Les Africains sont ils chez eux en Afrique ? By Rachel Kinuani

27 08 2012

J’en connais qui riront en lisant cette question, tellement la réponse leur semble logique.

Ils ont raison, ou dois-je dire, ils devraient  avoir raison, mais nous verrons que dans la réalité tout ne se passe pas toujours comme cela devrait l’être !

Si l’on demande à un enfant ,où rentre-t-il après les cours, surement il nous répondra ,chez nous et effectivement ce petit enfant aura raison parce que chez ses parents ,c’est chez lui, c’est l’endroit où il doit se sentir, en sécurité, protégé, entouré d’amour, des siens et épanoui.

Mais on verra qu’avec les années, le petit enfant qui criait à tout bout de champ je rentre chez nous, une fois devenu homme, il voudra avoir une autre  maison, sa propre maison, son chez soi…mais qu’est ce qui a changé du petit enfant? Surement ,certains des paramètres ont fait que l’enfant ne se sentait plus chez lui, dans la maison familiale alors que ses parents y vivent toujours ou encore d’autres membres de la famille…vous vous demandez où je vais en venir! Un peu de patience…

Revenons  donc à notre question, les africains sont ils chez eux en Afrique ?

Qu’entend on par chez eux ??? Comme la maison familiale de ce petit enfant, l’Afrique offre-t-elle aux africains : la protection, la sécurité, l’épanouissement qu’elle devrait ?

En sachant toutes les guerres qu’a connu l’Afrique (le génocide, la guerre à l’est au Congo, la guerre en Côte d’Ivoire et plus récemment le Mali et j’en passe…) et qui ont occasionné autant de morts, je ne pense pas que l’Afrique offre la sécurité nécessaire aux africains, je pense même qu’ils sont plus en danger en Afrique parce que non seulement victimes de l’insécurité militaire, de l’abus de pouvoir de la part certains dirigeants mais aussi victimes de l’insécurité économique, de la précarité ,de manque de soins de santé adéquats  et dans ces conditions, comment voulez-vous que les africains se sentent épanouis en Afrique…ou se sentent chez eux tout simplement, d’aucuns s’étonnent qu’il y ait autant d’immigrés clandestins en Europe arrivant d’Afrique  mais si ils ne se sentent plus en sécurité chez eux, ne se sentent plus épanouis chez eux, on pourrait les comprendre ou du moins ils peuvent justifier leurs démarches, en disant qu’ils sont à la recherche d’un chez soi qui leur offrirait toutes les conditions que l’Afrique, qui devrait être leur chez soi naturel, ne leur offre plus !

Surement qu’à une certaine époque, (avant la colonisation je dirai ), les africains étaient chez eux en Afrique mais depuis, et même après l’indépendance, l’Afrique est devenue le chez soi des  non autochtones qui s’enrichissent en se servant de toutes les ressources que peut offrir l’Afrique tant naturelles mais aussi humaines qu’on arriverait à se demander si les non africains ne sont pas plus chez eux en Afrique que les africains eux-mêmes.

Parce ce que malgré l’indépendance politique, on sait qu’il y a toujours une main mise des puissances étrangères sur les pays africains visant à maintenir leurs intérêts au détriment parfois de ceux des africains eux-mêmes !

Eu égard à ce que  je dis plus haut, je pense que chez ‘’nous,’’c’est pas le lieu où nous sommes nés ou notre lieu de provenance mais le lieu où nous nous sentons le mieux ,en sécurité et épanouis, se basant sur ces critères, je dirai que les africains malheureusement ne sont pas chez eux en Afrique…comme tout africain enfin je l’espère, je nourris l’espoir que cela arrivera un jour mais le chemin reste encore long, et  cela doit passer nécessairement par une prise de conscience générale et par une volonté collective des africains de se réapproprier ce qui leur est dû de droit non de mains des non-africains mais aussi de celles de certains africains qui sont au pouvoir et qui profitent seuls de toutes les potentialités que peut offrir l’Afrique !

Rachel Kinuani

 





RUDOLF DUALA MANGA BELL, HÉROS CAMEROUNAIS ANTICOLONIALISTE. by AFROCHILD

22 08 2012

Héritier du clan royal des Bell, né en 1873 à Cameroontown (aujourd’hui Douala), Rudolf Duala Manga Bell a effectué la première partie de sa scolarité au Cameroun et la seconde partie de sa scolarité (lycée et université de droit) en Allemagne.

Le 12 juillet 1884, une partie des chefs des différentes tribus de Douala signent un traité de protectorat « Germano-Douala » qui place la ville sous la protection de l’Allemagne. Cameroontown est alors renommé Kamerunstadt.

En 1896, Rudolf est retourné vivre au Cameroun, s’est marié avec une Anglo-Camerounaise, Engombe Dayas, et est devenu fonctionnaire.

Le 2 septembre 1908, Duala Manga Bell accède au trône royal de la dynastie des Bell (fondée en 1792) suite à la mort de son père.

Deux ans après, un gouverneur allemand au Cameroun, Théodore Seitz souhaite faire de Douala (renommée ainsi en 1907), une ville exclusivement réservée aux Allemands et y construire l’un des plus grands ports d’Afrique. Pour l’exécution de son projet, il planifie de confisquer les terres des autochtones et de les en exclure.

Le roi désapprouve immédiatement ce projet en répliquant aux Allemands que le pacte de 1884 n’autorise pas l’expropriation des autochtones de leur lieu d’habitation. Un long bras de fer va alors commencer….

