Comment passer d’une tradition orale à une tradition écrite kirundi ? by BUKEYENEZA ARMEL-Gilbert

2 12 2010

Tu es où?

Le monde fonctionne avec des principes, ceux-ci sont indiscutables et immuables, ce que peut faire l’ homme sur ces lois c’ est de les découvrir et les faire connaitre aux autres ;ici on peut parler par exemple la loi de la gravitation, la loi de la aérodynamique(les physiciens peuvent en dire plus),la loi de l’offre et de la demande en économie, la loi de Lavoisier en chimie, etc. A cote de toutes ces lois il y a une autre selon laquelle : Pour savoir où tu vas, il faut forcement savoir d’ où tu viens. Si vous n en êtes pas convaincu, demander par exemple à votre ami et dites lui : Je vais aller a Bujumbura mais il faut que tu m’aides, je dois passer par où pour y arriver ? la réponse directe sera :Tu es où ? Pour t’ indiquer le chemin il doit forcement savoir où tu es.

Le fait que les sociétés avec  écriture sont plus fortes que les sociétés sans écriture n’est dû qu’ à  la loi qui d’ être annoncé. Les générations  présentes des sociétés fortes savent la vie et les objectifs de leurs ancêtres a travers les écrits que ces derniers ont laisse et les générations  présentes ne font que prendre le relais car ils savent d’ où  vient leur société et où elle va. La formule est simple mais puissante. De la il y a mise en évidence de la raison pour laquelle les sociétés sans écriture restent faibles. Ceci étant explique par le fait que chaque génération est obligé de se débrouiller en posant ses propres fondements, par conséquent fixer aussi ses propres objectifs indépendamment de l’ inspiration des générations précédentes.

La poésie n est pas une innovation au Burundi, elle date de très longtemps, mais ne sachant avec  certitude de quoi était constitue la poésie burundaise, comment voulez vous maintenant la poésie écrite en langue kirundi ?Sinon on va avoir une poésie qui n’ a rien a avoir de profond avec celle de nos ancêtres, ou encore on va s inspirer des poésies des sociétés étrangères ce qui va complètement nos sociétés car  chaque poésie d une société  donnée s inspire de sa culture, quel résultat obtiendrons nous après avoir par exemple superposer la poésie française à la culture burundaise ? Malheureusement c est ce qui arrive le plus souvent. Donc il est difficile de parler de l’écriture, de la poésie sans parler de la culture est ce qui l’ objet du point suivant.

La culture

Nos sincères  remerciements aux colonisateurs qui nous ont finalement appris a lire et à écrire pour pallier au problème évoqué ci-haut .N’ eut été les colonisateurs, je pense personnellement qu aujourd’ hui  il nous serait encore difficile de savoir par exemple qui a milite pour notre indépendance dans les années 60 ou bien de savoir comment la 1ere république a été instaure, on serait en train de se contenter de la transmission de connaissance par la voie orale par nos grands pères qui sont encore en vie avec toutes les  risques que ca comporte surtout celui de donner sa propre version des choses, pire encore la génération actuelle qui serait oblige de la transmettre à la génération future risquerait de donner une information complètement biaisée sans aucun rapport avec la vraie version, et tout ca en moins d’ un siècle. Encore grand merci aux colonisateurs.

Toutefois, quant à la question de la culture, il est vraie que nous sommes responsables de la faiblesse due à l’analphabétisme, mais celle liée a l acculturation les colonisateurs y sont pour grande chose. Quant ils nous ont appris a danser  le Twist et le Rock a la place d Agasimbo et d Umudeyo,qui nous a appris à l’ école où se trouvait Bruxelles avant de savoir ou se trouvait Bujumbura, pensez vous que Ça n a pas déboussolé notre société ?

La perte de la culture a toujours été le début de la chute de la société sur le plan socio-économique et culturel. Si vous en doutez, regardez les grandes puissances ils ont tous un point commun, ils puisent leur force dans leurs culture. Dans un documentaire télévisé, il suffit qu’il soit réalisé en Chine, je le décèle immédiatement avant même que je ne voie un chinois mais à cause de leurs type de construction qui sont spéciaux inspires de leur culture.

