Le bien fondé de la virginité avant le mariage. DE EMILIE DELACROIX. NECTAR POUR ABEILLES.

12 09 2009

Le bien fondé de la virginité avant le mariage

Qu’en pensent les jeunes, qu’en disent les moins jeunes ? Vous voici présenté ci-après un melting-pot de points de vue, d’échanges, d’opinions et convictions, c’est-à-dire le rapport de différents débats, le résultat d’une enquête populaire, le reflet de la belge pensée d’aujourd’hui quant à cette question épineuse, sur laquelle on retrouve peu de divergences et beaucoup de raisonnements similaires, le premier étant : le bien fondé de la virginité avant le mariage comme affirmation, plus tout à fait, et comme interrogation, plus justement.

Mais, le bien fondé, qu’est-ce à dire ? Les uns évoquent une référence, une valeur éthique ou logique acquise et si bien encrée qu’elle devient certitude ; les autres ajoutent qu’il y a également une part d’histoire dans la définition. Si une chose est bien fondée, c’est qu’elle se justifie dans l’évolution de l’être humain : elle a une source légale, religieuse, ethnique, pratique ou historique et elle est, dès lors, soumise au relativisme. En effet, selon les pays, selon les coutumes, le bien fondé d’une chose verra son degré varié mais il est des valeurs sur lesquelles tout un chacun s’accorde : par exemple, le bien fondé de la morale, du respect de l’autre, etc. Cela ne signifie pas, cependant, que pour autant que le caractère bien fondé d’une chose soit reconnu, il soit d’emblée respecté. On aura tendance à considérer que les concepts les plus fondés sont ceux qui se définissent comme impossibles à ignorer, ceux appris dès le plus jeune âge, qui s’accordent avec une notion de justification indiscutable, une relation, comme en mathématiques, d’un ensemble A à un ensemble B, une évidence. A noter que cette notion évolue avec les mœurs ; c’est d’ailleurs ce que nous allons constater.

Alors, la virginité, qu’entend-on par là ? Ici, les avis divergent significativement d’une génération à l’autre. Prenons l’avis d’étudiants, disons de 14 à 19 ans, et posons-leur la question ; la réponse est unanime, il s’agit du critère différenciant les individus ayant ou non eu un premier rapport sexuel. Si l’on remonte dans les générations, si la question est posée aux parents, grands-parents, la définition se veut moins crue, et plus complète : il y aura alors une notion de blancheur de l’âme, de pureté, d’innocence, d’honneur, de valeur, d’estime de soi. Autrement dit, le stade de simple rapport physique est de loin dépassé et s’étend aux convictions morales ou religieuses, de même qu’à la réputation et à l’image que l’on peut donner de soi.

Enfin, le mariage, aujourd’hui ? Ici, les avis se rejoignent en un synonyme : engagement. A vie ? En principe oui, et dans les faits, pas toujours (loin de là !). Alors, le mariage est-il un acte de foi ? Majoritairement, les personnes questionnées répondront que non, qu’il s’agit plutôt du respect d’une tradition bien encrée ; c’est le plaisir d’avoir une belle cérémonie, de rassembler les membres de la famille, qu’ils soient catholiques ou non, et de satisfaire tout un chacun. A vrai dire, énormément de couples, qui ne fréquentent pourtant pas les églises en temps ordinaire, prennent néanmoins la décision de se marier à l’église ; cependant, le nombre de mariages ainsi célébrés se voit diminué en flèche. Pourquoi ? Nous en parlerons plus loin.

Revenons à nos moutons, et posons la question cruciale : la virginité avant le mariage est-elle toujours bien fondée ?

Honneur aux sages : voyons tout d’abord le point de vue de nos parents, en général.  Point de vue qui tend à affirmer qu’il n’est pas nécessaire d’avoir connu plusieurs partenaires pour tomber sur la bonne personne, que l’on peut très bien attendre sagement le grand amour ; c’est une question de destinée, de chance. Il est possible de tomber amoureux plusieurs fois, certes, mais rien ne justifie des dizaines d’expériences, il faut un juste milieu et la débauche, la dérive, l’exagération sont évoquées plus souvent qu’à leur tour. Des épées de Damoclès qui condamnent encore trop durement, trop vite, mais c’est plus fort qu’elles. Quel parent peut prétendre ne pas être affecté de voir ses enfants grandir, toujours trop vite, et découvrir et percer, toujours trop tôt, les  mystères de l’amour ?

