LE TEXTE DE LA SEMAINE

22 09 2008

Don DONGO YEMO

In leçon 3 Editorial: MOBUTU, la tragédie d’un peuple et d’un continent

Ils ont eu un vent de panique au moment de l’indépendance du Congo. Ils ont préféré lâcher prise mais ils ont seulement changé les formes, les noms. Ok on vous donne l’indépendance mais on joue sur un autre tableau, derrière on mettra maintenant un noir en tête et puis le bizness continue. Et c’est là où Lumumba les a surpris parce qu’il ne composait pas. Il n’y avait pas de compromis avec lui. Il voulait la dignité des congolais. Alors ils ont crée une sécession pour avoir la région la plus riche et quand on arrive à liquider Lumumba pour mettre Mobutu à sa place, donc plus besoin de sécession, eux-mêmes envoient les casques bleues pour reprendre cette région et la donner à Mobutu, leur homme. Et quand tu réfléchis, tu te dis, en fait l’indépendance on l’a jamais eu. Y’a jamais rien eu en fait en 41 ans. Il y a toujours eu un contrôle. Sauf Lumumba qui a porté seul l’indépendance quelques temps.

J’étais à Kin l’année passée, je vous assure il y a un sentiment d’insécurité terrible. On le sent. Il y a des gens dangereux là bas. Tout le monde a peur et quand tout le monde a peur, c’est incontrôlable. Ca me ferait peur de rentrer à Kin, voila je m’installe en tant qu’entrepreneur, ça tourne, tu te crée des jaloux, tu sais pas ce qui va t‘arriver la nuit. Ca fait peur et quand le soir tu veux dormir, tu sors dans la rue, tu sens qu’il n’y a pas d’autorité. Tu peux te faire fouetter grave.
On fait des choses pour faire peur à la population, à l’époque de Mobutu, je me souviens, gamin, d’un bandit qui soi-disant arrachait la pomme d’Adam pour la revendre. Il y a eu plein de morts à cette époque à Kinshasa. Je pense que c’est le pouvoir dictatorial qui fait ça pour faire peur à la population, juste pour créer un état de peur. Plus les tentatives de coup d’état, on vous réveille la nuit, quelqu’un a pris la radio et s’autoproclame président. Ca permet de liquider tous les opposants. Vous êtes condamnés !
Dans le subconscient même des congolais il y a une peur d’être découpé qui s’est installée, et ils la transmettent dans les gènes et quand tu leur parles encore de tueur qui arrache la pomme d’Adam pour la revendre…
Je pense que ce genre de choses est organisé par le pouvoir parce qu’il y a toujours des coïncidences de période, élections…, ça a toujours été comme ça. Le gars arrachait la pomme d’Adam pour l’Europe pour faire des recherches.
C’est un couvre feu sans le dire, comment ne pas avoir peur ? Parce que si le type n’est pas un débile mental ou un détraqué ou un tueur en série je ne vois pas dans quel intérêt commencer à découper. Dingue ! Est-ce qu’on l’a attrapé ? Le phénomène s’est arrêté, si c’était un malade il aurait continué. C’est le pouvoir, prêt à tout pour être là. Pourquoi le gars tue comme ça ? Pour de l’argent ! Dans ce genre de régimes il y a quand même des bourreaux, des vrais bourreaux des gens qui sont payés et qui en sont arrivé à ce stade là. Des bourreaux sanguinaires. Même du temps de la colonisation, ces bourreaux étaient déjà là. C’étaient des Congolais.

