Leçon 6 POLYGAMIE OU MONOGAMIE

Editorial: Polygamie,monogamie … Que souhaitez-vous pour la famille africaine de demain?

Bienvenus à tous dans le 6ème numéro de la revue AFRO CHILD et merci de votre continuel intérêt durant ce bout de chemin que nous venons de faire ensemble. Tout au long, nous vous avons longuement entretenue de l’Afrique, de notre Afrique ! Nous vous avons parlé de ses douleurs et de ses tristesses ; de celles qu’elle jette à la face du monde, mais également de celles que, par pudeur, scrupules ou honte, elle dissimule, enfuit jusqu’à les ignorer, à les oublier Elle-même. Nous vous avons donné notre vision des choses et vous nous avez fait partagé la votre. Nous n’avons jamais eu la prétention de parler en experts. Nous menions simplement quelques réflexions entre gens qui n’ont eu que trop rarement l’occasion de parler de Leur Histoire. Au fil des numéros, les épaules de chacun ont pu ressentir les défis, les immenses défis qu’il faudra relever pour (re)construire l’Afrique. Face à ces défis, certains auraient, peut-être, choisi de fuir et de se voiler la face. Fuir et fuir encore ! Mais, n’est-ce pas impossible de fuir de soi-même ? Comme nous, vous avez compris que cette fuite en avant devait, désormais, cessé. Vous avez découvert, avec nous, à quel point le passé africain est lourd, très lourd pour l’Humanité toute entière. Vous avez, également, pris conscience que cette Humanité ne nous reconnaîtra vraiment que lorsque nous aurons pleinement assumé ce lourd passé. Nous ne réussirons l’ultime défi de regarder résolument vers notre avenir qu’après nous être acquitter de cette dette envers nos aïeux, nous-mêmes et ceux qui arrivent après nous.

Souvenez-vous, nous avions opté depuis le début de cette aventure pour un ‘roman à la chaîne’. Chacun de nous est devenu un écrivain potentiel, un libre penseur, ajoutant un chapitre de son cru aux récits des autres, dans un respect et une tolérance exemplaire. Les écrits ne formaient pas toujours un ensemble cohérent et harmonieux ; une confusion qui ramenait, alors, l’Afrique à elle-même, à sa culture non écrite, à ses valeurs diverses et emmêlées, à son Histoire longtemps interdite aux siens et tenue au cachée aux yeux du monde. Mais, par vos textes, vous avez partagé vos connaissances et enrichi la notre, nous révélant, parfois, l’Histoire sous un jour entièrement nouveau. Vous n’avez jamais cessé d’être des abeilles, rapportant à la ruche le miel de vos idées. Bref, la route est longue, très longue, et semée d’embûches. Accompagnez-nous, afin que, mutuellement, nous puissions nous soutenir ! Ne nous décourageons, donc, pas ! N’est-il pas dit que les derniers seront les premiers ?

Voilà, donc, cinq numéros (déjà !) que nous menons ensembles d’enrichissants échanges sur l’Histoire africaine et ses implications actuelles. Nous y avons pris le parti de traiter de thèmes plutôt sombres car il fallait que, en nous tous, soit réveillé des sens trop longtemps bercés et endormis. Vos textes ont suffi à nous convaincre que l’électrochoc avait produit ses effets. Désormais, vous savez regarder l’Afrique avec réalisme. Le voile de l’utopie et du pessimisme morbide se soulève progressivement. Gardez cette acuité, cet éveil de l’esprit, car c’est le chemin vers l’avenir!

Permettez-nous, cependant, avec ce sixième numéro de votre Revue, de prendre un virage éditorial car l’Afrique n’est pas que souffrances et humiliations. Notre mission ne doit pas se limiter à expliquer ses guerres pandémiques, son extrême pauvreté ou la corruption institutionnalisée de certains vautours. Il existe bien des thèmes, des enjeux et des débats qui, bien que très importants, nous révèlent un Continent africains aux trésors culturels d’une valeur inestimable ; une Afrique aimée par ses enfants dont certains se sont voués corps et esprit à son bonheur.

Prenons, donc, une bouffée d’oxygène en abordant, dans ce numéro, un sujet, non moins crucial, mais nettement plus joyeux : la famille. De tout temps, les peuples se sont toujours questionnés sur la structure familiale capable de servir au mieux l’harmonie et la paix sociale : polygynie, polyandrie, monogamie … ? Cette quête intemporelle et universelle n’épargne pas l’Afrique. D’autant plus qu’aujourd’hui, au sein d’un même Etat africain peuvent cohabiter, parfois dans une déconcertante confusion, des formes d’union diverses et variées.

La question est, donc, ‘simple’ : parmi toutes ces structures qui définissent les rapports entre l’homme et la femme, existe-il une qui soit la mieux indiquée pour une Afrique qui veut aller de l’avant ? D’ailleurs, pensez-vous qu’il soit utile (ou même possible) de faire un choix ? Il ne s’agit pas d’une simple discussion philosophique ici ! En effet, n’oublions pas que la santé de la société passe d’abord par celle de la famille. Par conséquent, le débat que nous vous proposons de mener ici est vital pour les sociétés africaines. Arrêtons d’être des copieurs, devenons des acteurs, les concepteurs de la société africaine de demain.

Mais, d’abord, resituons brièvement le cadre historique et le contexte actuel des structures familiales les plus rencontrées en Afrique.

La polygynie, un brin de misogynie ?

La polygynie est une forme de polygamie, terme générique avec lequel il est souvent confondu et qui désigne toutes les unions multiples entre hommes et femmes. Lorsqu’il s’agit de polygynie, on entend l’union (souvent par les liens du mariage) entre UN homme et PLUSIEURS épouses. Sans vous faire un cours d’histoire, sachez qu’en Afrique, elle prend ses origines tantôt dans la coutume, tantôt dans la religion. Dans ce dernier cas, même s’il est vrai qu’à l’heure actuelle la religion qui se démarque sur cette question est l’Islam, force est de constater que bien d’autres croyances, présentes en Afrique, permettent ou encouragent la polygamie. Les différents Livres Saints abondent de preuves qu’elle était tolérée – si pas reconnue – et était une pratique courante chez les Hindous, chez les Zoroastriens …. Saviez-vous, par exemple, que l’Ancien Testament, sans aller jusqu’à vivement conseiller la polygamie, nous rapporte des harems célèbres tel que celui du Roi Salomon.

Aujourd’hui, nous ne serons pas entrain de nous tromper si nous affirmions que la polygamie n’est plus du tout en odeur de sainteté dans la plupart des sociétés ‘modernes’. Dans beaucoup d’Etats occidentaux, elle est même légalement considérée comme un délit. Pourtant, très étonnamment, des scientifiques (anthropologues) ont récemment relevé que, sur 558 sociétés représentatives étudiées, la polygamie est pratiquée dans 75-76% des cas. Ceci dit, même chez ces peuples autorisant la polygamie, seulement 5-10% des hommes possèdent plusieurs femmes à la fois. Dans certaines régions du monde où elle était la norme, désormais, il y serait mal venu d’avouer haut et fort sa polygamie. Il reste, cependant, une poche de résistance dont l’épicentre se situe en Afrique (essentiel le centre et l’ouest) et dans les pays arabo – musulmans. Limitons-nous à l’Afrique pour signaler que, par exemple, le Sénégal reconnaît, désormais, la polygamie (plus précisément, la polygynie) dans son Code de la famille (corps de lois régissant la famille) . Ce pays fait, cependant, l’exception car, pour l’essentiel, c’est la coutume non écrite ou les règles religieuses qui fondent les pratiques polygames.

Quoi qu’il en soit, les critiques au sujet de la polygamie ne cessent de s’amplifier. Là où ses défendeurs voient en la polygamie l’outil qui permet de pourvoir à la sécurité matérielle de toutes les femmes d’un groupe, ses détracteurs n’y perçoivent qu’une hypertrophie de l’ego masculin. Il est vrai que dans une société qui prône la polygamie, seuls les hommes riches peuvent avoir plusieurs épouses, les autres devant se contenter d’une seule (parfois plus âgée qu’eux). D’un autre côté, le fait d’avoir plusieurs femmes est lié au prestige et à la richesse d’un homme. Certains n’hésitent, donc, pas à conclure qu’il s’agit d’un flagrant manque de considération pour la personne humaine et d’un frein à la liberté féminine ; une ‘toute puissance’ pour l’homme tandis que la femme est dépouillée de sa dignité.

Il est incontestable que certaines formes de polygamie et certaines conséquences de la polygamie sont indéfendables. Ainsi en est-il, lorsqu’au sein d’un même harem, s’établit une hiérarchisation des privilèges selon le rang des épouses ou simplement la préférence de l’époux. C’est également le cas lorsque ceux qui n’ont pas pu choisir subissent les conséquences de la polygamie : les enfants dont le statut et les droits risquent fort d’être liés au rang de leur mère ; les femmes qui, dans certaines coutumes, ne se marient pas de plein gré mais servent de monnaie d’échange entre familles ou, quand bien même elles auraient le choix, n’ont pas la liberté sociale et économique de l’exercer.

Ceci dit, avoir un esprit critique de bonne foi, c’est également admettre que nous n’avons pas étudié toutes les formes de polygamie qui puissent exister pour pouvoir leur appliquer les mêmes griefs sans risque de se tromper . C’est également reconnaître que chaque famille est une entité indépendante et que, par conséquent, certaines arrivent peut-être à vivre une polygamie heureuse et épanouie.

La polyandrie : l’ethnie des BASHILELE

La polyandrie est une variante des unions multiples. A l’inverse de la polygamie, ici, c’est UNE femme qui prend pour époux PLUSIEURS hommes. La pratique est (ou est devenue) très rare à notre époque. Cependant, signalons qu’au Congo (RDC), une coutume ancestrale de l’ethnie des BASHILELE fait persister la polyandrie bien que la colonisation et le SIDA l’ont pratiquement fait disparaître. Cette ethnie, d’environ 1000 à 1500 âmes (selon les sources), vit principalement dans les alentours des provinces du Kasaï occidental (centre) et de Bandundu (centre ouest). Traditionnellement, chaque village compte en son sein des KUMBU, groupes de dix à trente jeunes hommes célibataires de la même tranche d’âge, ayant quitté le foyer pour vivre ensemble dans un quartier spécialement réservé pour eux. Chaque KUMBU choisit une ‘femme commune’ d’à peu près le même âge. Une fois cette formalité réglée, les femmes polyandres prennent les choses en main. Pendant ‘la lune de miel’, période précédant le mariage ‘effectif’ et qui peut durer plusieurs années, elles sont les reines. Les maris potentiels doivent être irréprochables et aux petits soins, au risque de se faire sérieusement rabrouer. La future mariée ne doit manquer de rien et ne doit pas s’ennuyer. Les jeunes BASHILELES rivalisent donc de stratagèmes et d’inventivité pour divertir l’objet de leurs convoitises. Ils dansent, chantent, luttent, chassent, médisent sur leurs rivaux et n’hésitent pas à mettre tous les atouts de leurs côtés sous les draps… Pas facile d’être au service de la future Madame. Mais le jeu en vaut la chandelle. Au terme de ladite lune de miel, elle choisira, lors d’une cérémonie solennelle, ceux qui l’ont le plus comblée. Mais, les autres ne sont pas perdants pour autant car es enfants de l’union appartiennent au KUMBU tout entier.

Pour les historiens, ces femmes polyandres (tant chez les BASHILELE que ailleurs chez d’autres peuples) avaient un statut privilégié, presque sacré en vertu des services sociaux qu’elles rendaient. C’étaient, par exemple, elles que les chefs de villages envoyaient négocier en tant de guerre, car elles bénéficiaient d’une immunité.

La monogamie ou l’utopie de la fidélité ?

La monogamie est le contraire de la polygamie, elle désigne l’union d’UN seul homme et d’UNE seule femme. Il va de soit qu’au sein du couple doit exister une fidélité sans faille sans laquelle il deviendrait difficile de la différencier d’une polygamie (ou polyandrie) informelle. A ce propos, autant l’Islam tolère et réglemente la polygamie, autant le christianisme et les autres croyances de souche judaïque imposent sans alternatifs la monogamie. Pour ces derniers, "l’homme est appelé à quitter son père et sa mère afin de s’unir à son épouse, de sorte qu’ils ne fassent qu’une seule chaire" . C’est justement cette condition de fidélité dans le couple, d’union ‘sacrée’, que combattent les critiques de la monogamie. Elle est contre la nature humaine, affirment ces critiques ; une norme sociale contraire à se qui définit l’humain, à savoir ses besoins et ses pulsions. Certains anthropologues ont émis des hypothèses tendant à justifier l’impossibilité de la fidélité par une motivation biologique qu’est la reproduction. Il est évidemment plus efficace pour la reproduction que l’homme ait plusieurs femmes plutôt que l’inverse. Sur un plan plus ‘psychologique’, parmi ses besoins, se trouverait celui d’aimer et de se sentir aimé, un besoin affectif, un besoin de se prouver sa propre valeur. Ces besoins s’accompagneraient de pulsions destinées à les satisfaire. Une d’elles inciterait, alors, l’homme et la femme à la polygamie (ou polyandrie). Pour ces détracteurs de la monogamie, il ne servirait à rien d’imposer aux humains la fidélité car cela n’engendrerait qu’insatisfaction et frustration, ce qui ne tarderait pas à perturber l’harmonie et la paix sociale. Ils en veulent pour preuve le taux extrêmement élevé de divorces dans les sociétés monogames : lorsque l’infidélité est humainement inévitable, disent-ils.

