilli (ou il nous a forcés) et de nos maisons, de notre sol, il en a fait son grenier à grain, sa réserve personnelle et exclusive… Derrière son passage, le doute, les rancœurs, la misère se sont chargés du reste. Mais, ne me jugez pas mal ! Parmi ces hommes, j’ai des amis et des frères. Mais, parmi les mêmes hommes il y a également des fourbes et des tyrans.

Un incendie a été allumé par une personne que nous avons accueillie. Mais, mes frères, avant de chercher le coupable et d’exiger de lui réparation, éteignons d’abord l’incendie qui ravage notre maison. Et comme les pyromanes ne sont pas les meilleurs pompiers, n’appelons, donc, plus ce voisin, celui qui continue de nous exploiter sans regrets, celui qui continue de mettre un peu d’huile sur ce feu, pour nous aider à l’éteindre. Lorsque nous l’aurons éteint alors il sera temps de réclamer justice.

Réclamer justice ? A qui ? Cet homme qui a mis le feu à la maison de son hôte, certes, il faudra exiger de lui qu’il reconstruise ce qu’il a détruit ! Mais, ces africains farcis d’ingratitude – oui ! parmi nos propres frères noirs, certains ont oublié que l’Afrique les a aimés, nourris et logés durant des millénaires – ces ingrats d’hier mais également d’aujourd’hui (suivez mon regard) devront répondre devant les cendres de l’Afrique et les pleurs de ses enfants !

Dans le temps, les anciens aimaient discuter avec les jeunes. Ils disaient que c’est en eux qu’ils puisaient leur sagesse. Si donc, nous, la jeunesse du monde nous réunissons pour parler de notre Histoire – je devrais plutôt dire : pour confronter ce que chacun a appris de l’Histoire – alors, non seulement nous nous enrichirons, mais également ce sera une contribution aux efforts pour éteindre l’Afrique en feu.

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SHASHAMANE,

LARMES D AFRIQUE
AFRIQUE : TERRE D ACCUEIL ET DE PARTAGE.
Judith RIBARUMWANSI

Cotonou BENIN

Ton appel au secours résonne partout dans le monde entier. Tes cris d’alarme nous interpellent tous. C est pour cette raison que nous, tes propres enfants, et nous, citoyens du monde, avons décidé de nous unir pour parler de ta beauté, de ta bonté, de tes richesses, de tes misères, de tes guerres et de ton passé. Donc, de ton Histoire. Nous sommes convaincus que c’est à partir de nous, et de nous seuls, Africains, que la reconstruction de notre continent peut et doit commencer. Chacun de nous tous doit se rappeler ce proverbe qui dit « aide -toi et le ciel t’aidera ».

Nous ne pouvons pas rester inactifs devant la disparition de nos traditions et notre savoir traditionnel et devant la dégradation continue des écoles et hôpitaux amenées par d’autres. Que va devenir notre savoir ? Que nous reste-t-il de nos richesses après que tant de vautours se soient servis ? Quel est notre avenir dans ce continent et notre place dans le monde ? Allons-nous continuer à occuper cette place marginale que l’on nous attribue si facilement et que beaucoup de nos dirigeants semblent avoir acceptée comme inéluctable, eux qui sont devenus si souvent les collaborateurs d’intérêts extérieurs ?

Oh, toi frère, sœur et fils, toi qui connais les valeurs de ton continent et ses richesses peux-tu apporter une petite part de ta personnalité pour sécher les larmes de nos mères ? Toi, citoyen du monde, toi qui comprends ce que c’est que le manque de savoir, la misère et le mépris qu’engendrent ces derniers, peux-tu informer et éduquer tes frères ?

C’est en disant non à l’esclavage moderne, non à nos dirigeants corrompus qui affament nos populations, non à la traite moderne qui nous enlève nos meilleurs, non aux pays qui déversent leurs déchets sur nos territoires, que nos enfants connaîtront des jours meilleurs.

Des peuples entiers sur tout le continent cherchent désespérément à prendre en main leur destin. A n’importe quel prix bien sûr. La dégradation de la situation économique envoie chaque jour nos enfants à la mort. Nos mères prient tous les jours pour le départ de son dernier fils qui n’arrive pas à atteindre l’eldorado comme les autres déjà partis.

Et c’est dans toute son ignorance qu elle accorde sa bénédiction à celui qui quitte sa famille et son Pays. Enfant du pays, n’aie plus honte de parler de tes origines, de ton histoire et c’est par la connaissance et la valorisation de ce passé que tu arriveras à reconstruire ton continent. Porte l’Afrique en toi comme cette mère t’a porté avec son vieux pagne.

Ecoute la voix des sages et c’est par cette voix de l’histoire que l’Afrique trouvera exemples et forces pour évoluer.

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Haïlé SELASSIE I bless,

« LA RELIGION EST UNE AFFAIRE PERSONNELLE, LA NATION, L’AFFAIRE DE TOUS. » SMI Haïlé SELASSIE IER

KONGOMAN, Philippe RILOS

votre serviteur devant JAH,

graphic designer
kongoman@free.fr

Enfant d’Itiopa en exil à Paris FRANCE


Cette phrase prononcée par Sa Majesté Impériale Haile Selassie I nous dit déjà tout.
Chaque individu possède son propre rapport à son Créateur « une affaire personnelle » et je ne viens pas aujourd’hui me prononcer sur celui-ci.

La Nation étant notre affaire à tous, il est temps de s’occuper de notre Nation, c’est à dire de nous même, de nos femmes, de nos enfants, de nos anciens, de notre Peuple.
Une Nation ne peut se construire toute seule. Les enfants de l’Ethiopie sont nombreux, partout dans le monde. Nous sommes les enfants de l’Ethiopie, les enfants de Sa Majesté Impériale il est temps de mettre en pratique ses enseignements spirituels et matériels. Pratiquons la véritable UNITE :

… »La force de cette Unité doit être fondée sur une communauté d’intérêts afin que l’individu – sans qu’il soit négligé ou qu’il souffre d’un préjudice quelconque – puisse comprendre la puissance de cette Unité et les avantages qui peuvent en être retirés pour la protection de ses intérêts personnels, tout en renonçant en même temps à toute ambition personnelle qui serait au détriment de l’intérêt commun. »
Sa Majesté Impériale Haile Selassie I The first.

Nous sommes tous responsables, et avons tous une fonction, un rôle à jouer.
Libérons nous de l’esclavage mental et devenons acteurs de notre destinée.
C’est aujourd’hui, maintenant qu’il faut agir, et ensemble.
Que chacun de nous prenne conscience de la richesse qu’il possède en lui et qu’il la mette au service de la Nation, c’est à dire de l’Ethiopie.

Notre révolution présente est spirituelle et se concrétise matériellement. Il s’agit d’un changement en profondeur dans nos consciences impliquant de nombreux changements de comportements.

 

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Tshaka COULIBALY

Bruxelles BELGIQUE

Cher cohabitant de la planète terre, chers frères et sœurs, j’ai beaucoup à vous dire, mais avant tout je voudrais me présenter en tant qu’un simple jeune étudiant qui a grandi en Afrique et qui a connu l’Europe parallèlement. Si on décide de faire des grands discours c’est parce que la force vient de la communication, de la compréhension, de la parole entre les Hommes et l’action ne sera que la conséquence naturelle de cette compréhension. C’est pourquoi moi l’enfant de la terre je vais vous parler. Je vous parle en tant qu’un Homme qui a foi en la Justice et l’Amour et je sais que vous savez ce que c’est l’Amour car c’est ce qui fait de nous des Hommes.

