Le Texte de la semaine

30 05 2008

John Gomez. USA (New Jersey) 

 

 

Notre mère.

 

Notre mère réside là-bas  toute seule
Tout le monde ignore ses pleurs
Elle ne désire qu’une seule chose
Voir le retour de ses premiers nées
Mais beaucoup on choisi oublier le chemin vers elle
Et beaucoup ne se rappel plus de leur nom de famille
Alors que ces histoires d’amours elle en connais beaucoup
Je me rappel de tout ses portraits combler que joie de vivre
Elle se pose toujours cette même question alors pourquoi sont ils partir vivre ailleurs
Elle a vu d’autres revenir juste pour revenir ce qui reste de leurs souvenir d’enfance pour encore repartir
Elle sait que certain  ne retrouveront pas cet équilibre qui leur permet de vivre sans soucis
Certain se trouve a bout de souffle juste pour maintenir leur petite vie
Plus désire juste vivre pour définir cette vie de doute
La chose qu’il possède encore c’est l’espoir
La seule qu’elle possède toujours c’est l’espoir
Certain d’entre eux ont perdu notre père
Reste que notre mère
Restant patience et espère nous voir une dernier fois
Avant que ces démons ne prennent tout ses enfants
Elle sait qu’elle peut tous les guérir et protéger
Si seulement il  a l’accueillir tous entant que leur mère
Elle prie pour nous
Dans nos sommeil elle aide notre coeur a battre , elle donne plus de courage pour combattre et survivre dans cette vie qui n’est pas la notre
Notre mère sait qu’un jour viendra on sera tous dans ses bras.

 

 

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Le texte de la Semaine

22 05 2008

 

 

de Antoine Tshitungu Kongolo,

 

Aimé Césaire : un phare du monde noir

 

Alors que l’idéologie coloniale , qu’on eût cru tombée en obsolescence, requinquée par des historiens révisionnistes, se refait une jeunesse aux grands dams de la vérité historique et des drames qui ont jalonné la trajectoire des peuples colonisés, la lecture de l’œuvre du poète Aimé Césaire s’impose plus que jamais à tous, sa connaissance s’avère salutaire.

Précisons d’emblée que la guerre des mémoires au sujet de la colonisation ,qui fait rage

ces temps-ci, se déroule sur fond de malentendus et non des moindres.

D’aucuns estiment devoir rejeter toute repentance et se croient en droit de clamer haut et fort les bienfaits de la colonisation . Sur cette pente, glissent  tous ceux qui font bon marché de la nécessité d’une lecture des faits de colonisation , débarrassée de la doxa. Le point de vue des victimes, en l’occurrence les peuples anciennement colonisés, est méprisé par ces thuriféraires de la colonisation. Sur le fonds, ils ne sont pas enclins à poser les indispensables questions méthodologiques soulevées par l’approche des réalités qui ne furent  le plus souvent présentées que sous l’angle d’une propagande bien-pensante , à l’usage des habitants des métropoles coloniales.

La colonisation elle-même n’est qu’un maillon d’une longue histoire qui comprend d’autres faits tragiques à l’exemple de la traite négrière.

Les légendes roses du colonialisme ne sont pas remises au goût du jour à tout hasard.

Il s’agit pour certains en Europe de se donner une bonne conscience et de légitimer un nouveau bail colonial en Afrique noire sous couleur de mondialisation.

L’idéologie colonialiste ,alibi de l’exploitation et de l’oppression des peuples niés dans leur culture, et méprisés en vertu des critères européo-centristes est aveuglante et incompatible avec les desseins de l’histoire en tant que telle. Une foultitude d’images d’Epinal colportées et répandues par les missionnaires comme par les gouvernements firent écran à la résistance farouche et désespérée des colonisés, aux abominations des fameux conquérants, assassins sans remords, et couvrit d’un voile les campagnes de pacification, ainsi que des brutalités inouïes qui rendirent possibles la soumission des esprits et des corps.