Les arguments valent ce qu’ils valent. Cependant, si une chose y est absolument incontestable, c’est bien que la monogamie n’est qu’une norme sociale (à notre avis, au même titre que la polygamie). Elle a, certes, le grand avantage de rapprocher au mieux, en les équilibrant, les statuts de l’homme et de la femme dans un couple et d’encadrer plus facilement ses conséquences sociales. Pour autant, il ne s’agit nullement pas du remède miracle pour une vie de couple plus harmonieuse, pour des enfants psychologiquement plus équilibrés ou plus généralement pour une société idéale.

Quelle famille pour l’Afrique ?

Dans la plupart des sociétés occidentales, la monogamie est aujourd’hui la seule forme d’union entre un homme et une femme qui soit légalement acceptée. Quant à la polygamie, elle reste une pratique courante (mais, régulée) dans le monde musulman. Il faut, donc, conclure que, dans un cas comme dans l’autre, la norme sociale résulte d’une longue réflexion menée par des générations de penseurs sur leurs propres sociétés, sur l’utopie sociale, mais également sur le sacré, l’intangible.

Cette même lente maturation des idées aurait dû se faire également en Afrique. Malheureusement, l’Histoire en a voulu autrement en faisant subir à ce Continent des centaines d’années de colonisation avec leur flot de christianisation et d’islamisation. Les sociétés africaines (à quelques exceptions près évidemment) ont, ainsi, étaient privées du droit de choisir le modèle familial à leur convenance, se contentant de copier bon gré mal gré des modèles forgés par des penseurs étrangers et pour des peuples étrangers.

Mais, qu’à cela ne tienne car le débat que nous avons ouvert ici vous redonne la parole. Il demande, à vous les anciens, de nous éclairer sur le sacré et l’intangible africain ; de nous rappeler ce qui était avant le prêtre et l’imam. Il demande, à vous les jeunes africains, d’écrire votre utopie sociale.

Nous devons devenir les acteurs de notre avenir et non plus de simples figurants, d’imparfaits copieurs. Refusons de rester perpétuellement des marionnettes qui avancent grâce à d’obscures forces, mais ne cessent de croire qu’elles savent où elles vont ! Penser par nous-mêmes la famille africaine de demain est un travail que nous devons aux générations à venir. Mais, tous comptes faits, choisir un modèle familial ne doit pas être la finalité, c’est notre réflexion qui importe. En effet, notre rôle n’est pas d’imposer telle ou telle autre vision de la famille. Il nous faut, plutôt, comprendre ce qui fait l’essence de la famille africaine. Quant au choix, il s’imposera à nous dès que nous aurons décidé de prendre en main notre destiné. Ce sera un travail long, une course d’endurance tant les pistes ont été brouillées, tant la confusion, l’ambiguïté nous voilent les yeux.

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La voix des Hommes
« Les mots, les sons, le pouvoir sont les symboles de l’Homme.

C’est ce que nous utilisons contre l’oppression.

On ne se sert ni de bâtons, ni de pierres, ni de fusils.

Un de nos messages pour la planète dit :

Rassemblons-nous, sœurs et frères,

Le Temps nous échappe.

Ecoutez la Voix des Hommes, Elle appelle tout le monde.

Cette Voix est pour tous ceux qui l’accepteront… »

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LA POLYGAMIE
Eddy JIMBERE

Bujumbura (Burundi)

La polygamie est pour un individu le fait d’avoir plusieurs conjoints (déf : Wikipedia), ceci peut être une femme ayant plusieurs maris, polyandrie ou un homme ayant plusieurs femmes, dans ce cas on parle de polygynie.
Les cas de polygynie sont les plus fréquents et ceci surtout dans les pays/milieux islamiques où elle est légale.

Dans le temps, la polygynie était considérée comme une marque de puissance et de prospérité. Par exemple, dans les sociétés africaines de naguère, un homme ayant beaucoup de femmes, et de ce fait d’enfants, suscitait le respect et était élevé au rang de sages au sein de la communauté.

De nos jours, les circonstances de la vie moderne en Afrique, en particulier et partout ailleurs, ne le permettent pas; le coût et la qualité de vie ont sensiblement changé, la polygamie commence à être fortement découragée même si ce phénomène de lutte n’est pas si bien acclamé par tout le monde.
La polygamie constitue un luxe que peu de personnes peuvent réellement s’offrir, et surtout dans les régions où elle était répandue naguère, c’est-à-dire dans les pays du Tiers Monde. Elle est source de beaucoup de maux dans la société notamment :

- La propagation du Sida : le/la polygame ne pouvant pas être avec tous ces partenaires en même temps, certains se sentent moins favorisés que les autres et de ce fait vont voir ailleurs. C’est ainsi que si par malheur, il/elle contracte le virus, celui-ci se répand aussitôt comme une poudre au sein de la concession.
- Les conflits entre les différents partenaires qui en résultent peuvent nettement bouleverser l’équilibre familial, les 1ères victimes étant toujours les enfants qui seront affectés d’une façon ou d’une autre par le désordre qui va régner dans leur foyer
- Dans la plupart des cas remarqués, le/la polygame ne peut pas se permettre de totalement subvenir aux besoins fondamentaux de tous ses enfants, ce qui fait que la société va compter encore plus de cas de non-instruits, enfants qui vivent dans la rue, etc… ce qui à long terme affecte la société d’un point de vue économique, social et politique
Cela dit certaines femmes affirment que la polygamie est une bonne chose dans la mesure où elle donne beaucoup plus de chances aux filles de se trouver un mari et de ce pas éviter quelques pratiques que la société condamne comme la prostitution, ou d’autres actes qui sont souvent poussés par le désespoir de ne jamais se trouver un conjoint.
D’autres femmes affirment que la polygamie leur permet de pleinement satisfaire leur mari, et qu’à chaque moment que celui-ci en éprouve le besoin, ses pulsions/envies sexuelles seront répondues par l’une ou l’autre sinon toutes, comme quoi « l’Union fait la force ».
Soulignons que ces propos sont, pour la plupart, tenues par les femmes musulmanes pour qui la polygamie leur est imposée par la loi, qu’elles n’oseraient pour rien au monde défier, même si l’envie ne manque pour la majorité.

En tant que chrétien(ne), la polygamie est une mauvaise chose et condamnée par la loi chrétienne puisque elle encourage l’adultère car celui qui a 3 en veut toujours plus. Sans oublier, qu’elle engendre la colère, la jalousie, l’animosité, pour ne citer que ceux là ; entre les femmes qui cohabitent.
Notons qu’en parlant de polygamie, on fait référence beaucoup plus à la polygynie puisque elle est la plus répandue dans nos sociétés, la polyandrie n’étant rencontré que dans quelques pays asiatiques.

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POLYGAMIE ET ISLAM
MINT LEHRAITANY Rabia
Bruxelles

Polygamie : Type de mariage dans lequel un homme est uni à plusieurs femmes.
De nos jours la polygamie est une pratique mal vue. En Occident elle est associée au crime. Pour la plupart des personnes, lorsque l’on site le mot polygamie, ce qui fait tilt dans leur têtes est Islam. Islam, car l’islam permet la polygamie. Par conséquent, la polygamie est souvent associée à Islam. Mais, en parcourant l’histoire, nous apprenons que la polygamie existait bien avant l’islam. Les hommes avaient plusieurs femmes. Ils se mariaient autant de fois que ça leur plaisait. L’islam n’aurait donc fait que réglementer une norme déjà existante en restreignant la pratique de la polygamie à quatre épouses au maximum. Cependant, cette pratique est soumise à des conditions par la Charria qui est La Loi Musulmane.
Bien que la polygamie soit aujourd’hui interdite dans les pays occidentaux et même dans certains pays musulmans, cette pratique subsiste malgré tout mais sous une autre forme que je qualifierais d’hypocrite. L’islam dénonce l’hypocrisie et le désordre sexuel, et permet donc la polygamie.
En islam, il y’a cinq catégories de choses à faire ou à ne pas faire.
• Fard : obligation
• Moustahab : recommandé ou encouragé
• Mou bah : permis ou acceptable
• Makrouh : non recommandé ou déconseillé
• Haram : interdit
La polygamie fait partie de ce qui est permis. Sourate 4. Verset 3 « Il est permis d’épouser 2, 3 ou 4 parmi les femmes qui vous plaisent, mais si vous craignez de n’être pas juste envers celles-ci, alors une seule ». Etre polygame signifie donc être équitable et juste. Mais, la permission de la polygamie est conditionnée:
• Par le nombre : Un homme musulman ne peut épouser plus de quatre femmes.
• Par la capacité financière : l’homme doit offrir les mêmes avantages financiers aux différentes épouses.
• Par la capacité physique de l’homme : Il doit être physiquement et sexuellement apte.
• Par le libre choix de la femme d’accepter ou de refuser d’être co-épouse.
Il faut savoir qu’en islam, la relation entre l’homme et la femme ne peut être que légitime, donc pour un homme, la femme avec laquelle il vit ne peut être que son épouse et aucunement sa maîtresse et vice versa. Aujourd’hui la polygamie est certes interdite dans les lois de la majorité des pays du monde mais ces mêmes pays admettent la multitude des maîtresses. N’est ce pas là de l’hypocrisie !!!
La polygamie en islam a pour objet fondamental de préserver la responsabilité des hommes au profit des femmes, car toute relation entre un homme et une femme non basée sur des engagements et des obligations est refusée par l’islam et qualifiée d’adultère. La polygamie serait donc pour les hommes de foi qui défendent leur pureté et leur honneur et non pour les « comédiens » parce qu’ils le valent bien.
Et les femmes musulmanes dans tout cela ?
Les Droits de la femme en Islam.
L’Islam est la première religion à être critiquée quant aux droits de la femme, qui est supposée méprisée et inférieure à l’homme dans la communauté musulmane. Or, la femme en islam est l’égale de l’homme. Le Coran (sourate3, verset 195), Dieu affirme : « en vérité, je ne laisse pas perdre l’œuvre de celui qui agit bien, qu’il soit homme ou femme. Vous participez les uns des autres » et le Coran continue (sourate30, verset 21): « Parmi les signes de Dieu, il y a le fait qu’il a crée a partir de vous-même pour vous, des épouses pour que vous trouviez auprès d’elles le calme et le gîte, et qu’il a établi entres vous des liens de tendresse et miséricorde. Il y a en cela des signes certains pour les gens qui méditent ».
Alors que les femmes européennes ne furent émancipées qu’à la fin 19ème siècle (par ex. 1880 est la date à laquelle, les premières femmes ont pu s’inscrire à l’Ulb). Les femmes musulmanes le furent dès l’apparition de l’islam au Moyen-Age qui leurs conféra tous les droits légitimes:
* Le droit à la liberté :
- Liberté de choisir son mari ainsi que le choix d’accepter ou de refuser la polygamie.
- Liberté de conscience et de religion…
* Le droit à l’instruction, à l’éducation:
L’islam décrète que la recherche du savoir est un devoir qui incombe à tout musulman et à toute musulmane. Le Coran (sourate 96, verset 1, 2, 3 ,4 et 5) « Lis, au nom de ton seigneur qui a créé;Qui a crée l’homme d’une adhérence.Lis ! Ton seigneur est le Très Noble.Qui a enseigné par la plume.A enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas ».
* Le droit à la propriété:
Le Coran (sourate 54, verset 32) « Aux hommes revient une part de ce qu’ils auront gagné et aux femmes revient une part de ce qu’elles auront gagné ».
La femme en Islam possède une personnalité juridique complète, elle peut contracter, ester en justice, s’engager dans le commerce… Elle est seule maîtresse de ses biens même en étant mariée. Tous ces droits conférés par l’islam à la femme, dès son apparition au Moyen-Age, ne commencèrent à être concédés à celle-ci en Europe qu’à la fin du 19ème siècle.
Pour conclure, je dirais que chaque religion à ces principes. L’un des principes de la religion musulmane est que la relation entre un homme et une femme ne peut être que légitime. Avec un tel principe la polygamie s’impose. La polygamie en islam, à condition d’être appliquée avec les règles que celui-ci lui impose, est la meilleure des choses pour une société qui se voudrait organisée sur le plan relationnel entre les hommes, les femmes et les enfants. Appliquée avec un esprit musulman, la polygamie est la solution pour l’homme musulman si celui-ci est un homme de foi, de moralité et de conscience.

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UNE MONOGAMIE CLAIRE ET NETTE
C.K.

Bruxelles BELGIQUE

Bonjour, je suis C.K., Congolais, né au Congo et je suis arrivé ici il y a 15 ans. Je connais bien la famille polygame car mon père a deux femmes et entre temps il a aussi beaucoup d’autres aventures et d’enfants.
Donc moi-même je suis baigné dans la polygamie et mon avis sera donc très subjectif.
Aussi le fait que je suis chrétien, j’ai un point de vue biblique là-dessus, donc c’est un mélange des deux qui va ressortir.

D’abord, la Bible nous dit que, et je partage cet avis, l’amour ne tend que vers une seule personne. Le mariage, c’est bien l’union de deux personnes par amour, que seule la mort pourra nous séparer. Quand tu as une deuxième femme, quelle est valeur de la parole que tu donnes ? Moi je pense alors que la première parole est une fausse parole.

Par exemple au Congo, concernant la polyandrie, il n’y a qu’une seule région où la femme peut avoir plusieurs maris et encore, elle doit avoir des amants et ce n’est pas reconnu par la société mais dans leur région, ils doivent faire ça.