L’Afrique qui était à une certaine époque la terre de la vie, une région riche où il fait bon vivre est aujourd’hui dans une situation difficile à cause d’un ensemble de fléaux dont nous avons tous entendu parlé tels que PAUVRETE, FAMINE, MALADIE, GUERRES….
Personne n’aime ça, n’est ce pas ? Qui connaissez vous qui aime ce genre de choses ? Je défie quiconque de me dire qu’il connaît quelqu’un qui défend la famine la guerre ou encore la maladie… Mais ce que nous constatons c’est que malgré que nous n’aimions pas ce qui se passe dans le monde nous sommes quand même, vivants et témoins de tout cela. Cela doit cesser et cela cessera, rassurez vous, tôt ou tard cela cessera ! Car comme disait Gandhi, l’histoire nous a toujours montré que la vérité triomphe et elle triomphera toujours. Mais le plus tôt sera le mieux n’est ce pas ?

Aujourd’hui il y a de beaucoup de bonne volonté pour aider mais sans des liens forts entre les organisations il sera difficile de faire quelque chose de concret. L’UNION C’EST LA FORCE. C’est pourquoi j’ai décidé de me joindre a cette association que je trouve une bonne initiative pour permettre de crier fort la vérité sur l’Afrique. A mon niveau ce que je peux vous proposer à vous qui me faite l’honneur de me lire c’est d’ajouter votre petit quelque chose en fonction de vos moyens à cette association qui, je le souhaite, sera la matérialisation du mouvement de la jeunesse pour l’Afrique.
La participation à l’association se fait de toutes les manières possibles et imaginables, car c’est une association dont le but est de Développer l’Afrique et ainsi le monde par le recours au partage de la vérité. Ainsi la vie sera triomphante.

RESTONS EN CONTACT et en COMMUNICATION, c’est tous ce que je vous demande en tant qu’amoureux de l’Afrique, ainsi nous pourrons sans trop se presser trouver des solutions constructives pour l’Afrique et ne pensez pas que vous n’en tirerez pas profit pour les plus businessmen d’entre vous car il y a beaucoup de projets lucratifs qui pourraient émerger de cette association. Quant aux autres qui veulent donner simplement par amour de l’Afrique sachez que tout apport sera traité avec le plus grand soin dans le souci de donner un maximum de RESULTATS CONCRETS tel que l’augmentation des emplois, la construction de logements, la distribution de nourriture et de médicaments et surtout l’éducation des enfants.
Merci de vos soutiens chers amis.

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L’AFRIQUE

Aïcha NIYONZIMA

Anvers BELGIQUE

 

Je me présente, mon nom est Aïcha Niyonzima et j’ai 21 ans. Je suis née en Belgique et je suis d’origine Africaine. Personnellement moi je trouve que l’Afrique est le continent le plus beau au monde. Malheureusement, j’ai pas encore eu l’occasion de visiter mon pays d’origine. Mais heureusement j’ai eu la chance d’avoir une petite aperçu de l’Afrique en visitant l’Egypte. A base des photos et des histoires j’ai pu conclure que personnellement l’Afrique est le plus beau continent au monde et un des plus pauvres aussi. Malgré la pauvreté les gens y vivent en harmonie et en joie. Moi je trouve qu’on doit faire un effort pour aider ces pauvres gens et pour construire une nouvelle Afrique.

 

 

Notre intention est de montrer aux gens que l’Afrique a vraiment besoin de leurs aides.

Même une toute petite somme d’argent ou un texte va pouvoir faire des changements.

 

Donc je vous demande chères amies, messieurs, mesdames, aidez nous à obtenir ce rêve et aider l’Afrique

Je vous remercie déjà d’avance et j’espère vraiment que cette lettre est une bonne motivation pour vous faire réfléchir.

Merci.

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Alexandre EYOB LEURIDAN

Liège BELGIQUE

J’aimerais poser une question aux gens qui vivent sur la même planète que moi.
C’est une question sincère et réfléchie mais qui dérange beaucoup de monde.
Peut-on encore être heureux et épanoui sur terre en 2006 ? C’est vrai ! Comment aimer cette société qui fait de « différent » un synonyme de « dangereux »
Ces différentes questions de couleurs de peau, de religion, etc….
Ces questions qui engendrent les discriminations, les actes racistes, les injures.
Sont-elles si importantes pour que certains hommes choisissent de juger d’autres hommes là-dessus et pas sur les valeurs et principes qui sont propres à chaque homme.
Non, bien-sûr !
Les gens accordent tellement d’importance à la couleur de la peau, alors qu’au fond, nous sommes simplement tous des citoyens du monde.
Et nous devrions tous être libres de pouvoir exercer une profession en fonction de nos ambitions, d’aimer quelqu’un en fonction de nos sentiments, d’habiter un pays en fonction de nos choix.
Mais la tristesse, l’humiliation, la déception…toutes ces choses qui empoisonnent la vie de bon nombre de citoyens belges issus de l’immigration.
Cette tristesse se lit sur de nombreux visages et fait partie du quotidien de ces personnes.
Si chacun ne fait pas un effort de son côté, la situation ne va faire que se dégrader et jamais nous ne pourrons œuvrer ensemble pour un monde meilleur.
Apprendre à accepter l’autre avec ses différences !
Un état de chose qui pose problème à l’être humain depuis la nuit des temps.
Un défi pour l’homme en 2006 !
Mais si rien ne change et si l’Afrique continue à saigner jour après jour comme c’est le cas actuellement : Alors une autre question se posera : Le futur a t-il encore un avenir ?

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Fatima NIYONZIMA

Anvers BELGIQUE

 

Le Créateur a dit qu’il faut aimer son prochain, avant de l’aimer. Alors, je suis venue chez vous pour que vous puissiez m’aider. Si quelqu’un vous tend la main, il faut lui donner la main propre, comme ça le monde va vivre comme le Créateur. Nous voulons aussi demander d’aider surtout les pauvres en Afrique.
J’espère que ma lettre va faire quelque chose dans votre cœur pour aider les autres.

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J. B.

Je m’appelle Judith, j’ai 55 ans.
Je suis arrivée en Belgique il y a 10 ans dans des circonstances où les raisons de guerre et de santé étaient étroitement liées.
Ceci pour dire que l’exil forcé a été sans doute le coup de pouce pour ne pas dire le coup de pied dont j’avais besoin pour accepter de me faire soigner et d’affronter le Sida.

 

C’est un honneur pour moi de témoigner en tant que personne vivant avec le VIH pour une association des personnes infectées ou affectées par le VIH de notre communauté.

 

Je mentirai en prétendant que c’est un plaisir de témoigner et de raconter au cours de ce prestigieux dîner une vie de plus de 27 ans avec le VIH
C’est plutôt un choix qui me permet de combattre la maladie, d’affronter le regard des autres et de lutter contre toute forme de discrimination, de stigmatisation, d’exclusion ou de rejet.
C’est aussi un devoir moral et une responsabilité car si je peux témoigner aujourd’hui c’est que dans mon malheur j’ai eu beaucoup de chance d’avoir un soutien de ma famille, de mes amis, de mes collègues, des médecins et parfois même des inconnus qui m’ont soutenus, portés et aidés à traverser ces longues années de maladie.
Je ne pense pas trouver des mots suffisamment forts pour leur exprimer ma gratitude pour leur présence, leur dévouement, leur patience, leur persévérance, leur compréhension et pour tout leur réconfort.

