DE L’INDEPENDANCE DU CONGO A L’INDEPENDANCE DE LA FLANDRE. By Ras Girum

14 05 2010

De l’indépendance du Congo a l’indépendance de la Flandre, regards croisés sur la Belgique impériale.

Vers la réappropriation de notre Histoire.

En parlant d’Histoire, vous êtes-vous jamais demandés d’où peut bien nous venir cet attachement instinctif, presque irrationnel, que nous avons pour notre Pays, notre ‘Territoire’ ? Un attachement qui, quelques fois, peut occulter notre humanité et nous pousser à devenir un véritable danger pour nos semblables.

Nous ne pouvons vous promettre que sur quelques lignes d’écriture nous allons vous rationaliser ce sentiment irrationnel. Pour autant, en y réfléchissant, peut-être qu’un raisonnement par paliers successifs nous permettra d’approcher un début d’explication.

Sur un premier palier, nous retrouvons une définition triviale, terre-à-terre, de la notion de ‘territoire’, à savoir une limite géographique, une portion du globe terrestre. Cette seule définition ne permet, évidemment, pas d’expliquer la fierté et parfois les passions, que suscite le territoire dans le cœur de ses habitants. Quoique!!!… Montons ensemble sur le second palier pour nous rendre compte que ce morceau de la surface terrestre que le langage humain a nommé ‘territoire’, acquière nettement plus d’importance. Ce second palier, c’est le territoire entendu comme un patrimoine, une ressource. Il devient alors une propriété sur laquelle il faut affirmer son AUTORITE contre ce que l’on va désormais appeler des ‘étrangers’. Naissent alors et s’incrustent dans le discours social des incantations que ne font que nous confirmer dans notre conviction qu’il ne s’agit plus d’une simple portion de la planète mais bien d’un bien propre. Nous nous entendons dire sans tiquer que “ces étrangers viennent nous voler NOTRE travail, NOTRE pain …” que “chez NOUS, il n’y a pas assez de place pour tout le monde”…Le territoire devient NOTRE territoire.

Mais, c’est sur le troisième palier que la notion de territoire prend toute sa dimension dans l’inconscient social. L’homme apporte un sens culturel à la notion de territoire qui n’est plus un simple lopin de terre ni même une question d’appropriation de ressources, un patrimoine, mais une notion métaphysique: la PATRIE, la NATION. On entre alors dans le domaine des jugements de valeurs où l’étranger est celui qui n’est pas des NOTRES pour dire qu’il n’a pas les mêmes valeurs, les RACINES CULTURELLES que nous. A ce stade, le territoire prend un sens sacré qui s’encre dans l’imaginaire comme le fondement de notre identité. Il ne faut pas remonter loin dans l’histoire de l’humanité pour en apercevoir les conséquences quelques fois désastreuses. Il existe, d’ailleurs, un exemple particulièrement édifiant dans l’histoire contemporaine : au Moyen-Orient, depuis près d’un siècle, l’Israël et la Palestine se déchirent pour une terre (pourtant quasi désertique !), l’un et l’autre affirmant sans en démordre qu’il s’agit de son territoire puisque c’était la terre de ses ancêtres et de ses saints; en Afrique, la Côte-d’Ivoire a inventé la notion de ‘l’ivoirité’, le Congo celle de ‘la congoléité’ pour opposer (parfois dans un bain de sang) ce qui sont de vrais citoyens, de vrais patriotes, de ceux qui ne sont que des étrangers pour ne pas dire de nuisibles envahisseurs. Au Rwanda et au Burundi, les guerres ethniques qui opposent depuis des dizaines d’années les hutus, les tutsis et les twas trouvent partiellement leur fondement dans les notions de territoire, d’immigration et de pouvoir.

De ce palier au RACISME, il n’y a qu’un pas que d’aucuns n’hésiteront pas à franchir en faisant un amalgame entre des valeurs nobles (l’amour de la patrie, l’affirmation et la revendications de certaines racines culturelles propres) et un complexe de supériorité qui les poussent à prendre de haut tous ce qui ne sont pas de ‘leur sang’. Mais, ne nous y trompons pas! Le racisme ne se montre pas toujours au grand jour. Baudelaire disait: “La ruse du Diable, c’est de faire croire qu’il n’existe pas!”. Alors, regardez-y à deux fois avant d’adopter innocemment certaines attitudes, de donner du crédit à certaines paroles anodines en apparence ou à certaines pensées que nous croyons justifiées. Sachez y déceler le racisme intellectuellement violent et quelques fois meurtrier qui s’y dissimule. Un racisme qui prend ses racines dans ces fausses idées que nous nous faisons de ce que nous sommes censés devoir à ‘notre’ territoire. Un racisme qui ne fait que justifier un besoin nettement moins avouable quoique tellement humain : la domination, le pouvoir. En effet, en relisant l’analyse faite des trois paliers, on se rend vite compte que tout tourne autour de l’appât du pouvoir, de l’envie de domination. Revendiquer un territoire, c’est vouloir affirmer son autorité sur ses semblables.

RAS GIRUM SIMIENS

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