Mais pourtant l’homme peut officiellement avoir plusieurs femmes. Où est la justice là dedans ?

Je pense que nous avons été crée, hommes et femmes égaux. Bien sur il y a des différences qu’on ne peut pas renier mais sur les points fondamentaux de la vie, on est égaux. On ne peut pas m’expliquer que les hommes peuvent avoir autant de femmes qu’ils veulent et pas les femmes.

Et pour moi, la situation que l’Afrique est en train de vivre maintenant, c’est la débauche parce que c’est tellement ancré dans la réalité et dans les mentalités. Un homme a une femme, il en prend une autre, les femmes vont à gauche à droite, les enfants n’ont pas de suivi, c’est n’importe quoi.

En Afrique, on pense souvent que lorsque l’enfant est né et qu’il a de quoi manger c’est suffisant. Je suis d’accord mais l’enfant a besoin de plus que ça, notamment la présence de son père.
Comment un enfant peut-il expliquer que tantôt son père va dormir là bas, tantôt là bas…
Quelle vision aura-t-il du mariage ?
Et en Afrique on est en train de se pourrir comme ça.

Vis-à-vis d’un enfant, je dirais que c’est difficile parce que tu places une barrière et que tu te dis : « c’est la vie des parents » mais quelque part tu es affecté et ça perturbe ta vision du mariage.
Tu te demandes, c’est quoi l’amour finalement, c’est d’avoir des femmes à gauche à droite, ta notion de l’amour est perturbée.

Il peut y avoir des gens qui sont malheureux dans leur couple, du mariage jusqu’au décès, vivre dans le malheur. Ils peuvent être riches mais dans le cœur il y a une souffrance et ça c’est surtout les femmes qui vivent ça et moi je trouve ça aberrant.

Moi je souhaite donc pour la famille africaine de demain une monogamie claire et nette.
Sinon ça crée des déchirements incroyables.
Il y a des enfants de mères différentes dans les familles polygames qui développent une certaine haine à l’égard des autres du fait que le père passe plus de temps avec telle ou telle femmes. Et la notion de l’amour est pervertie.

Tout ça c’est du désordre. Toutes les coutumes, les valeurs, tout ça vient de la famille. Comment veux-tu avoir de l’ordre dans ta vie si dans la famille les valeurs sont désordonnées.
Quand tu vas mener des affaires avec quelqu’un et tu apprends que la personne est divorcée, tu peux arrêter parce que si il est infidèle dans la vie familiale, il risque fort de l’être aussi dans les affaires.

Je serais donc pour une monogamie claire et nette en Afrique.

Pour l’avenir, je conseillerai aux jeunes d’ouvrir leur bible et de la lire. Ce n’est pas un vieux livre, il est vraiment d’actualité et préserve de la folie.

La Bible, le Mariage et la Monogamie

La première référence du mariage dans la Bible se fait dans le contexte de la Création et définis l’institution du mariage selon Dieu donc comme cela devrait être.

Apres avoir créé l’homme , Dieu dit « : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui. » Donc dans le mariage on retrouve l’idée d’entre aide. Ensuite quelques lignes plus tard l’homme lui-même dit « : Voici cette fois celle qui est OS de mes OS et CHAIR de ma CHAIR ! » Et Dieu rajoute « c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une SEULE CHAIR ».

Comment peut on dans ces conditions parler de mariage si plusieurs femmes ou plusieurs hommes sont mêlés à l’union???
Certains d’entre nous peuvent soutenir que Moïse, qui au travers de ses lois, dit que l’homme peut écrire une lettre de divorce pour répudier sa femme, ou que David et son fils Salomon, des rois aimés de Dieu, ont eu plusieurs femmes, concubines et maîtresse, on peut penser que Dieu est d’accord avec tout ceci !

Mais en vérité Jésus nous enseigne , quand les pharisiens viennent lui tendre un piège en lui disant que la loi permet le divorce, que : « c’est à cause de la dureté de votre cœur [...], mais moi je vous dis que celui qui répudie sa femme sauf pour infidélité et qui en épouse une autre commet une infidélité », « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a unit ». Et Il leur rappelle que au commencement il n’en était pas ainsi et explique que l’homme quittera son père et sa mère pour former une seule chair avec sa femme et non plusieurs Chairs avec ses femmes.

Donc mes amis, à vous de tirer les conclusions sur ce qu’est réellement le mariage, pour ma part je partage la vision de Jésus : une femme et un homme et se garder dans la pureté, aidé par le Saint Esprit.

Comme idée finale, je dirai que ceux qui parlent de polygamie puissent changer de verbe NE PARLER PAS DE MARIAGE, parler de CONCUBINAGE alors car même les autorités vous diront que l’institution du mariage est inspirée de la Bible alors comme Jésus le disait : Rendez à césar ce qui est à césar et rendez à Dieu ce qui est à Dieu. Que ceux qui ont des oreilles entendent et que ceux qui ont des yeux voient.

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SOYONS SINCERES ET RECONNAISSONS NOUS EN TANT QUE POLYGAMES
Freddy MANDEVU

Liège BELGIQUE

La polygamie est un sujet tabou aujourd’hui. Pourquoi ce mode de vie est il interdit et illégal ? Pourtant, elle est plus sincère et pourrait être la solution a beaucoup de problèmes du monde monogame actuel a savoir l’infidélité, le divorce, l’homosexualité et les maladies sexuellement transmissibles.

Aujourd’hui

En Allemagne ou j’ai vécu pendant plus de 15 ans, 60% des couples divorcent en moins de 3 ans de mariage. Ces chiffres ne diffèrent pas beaucoup des autres pays occidentaux dit ‘civilises’. La famille traditionnelle monogame qui est supposée durer toute une vie ne fonctionne pas. On se marie, on divorce, on se remarie plusieurs fois, l’infidélité étant souvent la cause. Les sociétés occidentales vivent bel et bien une forme de polygamie puisque les gens changent souvent et officiellement de partenaires en divorçant ou officieusement en ayant des maîtresses ou en fréquentant des prostituées.

Les Mormons aux Etats-Unis soit ± 40.000 personnes vivent officiellement dans une famille comprenant plusieurs épouses.

Dans le monde Arabes et islamique, la polygamie n’a rien de tabou puisque elle est plutôt institutionnalisée et très légale. Tant que les moyens économiques sont suffisants, les gens vivent la polygamie pleinement et ouvertement. Au contraire de l’occident, l’infidélité, l’adultère et le divorce ne sont presque pas existants ici.

En Afrique de l’ouest et dans plusieurs autres pays africains, on remarque que la polygamie est plutôt standard. L’homme vie ou se marie a la traditionnelle avec plusieurs femmes qui se partagent les travaux de la vie quotidienne. Néanmoins, devant les institutions, on ne peut se présenter qu’une seule fois pour le mariage.

Au Burundi avant la colonisation et le christianisme nos grands parents avaient souvent plusieurs femmes. Ceci dépendait naturellement de leur moyen économique. Mon arrière grand-père par exemple avait 5 femmes mais pas sous le même toit. Chacune avait ses propres terres et ses propres enfants à élever. Depuis la colonisation, la polygamie n’est pas reconnue mais trop souvent les enfants burundais sont choques en apprenant qu’ils ont des demi-soeurs et demi-frères. L’homme africain vit officieusement la polygamie ainsi comme l’homme occidental.

Aujourd’hui dans les sociétés occidentales pourtant monogames la publicité sur nos écrans de télévision nous submerge de belles femmes pour inciter l’homme ou le male a consommé plus. Ceci est valable dans tous les domaines de consommation que ce soit le salon de l’automobile,
Les alcools et boissons exotiques et autres. On touche le point faible de l’homme, marié ou pas, la femme.

C’est étonnant de voir que chaque ville en occident ou dans le monde monogame possède un quartier de prostituées. Ceux qui fréquentent les prostituées ne sont pourtant pas les gosses de 17 ans ou nécessairement les hommes célibataires. Ce sont de braves gens fonctionnaires vivant en famille qui vont se faire plaisir ailleurs après le boulot. Le tourisme sexuelle vers la Thaïlande, les philippines, l’Amérique latine etc. n’est pas de la fiction et c’est qui ce touriste: Le monogame européen.

La pornographie sur le net expose, toutes les vidéothèques ont un coin pornographique. On y trouve presque que des hommes. La femme n’ y va jamais seule et même si elle y accompagne son homme, ce n’est pas vraiment pour son propre plaisir.

Les scientifiques nous disent que l’être humain est un animal comme tant d’autres à la différence que nous avons une plus grande intelligence ainsi qu’une conscience. En observant les animaux sauvages dans différents documentaires, le male est polygame et marque son territoire. Aucun autre male de la même espèce ne s’y aventure. Ceci est tellement vrai que j’en ai fait l’expérience chez mes grands parents. Il n’existe qu’un seul taureau dans un même enclos peu importe le nombre de vaches en sa possession.

Survol historique

Aujourd’hui nous associons prioritairement la pratique de la polygamie à l’Islam, pourtant la polygamie est loin d’être propre à cette religion. Elle existe depuis l’antiquité et les écritures et autres livres saints abondent de preuves qu’elle était reconnue comme pratique courante chez les Hindous, chez les Zoroastriens et les Juifs. La Bible nous décrit une société patriarcale polygame. Le harem de David est célèbre et celui de son fils Salomon l’est encore plus. Bien avant eux Abraham et Moïse étaient polygames.

Les sociétés égyptiennes – sauf pour le pharaon -, grecques et romaines étaient résolument monogames. Ceci ne veut pas dire en effet que le mari n’a pas de concubines ou n’use pas de ses servantes, elle signifie simplement qu’une seule femme lui donnera des enfants légitimes. La monogamie ouvre donc un espace de liberté au bénéfice exclusif de l’époux.
La monogamie n’est en effet pas liée à la fidélité masculine. A l’inverse, les jeunes femmes doivent offrir leur virginité à leurs époux et leur rester fidèle toute leur vie. Ce qui est répréhensible, c’est pour la femme, de tromper son mari, et non l’inverse. Pendant l’Antiquité, peu d’interdit freinait la sexualité, faire l’amour était considéré comme une activité naturelle.

Les invasions germaniques mettent l’Empire romain en contact avec un autre mode familial où 40 à 50 personnes vivent sous le même toit, le chef, ses épouses et leurs enfants. C’est à cette dernière tendance que va se heurter l’Eglise.
Au 20ème siècle, le modèle d’une relation conjugale fondée sur la fidélité mutuelle d’un seul homme et d’une seule femme s’impose dans toute l’Europe chrétienne. Ce sera difficile à faire admettre aux souverains, très soucieux d’assurer leur descendance, certains risqueront d’ailleurs l’excommunication pour ce motif.

La monogamie est une notion qui reste encore étrangère à une grande partie de la planète. Actuellement, malgré un recul de la polygamie au profit de la monogamie, certains groupes culturels restent polygames, comme les peuples de culture islamique et un grand nombre de sociétés tribales dans le monde entier.

Conclusion

La société actuelle monogame vit dans le mensonge. L’homme est de nature polygame qu’on le veuille ou non. La polygamie "officielle" est interdite mais cela n’empêche personne d’avoir une ou plusieurs relations extraconjugales et des enfants conçus en dehors du mariage officiel. La polygamie devient ainsi cachée, mais reste quand même bien présente.

Aujourd’hui, la polygamie est un sujet "tabou" car notre siècle est celui de la libération de la femme. L’image d’un homme ayant plusieurs femmes est perçue comme un esclavage de la femme.

Or l’interdit génère une consommation cachée et incontrôlée très dangereuse. Le Sida décime l’Afrique parce que le seul plaisir en Afrique étant le sexe, donc la polygamie, est interdite. La drogue est moins consommée et moins nocif aux Pays-Bas qu’ailleurs en Europe. Les
Hollandais en consomment sereinement sans devoir se cacher. La monogamie constitue donc un danger potentiel pour l’humanité car elle entraîne l’éclatement des familles et des souffrances énormes des enfants.

Vu les énormes problèmes familiaux des sociétés monogames occidentales, on devrait a mon avis réfléchir sincèrement sur la polygamie qui peut être pourrait ramener la paix, la sérénité et la bonne éducation des enfants au sein de la famille. L’homme polygame n’est pas plus macho ou plus mauvais par rapport a la femme a l’homme monogame. Donc, pour moi la polygamie n’exclue pas l’émancipation de la femme. On contraire, les femmes ayant l’ambition de faire carrière par exemple, pourrait en même temps faire des enfants qu’elles laisserait dans de bonnes mains au sein de sa famille polygame. En retour, la femme qui "travaille" a la maison pourrait profiter des moyens financiers ramenés par la femme "carrière".

La polygamie est la clé !!!

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LA POLYGAMIE AMENAGEE

Philippe MENIE M’ESSONO

Je suis Philippe Menie M’Essono, né au nord du Gabon, j’y ai vécu longtemps et je suis venu en Europe pour les études. Je fais des études de droit à l’ULB après avoir fait des études de communication et j’ignore ce que je voudrais faire plus tard mais ce sera sans doute en rapport avec le droit. Pour l’instant, je bénéficie d’une bourse de l’Etat Gabonais.

Réfléchir sur l’option d’une institution pour la famille est un exercice intellectuel intéressant et enrichissant mais c’est aussi un exercice difficile parce que c’est me placer à plusieurs niveaux, savoir :
- En tant qu’africain originaire de cultures et traditions africaines ;
- En tant qu’étudiant en droit ;
- En tant que quelqu’un qui vit en Europe avec des coutumes et pratiques différentes ;
- En tant qu’intellectuel qui réfléchit sur le thème ici soulevé.