 

Ce soir je témoigne pour toutes les personnes infectées ou affectées par le VIH, présentes à ce dîner.

 

Je témoigne aussi pour toutes ces femmes et spécialement ces femmes africaines, victimes silencieuses et passives du Sida. Toutes celles qui sont contaminées en accomplissant leur devoir conjugal ou tout simplement en faisant l’amour.
Rien ne saurait justifier que cet acte d’amour et de vie nous apporte la mort.

 

Je témoigne pour tous les autres malades qui subissent chaque jour, rejet, discriminations, exclusion et harcèlement moral ou physique.

 

Je témoigne pour toutes ces femmes victimes de viol et qui, par cet acte barbare sont infectées par le sida.

 

Je témoigne pour ma sœur Jeanne qui jusqu’au bout a crû à une guérison miraculeuse et que je n’ai pas su convaincre à temps de suivre un traitement,

 

Je témoigne pour ma fille qui me demande chaque fois de vous rappeler que le sida n’est pas transmissible seulement sexuellement mais qu il laisse des traces indélébiles autour de nous chez nos enfants, nos proches, nos collègues.
Et cela est inadmissible.

 

Je témoigne pour tous nos amis qui sont partis trop tôt sans vraiment comprendre ce qui leur arrivait

 

Je témoigne contre toutes manipulations et forces négatives qui empêchent les malades d’aller sereinement et librement consulter.

 

Je témoigne pour que les invités de ce dîner portent un regard différent et compatissant aux malades du Sida que chacun se sente «concerné » par cette pandémie incontrôlable qui touche tous les continents, toutes les couches de la population, jeunes comme vieux, riches comme pauvre, noirs comme blancs

 

Je témoigne enfin pour vous demander votre solidarité, vous demander de vous joindre à notre combat et lutter contre toutes les discriminations, les stigmatisations et nous aider à garder espoir que dans un proche avenir tous les malades du monde puissent accéder aux traitements dont ils ont droit.

 

En attendant ce grand jour, soyez sexuellement responsables de vous car on est mieux servi que par soi-même et les malades du sida n’ont pas à porter seuls la responsabilité de vous protéger.

 

Je vis avec le VIH depuis « probablement » plus de 27 ans et « certainement » plus de 17 ans.
Je suis en quelque sorte une rescapée du Sida.
Vous comprendrez donc qu’il est quasi impossible en cinq minutes de revenir sur les nombreuses étapes de ma maladie

 

Il y a 17 ans, lors d’examens médicaux de routine, pour raisons administratives, le médecin m’informe d’une anomalie dans mes examens sanguins et m’apprend que je suis séropositive.
Sur le moment je n’ai eu aucun choc car j’étais sûre qu’il y avait erreur, je me sentais bien dans ma peau, depuis mon divorce j’étais pratiquement en vacances sexuelles. C’était sûrement une erreur. Je me suis rendue, confiante, chez une cousine médecin qui travaillait dans le programme Sida d’USAID à Mama Yemo pour un examen de contrôle (le Western Blood) qui confirma le premier test.

 

J’étais affolée bien entendu mais curieusement j’ai pensé aux problèmes immédiats : ce boulot entre autre pour lequel j’avais passé cet examen médical.
Le comité de direction composé de 3 médecins s’est réuni et a décidé de me maintenir à mon poste. A l’époque c’était inespéré et pratiquement un miracle et peu de séropositifs ont eu la même chance que moi.

 

Ce problème étant résolu j’ai directement été assaillie de peur, d’angoisse pour ma fille, ma famille, mes amis et réflexions faites, je n’avais que très peu de renseignements sur la pathologie.

 

J’ai ressenti un grand sentiment d’incompréhension, d’injustice et par-dessus tout une grande solitude.
C’était tellement lourd que je n’osais en parler à personne. J’avais sans doute inconsciemment l’impression qu’il suffisait d’en parler pour déclencher la maladie.
Après quelques tentatives pour me confier j’y ai renoncé et gardé ce lourd fardeau de tourments et de questions sans réponses pour moi seule durant des années.

 

Bien entendu je n’ai plus eu de vie sexuelle pendant quelques années. J’avais l’impression d’être souillée et de toute façon cet acte d’amour était devenu pour moi un acte de mort.
Au bout de quelques années durant lesquelles je menais une vie professionnelle et familiale paisible et très remplie, j’ai presque fini par oublier que j’étais infectée.
Mais la maladie a fini par me rattraper et après un mois d’hôpital à Kinshasa, ma période d’évacuation forcée et un mois d’hiver belge mon état s’est aggravé et je me suis retrouvée hospitalisée aux urgences entre la vie et la mort .
Lorsque je suis sortie de l’Hôpital deux mois plus tard, j’étais aveugle et paralysée mais surtout effrayée car je sentais la peur des médecins, des infirmières et de mes visiteurs. Même dans mes cauchemars les plus sombres, Je n’avais jamais envisagé de mourir seule en Europe.
La trithérapie que j’ai commencé en avril 1997 a réellement fonctionné chez moi et au bout de 3 ans de rééducation et de kiné, j’ai appris à marcher et je me suis inscrite à la Ligue Braille pour une formation qui m’a aidée à retrouver l’usage de mes doigts et gérer mes problèmes visuels.
Aujourd’hui je me sens sereine et j’éprouve presque de la reconnaissance envers ceux qui en me poussant dans mes derniers retranchements, m’ont forcé à me battre et m’ont donné la colère et la fureur de vivre.
J’ai connu le dénuement le plus total avec l’incapacité d’y faire face en travaillant et d’une certaine manière cela m’a détaché des biens matériels et du confort auquel j’étais habituée.

 

Après ce dépistage accidentel pour ne pas dire providentiel et autant d’années de maladie, ma vie a complètement basculé, mes priorités ont également changé, mon regard sur la vie a énormément évolué : l’Exil m’a aidé à accepter et à affronter le Sida tandis que le Sida m’a fait découvrir la race humaine dans sa beauté comme dans sa complexité.
Le Sida m’a appris énormément sur moi-même sur ma capacité à endurer et à discerner les choses essentielles, sur les priorités de ma vie. Toutes mes souffrances ont été couvertes de voir ma fille grandir, de retrouver les personnes que j’aime et que j’avais laissé derrière moi sans leur dire au revoir, sans leur exprimer mon amour et ma reconnaissance. J’aurais sans doute l’occasion d’accompagner ma fille lors de son mariage de bercer mes petits enfants.
Je trouve donc impensable et inadmissible qu’en 2006, en Belgique où les soins de santé de qualité sont gratuits, bon nombres de nos compatriotes se laissent mourir de sida parce qu’ils ont manqué de courage de se faire dépister ou de recevoir des soins de santé appropriés dont ils ont droits, et ce, par peur du regard des autres, du rejet par les personnes qui leur sont chers.
Nous sommes tous responsables de cette situation car en rejetant ou en stigmatisant nos malades proches au lieu de les entourer ou en véhiculant des préjugés sur la maladie, nous freinons ceux qui ont besoin de se faire soigner.
Donnez vous tous la chance de ne pas rendre nos enfants orphelins, nos conjoints veufs, nos malades désespérés et en quittant ce dîner prenons la seule décision responsable possible de connaître notre sérologie.
Après tout ne dit on pas que la connaissance c’est le pouvoir.
Je vous remercie.