Je suis né sous Mobutu, j’ai fait jusque ma troisième là bas puis je suis arrivé ici en Belgique, j’ai fais 4 ou 5 de primaire, puis je suis rentré au Congo et je suis de retour ici depuis 12 ans maintenant.
J’ai fait mes primaires à Flagey et quand je suis rentré j’ai bien vu le système, j’ai compris les choses, j’ai vécu les deux pillages, le pouvoir dans la rue.
J’ai vécu une enfance magnifique. Ca a commencé à déraper quand on a eu le multipartisme. Avant ça, il y a avait de l’organisation, on venait en vacances ici en Belgique, tu allais à la banque, ma mère travaillait chez air Zaïre, elle avait 20 000 francs belges par enfants pour les vacances. C’était des francs belges, il y avait une organisation. J’étudiais dans une école privée, c’était des livres du Congo, édités là-bas, tout était zaïrois et ça marchait, les livres étaient parfaits. L’école, l’enseignement, tout était organisé. Après on a senti que ça fonctionnait plus, les banques ne fonctionnaient plus, l’argent commençait à se changer dans la rue. Ca c’est quand Mobutu a lâché un peu pour aller un peu se réfugié à Gwadolité, son palais dans la jungle, où soit disant il laissait faire le gouvernement après la conférence nationale. Il y avait plus rien qui tournait.
Avant il y avait des fins d’année franchement on mangeait. J’étais dans un milieu privilégié mais on ne sentait pas que le petit peuple souffrait autant. Après 91, l’inflation galopait à un niveau pas possible. On ne savait pas pourquoi Mobutu était parti. Il a dit qu’il devenait arbitre et laissait faire le gouvernement. L’inflation galopait à un niveau pas possible. Mobutu disait qu’il n’intervenait plus dans la gestion publique tout simplement. C’était au gouvernement de faire les choses. Avant ça, il y avait deux fois par an des consultations populaires où Mobutu recevait le peuple. On mettait une tribune où les gens venaient apporter leur problème et il essayait de les résoudre. C’était un peu à la manière d’un village, pas comme dans les sociétés modernes, avec la chanson « papa est là, on n’a plus faim ». Mobutu essayait de répondre à des souffrances comme un chef de famille tout simplement.

Publicités




LE TEXTE DE LA SEMAINE

6 09 2008

 

L’AFRIQUE : UN CONTINENT COMPLEXE PAR LA PAUVRETE
Théon TUYISABE
Philosophe et spécialiste du mariage et de la famille

Cotonou BENIN

(in lecon 2, le cauchemar de Drawin, Maudit poisson! Pourquoi avoir été aussi bon?
Les délires de la mondialisation)

Bonjour,
« L’on s’attire à soi ce dont on pense souvent » disait un penseur. A partir de cette réflexion, je vous propose un article qui se veut être une dénonciation de ceux qui s’adonnent à ridiculiser les africains comme si pauvre africain. Merci pour tout ce que vous faites!

Parmi les cinq continents de la planète, l’Afrique se distingue par son sous-développement. La misère qui y sévit inquiète plus d’un : les jeunes tentent de fuir les familles et leurs pays, les populations meurent de faim, de maladies, de guerres fratricides…Les nombreuses solutions qui sont proposées de partout se soldent parfois par un échec. Face à une telle situation, nous n’avons pas le droit de désespérer .
La pauvreté, avant d’être matérielle, elle est d’abord et avant tout psychologique. D’ailleurs, l’Afrique est-elle pauvre ?
Les grandes quantités de minerais, de caoutchouc, de cacao, de café, de thé, de pétrole…se retrouvent en Afrique. Même le raisin s’y cultive au point que l’Afrique du Sud se positionne en 7ème position au niveau mondial.
Mais alors, qu’est-ce qui manque en Afrique ?
Des hommes, il y en a.
Je suis loin d’admettre que la qualité de l’homme africain est moindre par rapport aux autres. Le plus grand malhonnête ne se trouve pas nécessairement en Afrique.
Toutefois, les structures africaines qui, depuis la colonisation ont tenté de se conformer aux structures du colonisateur n’arrivent et n’arriveront peut-être pas à rendre l’africain plus blanc que le blanc.
Pour cela, les valeurs de la société africaine sur lesquelles s’appuyaient nos ancêtres méritent aujourd’hui, plus que jamais une attention particulière.
Aviez-vous déjà vu un sans papiers en Afrique, un SDF ou encore un vieux abandonné à la merci de la canicule ? La solidarité ne s’enseigne pas en Afrique, elle est intuitive.
De même, l’hospitalité, le partage et la communion sont autant de valeurs que l’africaniste pourrait qualifier à tord ou à raison d’innés.
Vouloir développer l’Afrique, c’est précisément partir de ces valeurs qui ont longtemps marquées la famille africaine, seul lieu où l’on fait le premier apprentissage des vertus sociales qui sont l’âme de sa vie.
Tout commence par la pratique du regard positif qui aide l’africain à être d’avantage lui-même.
Soyons donc ce que nous sommes et aimons les autres pour ce qu’ils sont.