 

 

C’est pour des raisons d’exploitation économique, dans un dessein impérialiste, que la colonisation fut entreprise et mise en place. Par bien d’aspects, elle fut le lieu d’expérimentation des méthodes totalitaires les plus brutales que les civilisés ou prétendus tels allaient expérimenter en Europe même. A en croire les hérauts du colonialisme, les

peuples  noirs n’avaient ni histoire ni culture ; leurs religions : un tas de superstitions ;et leurs mœurs : barbarie. Dès lors le devoir incombait à l’Europe de les sortir des ténèbres du paganisme , de leur révéler le vrai Dieu , et leur apporter les lumières de la Civilisation !

Cette vulgate au service d’un ordre dominant a essuyé les critiques et suscité un discours anti-colonial virulent auquel Aimé Césaire devait donner ses lettres de noblesse dans son essai « Discours sur le colonialisme ».

Agrégé de lettres, député au parlement français, chantre et co-inventeur de la Négritude,

poète de génie, Aimé Césaire aura été le pourfendeur patenté de la bien-pensance coloniale et

des courants de pensée épigones dont le fameux discours de Dakar prononcé par Nicolas Sarkozy est une émanation.

Aimé Césaire, lui,  s’en prend à la légende rose de la colonisation , et aux mythologies complaisantes de la mission civilisatrice. Il dresse l’inventaire des drames et les met en balance avec les supposés bienfaits que sont la construction des routes et des chemins de fer….métaphores emblématiques et inusables !

 

 

Son œuvre constitue une plongée dans une mémoire ainsi qu’une histoire niées , tronquées.

Cette mémoire commune aux peuples noirs, fruit d’une longue histoire  a ses hauts faits,

 ses héros dont l’historiographie en Europe n’ eut cure.

Comme contribution à l’histoire , il a signé un essai sur Toussaint Louverture. Haïti n ‘a cessé de hanter son imaginaire.

Le fait noir nié par la bourgeoisie mulâtre des Antilles dont il est issu est réhabilité et investi comme pôle majeure de l’imaginaire collectif par Césaire, lequel se réclame du monde noir dans sa totalité, et au-delà, le chantre des damnés de la terre, de tous les opprimés.

La résonance de son oeuvre et son influence sont considérables : en France pourtant, la poésie de cet agrégé de lettres , surtout à droite, sent le soufre ; en Afrique noire ses poèmes font partie des manuels scolaires et références de l’intelligentsia. Ils ont nourri de leur verbe incandescent, de leur phrasé incantatoire et de leur richesse d’images des générations successives d’intellectuels et d’écrivains.

« Je suis la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche » a-t-il assené. Ce vers tiré de Cahier d’un  retour au pays natal a servi de credo et justifié consciemment ou inconsciemment bien de carrières de poètes. Sa geste poétique relève du marronnisme. S’engouffrant dans la brèche de Price-Mars , il rejette la tentation des mimétismes futiles et affligeants qui eurent des beaux jours aux Antilles. Il tourne définitivement la page des provincialismes et des bovarysmes littéraires qui prédominèrent dans les « Antilles heureuses ».  La parodie lui permet de se démarquer des langages appris pour mieux  fustiger le mensonge, la manipulation. Figure de proue de l’anticolonialisme de l’après-guerre, Césaire a rendu au poète une audience qu’il avait perdu au vingtième siècle, tout en conjuguant un verbe exigeant et une éthique foncièrement anti-raciale.

C’est le poète le plus cité spontanément par les écrivains du monde noir, ce  qui est un paradoxe vu la difficulté même de ses poèmes truffées de mots rares , brisant la syntaxe et libérant le langage du corset des conventions et des arts poétiques un tantinet desséchés….

Il a une vision quasi prophétique de la mission du poète : lui même aura donné un bel exemple de l’alliance de la poésie et de l’action.

 

Les discours racistes sont à nouveau proférés sans qu’il en coûte à leurs auteurs qui se recrutent dans les rouages de l’Etat et même au plus haut niveau.