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LA NUIT NOIRE
Philippe MELONI

Liège BELGIQUE

« Chapitre 35 : Le messager principal du Roi Salomon envoyé à son fils

 

Et le Roi envoya le messager principal le plus proche avec des présents, de la nourriture et de la boisson pour accueillir l’étranger. Et il vint avec beaucoup de chariots et arriva chez lui. Il le salua et lui donna tout ce que le Roi lui envoyait et lui dit:  » Faites vite de venir chez moi car le cœur du roi brûle d’amour pour toi, je ne sais s’il sait lui-même si tu es son fils ou son frère mais tu n’es pas en dehors de la famille d’après ton apparence et ton attitude. Maintenant lève-toi rapidement car mon maître le Roi m’a dit: ‘sois rapide et ramène-le chez moi en gloire et dans le calme et le confort, avec joie et plaisir’ « . Cet enfant répondit et lui dit:  » Je rends grâce au Créateur, car j’ai reçu la dignité de mon maître le Roi sans avoir regardé sa face. Sa parole m’a plu et depuis j’espère au Créateur afin qu’il me montre avec lui et qu’il me ramène en paix chez ma mère la reine de mon pays « . Le fils du ministre au pouvoir pour le Roi répondit et dit :  » Mon maître, ceci est peu, tu recevras plus que cela, plaisir et confort de la part de mon maître le Roi. Mais au sujet de ce que tu as dit ‘ma Mère et mon Pays’, le Roi est plus grand que ta Mère et notre Nation est plus grande que ton pays car de ton pays nous avons entendu que c’est une terre avec le froid, le brouillard, une terre aride, et le bas est comme la hauteur de la terre, avec de la rosée car lorsque les fils dirent en sagesse pour ton pays qu’il est plat et large, qu’il est [formé de] haute et de basse terre et qu’ils ont donné la terre, une partie pour lui et à sa génération jusqu’en éternité. Mais la terre nous est promise, elle est ce que nous a donné Créateur d’après l’alliance avec nos pères, la terre qui donne du lait et du miel, qui donne de la nourriture sans effort, qui donne du fruit selon la saison sans trouble, que le Créateur visite toujours, de l’année jusqu’à la célébration de la nouvelle année. Il est tout pour nous et même pour toi. Nous te serons un héritage et tu demeureras dans notre pays car tu es descendant du Roi, le Seigneur de mon Seigneur et à toi revient le Trône ». Les honorables du marchand répondirent et lui dirent :  » notre terre est plus belle car il y a un bon vent dans notre terre qui n’est pas chaude et brûlante. L’eau de notre pays est bonne et douce, des torrents coulent. De même les sommets des montagnes font couler l’eau et ce n’est pas comme dans votre pays que nous creusons de profonds puits. Nous ne mourons pas de la chaleur du soleil mais nous chassons des animaux sauvages à midi; des buffles et des antilopes, des oiseaux et du gibier. Durant la saison de pluie le Créateur nous assiste d’une année à l’autre et en saison sèche ils mangent le grain battu. Les arbres portent de bons fruits; le blé et l’orge, tous nos fruits ainsi que nos animaux sont bons et magnifiques. Mais il y a une chose que vous possédez: la sagesse qui est plus grande que la nôtre et c’est pour elle que nous venons chez vous « . Le ministre au pouvoir répondit au Roi en disant:  » qu’est-ce qui est mieux que la sagesse? La sagesse a fondé la terre et elle a établit le ciel. Elle a fermé les bords de la mer afin qu’elle ne recouvre pas la terre. Maintenant levez vous, allons chez mon maître car son cœur est mordu d’amour pour toi. Il m’a envoyé pour que je t’amène rapidement […]» Extraits du Kebra Nagast (La Gloire des Rois)

 

I. Le manque de penseurs

 

Dix mois passés dans les Grands Lacs, Kinshasa, Bujumbura et Kigali et au final un constat clair, triste, déroutant, terrifiant, menaçant, c’est l’absence ou l’extrême pauvreté de la pensée, de la philosophie, de la sagesse, spécialement dans leur dimension communautaire ou sociale.
En un mot, la pauvreté primaire ou première du continent africain n’est pas seulement économique mais aussi bien philosophique. Ce qui est déplorable, c’est le déficit de penseurs.

 

Ce sont les penseurs qui construisent la société, trouvent des solutions, réconcilient les âmes. Ils permettent à l’homme d’être lui-même comme un autre (Paul Ricœur), d’être lui-même jusqu’au bout. Ils uniformisent, ils unifient les identités afin d’éviter les déchirements. Ainsi les divisions claniques, tribales, ethniques, régionales des Grands Lacs et de l’Afrique en général soulignent le déficit de penseurs, surtout à une époque où d’autres se remuent corps et âmes pour unifier ou préserver de grands blocs tel que l’Europe, les Etats-Unis d’Amérique, ou le monde Arabe.

 

« L’union fait la force » est adage bien connu mais il va de pair avec « diviser pour régner».

 

Seule la sagesse, la pensée, pourra résoudre cette misère, ce déracinement, elle seule pourra guérir cette douleur.
Cela pourra se faire en revisitant les cultures et traditions du passé, éradiquées par la colonisation et l’esclavage et en s’inspirant des sagesses d’autres peuples.

 

Ainsi « le ministre au pouvoir répondit au Roi en disant:  » qu’est-ce qui est mieux que la sagesse? La sagesse a fondé la terre et elle a établit le ciel. Elle a fermé les bords de la mer afin qu’elle ne recouvre pas la terre ».

 

Nous pouvons tout résoudre avec la sagesse.

 

II. Des Arbres sans Racines

 

a. Un monde sans repères

 

Les enfants grandissent insouciants dans cette Nuit Noire sans savoir qui ils sont et ce qu’ils seront amenés à être. Dès le plus jeune âge, on leur enseigne la pauvreté, ceci avec l’aide de la télévision. Tout ce qu’ils y voient, ils ne peuvent l’avoir, ainsi s’installe dans les esprits la pauvreté mentale.
A l’école, ils étudient la même chose que leurs parents et leurs grands parents, les rares livres sont les mêmes et de toute façon comme leur parents ils ne se sentent pas chez eux à l’école. On leur apprend des choses qui leur permettent de regarder la télévision mais certainement pas de vivre en harmonie avec leur terre

 

A l’adolescence, les désirs s’éveillent, le corps se développe, les jeunes grandissent.
Quels sont les modèles ?
Une fois encore, la télévision avec ses séries romantiques, ses vidéos clip de rap américains, ses films pornographiques.
Garçons et filles découvrent alors les boites de nuit, l’alcool, l’argent. Tout le monde s’y retrouve, jeunes, vieux, parents, enfants, sans limites.

 

Une société sans penseurs, c’est aussi une société sans morale, sans éthique.

 

A la maison, les parents sont eux-mêmes déracinés, incapables de guider leurs enfants, souvent moralement anéantis par la guerre, l’alcool, le Sida, la Nuit.
Ils ne savent pas où ils en sont, n’ayant ni racines ni ailes, ils envoient leurs enfants dans les religions et les inscrivent dans les écoles et les universités.