Moi, je suis issu d’une tradition familiale polygame. Au Gabon, lorsque que les gens se marient à la mairie, elles ont le choix entre l’option polygamie et monogamie. Je suis donc issu d’une famille très nombreuse dans laquelle mon père était marié avec plusieurs femme et il y a deux types de rapports : au niveau des enfants et au niveau des épouses.

On est une grande fratrie et c’est enrichissant. Entre nous il n’y a pas de non-dit, il n’y a pas d’arrières pensées, il n’y a pas de barrières entre les différentes maternités, on s’entend comme si on était tous issus d’un même père et d’une même mère. Maintenant, c’est clair que quelque fois il y a des tensions mais c’est le propre de toutes relations humaines et familiales.

A la question de savoir si la polygamie, c’est mal ou bien, tout est relatif. Ici en Europe, on a parfois une vision faussée et occultée de la polygamie. Ici on combat la polygamie dans un souci des droits de l’homme, un souci des droits de la femme et donc ça s’inscrit dans un mouvement féministe. Mais chez nous, est-ce qu’on peut véritablement associer la polygamie avec les droits de la femme d’autant plus que lorsque l’homme choisit l’option polygamie à la mairie, lorsqu’il se marie avec une autre femme, il faut l’aval de la première épouse. On pourrait dire que c’est simplement formel mais c’est la loi.

A un moment, il va falloir que tout éclate pour tout reconstruire. Même ici en Europe, on a tellement valorisé la liberté individuelle, on a tellement enlevé toutes les entraves à la liberté qu’on arrive à une sorte d’anarchie de la liberté.

Je ne voudrais pas imposer à l’Afrique un modèle européen ou autre.

Il faut bien réguler la société parce que les individus, quand ils sont lâchés, ils ont des pulsions, des passions, chacun veut montrer combien il est fort, il est beau… donc il est très important de mettre des limites et pour ça, je dis clairement que s’il faut imposer ou choisir un modèle en Afrique, il faut qu’il soit en rapport avec la réalité africaine.

Concernant la polygamie, monogamie ou polyandrie africaine, je ne suis pas pour imposer un modèle typique. Il faut tenir compte de chaque région déterminée et voir ce qui se fait et ainsi on pourra construire quelque chose.
Pour ce qui est de la polyandrie, je ne sais pas trop où elle se pratique. Quels en sont les origines et fondements de la règle ? Une valeur morale ?

En Afrique, aujourd’hui il faut de l’éducation. Mais je pense que si l’Afrique choisit comme principe la monogamie, fatalement on sera obligé de transposer ce qui se fait dans les sociétés monogamiques alors que justement aujourd’hui le souci en Afrique c’est de retrouver une authenticité, une spécificité. Et justement la monogamie, c’est une spécificité du monde occidental. Il ne faudrait pas faire comme à l’heure des indépendances où l’on a transposé la notion d’Etat sans la connaître. On a pris une notion européenne qui ne collait pas aux réalités. J’ai peur qu’avec la monogamie, on s’avance vers ce genre de situation. Je pense que l’éducation est la clé. Il faut une nouvelle forme d’éducation pour les hommes et les femmes. On ne peut arriver à une bonne forme de polygamie que si les gens sont éduqués. En Afrique, on a des problèmes d’intellectuels, de système, d’éducation. Mais c’est aussi parce que les gens se soucient plus de ce qu’ils vont manger demain ou après demain et c’est dommage parce qu’ils ont été éduqués dans ce cadre là.

De part mon expérience d’enfant issu d’une famille polygame, si je dois me prononcer sur la polygamie, je dirais non à la polygamie. Je préconiserai la polygamie aménagée, la polygamie que j’ai vécue n’est pas positive mais par l’éducation, je pense qu’on peut arriver à une forme de polygamie positive.

Maintenant je suis chrétien, et en tant que chrétien, je sais que la polygamie est à proscrire. La monogamie, telle qu’elle est prescrite dans la Bible me parait être le model idéal. Et c’est là le grand paradoxe ! Au Gabon, qui est un pays à forte influence chrétienne, la polygamie est légalisée. C’est peut être une manière d’aménager la religion chrétienne puisque tout le monde l’accueille à sa façon.

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POLYGAMIE
Déborah ASHIMWE

S’il existe des sujets qui suscitent passions effrénées et débats enflammés, celui relatif à la polygamie en fait indubitablement partie.
Pour nos sociétés occidentales bien pensantes, profondément monogames et de tradition judéo- chrétienne cette institution ne peut assurément être que le fait de sociétés si ce n’est primitives, profondément inégalitaires.
Les mouvements féministes et de libération sexuelle étant passés par là, comment pourrait on ne fut ce qu’envisager qu’un homme puisse avoirs plusieurs femmes et que le contraire soit impossible ?

Les partisans de la monogamie avancent généralement des arguments tels que l’égalité entre hommes et femmes, la nécessité de doter la femme d’un statut identique à celui de l’homme, la simplicité du modèle monogamique, l’importance des valeurs morales…objectifs qui ne pourraient être rencontrés que dans le cadre d’une société d’où la polygamie serait bannie.

Que dire si ce n’est que l’hypocrisie qui sous tend tous ces raisonnements est évidente. S’il est vrai que les sociétés occidentales ont opéré de sérieuses avancées ce siècle dernier en matière d’égalité le tableau est loin d’être parfait. La parité d’un point de vue politique et salariale pour ne citer qu’elles restent une douce utopie vers laquelle on aimerait tendre dans la majeure partie des pays européens, et ce malgré de belles déclarations d’intentions sans cesse renouvelées. Quant à la place de la femme dans la société et à sa pseudo liberté il est assez évident qu’un joug en a remplacé un autre. La libération sexuelle qui était censée mettre les hommes et les femmes sur un pied d’égalité s’est révélée être un leurre. Les femmes occidentales n’ont jamais été aussi dépendantes des regards masculins ; en quittant leur rôle de femmes aux foyers soumises et aimantes elles ont rejoint le rang de celles des femmes objets sexuels dépendantes des critères mis en place par une société qui est restée profondément masculine.

Un autre progrès qui est également mis en avant c’est celui de la faculté qu’ont toutes les femmes de se libérer aisément et à tout moment d’un mariage qui ne leur apporte plus satisfaction par le divorce. C’est indéniablement une belle avancée, quoiqu’à y regarder de plus près on se rend vite compte qu’elle est souvent synonyme de désastre économique et de paupérisation pour bien des femmes qui font bien souvent partie des agents économiques les plus faibles dans les pays occidentaux tant au niveau salarial, qu’en termes d’opportunité d’avancement au travail.
Et ce ne sont pas les maigres pensions alimentaires allouées après divorce et indexées « tous les dix ans » qui améliorent la précarité de leur situation.

Quant à l’argument moral nul besoin de le démonter : monogamie et fidélité ne vont pas nécessairement de pair. Quand bien même l’homme est censé n’avoir qu’une seule femme et lui être fidèle la réalité est toute autre. La multiplication des partenaires sexuels hors mariage, les maîtresses et les enfants illégitimes ne sont pas des phénomènes isolés dans les sociétés soi disant monogames. D’aucuns pourraient objecter que la grosse différence réside dans le fait que la femme mariée à un polygame ne peut lui être infidèle et encourt la répudiation voire pire s’il est avérée qu’elle l’est. C’est un argument qui mérite notre attention. Cependant il est primordial de se poser la question de savoir si cette inégalité est due à l’institution même du mariage polygame ou si elle trouve ses racines ailleurs. Il faut bien se rendre compte que culturellement l’infidélité féminine est un sujet extrêmement tabou dans les sociétés africaines et encore plus dans les sociétés de tradition islamique. Pour améliorer la situation de la femme africaine le plus urgent serait de revoir légalement son statut juridique pour lui accorder une égalité de droit avec l’homme. Dans ce cadre, l’institution de la répudiation unilatérale par le mari devrait être proscrite. Le débat de l’égalité de la femme africaine doit être séparé de l’institution même du mariage polygame. A partir du moment où ce dernier est correctement institutionnalisé et qu’il assure l’égalité des différentes épouses entre elles et par rapport à leur mari, je ne vois pas quel reproche pourrait lui être fait.

De plus l’absurdité de la condamnation de la polygamie atteint son comble quant on pense au nombre de remariages qui se font dans les sociétés monogames. Les statistiques sont claires : plus d’un couple sur deux divorce, l’espérance de vie des couples est assez limitée et les remariages sont encore plus fréquents chez les hommes que chez les femmes. Entre le polygame en série occidental et le polygame à l’africaine la différence est finalement assez ténue.

L’argument qui à mon sens plaide le plus en faveur de l’abolition de la polygamie est celui selon lequel il est impossible de parler d’égalité hommes femmes dans les sociétés polygames à partir du moment où la faculté d’avoir plusieurs époux est refusée aux femmes. C’est un argument plus que valable qui emporte conviction et pour moi il est évident que les sociétés polygames devraient également réserver la possibilité à toute femme qui le souhaite de contracter un mariage polyandre. En ce sens une refonte des institutions matrimoniales serait nécessaire.

Le véritable fléau pour la femme africaine n’est pas tant le mariage polygame que les mariages forcés et trop précoces, les mutilations et les violences sexuelles, ainsi que l’inégalité institutionnelle entre hommes et femmes. Tous ces phénomènes doivent disparaître à jamais de la société africaine. Un âge minimum légal pour se marier doit être mis en place, toutes les formes de violence faites aux femmes doivent être sévèrement réprimées pénalement. Il faut impérativement légiférer en la matière pour permettre un égal épanouissement de tous les protagonistes de la société.

Il faut en finir définitivement avec l’image selon laquelle système monogamique rime nécessairement avec ordre, égalité et épanouissement. Il suffit pour s’en convaincre d’observer les sociétés occidentales actuelles : l’institution du mariage est en totale déliquescence, la cellule familiale base de toute société est de plus en plus éclatée, l’infidélité est presque érigée en mode de vie et les valeurs morales telles que la solidarité et la cohésion tendent à disparaître. Face à une « réussite » aussi brillante on voudrait nous convaincre que l’avenir et le développement de la femme africaine passera nécessairement par la généralisation de ce modèle dans tout le continent. Permettez-moi d’être légèrement sceptique…

L’Afrique doit trouver son propre modèle. Un modèle en adéquation avec sa culture et sa réalité. Des remaniements sont nécessaires pour permettre à tous les individus, hommes et femmes d’être également valorisés. Pour cela il est primordial de composer avec les éléments déjà présents dans le pays afin de permettre des réformes moins brutales et qui seront de fait plus facilement acceptées et appliquées. Nul besoin d’instituer la polygamie et la polyandrie dans les pays africains ou la monogamie est la règle, un tel bouleversement serait absurde. Par contre les pays de tradition polygame devraient réaménager cette institution afin qu’elle puisse répondre aux critiques exposées ci-dessus.

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Liliane  : la monogamie et le statut de la femme.

Déborah : la polygamie, pourquoi pas ?

Déborah : Je suis Déborah, né à Kigali, rwandaise, j’ai vécu la bas jusqu’à mes six ans et on a quitté le pays en 1989 avec mes parents. On a alors fait un petit passage au Kenya pendant deux mois et puis on est venu en Belgique. J’y suis restée jusqu’à mes 12 ans. Ensuite j’ai fait de 12 à 18 ans mon secondaire à Tunis en Tunisie parce que mon père travaillait la bas.

Et maintenant je suis en dernière licence de droit en Belgique, à l’ULB.

Liliane : Je m’appelleLiliane,je suis  rwandaise également, née à Kigali en 1985 et je suis en 2eme licence de droit à l’ULB.

Polygamie, polyandrie ou monogamie, je pense que d’abord, il faut (re)définir la notion de mariage dans la société africaine qui , je pense ne répond pas à la même fonction quei dans la plupart des sociétés occidentales dans le sens où,  la valeur idéale est avant tout l’amour. Deux individus décident de partager le restant dde leur vie, parcequ’ils estiment qu’ils s’aiment ! Le consentement de chacun à cette union, et à ce qu’elle implique, semble réfléchie !

Alors que dans beaucoup de sociétés africaines, le mariage revête un caractère plus communautaire !Il s’agit  d’une alliance entre deux groupes,d’un échange  d’individus, en d’autres termes des femmes, en vue de consolider le groupe communautaire.

Dès lors, je pense qu’il ne faut pas s’interroger sur la question de la polygamie,et de la monogamie, sans avoir égard à cet aspect parce que on risque d’aboutir une analyse viciée.

Je pense que la polygamie, et la monogamie doivent être pensées dans un contexte africain, en prenant en considération toutes les causes, principalement celle de survie et économiques.

Ce n’est pas une simple structure que se limite, comme on pourrait s’incliner à le penser, à permettre à l’homme d’avoir plusieurs femmes. Elle est certainement plus complexe qu’on en pense.

D : Mais ici aussi en Occident au moyen âge par exemple, le mariage n’était pas du tout une institution qui glorifiant l’amour, c’était un contrat pour apaiser les tensions et renflouer son patrimoine si possible.

L : Effectiement, les sociétés occidentales sont passées par cette étape dans leur histoire, où le mariage était destiné à renforcer les ententes claniques, mais cette phase a été, heusement dépassée, parce que les individus ne doivent en aucune manière être, instrumentalisés pour créer des alliances entre groupes. Il y a des moyens, tout aussi efficaces, qui ne mettent en péril, le statut de certaines personnes, les femmes, en l’occurrence !

