Kahise gategura kazoza. by Eloi Mugisha, BURUNDI.

26 11 2010

Le droit à l’histoire : Toute culture se nourrit de son histoire.

Il est évident que toute culture se nourrit de son histoire et le faite que la culture soit un ensemble de manifestations définissant un groupe ,une société par rapport à un autre (d’après le PETIT LAROUSSE ILLUSTRE de1995), implique que la culture d’un groupe quelconque s’inspire d’une manière ou d’une autre de certains traits de sa tradition, ce qui par conséquent amène à son passé et donc à son histoire.

L’histoire comme tout passé, constitue toujours un repère pour l’avenir, et le présent comme l’avenir qu’on le veuille ou non sont des conséquences de la gestion des événements qui se sont déroulés dans le passé. Ignorer le passé est certainement une erreur car le passé nous rattrape toujours. Le passé, le présent et l’avenir sont des périodes liés entre eux et interdépendant, l’avenir est le résultat de la gestion de ce qui s’est passé comme le dit si bien l’adage kirundi « Kahise gategura kazoza » signifiant « le passé prépare l’avenir ».Connaitre le passé, plus qu’un droit, s’avère donc indispensable, non pas pour en pleurer mais pour l’apprivoiser, pour le gérer en vue de construire un avenir meilleur. Il est donc important de conserver son histoire intacte afin de construire avec précision l’avenir.

L’histoire s’est conservé et se conserve de manière différente, d’un peuple à un autre, d’un groupe à un autre et d’une nation à une autre. L’Afrique a de sa part, pour la plus part des cas, conservé son histoire dans la tradition orale contrairement à bien d’autres régions européennes, asiatiques ou même américaines (plus récentes par rapport aux autres) qui connaissent pour la plus part, une tradition écrite voir même riche en écriture. Certains civilisation sont connus plus que d’autres, la civilisation occidentale étant une bonne illustration contrairement à l’Afrique qu’il est moins .Cependant cela ne signifie pas que, le continent le plus vieux n’a rien à raconter, ca serait paradoxale. Mais la tradition orale qui est certainement un des manières de conservations de l’histoire africaine, présente également des inconvénients non négligeables dans la transmission de l’histoire à savoir : l’oubli et la déformation des faits.

En plus, l’adage disant qu’en Afrique si un vieux meurt c’est une bibliothèque qui brule, démontre très bien la faille de la tradition orale comme outils de conservation et de transmission de l’histoire. Cela a donc pour conséquence, pour la plus part des pays africains une mauvaise connaissance de leur histoire. Ainsi donc, pour le Burundi, certains périodes précoloniales ou monarchique sont mal connus, voir même inconnu, suite aux inconvénients cités précédemment .Mais aussi, paradoxalement, les périodes les plus récentes de l’histoire politique sont également mal connus par le public burundais lui-même.

La déformation de l’histoire, l’oubli de certains faits constituent certainement une semence pourrie pour l’avenir car n’étant pas basé sur des bases véridiques.                                               A une époque où  le numérique occupe une grande place, l’écriture reste certainement le meilleur moyen de  communication, l’internet étant lui-même un grand livre comme dit  précédemment. L’écriture est aussi le moyen de conservation et de transmission  de l’histoire racontée le plus sûr, avec le moins de déformation possible et elle a déjà fait ses preuves : toutes les sciences si complexe soient elles, ont été conservé dans des livres et cela des siècles durant, c’est ainsi que même au vingt une nième siècle, les cours académiques sont entièrement dispensés sur base de livres écrits autrefois. L’écriture garde l’interprétation de l’auteur dans son intégralité, plusieurs théorie scientifique, littéraire ont été gardé intacte malgré la disparition des auteurs, ce qui prouve l’efficacité de l’écriture.

Pour plus d’exemples, on peut citer la Bible qui possède déjà plus de 2000ans ayant été écrit sur un espace d’environ 4000ans, a impacté l’histoire de plusieurs sociétés des années durant dont  les Etats-Unis et la Nouvelles Zélande. En plus, certaines notions politiques ont été inspiré de la Bible comme la démocratie par exemple .ce qui est une bonne illustration de la puissance des mots.