 

Du côté de la jeunesse, on prônera que c’est normal d’avoir aimé plusieurs fois avant le mariage, ou même dans la vie (car mariage il n’y a pas toujours) ; aujourd’hui, les maîtres mots sont ‘liberté’, ‘abat les tabous’ et ‘crise’. Un mélange explosif, cela va sans dire. Effectivement, la débauche s’effleure plus d’une fois, et quelques cas font scandale, mais rassurons-nous : pour peu que l’on ait un minimum d’estime de soi et que l’éducation reçue est convenable, les jeunes se montreront raisonnables. Il est quasiment impossible, dans la civilisation européenne, d’arriver vierge au mariage pour plusieurs raisons : d’abord, cette condition primordiale d’antan n’est plus du tout d’application aujourd’hui. Elle n’est plus condition, mais plutôt le symbole de la soumission de la femme de jadis, d’une injustice et d’une inégalité flagrante ; car en effet, l’homme, lui, et c’est proprement scandaleux, vivait et vit toujours sans contrainte explicite de ce côté-là. La femme d’aujourd’hui se veut indépendante, libre, peut être pas l’égale de l’homme dans l’absolu mais en tout cas plus jamais soumise. Nous citerons à ce propos l’auteur de référence Elisabeth Badinter, notamment le livre ‘L’un est l’autre’.

C’est que cette éternelle question soulève toujours la rancœur : pourquoi une jeune femme, sous prétexte qu’elle ne serait plus vierge, verrait sa réputation irrémédiablement entachée, alors que le jeune homme, tout au plus, sera qualifié de Don Juan ? Aujourd’hui, il demeure encore, mais elles tendent à s’effacer, des traces de cette considération vieille comme le monde.

Nous avons dit éducation : un autre mot clé. Seul rempart contre la dérive qui semble menacer les plus jeunes (on fera référence à la télévision, à l’internet, à la violence banalisée, aux fréquentations douteuses qui peuvent surgir à l’école, etc.) puisque la religion ne suffit plus. De fait, l’ouverture d’esprit est telle, de nos jours, que moult jeunes, qu’ils aient reçu une éducation catholique ou non, se diront agnostiques, ou protestants ; quoiqu’il en soit, ne fréquenteront pas les églises. A ceux qui crient scandale en lisant ces lignes, nous donnons trois explications principales : la première reflète simplement le fait que beaucoup de jeunes sont baptisés et donc catholiques aux yeux de l’Etat et de l’église mais pas dans la vie. La seconde est notre train de vie actuelle ; c’est la crise, on nous pousse à bout. Nous vivons pour travailler et nous travaillons pour vivre ; alors, le dimanche matin, plutôt que d’aller à la messe, dans la mesure du possible, le quidam se repose. Au sein de notre société de consommation et capitaliste, nombreux sont ceux qui parviennent tout juste à garder la tête hors de l’eau. Pourtant, nous sommes loin, en Belgique, d’être les plus malheureux. Nous sommes juste les plus taxés. Métro, boulot, dodo : un refrain trop bien connu. La troisième explication concerne directement les représentants de l’église, et le pape en premier. Comment s’accorder à son discours ? Là, toutes les générations sont d’accord : il est impossible, aujourd’hui, d’être à ce point conservateur si ce n’est en faisant abstraction de la réalité. Si la législation suit l’évolution des mentalités, la religion est à la traîne, alors les croyants s’adaptent d’eux-mêmes. On a tendance à dire, d’ailleurs, que celui qui se rend à l’église ne vaut pas forcément mieux qu’un autre ; il suffit d’être en accord avec soi, de croire sincèrement et pour soi, sans avoir besoin de prouver quoique ce soit à quiconque, ni de rendre des comptes.