Moi ce qui me scandalise avant tout, c’est le statut de la femme et le fait qu’elle acquière une valeur de marchandise, le fait qu’elle soit dévalorisée, qu’elle est un individu anonyme, obligé de  partager sa place avec plusieurs autres femmes face à un seul homme qui occupe une place centrale et  prestigieuse.

La conséquence en est , que la femme ne parviendra pas à s’émanciper, et qu’elle aura sans cesse, une condition hautement défavorable.

D : tu penses que ça freine vraiment l’émancipation de la femme à partir du moment où il y a un homme et plusieurs femmes, elle n’a pas à s’occuper exclusivement de lui et elle a aussi une part de liberté importante du fait qu’elle partage sa place avec d’autres femmes ?

L : Non, je pense que ça freine l’émancipation parce que on a d’une part un homme qui est mis au premier plan et d’autre part un groupe d’individus , autrement dit ,des femmes, qui ne chercheront leur valeur qu’à travers une comparaison aux autres femmes ou même qui seront plus défaitistes, et se borneront à constater que leur propre société leur refuse une quelconque considération. 

Ce que je condamne  dans  l’institution de la polygamie, c’est qu’il n’y a pas d’égalité entre l’homme et la femme, je ne veux pas dire que la monogamie accorde d’office les armes aux femmes pour établir une égalité, mais je dirais que le cadre pour exprimer des revendications,pour tendre vers une certaine forme d’égalité est rendu possible par l’institution de la monogamie.

D : Moi je trouve ça assez hypocrite de se soulever contre la polygamie car je ne pense pas que la monogamie soit quelque chose de très courant en Afrique.

L : Mais je pense qu’il faut faire la différence entre les unions informelles et les unions qui sont institutionnalisées.

Pour revenir au statut de la femme, les enfants qui grandissent dans une famille où le père est polygame,cherchent  naturellement ,à s’identifier dès le départ à leurs parents.

Ceci n’est pas specifique à ces enfants, mais l’image de l’homme et de la femme, qui est donnée à voir à l’enfant, sera assurément marquée, par cette représentation.

 Les petites filles auront une image de la  femme correspondant à celle de la mère et  les petits garçons auront de la même manière une image de l’homme correspondant à celle qui leur est transmise autant par le cadre familial que la société.

Cette affirmation m’amène à penser que  la petite fille, dès le départ sera convaincue que la femme doit être occuper une place où elle est au service de l’homme, mise à sa dispossition et ce concurrement à d’autres femmes. Le schéma d’éducation du garçon, sera evidemment  que l’homme doit avoir cette place au premier rang,qu’il doit avoir plusieurs individus à sa disposition. Ce déséquilibre manifeste dans la structure, a pour conséquence inéluctable, un déséquilibre dans la société.

La société sera composée d’ hommes nantis de pouvoirs, et malheusement  d’oppresseurs potentiels et de femmes, désarmées par héritage, forcées de subir l’ordre des choses et d’être des otages d’une société.

Donc d’un point de vue psychologique, je ne pense pas que ce type de société, permette un quelconque épanouissement à la femme.

 Et je pense que c’est un enjeu très important qu’en Afrique qu’on réalise la valeur des êtrs humains autant femmes que hommes. Parce que c’est une valeur qui a été tellement déniée, mise à néant pendant  des siècles. Et on fonce droit dans le mur avec une société où il y a un rapport de force aussi important entre hommes, et femmes.

D : Moi je pense que c’est pareille pour la petite fille qui grandit dans une famille monogame et dont le père passe son temps à courir à gauche à gauche à droite et où tout le village sait qu’il a plusieurs femmes, plusieurs enfants…tu crois vraiment que la petite fille aura un épanouissement plus tard ou qu’elle se sentira valorisée…je ne pense pas.

L : ça dépend dans quel cadre le père le fait. Si il le fait sur la place publique…Si au sein du foyer, elle voit sa mère qui n’est pas toujours en concurrence avec d’autres femmes, elle se dira peut être que sa mère vaut quelque chose. Et qu’elle aussi elle vaut quelque chose et je ne suis pas seulement un produit d’une communauté qu’on va chercher à échanger entre groupe pour consolider quelque chose.

Pour un meilleur développement individuel, je pense que l’enfant se voit accorder plus de chances lorqu’il  évolue dans un cadre familial monogamique.

D : Concernant la polyandrie, je sais qu’il y a des peuples en Asie et un peu en Afrique qui pratiquent ce genre de société. Je ne pense pas que la position de la femme soit plus enviable, au contraire. Moi je suis clairement contre la polyandrie, définitivement.

Polygamie, peut être, parce que si il faut partager un homme, autant que ce soit officiel.

L : Je pense qu’il faut bien faire la différence entre le cadre informel et les unions officelles, institutionalisées. Et je trouve incohérent de prôner la polygamie et d’autre part déconsidérer la polyandrie dans la mesure où même si l’idée qui sous tend chacune des ces institutions n’est pas exactement la même, le résultat que je m’efforce de mettre en évidence et de condamner, sera fatalement le même.

D : C’est cohérent parce que dans la polyandrie, la femme n’est pas mise en avant… c’est ça le problème.

L : Je pense que dès que tu es à la disposition d’un être humain, qu’il soit homme ou femme,

ta liberté est mis à néant.Tu es assujetti à un autre, et cette sujettion des individus aux autres, résultat de cette forme de mariage, qui me rebute.

Le pouvoir et le prestige des hommes dans les sociétés polygamiques, ne peuventt être niés et

Je crois que le résultat sera similaire des les sociétés polyandriques.

D : prenons l’exemple des enfants qui naissent d’union informelle, en général, ils n’ont aucun droit sur le patrimoine de leur père, il n’existe pas juridiquement, ce sont juste des bâtards.

Je ne trouve pas ça bien d’avoir une société où des enfants qui n’ont rien demandé se retrouve dans une situation où ils n’auront rien plus tard, juste parce qu’ils ont eu le malheur de naître dans une société où leur père n’était pas le mari de leur mère. Ce sont des humains autant que les autres.

Et je pense que la polygamie offre cette sécurité aux enfants qui sont nés hors mariage.

L :. Institutionnaliser la polygamie ne résoudra pas le cas des enfants nés hors mariage ou adultérins.

Il faudrait plus revoir le droit des successions.

D : Mais n’est pas polygame qui veut, ça nécessite des moyens et des fonds.

L : Mais je pense que tu dois te rendre compte de la différence qu’il y a ici dans la société occidentale où la femme a un certain statut et où elle peut opposer une résistance , aussi maigre soit elle, à l’homme, au groupe dont elle émane et la société ne lui déniera pas ses droits pour autant !

 En Afrique, la structure est telle que tu n’as pas du tout le même pouvoir de résistance par rapport à la société qu’ici. Il y a certainement des variations d’un pays à l’autre, mais il n’en demeure pas moins que la force de résistance d’une femme par rapport à sa communauté et à la société , et les réactions qui en résultent ne sont pas du tout comparables.

D : alors pourquoi pas un type de société où la polygamie et la polyandrie seraient toutes les deux permises ? En tous cas il faut des limites.

Par exemple limiter le nombre de femmes en polygamie, c’est important. Mais combien je ne sais pas, entre 3 et 4 mais 50 c’est trop !!

Moi je ne crois pas à la conception occidentale du mariage, il y a quelque chose la dedans qui est complètement utopique. Je n’ai pas cette vision idéalisée du couple donc forcément le fait d’envisager l’homme de ma vie avec plusieurs femmes ne m’empêche pas de partager l’homme de ma vie avec plusieurs femmes. Si j’ai suffisamment d’indépendance et de sécurité et que mes enfants sont protégés, je ne vois pas où est le problème.

L : je pense que tu envisages une polygamie à l’occidentale mais il faudrait la replacer dans le contexte africain.

La polygamie , telle que je peux la percevoir, est une institution qui mérite d’être abrogée eu égardau statut de la femme.

D : Et tu penses que la solution, c’est la monogamie ?????

L : Je pense que c’est un début nécessaire. C’est un moindre mal pour accéder à un statut convenable pour la femme.

Tout système a naturellement des défaillances mais il ne faut pas pour autant admettre une autre institution qui, de mon point de vue, présente, énormement plus de désavantages.

D : mais ça peut avoir lieu aussi, si la polygamie est correctement institutionnalisée.

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LA POLYGAMIE ECLAIREE

Nzema OMBA

Je suis Nzema Omba, 33 ans, né le 29 novembre 1973 à Kinshasa. J’ai une mère métissée Congolaise / Portugaise et un père congolais. J’ai eu la chance de grandir à Kin et à Bruxelles et aujourd’hui j’ai roulé ma bosse comme toute personne de mon age, je suis aussi sagittaire signe du feu.

J’ai la chance de remplir plusieurs passeports et aujourd’hui je m’occupe de cette petite association qui s’appelle « LE PANAFRICA », ‘petite’ pour conserver le voile de l’humilité. En gros, c’est une ambassade officieuse de l’Afrique à Bruxelles au travers d’une certaine jeunesse dont je fais partie, et donc exprimée sur le livre, le visuel, le papier, le virtuel aussi, la musique et j’aime l’appeler un bastion contre la fracture culturelle, humblement.

Pour la famille Africaine de demain, je préconiserais de manière générale l’institution de la monogamie, évidemment. Evidemment, parce que je pense que la monogamie est capable de changer le règne des anti-valeurs qui sévit en Afrique pour l’instant. Toutes les valeurs promotrices de la vie, créatrices de la vie sont dénigrées aujourd’hui en Afrique justement au profit de valeurs qui sont stridentes pour le bien-être et l’harmonie de la famille. Et donc en position de bastion de résistance, je pense qu’il faudrait s’organiser en petite cellule, et la petite famille monogame épanouie est une cellule où on peut faire beaucoup de merveilles. Et la famille polygame est beaucoup plus difficile, beaucoup plus subtile.

Pour moi, la monogamie est principe et la polygamie est exception, dès le départ.

Je connais la polygamie africaine de part mon expérience. Le serf est polygame, le bonobo aussi. Il faut savoir que dans la gente animalière il y a aussi de la polygamie. Si on rédige une charte africaine à ce propos, bien sur il faudra y intégrer la polygamie mais dans un principe qui serait la monogamie. Il faudrait donc automatiquement reconnaître la polygamie comme exception à ce principe là. Il faut savoir que la polygamie fut à certaines époques légitimée pour des raisons démographiques. Quand la mortalité infantile est très faible, les femmes ne mettent au monde qu’un enfant par an, la polygamie était donc d’utilité sociale. A l’heure actuelle, je dirais donc monogamie en principe et polygamie en exception.

Pour qui et quelle type de polygamie alors ?

Pour répondre à cela, d’abord je fais appel à l’histoire, la polygamie fait souvent appel à une certaine aristocratie. C’est le prince par exemple dans les traditions d’Afrique centrale et ses trois empires (Kassaï, Kivu, Kongo). Les chefs sont polygames, ils ont beaucoup de choses à faire, et ils doivent les faire entourés des meilleures personnes pour pouvoir réaliser les grandes choses qu’ils ont à réaliser. C’est une manière fragile de comprendre.

Ensuite, on peut retrouver cette polygamie aussi dans la bourgeoisie commerçante aussi. C’est-à-dire je suis amené à faire des affaires à côté chez le voisin et quelle meilleure garantie que prendre une femme chez ce voisin. Il sait que j’ai fait un lien de sang avec lui. C’est justifié dans ce cadre là aussi, selon moi. Et c’est d’autant plus justifié que le commerçant a la finance, parce que ça coûte la polygamie et il peut assumer.

Puis, on peut imaginer cela par des règles ethniques, par exemple chez les Mbangalas. Mon frère a une femme, il meurt, sa femme devient automatiquement ma femme alors que je suis moi-même déjà marié à une autre femme. Je deviens alors polygame de part les règles de mon ethnie. C’est donc une polygamie de société.

Finalement, il y a une polygamie de complaisance, de concubinage, qui est en fait confondu avec la polygamie mais qui n’est pas la polygamie. Ces quatre cas, je les inclurais comme exceptions au principe de monogamie.

Quant à la polyandrie, personnellement, je suis d’éducation matriarcale pour souligner le respect de la femme mais je suis sous l’influence du spleen et du machisme. Je dirais donc que c’est difficile à concevoir en tant qu’homme, je ne suis pas assez aggloméré ou transcendé que pour pouvoir répondre à froid à ce genre de question mais je dirais juste que je ne conçois pas la place dans cette vision de respect, de la polyandrie. Je pense que ce serait un retour en arrière au niveau de la sérénité de la société et de la conception immaculée du couple et de la femme. Ce serait vraiment revenir à des anti-valeurs, je conçois mal ma mère être avec plusieurs hommes, pour le dire clairement, en amenant cela au côté charnel de ma personne.

En général, quand je dois m’exprimer sur la polygamie ou la monogamie, je me pose toujours comme avocat de la femme.
Avant tout, il faut de la lucidité, il faut donc une polygamie éclairée où la femme consent positivement avec l’intellect.
Si on me demandait mon avis en tant que législateur, je dirais que la polygamie ne devrait prendre forme qu’avec des femmes formées, pour qu’elle ne soit ni avilissante ni stridente comme dans des polygamies d’exploitations.
Je suis contre ce type de polygamie et en Afrique, je n’ai encore jamais rencontré de type de polygamie qui m’ait convaincu.