À partir de 1910, le chef de tribu va lutter avec les moyens dont il dispose selon la loi (pétitions, envoi d’émissaires en Allemagne, en France, en Angleterre,…) contre la mise en place du projet.

Toutefois, en 1913, le programme d’urbanisation devient réalité.

Constatant que les occupants se moquent de la loi et chassent les natifs, l’héritier s’allie avec les chefs d’autres villes du Cameroun pour contrer les plans des autorités coloniales.

Au courant de la mutinerie, les Allemands arrêtent le leader résistant le 10 mai 1914, l’accusant d’haute trahison, puis l’exécutent par pendaison le 8 août 1914 á Douala.





LES DEFIS DE L’AFRIQUE. By Jean Philippe Omotunde

14 08 2012

PRODUIRE AFRICAIN, CONSOMMER LOCAL

Cette très belle chaise dont l’image a été publiée sur le Catalogue de la mode africaine a suscité pas mal d’engouement et beaucoup de gens se sont demandés comment l’avoir. Cette image et l’intervention de l’historien afro-caribéen Jean Philippe Omotunde sur le développement de la culture kamite (noire africaine) m’ont fait réfléchir

sur les choix économiques qui sont les nôtres en ce moment. Beaucoup pensent que pour nous faire décoller, nous devons transformer l’Afrique en un atelier du monde comme la Chine, alors qu’il y a des secteurs dans lesquels nous avons une grande légitimité et sur lesquels nous pouvons asseoir durablement et plus facilement notre essor.Ceux qui ont lu l’histoire de l’empire du Kongo savent que les explorateurs décrivaient les baKongo comme des gens habillés « de soie et de brocart, civilisés jusqu’à l’os ». L’industrie textile qui faisait en partie la richesse de l’empire utilisait des techniques particulières. Des palmiers spéciaux par exemple étaient cultivés pour avoir du matériau brut qui allait être transformé en ces vêtements qui faisaient la notoriété de l’empire. Nous avons dans ce sens plus de 5000 ans de techniques et de patrimoine culturel traçables sous-exploités, de la période pharaonique à maintenant. Les africains – un peu moins à l’ouest du continent – qui pensent que leurs ancêtres vivaient nus et que l’Europe les a sortis des ténèbres, ne s’habillent pour beaucoup, du slip au chapeau, que de friperie occidentale. Cela représente un manque-à-gagner gigantesque alors que nous pourrions investir dans ce secteur novateur et porteur. Les sources d’inspiration étant infinies.

Nous vivons en Afrique des situations ubuesques où le patrimoine culturel occidental a pignon sur rue et ceux qui exploitent le patrimoine africain sont parfois relégués à la confidentialité. Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu la volonté de passer à une production affirmée et massive de notre héritage. Les africains pris par le paradigme occidental, dépensent des sommes importantes pour un tee-shirt avec une virgule ou pour du mobilier type renaissance française. Le matériel local, qui lui est frappé du sceau colonial de la honte et de l’infériorité et qui n’a pas la même exposition, tient souvent de l’ordre du folklore. On se retrouve ainsi en Afrique en train d’organiser des soirées… africaines.

Pour stimuler de manière franche une demande, il faudrait non seulement une offre plus importante, mais une mise en valeur du patrimoine. En reprenant ce qu’a dit JP Omotunde, je dirais que pour acheter un vêtement aux codes culturels africains, il faut aimer la culture africaine. Et pour aimer la culture africaine, il faut être fier de l’histoire africaine. Voilà comment l’histoire a un impact direct sur l’économie.

Par ailleurs, nous vivons dans une économie mondialisée où les règles sont pour le moment en notre défaveur et où beaucoup, si le succès vient à être au rendez-vous, ne tarderaient pas à faire des copies pour inonder nos marchés. Nous avons l’exemple des babouches africaines qui sont fabriquées en Chine de nos jours. Vu qu’il est inconcevable d’après nos valeurs d’entrer dans une guerre de compétitivité où les victimes seraient des êtres humains qu’il faudrait sous-payer, on pourrait afin de sécuriser le marché, s’approprier la légitimité de ces fabrications. Ceci en donnant de la valeur à un « made in Africa », suscité par un patriotisme économique, ici encore éveillé par une conscience historique solide.

En définitive, que ce soit dans le textile ou le mobilier qui sont des secteurs très rentables, il y a largement de quoi créer des emplois directs ou indirects et des richesses à partager raisonnablement entre africains. Ca nous permettra qui plus est d’évoluer et de vivre dans notre univers culturel.

Jean Philippe Omotunde




Noirs de France (1940 – 1974) – Le Temps Des Migrations

1 08 2012

Cette série documentaire retrace la construction de l’identité noire française et donne la parole aux acteurs et héritiers de cette histoire. Celle-ci, pourtant ancienne, devient visible à partir de l’exposition universelle de 1889.

Le récit traverse deux conflits mondiaux, la colonisation, les indépendances et les migrations venues des Antilles, d’Afrique, de l’océan Indien ou encore de Nouvelle-Calédonie, et évoque l’influence afro-américaine depuis l’entre-deux-guerres.

Cette histoire, à peine évoquée dans les livres d’histoire en France, est celle de plus de 3 à 4 millions de ces français issus des « minorités », qui réclament à juste titre leur place dans la société.