L’écriture est un moyen de communication redoutable, certains qui réclamaient des droits l’ont utilisé alors que d’autres ont choisi des fusils mais cependant ceux qui ont utilisé les balles ont touché la chaire alors que ceux qui ont utilisé les mots ont touché le cœur. Hors, celui qui a gagné par la violence, c’est simplement fait des ennemis et celui qui as gagné par les mots, a conquis des cœurs et se fait des disciples. L’un gagne une victoire et l’autre triomphe. Ce qui fait une grande différence et tout cela explique parfaitement ce que « Fela Kuti a toujours dit » que « le stylo est plus fort que le fusil », celui donc qui veut réellement gagner une guerre, qu’il prend un stylo et sa victoire restera pour longtemps, cela est une leçon pour ceux qui investissent lourdement dans l’armement.

Toutes les sociétés puissantes sont bâties sur des principes très anciens qui constituent leur fondement matérialisés dans des mots, ou des symboles illustrant un savoir ou des connaissances particulières gardées soigneusement. Il est aussi à noter que chaque société puissante éprouve un besoin d’écriture c’est le cas de l’Egypte qui, dans sa puissance, a adopté des symboles constituant leur écriture « les hiérographies ».Les sociétés Romaines et Grecs qui, autrefois étaient puissantes, étaient avant tout des sociétés d’écritures. Ces sociétés avaient compris que pour préserver leur patrimoine, il fallait écrire, d’où même l’existence d’une classe particulière, « les scribes », chargé de ce travail.

Il est donc très important pour nos sociétés insuffisantes en œuvre écrite, de s’inspirer de ces sociétés et prendre le stylo afin de préserver notre patrimoine et laisser un héritage aux générations futurs si bonne soit elle pour s’en inspirer, si mauvaise soit elle pour en tirer des leçons et construire un avenir meilleur .Comprendre que l’Histoire se réalise quoiqu’il en soit, doit pousser chacun à réfléchir sur la place qu’il doit occuper dans la réalisation de cette dernière et l’une des actes les plus vitaux est celle de raconter le présent pour constituer un repère et une fondation pour l’avenir. Comme le temps, la gestion de notre Histoire nous appartiens et écrire est l’acte  de gestion la plus importante pour nous envers les générations futurs. L’analphabétisme est une plaie pour le présent et un fléau pour l’avenir, l’éradiquer c’est un travail qui commence aujourd’hui. Pour cela, la responsabilité appartient à chacun et c’est une dette envers nos cadets et eux envers les leurs et ainsi de suite.

Quant à la tradition orale si merveilleusement ancré dans la culture burundaise, dans son art musical et poétique, ne pourrait faire que bon ménage avec la tradition écrite qui la protégerait et la renforcerait en même temps. Elles évolueraient tout deux harmonieusement et l’écriture s’en trouverait très vite enrichie par les multiples apports de la tradition orale. Il ne s’agit pas vraiment de passer d’une tradition orale à une tradition écrite car le Burundi comme l’Afrique en général riche en art oratoire, se trouverait perdant. Il s’agit plutôt d’enrichir la tradition au travers la fusion que constituerait l’art oratoire et l’écriture, tout deux présentant des avantages certaines.                                                                                                                                         L’écrit n’est pas fait pour concurrencer l’oral mais plutôt pour le soutenir et vice-versa car nous racontons ce que nous avons lu .ce que transmet l’oral  dans toute son art c’est le savoir et ce que nous cherchons dans les dessins de l’écriture c’est également le savoir et après l’avoir reçu, on en parle. Les deux sont des instruments, riche est celui qui les a préservé en entièreté, ils sont complémentaires.

L’écriture parle et parle aux générations futures, l’écriture enseigne et enseigne le passé d’un peuple. Toutes les grandes nations ont su bâtir  sur le passé et la solidité d’une maison dépend de la qualité de sa fondation. L’écriture donne des leçons sur le passé et comme le dit si bien le texte cité précédemment «  un homme sans passé est plus pauvre qu’un homme sans avenir ».

Nous apprenons de ce que nous n’avons pas vécu, nous perfectionnons ce que nous n’avons pas initiés, nous savons ce qu’on a pas connu, nous assimilons facilement ce que les autres ont souffert pour découvrir ,nous vivons victorieusement ce que les autres ont vécu douloureusement, nous profitons de l’expérience des autres, comme le dit la Bible « Nous moissonnons là où on a pas semé » car nous vivons ce que les autres ont vécu car comme Salomon l’a dit, tout ce qui existe sur terre a déjà existé et tout cela pour dire :

Nous marchons sur les pas des autres et l’écriture est le pond qui nous relit avec nos prédécesseur et la connaissance se trouve dans les mots. Heureux celui qui la détient

 

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