Réflexion sur les défis de la jeunesse dans la situation sociopolitique actuelle. by Bernard NIYOMWUNGERE

9 11 2011

L’Université du Lac Tanganyika (ULT) veut ouvrir les yeux.

Depuis quelques mois, l’ULT accueille de plus en plus des cadres d’échange d’idées sur le diagnostique des problèmes que vit la société actuelle et les pistes de solutions y relatives. On sent qu’il y a un éveil des consciences dans la jeunesse de cet établissement. On ne peut que souhaiter que le soleil qui se lève puisse éclairer les diverses zones d’obscurantisme et réchauffer les esprits meurtris par l’hiver de la médiocrité tous azimuts. « Réflexion sur les défis de la jeunesse dans la situation sociopolitique actuelle », tel est le thème animé conjointement par Monsieur Hugues NKENGURUTSE, professeur-assistant à l’ULT et Teddy MAZINA, Journaliste-photographe du Studio Pigapicha. Le premier a commencé par la présentation de la situation sociopolitique actuelle, sous l’angle de la science politique. Il a fait une brève analyse des acteurs politiques, des rapports de force et de l’application des principes directeurs de la théorie de l’Etat au Burundi. Concernant les acteurs, il a signalé que les partis politiques sont en principe des organisations durables dont la durée de vie doit être supérieure à celle de ses membres. Or, le gros des partis politiques burundais sont personnalisés et trop limités dans le temps et dans l’espace. Aussi, pour certains d’entre eux (les phénomènes NYAKURI), le but n’est pas de conquérir le pouvoir politique, mais d’obtenir certains avantages matériels immédiats. Ils n’assurent pas leur fonction d’animer le débat public à cause du musellement de l’opposition et de la réduction de l’espace des libertés publiques par le Gouvernement. Cela a pour corollaire l’absence de la socialisation publique. Le conférencier a souligné que la politique n’est pas une question de morale mais de rapports de force. Posséder la pouvoir politique, c’est avoir la capacité de redistribution, de donner des postes de responsabilité pour fidéliser ses clients politiques. Or, les partis de l’opposition extra-institutionnelle n’ont pas ce genre de ressources. Alors, ils essaient de recourir à la récupération et à la manipulation des frustrations sociales comme seule ressource disponible. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la naissance des bandes armées que certains qualifient de rébellion et d’autres de bandits armés. Quant à la Société civile, elle marche selon l’opinion publique. Elle a le rôle de guider les masses et de formuler des critiques objectives à l’endroit des dirigeants. Mais, le problème burundais, c’est que les masses populaires ont une culture politique trop réduite. Cela crée un environnement favorable à une culture du mensonge politique, à la tricherie et à la médiocrité. Le second conférencier lui a partagé avec l’audience son documentaire intitulé « Yeux fermés ». Il a fait défiler dans une projection des photos de plusieurs personnalités publiques surtout burundaises, hommes et femmes politiques, icônes de la Société civile, artistes, … tous ayant des « yeux fermés ». Monsieur MAZINA raconte alors qu’il a vécu à l’étranger pendant dix ans, et que dès son retour au Burundi, il a commencé à s’intéresser au phénomène des gens qui ont des « yeux fermés ». Il a expliqué que les problèmes auxquels nous faisons face sont dus à ce fait que nos prétendus leaders, nos élites et nous-mêmes avons des « yeux fermés » notamment sur l’ethnisme, le régionalisme, l’intolérance, etc. Tous les participants Le Nationaliste Société-Jeunesse ont remarqué que nous n’avançons pas, ou, pour le moins, nous avançons mal à cause de nos « yeux fermés ». Et nous continuons à fermer nos yeux pour passer notre temps à pleurer, prier et gémir. La question qui s’ensuit est celle de savoir comment ouvrir ces yeux ? C’est sur cette question que s’est ouvert un débat très riche dans la salle. Tout le monde s’accordait sur la nécessité d’un changement, certains allant même à parler de révolution. Plusieurs des intervenants ont déploré cependant le malheur de la violence qui paie bien au Burundi. Des félicitations ont été adressées aux étudiants de l’ULT regroupés au sein de « Génération Impact » pour l’organisation couronnée de succès de cette Conférence-débat.

Avant de clôturer, la Présidente de la séance et du même club a demandé aux participants de se lever et d’observer une minute de silence en mémoire d’un étudiant de l’ULT qui venait d’être assassiné la veille par ce qu’il aurait été membre d’un parti politique de l’opposition.

Bernard NIYOMWUNGERE

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3 responses

13 12 2012
NIYOMWUNGERE Emmanuel

Je suis ravi de trouver en integralité mon article publié dans le mensuel LE NATIONALISTE.Mais à la fois, comme Julien de SUR LE NET ‘France 24’ je suis surpris de trouver mon prenom travesti par Bernard qui a signé l’article a ma place et a mon insu.

13 12 2012
afrochild

bonjour désolé mais nous ne pouvions mettre votre nom sans votre accord…soit on retire le texte soit on le signe avec votre nom complet et votre accord soit on le garde comme ca, c’est comme vous voulez

14 12 2012
NIYOMWUNGERE Emmanuel

Bonjour.je vous donne mon accord de signer le texte avec mon nom « Emmanuel NIYOMWUNGERE ».
Merci d’avoir réagi de façon conséquente et en temps utile.
A bientôt.

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