Nous parlions d’éducation avant cette parenthèse ; ici le nœud du problème ? C’est en tout cas un sujet délicat et chacun, les jeunes comme les moins jeunes, s’accordent à dénoncer un laisser aller toujours plus grand, des jeunes bénéficiant d’une liberté exagérée, des parents éreintés car ils travaillent tous les deux, ou divorcés (puisque nous avons assisté, et il continue aujourd’hui, à un « boom des divorces » il n’y a pas si longtemps). Impossible de jeter la pierre à quiconque ; pourtant, il y a bel et bien un souci. Où est la soif d’apprendre et de grandir ? Où est le respect craintif des professeurs ? Où sont la politesse et l’obéissance ? Où est le goût du travail bien fait ? Où est l’intérêt pour la lecture ? Le sport ? La musique ? Certains les voient toujours présents ; on constate tout de même que c’est toujours plus rarement : internet n’est que trop captivant, et la télévision, un vrai monopole.

Alors, l’éducation doit absolument semer dans ces esprits juvéniles la graine de l’esprit critique, avant qu’ils ne soient obstrués par nombre de valeurs fausses, trompeuses, honteuses, mauvaises. Comment s’y prendre ? Là est toute la question. D’autant que la crise d’adolescence n’arrange pas les bidons. Vraiment, les parents d’aujourd’hui n’ont certainement pas la tâche facile.

Voilà aussi une raison pour laquelle, en Belgique tout au moins, on se marie plus tard ; aux environs de la trentaine aujourd’hui (contre la vingtaine auparavant) et les enfants sont envisagés à cette période. Au moins, la nouvelle génération aura appris ceci : avant de s’engager avec quelqu’un, il faut viser un confort financier acceptable, viser de hautes études, ou des études sûres, en fait, assurer son indépendance,  son propre avenir, puis être sûr de soi et de la personne qu’on aime.

Nous pouvons ainsi terminer : la virginité avant le mariage ne fait plus partie des valeurs primordiales enseignées aux enfants, de nos jours. Elle n’est même plus la condition du mariage mais elle fait partie des valeurs d’antan, qui, bien que considérées à degré moindre, demeurent une référence intemporelle. L’important n’est pas d’être vierge ou non : il s’agit plutôt et surtout de maturité, de réflexion et de respect de soi. Le tout est de savoir faire la différence entre le sexe pour le sexe (et le caractère obscène que cela sous-entend), et l’amour, le bonheur, le don de soi. Il faut se sentir prêt, et non se croire paré. L’amour n’est pas un jeu ! Il y a les maladies (sortez couverts !) et les responsabilités qui rôdent et menacent. C’est beau, les sentiments, c’est beau, la confiance, mais qui s’y frotte pour rire, sans réfléchir, ou parce qu’il était saoul, drogué (dans ces domaines, l’abus des jeunes n’est plus à prouver : on atteint des sommets et c’est bien regrettable) ou malheureux à ce moment-là, qu’importe, risque de s’y piquer, de s’en mordre les doigts, voire de gâcher sa vie (songez, mesdemoiselles, à une grossesse inattendue ; songez, messieurs, à votre responsabilité). Il est tout de même bon de savoir, néanmoins, qu’entre les jeunes filles qui n’ont plus de fierté, qui sont réellement des filles faciles, et les jeunes hommes qui profitent, mentent et manipulent, il est des couples qui s’aiment pour de vrai et qui sont conscients que le pour toujours ne s’envisage que bien plus tard, une fois adulte, au sens de responsable et indépendant.

Nous dirons donc oui à l’amour, mais sous trois conditions essentielles : pas n’importe quand, pas n’importe comment et pas avec n’importe qui ! L’enfant qui a compris ceci et s’y tient peut se vanter d’avoir reçu l’éducation adéquate quant au sujet qui nous préoccupe.

Et de conclure : quel avenir pour la future jeunesse ? Part-elle réellement inévitablement à la dérive ? Qui sait, peut-être prendra-t-elle d’instinct l’initiative de redresser la barre, lorsque la tempête menacera une fois de trop, en s’occupant d’autant plus de ses propres enfants. Y voyez-vous un trop plein de positivisme ? L’avenir nous le dira.