Je pense qu’après avoir fait autant de réflexion sur ce genre de question, je conseille aux beaux jeunes hommes et aux belles jeunes filles de se rencontrer avec le temps. Vivons l’intellect avant la chose physique et revenons à des approches vielle école, ça veut dire simplement préserver. On peut se mener un projet de vie, apprendre à se connaître d’abord, préservons notre jeunesse, nos femmes, nos hommes.

Il y a un dicton qui dit que ‘la femme est plus fragile que l’homme ‘. Préservons nos femmes, nos fleurs et apprenons à butiner sur une seule fleur et avant de butiner apprenons à voler. Apprenons à nous connaître le plus tard possible, je suis pour de vieilles valeurs, intellectuellement on peut faire une vie sans se toucher. Je suis donc pour un mariage où il y a une virginité. Voyons cela comme une étoile et quand nous sommes dans les ténèbres, suivons cette étoile qui brille. Il y a aussi un rôle d’éducation pour les enfants. Le pouvoir d’adaptation appartient à l’homme.

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« MON PÈRE A QUATRE FEMMES »
propos recueillis par Eurydiane BUKURU

Bruxelles BELGIQUE

Très récemment, alors que je discutais avec une ami, j’ai voulu saisir l’occasion pour comprendre ce que peut être la vie au sein d’une famille polygame. D’origine sénégalaise, cet ami-Mohamed SAAR-est, en fait, un jeune homme de 24 ans, marié et père d’une petite fille d’1 an. Fils d’un père polygame et ayant grandi auprès de sa famille, même si aujourd’hui il vit en Europe, il était très bien placé pour m’éclairer sur le sujet. Voici, donc, ses réponses à mes questions. A chacun d’en tirer ses propres enseignements :

Eurydiane BUKURU : combien de femmes a ton père ?
Mohamed SAAR : mon père a quatre femmes. Il a épousé la première parce qu’il l’aimait. Mais, puisqu’elle ne pouvait pas avoir d’enfants, il a fallu que mon père prenne une seconde épouse pour avoir des descendants. La troisième femme est la ‘préférée’ de mon père : c’était réellement un mariage d’amour. Enfin, l’histoire de la quatrième épouse est plus tragique : c’est la veuve d’un grand ami à mon père. Il fallait, donc, qu’il s’occupe d’elle, c’est la tradition ! En plus, elle est très jolie, ce qui ne gâche rien !

E.B. : quatre femmes ! Vous devez sûrement être une très grande fratrie alors?
M.S. : non, nous sommes seulement 7 frères et soeurs. La seconde épouse – qui est ma mère biologique – a eu 5 enfants, dont je suis l’aîné : 3 garçons et 2 filles. Les deux autres enfants (1 garçon et une fille) sont issus de la troisième épouse. La quatrième n’a pas d’enfants.

E.B. : pourquoi appelles-tu ta mère ‘mère biologique’ ?
M.S. : en fait, mon père a pris une seconde épouse sur les conseils de sa première femme. Le but était de donner un enfant à leur couple. Par conséquent, étant né le premier, j’ai été confié, pour mon éducation, à la première épouse. C’est elle que j’appelle maman.

E.B. : et les autres femmes de ton père, comment les appelles-tu ?
M.S. : c’est un peu compliqué. Alors, ma mère biologique, je l’appelle par son prénom alors que les deux dernières épouses, je les appelle tata (ce qui veut dire tante).

E.B. : peux-tu, à présent, me parler un peu de la manière dont s’organise la vie familiale et conjugale ? Qui vit avec qui ?
M.S. : même maintenant qu’il a 67 ans, mon père doit toujours faire la navette entre les domiciles de toutes ses épouses. La règle, à Dakar, est que le mari passe 2 nuits avec chacune de ses épouses. Donc, mon père doit visiter sa première et sa deuxième femme qui vivent sous le même toit avec tous leurs enfants, puis sa troisième qui vit de son côté avec ses enfants et enfin sa dernière femme qui est restée au village. Pour maintenir une harmonie et permettre une la vie commune, mon père doit veiller à fournir à chacune de ses épouses une quantité égale en tout (sur le plan affectif et sur le plan matériel).

E.B. : et ça marche ?… Il doit, quand même, exister quelques ‘privilégiés’ parmi les femmes !
M.S. : c’est vrai que l’égalité parfaite n’est que théorique. Dans la réalité, mon père aime ses femmes différemment. Il a un profond respect pour sa première épouse car, ensemble, ils ont traversé beaucoup d’épreuves. Quant à la seconde épouse, l’amour qu’il lui porte est en très grande partie dû au fait qu’elle est la mère de ses enfants. La troisième est sa ‘préférée’… tous le monde le sait, mais ça reste un non dit. Et, enfin, il y a la quatrième qui a les faveurs de mon père grâce à sa beauté.

E.B. : comment s’entendent-elle entre elles ?
M.S. : en gros, ça fonctionne assez bien. Il est vrai que la seconde épouse est une forte tête et qu’elle trouve toujours quelque chose à redire à tout, mais toutes ont un grand respect teinté d’une certaine crainte de mon père (et de ses réactions). Malgré tout, il subsiste quelques jalousies et des rivalités entres les quatre femmes, même si elles sont tues.

E.B. : et entre les enfants, vous vous entendez bien ?
M.S. : heureusement, nous nous entendons à merveille. Nous avons la chance de ne pas être trop nombreux comme dans la plupart des familles polygames. Evidemment, parmi nous, mon père a ses préférés : les enfants de la troisième épouse. Mais, je suppose que c’est pareil dans toutes les familles qu’elles soient polygames ou monogames.

E.B. : maintenant que tu as un peu plus de recul, peut-être as-tu déjà réfléchi aux avantages et aux inconvénients que présente la polygamie.
M.S. : grandir dans une famille polygame m’a, peut-être, fait mûrir plus rapidement à cause des conflits permanents entre épouses où il faut apprendre très vite à évaluer la gravité réelle des problèmes et à faire la part des choses. Par contre, ma jeunesse dans une famille polygame m’a également appris que les femmes subissent la situation. Je pense, sincèrement, qu’aucune épouse n’aime savoir son époux partage le lit conjugal avec une autre femme.

E.B. : et toi alors … te vois-tu un jour devenir polygame ?
M.S. : (rire) … non ! Il y a bien assez de soucis avec une seule femme que je n’arrive même pas à imaginer ce que ça deviendrait avec plusieurs. Par ailleurs, c’est une grosse demande en énergie au niveau … sexuel.

E.B. : tes frères et sœurs partagent cette opinion ?
M.S. : oui, entièrement !… tu sais, la polygamie peut être un paradis ou devenir un enfer. Nous, on a eu de la chance, mais, je pense que pour 80% des ménages polygames vivent un enfer.

E.B. : donc, tu n’es pas prêt à le conseiller à ton enfant ou à tes amis.
M.S. : loin de là !!! Actuellement, aucune n’accepte la polygamie de bon gré.

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POLYGAMIE OU MONOGAMIE ? THAT IS NOT THE QUESTION!
Juste SINDIHEBURA

Liège BELGIQUE

Ce faux débat n’est qu’un minuscule et insignifiant arbuste qui cache toute une forêt. Prenons, donc, de la hauteur et voyons que dissimule cette question. En mon sens, par cette simple opposition, on se demande quelle doit être LA famille idéale pour nos sociétés africaines. Or, se focaliser sur cette controverse « polygame ou monogame », mettre son énergie à vouloir établir l’idéal familial africain, c’est prendre un dangereux raccourci qui ne règlera en rien le vrai dilemme que vivent les familles actuelles de ce Continent coincées entre l’enclume des traditions plusieurs fois centenaires mais parfois passéistes et le marteau d’une aguicheuse mais un peu (trop !) envahissante modernité. Le vrai débat n’est, donc, pas de faire un choix entre la polygamie ou la monogamie, mais, d’aider la famille africaine à se redéfinir en son sein et dans la société, sans se perdre.

En d’autres mots, évitons le vain gaspillage de chercher une famille idéale pour une Afrique si diverse. Prenons, plutôt, l’interrogation par l’autre bout : doit-on reconnaître à chaque société africaine le pouvoir d’imposer des normes, des lois, de fonctionnement aux familles ? Et, surtout, jusqu’à quel point peut aller ce pouvoir normatif ?

Avant de répondre à ces questions, encore faut-il avoir, au préalable, bien saisi la place qu’occupe une famille dans la société africaine. D’abord, comme dans toute société par ailleurs, la famille est la composante première de la société en Afrique. D’une part, elle n’en est, en réalité, qu’une version miniaturisée puisqu’elle en porte les valeurs. D’autre part, bien qu’une société soit dotée d’une dynamique propre, il n’en reste pas moins que une société est une somme de famille.

Ensuite, la famille africaine, comme toute autre famille, est une école de l’humanité en ce sens que l’individu y apprend dès le berceau la nature conflictuelle et la rudesse de la relation à l’autre. Mais, il y apprend également que sans ces aspérités sur lesquels s’accrochent les sentiments, cette relation serait impossible.

Enfin, trait propre aux sociétés africaines, l’individu n’existe qu’au travers de sa famille. La question qui revient le plus souvent pour identifier une personne ce n’est pas ‘quel est ton ?’ mais plutôt ‘quel est ton père ?’.

Bref, famille et société en Afrique sont unies par un lien vital. Il s’agit presque d’un cordon ombilical : l’état de l’une rejaillira sur l’autre. Par conséquent, lorsque nous nous demandions si les sociétés africaines ont le pouvoir de définir et de réglementer les rapports familiaux, la réponse nous apparaît clairement ici : au-delà du pouvoir, elles ont le devoir d’établir des lois régissant les structures et les relations familiales.

En effet, tomber dans l’extrême d’une liberté dogmatique et recouvrir d’un voile opaque la sphère familiale, dans l’espoir utopique que ce qui s’y passe ne peut être que vertueux serait naïf et suicidaire. Les sociétés africaines signeraient, ainsi, leur décadence. Elles ne tarderaient pas à hériter des inégalités et injustices nées au sein même des familles. C’est, par conséquent, un devoir social d’établir des lois claires qui disent où commence et où s’arrête la liberté des choix dans les matières familiales.

Pour autant, est-ce là un blanc seing donné aux sociétés africaines ; une autorisation de s’immiscer dans la moindre parcelle de la vie de leurs familles et d’en régir chaque aspect par des normes légales ? C’est ici que nous revenons à l’opposition entre la polygamie et la monogamie pour nous demander si le droit (devoir !) d’ingérence de la société peut aller au point d’imposer telle structure familiale plutôt que telle autre.

Laisser aux sociétés la discrétion de choisir entre la polygamie et la monogamie (ou toute autre structure sociale) n’aboutirait qu’à des solutions arbitraires. En effet, ces choix n’auraient comme fondement que l’idéologie et les valeurs sociales du moment (‘à la mode’). Or, l’histoire nous en est témoin, rien n’est plus changeant que les mœurs sociales qui ne cessent de muer, évoluer et se déliter au fil du temps. Qui peut, dès lors, assurer que le choix posé aujourd’hui ne sera pas, demain, considéré comme une aberration, une grossière erreur ?

Par ailleurs, il n’a jamais été de bon conseiller pour les sociétés de se fier entièrement et exclusivement à l’idéologie sociale ‘en vogue’. Faut-il vous rappeler l’époque honteuse où les unions interraciales étaient considérées comme un pervertissement de la société ? Exemple plus contemporain, avons-nous oublié que, encore aujourd’hui, certaines sociétés conditionnent la légitimité d’un enfant – et donc, sa faculté de jouir de tous ses droits – au mariage de ses parents ?

A vrai dire, nous perdons du temps à discuter sans fin des vertus ou des vices de telle ou telle structure familiale. Des siècles sont passés et, avec eux, les sociétés africaines ont évolués passant tour à tour d’une polygamie issue des traditions à une polygamie plus – ou – moins ‘religieuse’ avant de subir l’influence de la philosophie des lumières où la monogamie est la norme sociale. Et demain ? Qui peut le dire ? Et d’ailleurs, quelle importance ? En matière familiale, les hommes de loi devraient se limiter à régler les effets des choix des individus et non à leur imposer des choix arbitraires ! Polygamie ou monogamie, l’essentiel est de maintenir la paix sociale !

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Connais-tu ton Histoire?

FAUT-IL MODIFIER LES FRONTIÈRES HÉRITÉES DE LA COLONISATION ?
Antoine TSHITUNGU KONGOLO

Faudrait-il oui ou non modifier les frontières que l’Afrique a héritées de l’époque coloniale, marquée par les conquêtes ainsi que l’impérialisme de l’Europe ? La question s’avère d’autant moins gratuite qu’elle s’inscrit au cœur d’un débat vif et acéré qui n’en finit pas de nourrir des polémiques et de soulever des tempêtes.

Par ailleurs, évacuer cette interrogation serait d’autant plus impensable qu’elle s’imprime en toile de fonds d’une série de conflits meurtriers qui émaillent la chronique africaine. Emblématique à cet égard la guerre qui a éclaté dans la corne de l’Afrique opposant l’Ethiopie à l’Erythrée. Le cas du Congo, où se déroule à huis clos des affrontements impliquant les troupes gouvernementales de Kinshasa, pas moins de trois mouvements rebelles, les uns et les autres chapeautés par des forces armées des pays tiers, semble illustrer tragiquement un dépeçage de facto sinon programmé quoique s’en défendent ceux des protagonistes mis en cause.