 

Plus le temps passe, plus la Nuit est palpable. L’avenir est sombre.
Les jeunes ont grandi, ils ont maintenant vingt ans et plus. Beaucoup n’ont moralement pas survécus aux blessures de leur adolescence.
Nous les retrouvons à l’université, espérant devenir avocat, juge, médecin, dans un univers où il n’y a ni justice ni médecine.
Les plus désespères se réfugient alors dans le prière. Ils ne font plus que prier, au lit, sous la douche, partout, mais prier sans penser noircit encore un peu plus la Nuit.
En effet rare sont ceux qui connaissent la doctrine des religions dont ils se réclament.
Quand je leur demande pourquoi sont-ils devenus si fanatiques, si pieux, beaucoup me répondent qu’ils veulent se laver de leurs actes, être propres devant Dieu.
Les plus résistants me disent de ces derniers qu’ils sont hantés par la mort, souvent le Sida ou bien ils ont trop tué.
La religion leur donne alors l’illusion de fuir, de s’enfuir mais ils ne peuvent fuir d’eux-mêmes. De toute façon, là non plus, ils ne sont pas chez eux.

 

Ce sont les arbres sans racines, ceux qui ne savent d’où ils viennent, qui ne savent où ils vont et qui par conséquent ne peuvent jamais être eux-mêmes.

 

b. les visas

 

Un arbre sans racines, une quille, vit constamment dans l’hypocrisie et le mensonge.
Ainsi, tous font semblant d’étudier, de travailler mais au fond ils ne rêvent et ne cherchent qu’une chose : partir, partir loin, voir ce qu’il y a dans la télévision pour du vrai.
Rien n’est plus stressant pour un jeune que cette matinée où il a rendez-vous dans une ambassade pour l’obtention d’un visa.
Souvent la réponse est négative, il encaisse alors le coup. Il est d’ailleurs habitué à encaisser mais quand il éclate c’est le meurtre. Ici aussi il faudrait des penseurs pour permettre à la société de se décharger, de décompresser. Qu’est ce que la philosophie, la sagesse, sinon l’art de penser ?
L’art permet d’évacuer, de parler, de créer, de penser, de se réaliser, de s’identifier.
La pensée est la racine de l’art.

 

Les arbres sans racines vivent dans l’attente de partir, partir vers la lumière, quitter la Nuit.
Le phénomène a pris une telle ampleur aujourd’hui que même les vieux veulent partir.

 

En dépit de l’aspiration à une vie meilleure ; que recherche ces hommes derrière le départ, un passeport ou une identité ?

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FRERES DE SANS
pour EdirtaPA
Florian RUYMEN,

 

Bruxelles BELGIQUE

« Frères de sans » est un mouvement artistique d’auto-support mondial regroupant sans papiers, consommateurs de drogues, marginaux, fous, (ex)détenus et voisins. Il est de notre responsabilité de résister. Si nous ne faisons rien, nous acceptons l’inacceptable. La dynamique et la richesse multiculturelle du mouvement sans papier est initiateur de cette solidarité artistique de la marge. Symboliquement et concrètement les oeuvres de ce mouvement n’appartiennent pas au patrimoine national.

Les ambitions des programmes politiques sont en porte à faux avec la réalité sociale dont ils sont en charge. Pour réveillez les consciences, on essaye d’articuler l’espoir d’un ailleurs et le réalisme des dynamiques locales. « Rien à notre sujet sans nous ». L’implication accrue du citoyen dans le monde est, je pense, la seule manière de ne pas mourir, de donner du sens à la vie. Cette pensée s’applique tout particulièrement aux individus fragilisés par leurs histoires et leurs contextes sociaux( sans papiers, usagers de drogues, sans abris, marginaux, fous, (ex)détenus, artistes, voisins, et autres…). La proportion d’exclusion sociale augmente avec la précarité. On traite sous l’angle médical et sécuritaire des problématiques dont les causes sont ailleurs. Notre mouvement artistique (frère de sans) agit artistiquement pour donner une forme, un son, un récit, une image du monde acceptable. C’est une dynamique d’auto-support responsable. Une solidarité de la marge, l’identité de ce mouvement artistique mondial et apatride est basé sur la différence. Le point commun des membres est d’être différent. Il n’y a pas d’extérieur au groupe, pas d’exclusion et pas de jugement. On considère une personne sur ses actes et sa façon de se comporter: un réseau actif basé sur la rencontre. L’art est notre arme de guerre pour se défendre de la violence du monde qui nous rejette légalement, économiquement, physiquement ou socialement. Nos rencontres constituent le terreau de nos oeuvres. Au bord du monde, on a un point de vue sur lui un peu plus dégagé. Ce terreau absorbe la réalité et y fait pousser une image. Au centre de ce travail, il y a le besoin de reconnaissance, la revendication du droit d’exister. Avec ou sans papiers, avec ou sans drogues, avec ou sans raisons, avec ou sans libertés, avec ou sans argent, avec ou sans abris. Nous sommes curieux de voir qui sont ceux qui nous aident à ne plus disparaître. Si votre position peut nous aider avec des moyens de diffusion et de productions concrets, et que vous avez l’impression que nous marchons dans une chouette direction. Je vous prie de bien vouloir nous supporter par:
-votre présence et votre participation aux activités de ce réseau artistique (la commission artistique du mouvement se réunit tous les Jeudi vers 19h00 à l’Eglise St. Bernard rue de la Source, à St Gilles)
-une aide logistique (lieux d’expositions et de projections, matériel artistique et infrastructure, diffusion et promotions des activités, autres,…)
-un support méthodologique ( PV de réunion, agenda, communication opérationnel, dossiers de subsides, etc…) En bénéficiant de cette solidarité notre mouvement artistique « frère de sans », se renforce et grandit. Bienvenu.

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DU PANAFRICANISME AUX RASTAFARIENS
Giulia BONACCI
Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

Paris FRANCE

 

A la veille du cinquantième anniversaire
du 1er Congrès des écrivains et artistes noirs, septembre 1956Regards croisés sur la diversité culturelle éthiopienne
en Afrique et dans le monde

Le 17 septembre 1964, Noel Dyer, un Rastafarien jamaïcain émigré en Angleterre prenait le train à Londres pour la ville de Dover sur la côte. Arrivé à Paris, il travailla trois mois pour pouvoir continuer sa route vers l’Espagne et le Maroc. Et là, Noel Dyer se mit à marcher vers l’est. Il traversa à pieds l’Algérie, la Tunisie, la Libye et l’Egypte, traversa le barrage d’Aswan puis le désert pour rejoindre le Soudan où il fut arrêté par les autorités car il n’avait pas de visa. Il passa trois semaines en prison, jusqu’à ce que l’ambassade éthiopienne à Khartoum entende parler du Rasta qui voulait arriver à pieds jusqu’à Addis-Abeba et lui permette, finalement, d’entrer en Ethiopie. Il aura fallu plus d’un an à Noel Dyer pour faire ce périple depuis l’Angleterre jusqu’en Ethiopie. C’est un parcours exceptionnel, qui illustre au moins deux choses en plus de sa détermination individuelle.

La première, c’est la violence de la discrimination raciale et de la marginalisation économique qu’il a subi en Jamaïque puis en Angleterre et qui l’a poussé à partir. Cette violence est un des dénominateurs communs à la plupart des africains et descendants d’africains dans les sociétés des Amériques et de l’Europe. A l’origine de longues traditions de résistance, elle forme la toile de fond sur laquelle se sont dessinées leurs constructions identitaires et leurs objectifs politiques.