 

Delacroix

Emilie

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Croissez, multipliez de Fostier Valériane

4 09 2009

Croissez, multipliez

 

 

C’est l’été, il fait chaud. Une maison bourgeoise se détache sur le ciel bleu, au sommet d’une colline. C’est celle du notaire. Elle domine le village. Le jardin est décoré de fleurs, il y a un étang ou des poissons nagent entre les nénuphars. Les libellules volent entre les branches du saule pleureur décorées de rubans blancs. Au centre, une vasque dégoulinant de lis blancs par centaines.

 

Madame, dans une robe rose pâle, cours dans tous les sens, vérifie que le jardinier a bien fini de tailler les haies, s’assure que le fleuriste garnit correctement la maison, contrôle le travail des bonnes qui dressent la table… C’est que demain aura lieu le mariage de sa fille.

Monsieur est à son étude, toute cette agitation le dérange. De plus les mariages ne sont pas une affaire d’hommes, il a mieux à faire que de surveiller les cuisiniers qui s’activent à la réalisation de la pièce montée.

 

Mademoiselle est dans sa chambre, elle pleure toutes les larmes de son corps. Sa robe de mousseline est toute froissée, qu’importe, ce n’est qu’une robe, et qu’est ce qu’une robe au vu de sa peine. Ce n’est pas ce fiancé si beau, si intelligent, le meilleur parti de la région, fils de médecin et médecin lui même qui l’attriste.  Suspendue à un cintre, sa robe de mariée semble la narguer. Son corset étroit, qui la serre tant, oscille doucement sous la brise légère qui pénètre dans la chambre par la fenêtre ouverte. C’est cette robe la cause de tout, cette robe d’un blanc immaculé, virginal, et elle qui ne l’est plus. Cette robe qui est une imposture, une tromperie faite à la morale bien pensante. Car à cette morale, et pour fuir le qu’en dira-t-on sa mère est prête a tous les sacrifices, tout cela pour sa sacro-sainte réputation. 

 

Hier sa mère l’a emmenée chez une vieille femme, dans le village voisin. C’était une sorcière d’après certains, une empoisonneuse aux dires des autres, et, pour le cas présent, une faiseuse d’anges. Etait-ce sa faute après tout, il y avait ce fiancé si pressant, si charmant mais si exigeant, et puis elle qui était un peu naïve malgré tout et qui craignait de le perdre si elle se refusait a lui. Alors oui, elle avait cédé à sa requête. Apres tout, ne seraient ils pas bientôt mari et femme ? La rondeur de son ventre fécond n’avait pas échappé à sa mère qui en avait été profondément bouleversée. Elle l’avait traité de catin, de fille indigne, de souillon…

 

L’enfant avait voulu en parler à son promis mais sa mère l’en avait interdit. Si tu lui as cédée, lui a elle dit, tu auras pu céder aussi à un autre, il dira que l’enfant n’est pas de lui et ton honneur sera perdu à jamais. Pas question que la fille du notaire soit grosse au mariage, il fallait régler le problème au plus vite. Après le mariage, c’était de son devoir d’être mère, mais avant c’eut été un déshonneur tel qu’on préféra la faire avorter dans une cahute, par une femme qui n’y connaissait rien et dans des conditions d’hygiène déplorable, dut elle en mourir.

 

La jeune fille cesse de pleurer. Elle se redresse, la douleur qui lui vrille les reins fait vaciller sa conscience, mais elle tient bon. Elle fixe obstinément cette robe blanche à la taille si étroite qu’elle a peine à respirer.

 

A la naissance de leur premier enfant on tailla une robe de baptême dans la jupe de tulle blanche et tout le monde s’extasia sur la blondeur de l’enfant et ses joues roses. Son mari, si fier, reçut les félicitations de tous. Il ne fut pas là pour les premiers pas de son fils, trop occupé qu’il était à soigner ses malades.

 

Et elle, ma foi, elle oublia.