Leurs assertions douteuses dont le discours de Dakar est un exemple parmi d’autres sont le symptôme d’une fuite en avant des responsables politiques de l’Europe. Il s’agit de pseudo-justifications face aux malheurs du continent africain demeuré sous leur contrôle économique, politique, et social malgré les indépendances octroyées. C’est pour se déresponsabiliser d’avoir parrainé des dictatures, d’avoir cautionné , alimenté les évangiles sanglants du tribalisme, d’avoir dupé le continent avec des programmes d’assistance qui ont accru la dépendance des pupilles, d’avoir fomenté un interventionnisme au service des marchands de canon sur le continent noir que certains dirigeants européens avec témérité tentent de s’absoudre et de se présenter en chevaliers blancs. Quand on a refusé à des peuples la possibilité même de s’inventer leur propre destin, est-on en droit de donner de leçons.

Leurs interlocuteurs , eux, n’ont pas oublié ; et si cela est , c’est grâce à des hommes comme Césaire. Nourri du meilleur de l’Occident, imprégné de la littérature française et européenne,

Césaire a pris le parti des bâillonnés pour dire ,dans la langue de l’oppresseur, la révolte du monde noir, la fierté d’appartenir à une race noire vouée aux gémonies.

Par-delà, ce poète de génie a contribuer à redonner du lustre au poète alors que d’autres genres à l’instar du roman ont la prééminence sur le marché littéraire sans que la qualité des textes en soient toujours une justification.

Sa poésie de haute facture réhabilite le verbe et donne au mot une place et une résonance inouïes.

Césaire est un phare, une proue, un mât, un promontoire, une boussole pour notre monde dominé par les marchands de tout acabit, mués en prophètes qui escomptent notre chosification (vocable inventé par le poète martiniquais pour fustiger la colonisation) définitive  tout en nous promettant des paradis illusoires.

 





Le texte de la Semaine

14 05 2008

 

D’un trait de diamant

 L’abeille a fêlé la rêverie du vieil homme en son désert

A présent il la suit des yeux

jusqu’à ce buisson d’abeilles ardentes

Qui sans se détruire

Déploie de dards et de miel son incandescence

 

Marche pieds nus car tu foules ici

Une terre dont la poussière n’a pas de prix

l’or du temps à l’or du sable confondu

 

Alors

ce qui se tient dans le buisson

répand alentour un silence

Qui couvre les bruits du monde.

 

 

Auteur anonyme

(In Leçon 3 : MOBUTU, la tragédie d’un peuple et d’un continent)

 

 

 

 





le texte de la semaine

8 05 2008

CONGO, MON PAYS

Aimé LUVAGHO

Bruxelles BELGIQUE

( in Leçon 3 : MOBUTU, La tragédie d’un peuple et d’un continent)

Je suis Congolais d’origine et de nationalité mais actuellement, je suis assimilé aux belges car mes parents sont d’origines congolaises, mais ont la nationalité belge. Quand je suis arrivé ici en Belgique j’allais avoir 9 ans. Je garde des flashs du Congo, et plus particulièrement de Lubumbashi où je suis né et j’ai grandi jusqu’à mon arrivé en Belgique. Depuis je n’y suis plus retourné, même pas une seule fois. Pas par manque d’intérêt ou de priorité mais surtout parce que je n’ai pas beaucoup de temps ni beaucoup d’argent. Le Congo reste pourtant dans mes priorités pour le futur.

A propos du Congo, je sais d’où je viens et je pense que c’est très important. J’ai des connaissances de base en histoire, en géographie et sur l’histoire politique du Congo et de l’Afrique en générale. Mais, j’ai quitté ce pays il y a très longtemps et c’est vrai qu’à 8 ans ce n’était pas les questions les plus passionnantes. Par la suite j’ai toujours fait attention à m’informer de l’évolution de mon pays sachant que quand je suis parti les choses allaient bien. Quand j’ai quitté le Congo en 1989, pour moi tout tournait, je n’ai pas vu de différence entre là-bas et ici. A l’époque c’était Mobutu, le Zaïre, je suis né Zaïrois. Il n’y avait vraiment pas de problèmes, il me semble que tout tournait. D’où, je n’ai rien vu de spécial en Europe.