La deuxième, c’est la puissance de l’imaginaire et des idéologies grâce auxquelles Noel Dyer identifiait l’Ethiopie à son identité, sa liberté, sa rédemption et son avenir. Au cœur de cet imaginaire, l’identification raciale à l’Ethiopie sur la base de la couleur de la peau est essentielle, quoiqu’en ait pensé les éthiopiens. Et l’Ethiopie, pour Noel Dyer comme pour beaucoup d’autres était celle mythique, biblique, dont la terre devait ruisseler de lait et de miel, mais aussi celle réelle, politique, souveraine, seul état indépendant en Afrique jusqu’à la fin des années 1950.

Noel Dyer est le seul à être venu à pieds mais depuis la fin du dix-neuvième siècle ils ont été nombreux, les descendants d’africains, américains et caribéens à venir s’installer en Ethiopie, à nouer leur vie à celle des éthiopiens. Ils y forment une présence constante, même si leur contribution au développement du pays reste méconnue. Ils sont le reflet de l’empreinte qu’à eu et qu’à toujours l’Ethiopie dans le monde. Ils incarnent les rêves que le nom Ethiopie a fait naître et qui sont contenus dans le concept d’éthiopianisme ; ils incarnent aussi la réalité sociale de ceux qui se sont engagés pour faire vivre l’idéologie panafricaine qui postulait l’unité de destin et de cause entre africains et descendants d’africains.

En cherchant à rendre à l’Ethiopie la place cruciale qu’elle a tenue dans la construction des mondes noirs, je vais aujourd’hui vous parler d’abord de l’éthiopianisme, puis du panafricanisme et essayer de vous montrer comment les Rastafariens sont devenus les relais modernes de ces rêves autant que de ces engagements politiques.

L’éthiopianisme

Le terme éthiopianisme recouvre de larges pans d’histoire et désigne les représentations qui ont été faites de l’Ethiopie. L’on pourrait parler de la fascination des Européens pour le mythique Royaume du Prêtre Jean, mais aussi des mythes fondateurs de la nation éthiopienne, liés à la royauté sacrée héritée du Roi Salomon et de la Reine de Saba. Je me limiterai à évoquer l’empreinte qu’a laissée l’Ethiopie dans l’imaginaire des communautés noires aux Amériques.

C’est avec la Bible que le terme Ethiopie a d’abord traversé l’Océan atlantique. La Bible n’a pas voyagé dans les cales, avec les cargaisons humaines, mais sur le pont, dans la main des missionnaires. Dans sa traduction anglaise de 1611, tous les termes désignant des Noirs, étaient traduits, suivant l’usage grec, par le mot « éthiopien ». Pour les communautés esclaves ou affranchies, la Bible, malgré son association avec l’entreprise esclavagiste avait deux grands atouts : premièrement, avec les nombreuses références aux Ethiopiens et à l’Ethiopie, elle offrait un modèle auquel les descendants d’africains pouvaient s’identifier et grâce auquel ils pouvaient s’appeler, eux-mêmes, éthiopiens ; deuxièmement, avec l’histoire de l’Exode et la métaphore des Hébreux, peuple divin réduit à l’asservissement, elle offrait un archétype de la délivrance et de la liberté. Le verset 31 du psaume 68 est une des références à l’Ethiopie les plus connues, « l’Ethiopie tendra bientôt ses mains vers Dieu » indiquait ce verset. Interprété par des congrégations noires, il représentait leurs aspirations, la promesse d’une libération imminente et leur rôle actif dans la destinée prophétique attribuée à l’Ethiopie.

C’est porté par ces promesses qu’en 1930 Arnold Josiah Ford, originaire de la Barbade, une petite île de la Caraïbe, venait s’installer en Ethiopie avec quelques disciples. Leader d’une congrégation d’Hébreux noirs comme il y en avait de nombreuses dans le Harlem de l’époque, il était aussi musicien et compositeur, auteur de « l’hymne éthiopien universel », l’hymne de l’organisation de Marcus Garvey, un des pères du panafricanisme. Ford a été bien accueilli par les autorités éthiopiennes, des terres ont même été mises à sa disposition, mais il manqua rapidement de capital pour pouvoir y apporter le développement désiré. L’attraction qu’exerçait l’Ethiopie était due à l’éthiopianisme, cette dimension mythique, biblique de l’Ethiopie, ainsi qu’au rôle joué par l’Ethiopie dès les prémices du panafricanisme.

Le panafricanisme

Le panafricanisme est une idéologie qui postulait la solidarité raciale et l’unité politique et culturelle entre africains et descendants d’africains avec comme objectif la libération complète de l’Afrique. L’Ethiopie avait une place très importante dès les prémices du panafricanisme car elle était le seul pays indépendant d’Afrique et incarnait le pouvoir et la nation noire. L’Empereur Ménélik II était déjà représenté lors de la première conférence panafricaine à Londres en 1900 par un Haïtien, Benito Sylvain qui avait fait quatre fois le voyage jusqu’en Ethiopie. Lors des Congrès panafricains suivants, en 1919 à Paris, en 1921 et 1923 à Londres, et en 1927 à New York, l’Ethiopie, encore auréolée du prestige de la victoire d’Adwa en 1896, représentait un exemple, un modèle, et son soutien à l’entreprise panafricaine était recherché.

Avec l’invasion fasciste en 1935, l’Ethiopie devenait une cause à défendre. A cette occasion, la première grande mobilisation internationale à caractère panafricain a pris forme. En quelques semaines, l’attention des Noirs du monde entier était focalisée sur l’Ethiopie, la presse panafricaine faisait circuler des informations sur la guerre et des milliers des volontaires, citoyens américains ou sujets coloniaux étaient prêts à s’engager pour défendre l’Ethiopie. La guerre était devenue une métaphore de la lutte anticoloniale et l’Ethiopie a été soutenue par des chansons écrites pour l’occasion, de grandes manifestations, la levée de fonds, le boycott des commerces italiens à New York, parfois suivis d’émeutes, etc. Cette mobilisation autour de la défense de la souveraineté et de l’intégrité de l’Ethiopie forme un des grands moments du panafricanisme du vingtième siècle.

Après la libération, en 1941, toute une génération panafricaine s’est engagée en Ethiopie pour participer à la reconstruction du pays : ils étaient enseignants, professionnels, techniciens, journalistes, photographes et administrateurs. Un aviateur américain, John Robinson, avait déjà participé à la défense du pays en première ligne et il est revenu en 1944. En quelques années il a entraîné plus de quatre-vingt cadets, qui sont devenus les premiers pilotes éthiopiens, militaires et civils. David Talbot, un journaliste guyanais succédait à un noir américain, William Steen, comme éditeur de l’Ethiopian Herald, il diffusait également des programmes radio, et a été un temps responsable des publications en anglais du Ministère de l’Information. Mignon Ford, de la Barbade, ouvrait en 1941 l’école Princess Zennebe Worq, et le Dr Tomas Fortune Fletcher, un américain, devenait directeur de l’école Medhane Alem. Les exemples sont nombreux et ils illustrent tous l’importance qu’avait l’Ethiopie dans la vie de ces professionnels qui s’étaient identifiés à elle et se sentaient directement concernés par sa reconstruction. Certains restaient juste le temps de leur contrat mais d’autres, comme Mignon Ford ou David Talbot sont restés en Ethiopie jusqu’à la fin de leur vie.