 

 

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Une ferme, dans la campagne, à quelques kilomètres du village. Les hommes sont aux champs, ils rentreront quand la cloche de l’église sonnera 17 h. les femmes cuisinent, il faut bien nourrir les travailleurs. Demain c’est dimanche, on marie le petit. Le fils de la famille, Louis, épouse la fille du boucher, une rousse de 19 ans prénommée Marthe. Son père a dû donner son accord, vu qu’elle n’est pas majeure, ce qu’il a fait d’autant plus volontiers que c’est un ami de la famille de Louis. Les enfants ont grandis ensemble, ils allaient à la chasse aux grenouilles alors qu’ils ne savaient même pas encore lire. Ils ont toujours su qu’ils se marieraient, c’était dans l’ordre des choses. Dirent qu’ils sont amoureux serais un peu exagéré, disons plutôt qu’ils s’apprécient beaucoup et qu’ils n’auront pas de mal à partager une vie commune.

 

La jeune fille vient justement essayer sa robe. Une tante, qui est couturière chez les bourgeois, est venue faire les retouches. La robe est trop étroite au niveau du ventre, dit elle, c’est que la petite est ronde pour trois mois. La future mariée se caresse le ventre avec un sourire. La robe est celle de la mère de Louis. Elle est bleue car les femmes enceintes ne peuvent se marier en blanc. Qu’importe, si il n’y a que ça pour faire plaisir aux bonnes gens.

 

Dans la famille, c’est la coutume, on épouse la fille seulement si elle est enceinte. Le garçon se rappelle son grand-père, Maurice, un homme bourru, qui le prenait souvent sur ses genoux pour lui raconter son histoire. A 20 ans il c’était marié avec une voisine qu’il courtisait depuis un an. Les années passaient et à 24 ans il n’avait toujours pas de descendant. Son épouse mourut dans l’année d’une étrange intoxication alimentaire dont on ne put jamais déterminer la cause. Maurice se remaria avec une veuve de deux ans son aînée. Elle mourut trois ans plus tard, la bave aux lèvres, sans lui avoir donné d’enfants. Le gendarme du village vint posé des questions a la famille et l’affaire fut classée sans suite.

 

Il se remaria donc avec une jeunette d’à peine 18 ans, au tempérament sulfureux, dont le père fut plus qu’heureux d’accorder la main. La jeune fille avait, à tort, la réputation d’être volage. Il en eut deux enfants, une fille d’abord, puis un fils. Elle mourut peu après que le fils ait eu 1 an, tombée d’un pommier car elle avait mal fixé son échelle. Le boulangé clama haut et fort que cette mort n’avait rien d’accidentelle mais personne ne lui accordais le moindre crédit, d’autant qu’il rependait le bruit que cette honnête femme ai pu être sa maîtresse !

 

La fille attendit ses 21 ans pour se marier car la famille de son époux refusait que celui si épouse une femme si elle était enceinte. N’ayant pas l’accord de son père elle attendit sa majorité et eut  ensuite quatre enfants. Le fils fut marié à 20 ans avec une cousine lointaine dont le ventre rond leur assura d’emblée la bénédiction du père. Les jeunes mariés avaient cédés à cette coutume quelque peu inhabituelle de très bonne grâce !

Ils avaient eut un fils, Louis, celui la même qui se marie demain.

 

Louis eut une fille, Marie. Son épouse se remit assez rapidement de l’accouchement et retomba enceinte l’année suivante. Elle en eut un fils, Thomas. De ce jour là, son mari ne la toucha plus jamais et elle s’aigrit, son seul plaisir étant de se consacrer à ses enfants. Son mari était de plus en plus absent, préférant passer son temps libre avec quelques amis a la réputation des plus équivoques.

 

Je suis le mélange de ces deux familles, Laurent épousa Marie. La guerre de 14 avait changé la donne, les notaires et les médecins n’étaient plus la bourgeoisie d’un village de campagne tandis qu’à cause des privations et du rationnement les fermiers avaient fait fortune en vendant à prix d’or leur excédent au marché noir.

Mes grands-mères sont deux femmes aigries, abandonnées par leurs maris. Mes deux grands-pères sont des hommes absents.

Finalement, quel que soit leurs coutumes, leurs traditions, leurs besoins de préserver leurs réputations, ils en sont arrivés au même résultat.