Sur le bien-fondé de la virginité avant le mariage. Par Anne Wetsi MPOMA

13 02 2011

Sur le bien-fondé de la virginité avant le mariage

Quand on parle de virginité, c’est toujours de la virginité de la femme dont il est question. On associe cette virginité à de la pureté. Beaucoup utilisent cet argument pour tenter d’attirer l’attention des jeunes filles sur l’importance de respecter leur corps et de se faire respecter en général. Seulement gaver une personne douée de raison de discours moralisateurs manque de pertinence et peut finalement s’avérer très maladroit. En effet, la jeune fille capable de discernement pourra être tentée de se révolter contre ce qui pourrait être perçu comme une tentative d’oppression contre elle. Car, si la rencontre amoureuse  dans le couple  est celle de deux complices qui décident de s’offrir l’un à l’autre, pourquoi uniquement se focaliser sur la virginité de la femme?

Je ne vois rien de négatif à ce que deux personnes qui se rencontrent et qui s’aiment choisissent ensemble d’attendre d’être mariées avant d’avoir des relations sexuelles. C’est très bien ainsi et cela ne veut pas forcément dire qu’ils n’ont pas connu d’autres partenaires avant de se rencontrer. De plus une femme qui préfère faire l’amour pour la première fois avec un homme qui sera son époux est tout à fait louable. Mais que faire de celle qui fera un choix différent ? Ou de celle qui n’aura pas eu le choix ? Par exemple, que diriez-vous à une jeune fille victime d’un viol en guise de premier rapport sexuel ? : « C’est pas grave, tu restes pure même si ton hymen est déchiré. » C’est faux, l’hymen est déchiré, elle n’est plus vierge ! ou « Espèce de traînée, tu déshonores la famille ! ». Dans le premier cas, on est hypocrite, dans l’autre injuste et cruel. De même, serait-ce raisonnable d’attendre d’une femme qui se marierait à plus de 30 ans de ne jamais avoir expérimenté sa sexualité ?

La question de la virginité avant le mariage est une question intime et personnelle à laquelle on ne devrait pouvoir répondre qu’au cas par cas, et ce pour au moins deux raisons : Tout d’abord, l’Homme est faible. Si on lui donne une arme, il y a fort à parier qu’il l’utilisera pour dominer et semer la terreur. La deuxième raison est que la première fois pour une femme…c’est pas forcément le pied…  Je veux dire par là que le fait de dépuceler une vierge est un fantasme masculin, qui ne tient pas forcément compte de la réalité, peut-être pas si glamour que cela. A moins que le véritable enjeu se situe au niveau de l’appropriation du corps de l’autre, de marquer un corps vierge, comme on marquerait une terra nullius ?

Mon avis sur la question est que, que l’on soit un homme ou une femme, il est important d’apprendre à se connaître, de découvrir sa sexualité et différentes manières de l’explorer. Il ne s’agit pas de faire le tour de la planète, c’est juste qu’il est rare que la première rencontre amoureuse soit la dernière. Une personne très jeune ne sait pas forcément qui elle est, et j’ose espérer qu’elle s’autorisera à aller à la découverte d’elle-même. Celui qui vous attirait à vos 18 ans ne sera pas forcément le même qu’à vos 35 ans. Deux personnes n’évoluent pas forcément dans la même direction, qu’elles le veuillent ou non. Et c’est pourquoi, aujourd’hui, la plupart des hommes et des femmes ont plusieurs partenaires au cours de leur existence.

Pour moi une femme pure, ce n’est pas une femme qui n’a jamais eu de relation sexuelle. C’est plutôt celle dont la foi est pure, comme le personnage de Marie-Madeleine, dans la Bible, par exemple. C’est celle qui se sent reliée au Divin et qui est capable d’aimer son homme de façon authentique. Une personne responsable et mature qui peut l’écouter, le soutenir, le respecter ; une femme capable de donner sa place à l’homme dans leur famille. Cette question de la pureté de la femme vient du fait qu’encore aujourd’hui, trop d’hommes ont du mal à envisager la pluralité de leur femme. Plutôt que de chercher à réellement la comprendre, ils veulent la contrôler. C’est dommage. Une femme peut à la fois être une épouse, une amante et une amie pour le même homme, et une mère pour lui et ses enfants. Cette femme-là sera d’autant plus épanouie qu’elle connaîtra les parties sombres tout comme les parties lumineuses de sa personnalité. Une femme épanouie, n’est-ce pas exactement ce dont un homme a besoin à ses côtés ? Ou vraiment, certains préfèrent avoir une bonne mère pour leurs enfants, une bonne ménagère à la maison et une maîtresse au travail ? Voire, une prostituée entre le chemin du travail et de la maison le soir ???

Je sais combien il peut être difficile de réellement accepter qu’un être aimé vive sa propre vie. Cela peut réveiller bien des peurs chez celui qui se sent en insécurité face à l’inconnu. Pourtant, homme ou femme, il est capital d’aller puiser en soi les ressources nécessaires pour laisser l’autre libre. Cela peut passer par l’acceptation pour un homme du fait que sa femme ait été l’amante d’autres hommes avant lui, qu’elle se soit autorisé le fait d’explorer sa sexualité. Il s’agit d’un défi à relever par de nombreux individus, dans de nombreuses familles et cultures. Quant aux femmes, leur défi est de parvenir à respecter leur corps et à imposer ce respect aux autres, tout en étant ouvertes à la découverte de celui-ci. « Ni putes, ni soumises ».

Par Anne Wetsi MPOMA

 

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