Au tournant des années 1950, l’idéologie panafricaine était définitivement réappropriée par les nouvelles élites africaines. Le Congrès panafricain de Manchester en 1945 voyait les stratégies de luttes anticoloniales mises au premier plan par les jeunes leaders comme Kwame Nkrumah et Jomo Kenyatta. L’Empereur Haile Selassie I, considéré comme le « père de l’Afrique » grâce à son engagement dans la fondation de l’Organisation de l’Unité Africaine en 1963 commençait à être supplanté par les « fils », chefs des nouveaux pays indépendants. Les grands changements induits par le processus de décolonisation inspiraient les militants américains dans leur lutte pour les droits civils bien plus que le modèle éthiopien, considéré alors comme un régime vieillissant et autocratique qui se débattait entre un coup d’état, des révoltes paysannes et le problème de l’Erythrée.

Et pourtant…. L’image de l’Ethiopie, mythique, biblique, politique et souveraine allait être défendue par une population que les observateurs n’ont pas vu venir, pauvre, noire, issue des ghettos de Kingston, la capitale de la Jamaïque. Ce n’étaient plus l’élite africaine ou panafricaine, les intellectuels des grands Congrès, ni les syndicalistes et les activistes engagés dans la lutte armée et anticoloniale, c’étaient les Rastafariens.

Les Rastafariens

Les Rastafariens sont les héritiers de ces idéologies, éthiopianisme et panafricanisme, et leur contribution à leur renouvellement ne se lit pas seulement en termes de construction intellectuelle, mais aussi en termes de pratiques et d’engagement personnel et collectif. Les premiers Rastas étaient issus de la paysannerie jamaïcaine, rodée à la résistance culturelle, et pour la plupart, ils avaient voyagé en Amérique centrale et aux Etats-Unis. Ils s’étaient ainsi familiarisés avec le langage international de l’unité raciale et panafricaine. Les Rastafariens reprenaient à leur compte l’imagination noire de l’Ethiopie, la conviction que l’Ethiopie avait une destinée prophétique à laquelle ils pouvaient participer, et, rejetant leur statut de sujets coloniaux, ils s’identifiaient aux Ethiopiens et défendaient une allégeance à cet Empire noir bien plus qu’à l’Empire britannique.

L’Empereur Haile Selassie I tient une place centrale dans la cosmologie et les pratiques des Rastas. Alors qu’il était encore ras Teferi, il avait été remarqué, au sein des communautés noires, par ses premières actions politiques. Une délégation envoyée aux Etats-Unis en 1919, l’abolition graduelle de l’esclavage en Ethiopie, l’admission à la Société des Nations en 1923, le voyage européen de 1924, étaient autant d’étapes qui avaient donné à Teferi un grand prestige. A plusieurs reprises il avait invité les populations noires à venir s’installer en Ethiopie. Son couronnement le 2 novembre 1930 faisait de lui l’Empereur Haile Selassie I, Roi des Rois et Seigneurs des Seigneurs, Lion conquérant de la tribu de Juda, Elu de Dieu, lumière du monde – des titres à l’écho biblique utilisés par les souverains éthiopiens depuis le dix-neuvième siècle pour légitimer leur pouvoir politique. En Jamaïque, il n’a fallu qu’un pas pour que des congrégations sensibilisées interprètent ces titres dynastiques et messianiques comme la preuve que l’homme qui était couronné ce jour-là était de nature divine et jouait un rôle dans la réalisation de la prophétie qui annonçait leur libération. Cette interprétation faisait du mouvement Rasta un mouvement à la fois religieux et politique, durement réprimé en Jamaïque.

Les croyances et les pratiques des Rastas formaient une critique de la société coloniale dans laquelle ils se trouvaient. Leur chevelure, les dreadlocks, littéralement les nœuds terrifiants symbolisaient à la fois leur consécration religieuse, en référence au vœu du Nazir et leur refus de normes esthétiques européennes imposées par la société coloniale. Ils ont également créé des organisations rituelles et sociales parallèles, à travers lesquelles ils transmettaient leur histoire, oralement, aux jeunes générations. La contribution des Rastas à la conscience collective jamaïcaine est maintenant reconnue. En s’opposant à l’image des africains associés aux chaînes infâmantes de l’esclavage, en renversant la ligne de couleur pour revendiquer le corps noir comme site de la divinité, à l’image d’Haile Selassie I, ils ont participé à l’exorcisme du racisme sur lequel la Jamaïque s’était construite et ont insufflé la dimension culturelle dont manquait le Black power jamaïcain qui a pris son essor après l’indépendance du pays en 1962.

Après la visite d’Haile Selassie en Jamaïque en 1966, les Rastas ont mis en pratique le panafricanisme en venant s’installer en Ethiopie, dans la continuité des hommes et des femmes, caribéens ou américains qui étaient venus en Ethiopie avant eux. Pour remercier les communautés noires de leur soutien pendant la guerre italo-éthiopienne, Haile Selassie I leur avait confié des terres dans le sud du pays, juste avant la ville de Shashamane pour qu’ils viennent s’y installer et contribuer au développement du pays. Ce sont les Rastas qui ont accepté l’invitation. Ils sont plusieurs centaines à avoir fait le choix de tout laisser derrière eux pour nouer leur vie à celle des éthiopiens. Bien accueillis sous l’ancien régime, ils se sont pliés à la révolution et aux grandes nationalisations foncières. Associés à l’Empereur à cause de leur foi, ils ont tout perdu, leur maison, leurs voisins, leurs récoltes. Certains sont partis, menacés, certains sont restés et quelques uns ont continué d’arriver pendant les années du derg.

Il paraît que Mengistu Haile Mariam était admiratif de la présence constante de ces étrangers qui se voulaient éthiopiens et n’abandonnaient pas le pays rongé par la guerre lorsque des milliers d’éthiopiens, eux aussi menacés, le fuyaient par tous les moyens. Mais les installations des Rastas ne se sont pas faites sans difficultés et le décalage entre l’image qu’ils avaient de l’Ethiopie et la réalité du pays était flagrante. Les paysans autour de Shashamane, les commerçants de la ville, les fonctionnaires administratifs avaient bien du mal à comprendre pourquoi ces gens-là traversaient le monde pour venir partager leur sort. Les éthiopiens les ont parfois soutenus, aidés, nourris, ils les ont parfois volés, chassés, tués. Avec le changement de régime en 1991 et l’ouverture des frontières, l’insécurité foncière et sociale est allée grandissante, mais les Rastas sont devenus, alors, de plus en plus nombreux à venir du monde entier pour s’installer à Shashamane.

Pendant que l’Empire éthiopien s’écroulait sous les forces du changement social, le mouvement Rasta se diffusait bien au-delà des frontières jamaïcaines. Grâce à la musique reggae, les artistes Rastafariens ont transmis leur identité aux jeunesses de toutes les couleurs. Ce sont aujourd’hui les Rastas qui apprennent l’amharique dans les capitales européennes, qui militent pour que les britanniques rendent les trésors pillés à Magdala, qui parlent de l’Ethiopie sans forcément se limiter à la guerre, la famine, la pauvreté, ce sont eux qui en donnent une image digne et fière, loin de celle diffusée par les médias. Ils sont restés des fidèles alliés du pays malgré une politique éthiopienne changeante et parfois douloureuse. En Ethiopie, ils ont parfois dérangé à cause de leur culture encombrante, mais ils ont aussi construit des écoles, des cliniques, des commerces, des services, ils attirent les touristes, ils ont fait des investissements et fait grandir leurs enfants. Leur contribution reste pourtant méconnue et l’intégration n’est pas facile. Si Bob Marley représente un enjeu économique important et est maintenant célébré à Addis-Abeba, les Rastas ne bénéficient d’aucune politique gouvernementale, d’aucun soutien financier ou légal.

