267 Congolais dans un zoo humain à Bruxelles en 1897… By Francois Duja

1 02 2012

267 Congolais dans un zoo humain à Tervuren en 1897…

Une page vite tournée par nos compatriotes, alors que dans la mémoire des Africains, la blessure est toujours douloureuse.

En 1897, alors que le cinéma n’en est qu’à ses premiers mots et que la grande Exposition universelle de la fin du siècle bat son plein, l’Etat belge entend montrer par l’exemple à la population les bienfaits du projet colonial nourri par Léopold II. Le soutien de l’opinion publique est indispensable, celui des investisseurs aussi. Une équipe de médecins belges se rend donc au Congo. Là-bas, elle extirpe de leur jungle pas moins de 267 individus, issus d’ethnies variées. Ce panel entre le 27 juin 1897 au port d’Anvers, au terme d’une traversée d’un mois qui a coûté la vie à quatre passagers.

L’accueil est fastueux. La population se presse et interroge les arrivants sur leurs prénoms. Cérémonies, défilés, fanfares, feux d’artifice qui impressionnent au plus haut point les invités africains vêtus à l’occidentale pour l’occasion… Tous sont casés dans des bâtiments à Tervuren, et reçoivent au quotidien nourriture, bière et même genièvre pour leur réchauffer le cœur. Pendant la journée, les Congolais doivent reproduire artificiellement les gestes de leur vie africaine devant des cases fabriquées avec des matériaux ramenés de là-bas et plantées dans le parc, au bord des étangs. Des grillages les séparent des visiteurs, au nombre d’un million en deux mois (juillet et août). Mais la météo pourrie était déjà d’actualité à l’époque, et les Africains vont être victimes d’épidémies de grippe et de pneumonies, des maux qu’ils ne connaissent pas. Bilan: sept morts…  :

1. mama SAMBO
2. mama MPEMBA
3. mama NGEMBA
4. papa EKIA
5. papa NZAU
6. papa KITUKWA
7. papa MIBANGE

Mais le déshonneur les poursuivit, même MORTS : point de place pour eux dans les tombes belges. D’autre part, on n’ose pas entrer en contact avec ces corps, exposés en public : question de « santé publique » arguait-on… Ils furent enterrés dans un premier temps dans une fosse commune, qu’ils devaient partager avec les indigents de l’époque. Ce qui fut fait dans le bois de Tervuren. Une dizaine d’années plus tard, ils ont été enterrés dans la cour de l’église catholique Saint Jean Evangéliste de Tervuren, sise rue de l’église. Il n’y avait toujours pas de place pour eux dans les cimetières belges.

Le film ci dessous, qui donne la parole à d’anciens Congolais de Belgique, raconte cette histoire barbare et inhumaine, et s’adresse à ces visiteurs d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Francois Duja