J’ose croire que l’indispensable confrontation de l’argumentaire des uns et des autres me permettra d’apporter autant que faire se peut des éclairages idoines tant à l’opinion africaine qu’à celle du reste du monde. Il s’agit en effet d’une problématique sensible sinon vitale pour un continent menacé, si l’on n’y prend garde, d’effritement en micro-entités politiques sans réelles assises étatiques. Et qui plus sont voués à l’affrontement cyclique. Incapable qu’elles seront plus que probablement de se sortir de l’aporie du sous-développement, de régler les problèmes d’accès équitable des populations aux ressources naturelles, celles du sous-sol étaient en point de mire pour l’heure, et plus encore d’assurer la redistribution des richesses. Cela en raison notamment de dissensions tous azimuts qui ne manquent pas de surgir de façon récurrente sur un échiquier géopolitique implosé.

Ceux qui plaident pour une révision des frontières, sans qu’il faille d’avance mettre leur bonne foi en doute et les clouer de ce fait même au pilori, n’endossent-ils pas, à leur corps défendant, le rôle dangereux et peu reluisant d’apprentis-sorciers ? Le retour à une Afrique d’antan aux découpages jugés plus conformes à la configuration supposée des ethnies ne constitue-t-il pas un immense leurre ?

Pourrait-on d’un trait de plume gommer des dynamiques irréversibles et avec eux cent ans d’histoire coloniale et postcoloniale, à tout le moins si l’on considère le millésime 1885 comme terminus a quo ?

Les questions liées aux frontières devraient-elles masquées les réalités catastrophiques découlant des gestions politiques, économiques et sociales mises en œuvre par l’Afrique post-coloniale. La plupart des Etats ne sont-ils pas évertués à rendre plus aiguë et plus généralisée que jamais la misère de leurs populations respectives ? C’est qu’il avait fallu à la fin du XIXème siècle ménager les susceptibilités des impérialismes, européens en lice.

Les frontières constituent des vestiges d’une époque qui a vu l’Europe transférer sa culture, implanter nombre de ses références en Afrique, en procédant d’ailleurs à une domestication de l’espace soumise dorénavant au modèle industriel et marchand. La notion de frontière, apparaît, dès lors, comme découlant d’un modèle culturel, d’un système économique, ainsi que d’une historicité singulière.

Certes l’Afrique avait ses aménagements spécifiques dont on peut penser qu’elles ne furent ni figées ni cloisonnées hermétiquement, au vu de la très longue histoire de ce continent faite de miscibilité et de métissages. Par ailleurs, est-on certain que le mot frontière, tel que nous l’avons hérité de l’Europe du XIXème siècle avec ses connotations spécifiques, correspond en tout point aux réalités caractéristiques des strates précoloniales ?

Rien n’est moins sûr. Si par ailleurs les postulats de base comportent un vice rédhibitoire, en l’occurrence un européocentrisme à rebours, à tout le moins une confusion de genres due à une improbable symétrie, comment dès lors escompter une mise en œuvre acceptable du débat ?

Si l’on en croit nos poncifs scolaires, la Conférence de Berlin fut convoquée afin de procéder «au partage de l’Afrique ». Sans être parfaitement erronée, cette assertion est pourtant sommaire. En réalité, elle fait bon marché d’un long processus en action depuis au moins le quinzième siècle qui vit se déployer une «véritable épopée des découvertes géographiques » dont la palme revint incontestablement aux navigateurs portugais. Il est indéniable que les assises de Berlin constituent une étape cruciale dans le long et complexe processus historique qui conduit de la phase de « découvertes géographiques majeures », à celle des explorations puis à la colonisation en tant que telle.

L’influence de l’Europe sur le continent noir est pour le moins sensible avant même la tenue de la Conférence de Berlin, elle s’affirme pour lors sous l’égide du commerce et de l’évangélisation. Au regard de ces éclairages et de toute une série de références tout aussi cruciaux qu’il serait fastidieux de développer ici, il serait plus judicieux de considérer la Conférence de Berlin à la fois comme l’aboutissement d’un processus ancien et comme un point de départ. Cette conférence qui a marqué au feu rouge nos mémoires fut convoquée afin d’éviter que les rivalités coloniales ne débouchassent sur des conflits armés globalement préjudiciables aux impérialismes soumis à rude concurrence. Elle devait aboutir à la mise en couvre d’une «sorte de jurisprudence d’une éventuelle expansion coloniale ».

Il convient toutefois de rappeler la question majeure dont les assises de Berlin eurent à débattre : le sort du Congo, placé alors sous la bannière de l’A.I.A (Association Internationale Africaine) d’essence léopoldienne. En tant que telles, les délimitations frontalières de ce territoire, qui allait se muer avec l’onction des puissances de l’époque en Etat Indépendant du Congo, ne furent pas arrêtées à cette occasion. Elles le seront en fonction de toute une succession de traités de partage entre 1890 et 1914. En dehors du Congo, des traités de même acabit furent conclu dès 1871, dans la foulée de la «course au clocher », le trop fameux «scramble » des Anglo-saxons.

Qu’on est donc loin des poncifs agités à l’entame de la «deuxième guerre du Congo » par Pasteur BIZIMUNGU, ci-devant président du Rwanda, qui réclamait à cor et à cri «un Berlin II » !

Les arguments de ceux qui plaident de façon péremptoire pour la révision des frontières d’héritage colonial ainsi que pour le démantèlement de l’Etat postcolonial coupable de tous les maux à leurs yeux ne sont pas négligeables.

Les tenants de cette école dressent un bilan peu glorieux à l’actif de la plupart des Etats contemporains de l’Afrique subsaharienne. Ont-ils réellement tort de stigmatiser des maux répandus qui ont noms : la faillite économique et sociale, l’anémie subséquente à l’évacuation de l’éthique politique et des normes sociales, les conflits ethniques avec leur chapelet macabre de pogroms, déportations et massacres ciblés ayant culminé au Rwanda, en véritable génocide ?

Par ailleurs n’ont-ils pas beau jeu de mettre le doigt sur la dichotomie entre les normes de gestion qui régissaient la vie traditionnelle d’antan et ceux découlant d’une modernité mal maîtrisée voire bancale, source de marginalisation pour le plus grand nombre de citoyens ?

En outre, nombre des Etats africains d’aujourd’hui constituent pour les détracteurs des systèmes politiques postcoloniaux des amalgames d’ethnies sans le ciment d’une réelle cohésion nationale.

Afin de prendre en compte, au mieux, la donne ethnique et de la transformer en fonction de développement, les amateurs de révisions frontalières clament le retour aux délimitations d’antan.

Or leur discours s’avère ambivalent. De nombreux royaumes ainsi que des empires emblématiques de cette Afrique ancestrale s’étaient effondrés et morcelées bien avant l’avènement de la colonisation.

En outre, l’ancrage des entités politiques sur des espaces ethniquement homogènes n’est qu’un leurre au mieux une chimère intellectuelle. Faire correspondre les espaces ethniques ainsi que les aires linguistiques en les érigeant an autant de blocs culturels distincts et cloisonnés revient à cautionner bien des dérives de science coloniale depuis longtemps battue en brèche et pour cause.

Faut-il par ailleurs, parler de frontières là où elles n’existaient pas ? N’est-ce pas une récusation de l’Afrique d’antan en phase avec son historicité singulière ?

L’Afrique qu’on le veuille ou non a intériorisé sous le choc et dans le déchirement des critères d’organisation spatiale, économique et sociale qui pour exogènes qu’ils soient par essence, façonnent son identité de manière irréversible. Réveiller les irrédentismes, cultiver le régionalisme et le séparatisme, au nom du tribalisme, serait suicidaire.

Au surplus la révision des frontières se heurte au principe de l’intangibilité des délimitations territoriales issu de la colonisation, édicté par la charte fondatrice de l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A.). C’est véritablement un cheval de Troie dont se servent pour l’heure des dirigeants politiques mus par l’ambition autant que par la volonté de s’enrichir au détriment de leurs voisins affaiblis.

A cet égard la République Démocratique du Congo constitue un cas emblématique et l’on dirait tout autant symptomatique. Le récent rapport de l’ONU sur les causes et les rouages de la guerre qui s’y déroule remettent bien de pendules à l’heure. Le pillage des richesses de cet Eldorado minier par les protagonistes du conflit avec pour épiphénomène une révision de facto des délimitations territoriales de ce pays en faveur du Rwanda et de l’Ouganda en dit long sur la question de frontières.

Alors que partout dans le monde, en ce compris le continent africain, des espaces régionaux se créent et se consolident en opérant le plus souvent par le décloisonnement voire par la suppression de frontières internes en tant qu’obstacles au libre échange et à la circulation des personnes, préconiser le retour à d’improbable frontières d’antan constitue une démarche anachronique susceptible de déboucher sur le chaos. Qu’on se le dise !

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11 responses

25 09 2007
rm

trop contente de vous avoir rencontré. ce que vous avez entrepris c’est GRAND et j’y adhère complètement. Faut y croire et on ira loin loin très loin. Promis!!
rm

27 09 2007
Elie KYABAKA YUYA

C’est une très bonne idée que vous avez prise, je ferrais plus de commentaires très prochainement.
Bon courage.

30 09 2007
vito

a quoi sert la sexualité? Au plaisir? A l’enfantement? Les deux?
VITO

17 04 2008
Warren Steed Jeffs

Warren Steed Jeffs, né le 3 décembre 1955 à San Francisco en Californie, est un responsable religieux américain.
Il est le dirigeant, depuis 2002, de l’Église Fondamentaliste de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, un mouvement qui s’inspire du mormonisme. Ses adeptes se distinguent des mormons notamment en pratiquant la polygamie. Il apparaît sur la liste des dix fugitifs les plus recherchés par le FBI en mai 2006, et est arrêté lors d’un contrôle de routine le 28 août 2006. Il est accusé de détournement de mineurs et de complicité de viol. On lui reproche aussi l’arrangement de mariages illégaux — notamment à son profit : il aurait 75 épouses.
Si toutes les femmes de Warren Jeffs viennent lui rendre visite pendant sa détention, le parloir risque de ne pas désemplir. Selon les estimations, l’homme, arrêté mardi, a entre 70 et 80 épouses. Sans compter les enfants, une soixantaine. Warren Jeffs ne se contente pas de pratiquer la polygamie, il est le chef d’une secte d’inspiration mormone qui la promeut chez ses membres.

17 04 2008
Fela Anikulapo Kuti

Adulé en Afrique, Controversé en Occident Fela Anikulapo Kuti est avant tout un génie de la musique mais il est aussi bien plus que cela.
Fela n’était pas un gentleman. Il aimait jouer du saxo, simplement vêtu d’un grand slip kangourou, au milieu de ses 27 femmes, tel un superbe empereur africain. Véritable mythe de la musique africaine, Fela est à la fois célèbre pour son génie musical et pour ses positions politique très fortes. S’opposant à la dictature nigériane, il a fait de nombreux séjours en prison pendant lesquels il a été torturé.

9 07 2010
bienvenu et francklin

en tant que juriste la polygamie ne doit en aucun cas etre toleree mais elle doit etre erigee en infraction

3 12 2011
Lyne Mboumba

Pour moi c’est simplement une atteinte à la liberté des droits de l’homme, et une injustice faîte aux femmes qui ont décidés de vivre dans l’effacement à n’être que madame x ou y!

5 04 2013
yann beauvois

Bonjour a tous,
Je suis français (mais cosmopolite car ayant vécu et été élevé dans plusieurs pays) souvent je dis, ne vous fier pas a ma blancheur et a mon accent – je suis plus noir que vous ne le soupçonner.
Je ne développerais pas ma vie privée mais dirais succinctement que j’ai des enfants métis (femmes africaines, plurielles) et je ne suis pas oppose a la polygamie bien que je n’ai pas vraiment (ou pleinement vécu cette pratique)

Je suis par hasard tombe sur votre blog et sur le sujet traite de la polygamie vs la monogamie et j’ai aussi été particulièrement "énervé" de propos tenu sur des soi-disant dogmes chrétiennes qui sont anti-polygamie par "essence"; évidemment je suis moi-même chrétien et en tant que tel mais aussi par volonté de réflexion, logique, simplicité et vérité – je désire toujours analyser un sujet par ces mérites propres et éloigner les misconceptions et les jugements ou analyses erronées.

Donc voici les points que je soulève:

1) c’est a l’Afrique (par Afrique, je ne veux même pas dire simplement les pays mais les cultures surtout) a définir leur mode de vie et a personne d’autres. Les Africains sont souverains chez eux comme n’importe quel culture et pays l’est chez soit! Donc, les lois et codes moraux ont pas a être copies, assimiles ou valides par des personnes ou doctrines étrangères. (comme en tant que français, je n’accepte pas que les USA viennent nous dicter notre conduite)
et je suis particulièrement fier que certaines nations africaines ont l’honnêteté et le courage de permettre la pratique de la polygamie en tant que fait culturel inaliénable. Merci!

2) maintenant un peu d’exégèse biblique pour les "chrétiens"
comme toute religion, la pratique et la doctrine enseignées, fini par TOUJOURS diverger des pratiques et écrits originaux – c’est un phénomène que l’on voit dans toutes les religions (et mouvements politiques aussi)

les points de vue enseignés comme sacres a notre époque moderne, ne sont pas en accord avec les textes bibliques et encore moins avec les pratiques des croyants bibliques (vérifier les pratiques des croyants a une époque "dite" – contexte historique – est fondamental pour vérifier l’exactitude d’une interprétation de textes)
(que se soit du temps de "l’ancien testament" ou du "nouveau testament" – entre guillemets – car la notion de "testament" est étrangère a la Bible – on parle d’Alliance – d’ailleurs qui n’est ni ancienne, ni nouvelle – car elle existe depuis la genèse et est une continuité historique pour Dieu)

A) soi-disante interdiction "biblique" (voire "Nouveau testamentaire") de la polygamie ( a la fois polygynie ou polyandrie)
j’aimerais que l’on me cite 1 verset , je répète 1 verset disant cela ou même l’impliquant simplement et clairement. … ????