C’est simple à démontrer, le Burundi a toujours connu des chanteurs depuis longtemps jusqu’ aujourd’ hui, mais seules les périodes où nous avons exploités la musique basée sur notre culture, nous avons été applaudi et acclame sur le plan international. Faisons allusion par exemple au prix découverte RFI qui a été discerne a l artiste feu CANCO Hamissi dans les années 80, sans oublier les tournées internationales qu’ effectuent actuellement nos différents  artistes a savoir par exemple : Steven SOGO, Groupe NAKARANGA, Groupe ABAGUMYABANGA,…sans oublier l’ exclusivité burundaise celle du Tambour. Tous ces artistes ont compris une chose : retour a notre identité  sociale qui notre culture.

Tout Ça c’est bien, mais si nous continuons à mépriser l’écriture nous risquons encore une fois de ne rien laisser comme héritage a nos enfants et ceux-ci percevront nos exploits culturels comme les vieux souvenirs du passé. Encore une fois qu’ on le précise, l’ écriture ne permet pas de raconter et de transmettre les connaissances mais en outre quand le stylo est en main c est une bonne opportunité de pouvoir creuser dans nos cerveaux afin de donner sa contribution a la construction de notre société écriture permet d exploiter a fonds les potentialités que le Créateur a mis en nous, d ailleurs je suis du même avis que quelqu’ un qui a donné une affirmation selon laquelle la majorité des gens n arrivent même pas a exploiter 10 pour cent de leur potentiel , cela pour une simple raison qu’ ils ne se sont pas donnés l occasion de voyager dans leurs cerveaux par l écriture.

Comment passer d une tradition orale à une tradition écrite kirundi ?

Aucune nation, aucune société, aucun peuple ne peut pas être fier s’ il voit sa culture ou sa langue mis en valeur. Personnellement je crois que la stabilité culturelle et même linguistique d une société est fonction de sa stabilité économique. Comment  voulez-vous renforcer la tradition écrite en kirundi alors que aucune administration, aucune grande entreprise n utilise le kirundi comme sa langue officielle, les documents qui y sont utilises sont soit en français soit en anglais. Economiquement  parlant le pays dépend fortement de l extérieur, comment voulez vous que le pays impose l utilisation de sa la langue ? Quand nous voyons dans les grands sommets internationaux le Président  américain s’exprimer en anglais, celui de la France en français avec Kadafi en arabe, voulez vous que le Président burundais s exprime en kirundi ?

Il n y a pas très longtemps qu’ ici a Bujumbura  la langue chinoise était quelque chose d étrange, mais aujourd ‘hui les centres de formation naissent du jour au jour pour l apprentissage du chinois ;pourquoi ?Son essor économique actuel. Un commerçant de Bujumbura est oblige de parler un peu du chinois pour bien faire ses affaires en s approvisionnant en Chine. La langue chinoise étant celle qu on disait il y a quelques années la plus difficile à apprendre, nos chers frères étudiants burundais qui y font leurs études apprennent le chinois en 6 mois pas plus pour pouvoir suivre les cours et ils y arrivent. Chez nous les burundais  n’ont même pas la chance de suivre les cours en leur langue nationale.

Il nous faut forcement un essor économique qui va nous doter de l indépendance de pouvoir instaurer ce que nous voulons instaurer oubliez pas que même dans la Communauté des pays d Afrique de l Est les autres pays  nous ont refuse la reconnaissance de la langue française comme langue officielle sans parler du kirundi, tout ca faute de poids économique.

Quand nous parlons d essor économique, un paradoxe nous vient en âme, comment se fait il qu’un pays riche en ressources naturelles soit encore parmi les 5 premiers pays pauvres au monde ?Au faite selon un proverbe arabe : la différence entre le désert et le jardin c est l homme !Quelqu’ un disait que si les burundais parvenaient a s entendre avec les japonais d échanger leurs territoires, après quelques années le Burundi deviendrait le Japon et le Japon deviendrait le Burundi.

L homme est au centre de tout, pour  transformer il d abord être transforme, principe incontournable. Une pauvreté matérielle ne reflète que la pauvreté spirituelle car le visible est le reflet de l invisible. Et l homme ne peut trouver l abondance en son intérieur que si il retourne dans sa place, celle de dépendance totale a son Créateur, car la raison de vivre de l homme dépasse les simples activités de la vie quotidienne.

Bref la formule est simple pour instaurer la tradition écrite au Burundi, l homme retrouve sa place et sa raison de vivre qui vont amener l épanouissement interne en lui, forcement ca va s extérioriser et c est le début de l essor économique qui nous permettra de mettre en valeur notre langue.

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