Conclusion

En guise de conclusion, rappelons que l’Ethiopie, d’une manière qui lui a parfois échappé, a laissé une vaste empreinte dans les mondes noirs, elle a prit une place centrale, tant rêvée que réelle dans le développement de l’éthiopianisme et du panafricanisme. Bien qu’elle n’ait pas été concernée par la traite transatlantique dont les comptoirs étaient installés sur toutes les côtes ouest africaines, elle a été choisie par des générations de militants comme symbole de liberté, de rédemption et de souveraineté. Ils ont été nombreux à s’identifier à elle, à la défendre, à revendiquer une nationalité éthiopienne, à venir s’y installer. L’obstination identitaire des Rastafariens et leur soutien sans faille au dernier Empereur éthiopien, Haile Selassie I, même trente ans après la chute de l’Empire devrait pouvoir donner confiance aux Ethiopiens, leur rappeler qu’il ne sert à rien d’oublier et qu’au contraire l’Ethiopie aurait beaucoup à gagner en s’engageant à nouveau dans cet espace panafricain. Car au seuil du vingt-et-unième siècle, le panafricanisme essaye de faire peau neuve. L’Union africaine a succédé à l’OUA et une sixième région, celle de la Diaspora, a été établie, accompagnée de longues discussions sur les modalités d’obtention d’une nationalité africaine pour les ressortissants de la diaspora. A l’occasion d’une conférence tenue l’année dernière à Kingston qui engageait l’Union Africaine, l’Afrique du Sud et les Etats de la Caraïbe, la contribution des Rastafariens comme gardiens de la vision des fondateurs du panafricanisme a été reconnue et célébrée. Combien de Noel Dyer faudra-t-il, traversant le monde à pieds pour rejoindre l’Ethiopie afin que les éthiopiens réalisent la destinée panafricaine qui est la leur ?

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14 responses

21 09 2007
jl

Bonjour ,
Merci pour votre revue , C’est du bon boulot, très intéressant.
Bonne continuation !
JL

21 09 2007
SONI

Bonjour ,je voulais juste te dire que ca m a ete impossible d ouvrir le
fichier,et c est la 2 eme fois que ca arrive pour l autre dossier ca
avait ete pareil.Et j ai envie de voir ce qui s y trouve
Ok merci
soni

21 09 2007
music

Super!!!
Merci, je vais me mettre a lire!!

21 09 2007
yu

c est vraiment enrichissant de lire ce journal.En même temps quel oxygénation du cerveau.
yu

21 09 2007
bona

Salut

d’abord une chose, mes felicitations à ceux qui ont cherché à comprendre, rassemblé des informations, recroisé ce qu’il avait trouvé sur internet. Je suis d’accord avec vous, il faut encourager les uns et les autres dans leur quête, afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-memes. C’est pour ca que j’ai toujours travaillé avec d’autres gens et aime les voir développer leurs projets. J’ai une grande confiance dans le travail collectif, que les qualités et compétences soient partagées et puissent se compléter. Il n’y a aucun mal a faire relire ses textes a des gens qui pourraient participer à les améliorer. C’est qqchose que je fais toujours, me faire relire. Et quand j’ai besoin d’infos sur des sujets que je connais moins, je n’hesite jamais a demander les conseils de ceux qui les maitrisent mieux.

Pour les textes, l’orthographe est plutot ok mais il y a plusieurs types d’erreurs, d’abord qui ont trait au contexte éthiopien: Haile Selassie n’etait pas un chef tribal méconnu, ni le 25° descendant de Solomon. Ce n’est pas lui a nationalisé des terres en 1974 mais les militaires qui ont renversé l’Empire et qui n’ont laissé que qques hectares aux rapatriés (et pas 50). Shashemene ne se trouve pas dans la vallée de Goba, mais dans celle du Rift, elle n’est donc pas sur une colline, mais à 1900 mètres d’altitude. Ce n’est pas un village mais une ville de 100 000 habitants.

Qques erreurs historiques également: comme la référence à la prophétie de Garvey, le nombre d’hectares donnés et la date de leur don, le nombre de gens installés à Shashemene. Ceux qui sont arrivées n’étaient pas « bien lotis » à l’occident, mais étaient pauvres, issus des ghettos de Kingsotn, puis financierement un peu mieux mais toujours victimes du racisme et de la marginalisation éco et sociale dans les métropoles anglophones. Ce n’est pas seulement en écnomisant qu’ils ont pu arriver à Shashemene, mais en s’organisant collectivement et en créant des organisations (Rastas).

Qques autres erreurs de fond: la JRDC est d’abord une initiative locale, à Shashemene puis des contacts se sont établis avec les communautés Rastas aux US etc. Donc le développement local, certes parfois financé par l’extérieur est néanmoins la preuve que les rapatriés se sont engagés dans leur communauté à Shash.

Bon travail pour la suite & a bientot

one love

bona

22 09 2007
IPD

Bravo à Nicolas AR Meloni, tu m’as touché frere.
Pomp a fric c’est ca man!!
IPD

23 09 2007
ANTIGONE

Bravo!!! Il faut une haute idée de soi. Penser grand!!
Antigone

24 09 2007
Connais tu ton histoire?

Qui a dit « œil pour œil finira par rendre le monde aveugle » ? Gandhi
Que se passe-t-il en 1885 ? Partage de l’Afrique par les européens.
Qu’est-ce que l’Emancipation ? La fin de l’esclavage
Quel pays d’Afrique n’a pas été colonisé ? L’Ethiopie.

24 09 2007
Anatol

l’histoire n’est pas un art. C’est une science pure.

24 09 2007
FUSTEL

l’histoire n’est pas une science. C’est un art.

4 01 2008
Mint rabia

L’homme noir a d’abords subit l’esclavagisme de l’esprit pour pouvoir accepter « l’esclavagisme du corps ». Aujourd’hui, l’homme noir n’est certes plus esclave de corps. Mais il est resté esclave de l’esprit. C’est cet état de fait QUI FAIT LE MALHEUR DE L’AFRIQUE NOIR.
« Je pense donc je suis » à méditer

9 01 2008
Mint rabia

Lorsque tu ne sais pas ou’ tu vas, regarde d’ou’ tu viens.

12 01 2008
Mint rabia

J’ai lu des citations un jour mais vous m’excuserez, je ne me souviens plus qui les avaient citées. Je voudrais vous les formuler ici en guise de tout un « blabla » pour quiconque se sentant concerner par les problèmes touchant l’Afrique.

« On ne peut pas, sous prétexte qu’il est impossible de tout faire en un jour, ne rien faire du tout ».

« Il faut que la voix des hommes sans voix empeche les puissants de dormir ».

11 05 2008
Mint rabia

‘‘La démarche africaine, en interrogeant le passé africain, des origines à nos jours, est celle-ci : connaître par soi-même tout son passé (glorieux ou non) sur toute l’étendue du continent africain, évaluer les accomplissements par les ancêtres, étudier leurs succès et leurs échecs, leurs valeurs et leurs idéaux, comprendre philosophiquement et économiquement la traite négrière (le plus grand crime contre l’humanité commis par l’Europe entière), rechercher l’unité, la solidarité et l’intégration africaine, bâtir la Renaissance Africaine dans le contexte global du monde d’aujourd’hui.’’

Théophile Obenga

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