Aujourd’hui le Congo est par terre et les gens souffrent énormément. Cette souffrance résulte pour moi d’un système qui a été mis en place par la colonisation, d’abord Léopold II et ensuite Mobutu et les autres. Le système est bien ancré dans l’appareil de l’Etat, dans les mentalités des gens … Ce système c’est vraiment dire : le Congo c’est un grenier et chacun prend, prend et prend … C’est vraiment la cleptocratie ou la mangercratie ! On prend sans penser aux générations futures ou plus fort encore, sans se préparer pour les moments durs. Je pense que certains ont cru que le grenier était inépuisable. Ce système a commencé par le chef de l’Etat, s’il se sert de cette façon, je ne vois pas comment il pourrait condamner les gens en dessous de lui qui font la même chose, qui suivent le modèle. Ce système a perduré et s’est bien ancré au Congo; aujourd’hui encore. Mobutu était un bon exécutant des occidentaux qui perpétuaient ce système mis en place par Léopold II.

La cassure s’est produite quand les gens ont compris que ce qu’ils vivaient n’était pas normal. Elle a été réalisée par des pionniers comme Patrice Lumumba. Eux, ils ont montrés l’exemple, et il y en a eu d’autres en Afrique et ailleurs. Il n’y a pas que le Congo qui a dû batailler pour son indépendance, il n’y a pas que les congolais qui ont dû se construire leur identité et revendiquer le fait d’être des personnes identiques en qualités et honneurs à tous les autres habitants de cette planète. On aurait dû profiter de cette occasion pour opérer la cassure avec un système corrompu mais on n’a pas pu saisir la balle au bond. A ce moment peut être il y avait peut être moyen d’agir autrement et peut être qu’on ne serait pas dans cette situation si…mais avec des si on peut refaire le monde.

Le règne de Mobutu, c’est revenir à une situation où on est indépendant sans vraiment l’être. On l’a instrumentalisé et lui, il vendu son âme. Le comble c’est qu’il avait l’apparence de prôner un retour à l’authenticité africaine mais par rapport à ces actes et aux choses qu’il montrait, c’était vraiment le nouveau colonisateur.

Donc oui, il y a eu l’indépendance. Indépendance qui n’était pas préparée, ce qui est logique puisque le colonisateur ne voulait pas de cette indépendance à la base ou du moins pas à ce moment là. D’où les gens qui ont préparé cette cassure n’étaient pas aussi bien préparés qu’il aurait fallu qu’il le soit. Donc, il y a peut être aussi eu des dérapages de leur part. Mais dans le fond, ce qu’ils recherchaient aussi c’était la dignité des colonisés.

Aujourd’hui à cette heure-ci, c’est toujours pareil. Chacun veut sa part du gâteau. A l’époque le gâteau, c’était seulement pour Léopold II et la Belgique, puis à Mobutu mais il était toujours l’instrument des blancs et actuellement c’est toujours la même chose. C’est-à-dire que l’on instrumentalise quelqu’un que l’on met au pouvoir, au niveau de l’Etat.
Il y a eu des élections, je ne sais pas quels sont les résultats qui vont sortir mais je sens qu’il faudra attendre une conscientisation des gens pour se dire : on est d’accord, on sait qu’il y a un gâteau mais on n’est pas prêt a le partager comme vous voulez qu’on le partage.
En tous cas il faut qu’on puisse l’utiliser comme moyen ou monnaie d’échange et que ce soit un échange équitable.

Avec Mobutu, il fallait être avec lui ou alors ne plus être du tout, il y a beaucoup de gens qui ont fui ou disparu. Il savait bien joué sur ces deux tableaux. Soit tu étais avec, soit tu n’étais pas avec et à ce moment là tu étais un danger pour lui et donc pour les occidentaux. D’où tu avais peu de chance de t’en sortir.