B) quand a la dite "sacralité" de la monogamie dans la "religion chrétienne"
- sur quelle base des textes bibliques se fonde-t-elle?
- sur quels faits historiques des "personnages" bibliques s’établit-elle?
voila,… quelques versets interprétés pour leur faire dire cela (et j’ai assez de doigt sur mes mains pour tous les énumérer)
et SVP il est interdit d’en présenter une interprétation différente (c’est a dire une traduction des langues anciennes: hébreux, araméen, grec)

vous me direz ce n’est pas le seul sujet qui dans les doctrines dominantes de la chrétienté moderne n’ont que des bases éphémères (voire inexistantes) dans les textes bibliques.

Sans me lancer dans une traduction des textes anciens; prenons simplement une réflexion logique qui mettent simplement a mal – cette conception moderne des "chretiens" sur la monogamie et la polygamie>

- Est-ce que le concept dans la Bible ne serait pas plutôt le mariage vs la promiscuité que un vs plusieurs "partenaires"?
-Est-ce que le concept dans la Bible ne serait pas plutôt au sujet de comment régler le problème sexuel de "bruler" (sexuellement) et provoquer la promiscuité (et les excès sexuels) que mono ou poly?
- Si le sujet était si tabou pour Dieu, comment se fait-il que l’on en parle pas ou si peu (et dans le "nouveau testament", c’était en fin de compte pour répondre a une question posée a l’Apôtre Paul par les croyants de Corinthe – Paul était vraiment préoccupe par d’autres choses que le sexe.
- Si le sujet était un "péché" pour Dieu; comment ce fait-ils que les "potes" de Dieu comme Abraham (il a été officiellement été appelé un ami du créateur en personne) est un polygamiste notoire
- Drole de Dieu qui considère un tel acte, criminel mais OK d’avoir de tel criminel pour copain, au point de dire a tous les croyants des generations a venir pour l’Éternité; d’imiter l’exemple d’Abraham
(si je suis logique – a l’absurde – alors ça devrait être obligatoire d’être polygamiste)
Ah et plus horrible, il va (ce Dieu) a plusieurs occasions dire dans les textes bibliques que l’on recours a la polygamie pour surmonter tel ou tel problème (un frère qui doit prendre – et c’est une obligation – sa belle-sœur comme épouse pour subvenir a ces besoins a la mort du frère)
le roi David qui prend Betsheba comme nouvelle épouse pour continuer la lignée qui doit mettre au monde le Messie et le reproche fait a David est d’avoir été adultère et criminel (il fait tuer le mari) mais jamais (au contraire) il ne lui est reproche sa polygamie.
Etc, etc, etc…. la liste est longue.

Ah et maintenant une de ces fameux versets du "nouveau testament" (rappelez-vous il y a en moins de 10) dans un contexte qui est effectivement adressé aux chrétiens de l’après pentecôte
- "une seule chair" (bâtir une entière théologie en mettant en contradiction une poignée de versets et de tant de passages bibliques – j’espère que les étudiants ne sont pas notes de cette façon-la)
ah qu’est-ce que l’on peut pas bâtir comme doctrine centenaires, sur quelques mots –

Donc si "une seule chair" était égale a "monogamie" ou même cette expression était utilisée pour impliquer que on doit seulement "s’unir" a une seule femme (ou un seul homme pour la polyandrie) – genre donc – "tu vois" on doit être une "seule chair" alors un/une seul/e epou/se – on a un problème avec les versets du "nouveau testament"
L’expression est utilise dans
- Matthieu 19 – Marc 10:8 – 1 Corinthiens 6:16 – Éphésiens 5:31
Or en Corinthiens il est dit ceci:
"Loin de là! Ne savez-vous pas que celui qui s’attache à la prostituée est un seul corps avec elle? Car, est-il dit, les deux deviendront une seule chair"
Oops, des siècles de doctrines religieuses sont remis en question ici!
Comment?
Ben oui si "une seule chair" = monogamie (tel: une seule épouse) qu’est-ce que ce verset au sujet d’aller avec une prostituée se met a nous reprendre la même terminologie????
en plus, il fait aussi référence a la Genèse (d’où vient la première utilisation de l’expression)
Comment puis-je faire "une seule épouse" avec la prostituée qui par définition n’est pas la seule femme que le gars a du "connaitre"?
Cela voudrait-il nous dire que si un "chrétien" va voir une prostituée (et il ne devrait pas) ah Ooops la loi devrait l’obliger a aller voir seulement cette prostituée (comme client) pour le reste de sa vie? – ben quoi, ils sont une seule chaire, aka sa seule prostituée? pas logique alors?
Ah la la, le bourrage de crane ça marche si bien en religion et en politique… que les gens lisent pas ce qui est écrit noir sur blanc.

pour couper court a une longue exégèse biblique "une seule chair" n’a rien a voir avec "une seule épouse" – d’ailleurs dans le contexte des versets ou l’expression est utilisée – on ne parle jamais de monogamie versus polygamie mais d’autres sujets et idées.

Peut-être que Dieu n’en a rien a foutre de la monogamie ou de la polygamie, d’ailleurs?
D’ailleurs ne serait-ce pas plutôt une question de
mariage, famille, fidélité, construction, pérennité, de vie, d’amour, d’enfants, …
versus
promiscuité, esclavage, utilisation du sexe pour le profit, divorce, avortement, adultère
(ouI, vous vous souvenez que le sujet d’adultère est plus souvent cité que la monogamie ou "une seule Chair", DANS LA BIBLE – NON?)

Alors de grâce, arrêtons de dire que la foi chrétienne interdit la polygamie et rend la monogamie obligatoire
car la seule chose d’obligatoire dans ma foi Chretienne est celle-ci:

[Matthieu 22:
36 Maître, quel est le plus grand commandement de la loi?
37 Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.
38 C'est le premier et le plus grand commandement.
39 Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
40 De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes]

VOILA!
soyez de heureux chrétiens monogames ou polygames! Amen!

pour finir par un contexte social et psychologique:
les critiques donnes contre la polygamie ou les soi-disantes vertus de la monogamie contre la polygamie,
n’ont en fin de compte rien a voir avec le point du nombre de partenaires mais sont des problèmes familiaux, sociétal, etc.. que l’on retrouve dans les 2 modèles (violence, divorce, éducation des enfants, …)
et certains des points mis sont la polygamie se retrouvent dans le fait du nombre des individus et sont des problèmes que l’on retrouve chez toutes associations (regroupement humains)
ils apparaissent en monogamie aussi mais sont moins "rapides" car les individus ne sont pas regrouper comme en polygamie.
ET de grâce, la jalousie des femmes – vous plaisantez – elles sont jalouses pour toutes sortes de sujets et même au sujet d’un seul homme même quand elles ne sont ni unies, maries, ou même d’avoir eu de relations sexuelles avec lui – elles sont capables d’être jalouses a son sujet. Avez-vous travailler avec des femmes? et comment elles peuvent réagir entre elles si une a une promotion et pas l’autre? D’ailleurs c’est pas le domaine exclusif des femmes, messieurs!

Ce qui est beau et autoriser, c’est une famille unie, prospère et avec des enfants (monogame ou polygame) ou chaque membre est respecte et a droit a la parole et tous marche a l’unisson et en harmonie>
De grâce, laissez les gens s’assembler comme il le désire
Soyez plus dur pour les casseurs de familles, les adultères et gens sans amour et laissez les polygames tranquilles>

5 04 2013
yann beauvois

Ce commentaire qui a été fait précédemment est symptomatique d’un phénomène que l’on peut retrouve dans beaucoup de dogme religieux et politique (plus spécifiquement que l’on retrouve dans les pratiques de mouvements religieux ou de partis politiques)

[Pour moi c’est simplement une atteinte à la liberté des droits de l’homme, et une injustice faîte aux femmes qui ont décidés de vivre dans l’effacement à n’être que madame x ou y]

C’est a dire l’exclusion et le dénigrement:
ce que je "n’apprécie pas" (voir pire) je le méprise!
Ce qui permet de clore le "bec" des "pro" car ils sont méprisables (ils sont mauvais) et donc on implique que l’on ne saurait même pas les écouter dans leurs arguments (voir souvent même leur laisser la parole)

Cette attitude est purement anti-democratique et la forme la plus simple de censure!

Ici on utilise pour justement justifier une atteinte aux droits de l’homme (le droit de choisir comment nous nous assemblons et d’être polygame) au nom des droits de l’homme – ahahahaha
Comme en France, en moment, ou il est interdit de parler de certains sujets sous peine d’amendes ou de prison … dans le pays de la liberté d’expression …. ???

et le dénigrement:
évidemment toute femme qui est dans un mariage polygame est "effacer", voire forcer de vivre comme cela, cela ne saurait en être autrement, comment une femme accepterait librement un tel "esclavage"?
C’est évident qu’aucune femme en mariage monogame n’a jamais été forcer a vivre en monogamie depuis des milliers d’années de pratique monogame?
Si elle n’a pas été forcer d’une façon ou d’une autre a cette polygamie – elle doit être folle, il y a pas d’autre possibilité!
Et les femmes en monogamie, ne subissent pas d’injustice a supporter sur leurs épaules, souvent, tout le poids d’une famille???
on doit pas vivre sur la même planète.
merci les "féministes" – je vois que la solidarité feminime va fort!

Au fait, je parle pas des médias et de la propagande que ce soit sur la polygamie ou un autre sujet comme – .. je sais pas – … la lutte anti-terroriste (au passage, les plus grand terroristes historiquement – ce sont les gouvernements, si vous ne le saviez pas)
Je suis sur que l’image et les informations que les pays anti-polygamies propagent dans les médias sont pleins de vérités et de faits sur le sujet!.
C’est évident,
Les Armes de Destruction Massive de la polygamie – Vous verrez, ils finiront bien par les découvrir, a force de creuser le sujet!

18 03 2014
assako nicaise

je suis camerounaise,32 ans,née dans une famille polygamique;jai moi meme essayé la polygamie à ma 29eme année.En Afrique meme avec un régime matrimonial monogamie l’homme peut reussir à imposer à la femme la polygamie:car l’infidelité en afrique ne surprend personne.Avec mes experiences la polygamie apporte plus de malheur que de bien; que de coeurs brisés,que d’enfants abandonnés,que de promiscuité…elle doit etre interdite dans tout le monde entier

21 03 2014
yann beauvois

parlez-vous de polygamie ou d’infidélité?

Il est important de comprendre que dans la bible – monogamie ou polygamie est basée sur le mariage et les engagements qui y sont attaches>

Toutes les expériences et les faits qui sont reproches a la "polygamie" (on veut dire "polygynie")
sont des problèmes qui sont également le lot des couples monogames.

Vous le dites vous-mêmes sans le voir peut-être :
"a imposer a la femme" – " infidélité… ne surprend personne" – "polygamie apporte plus de malheurs" – "enfants abandonnes" – "promiscuité"

la polygamie n’apporte rien de plus (ou moins) que la monogamie;
ce sont les gens par leurs actions qui apportent cela.

il y autant (voire plus) de troubles (ceux que vous cites) dans les sociétés monogames obligatoires que la ou il y a polygamie.

1) infidélité, adultère: allez avoir du sexe en dehors du mariage (et plus encore) _ jamais entendu parlé des maitresses des français? sport national.
2) manque de communication et de respect de la parole des membres de la famille
3) mariage forcé et non consenti (femmes mais hommes aussi)
qui existe autant en monogamie que polygamie [et le divorce forcé – je suis sur que l’on en parle pas de ça – eh oui divorce forcé – un sport national dans les mariages monogames.
4) promiscuité: utilisation du sexe sans barrière comme on change de chemise – a l’appel des pulsions – jamais entendu parler des orgies, plages sexuelles, clubs échangistes, etc… en France; ou tous sont des participants monogames?

Ne savez-vous pas que les Occidentaux avec leur liberté sexuelle combinée a la monogamie obligatoire sont les champions des avortements, des divorces, des abus sexuels en tout genre, des familles monoparentales et des familles brisées?
bel exemple, les faits montrent la supériorité d’un tel choix de société – non?

Je ne connais pas vos expériences mais je parie que cela rentre dans les catégories que je mentionne entre 1) et 4)

je le répète le problème n’est pas monogamie vs polygamie;
le problème est
- manque d’amour, de respect,
- manque de fidélité aux engagements (voire il y a aucun engagement maintenant – "on verra")
même les ancêtres en Afrique respectait le mariage (l’engagement) vérifiez les coutumes ancestrales.
- promiscuité sexuelle (faut avoir combien de partenaires dans sa vie pour être cool et "libéré" – le sexe, c’est juste comme avaler une banane?
- plus besoin d’être père, voire pire même être mère – les enfants s’élèvent tout seuls? couples homosexuels (pas besoin d’un père et d’une mère) …
- mensonge et cachoterie – chut, on a plusieurs vies parallèles (un problème pas que dans la famille – combien de gens pensent que mentir, c’est OK! voire même nécessaire pour réussir dans la vie)
- violence physique et psychologique (la force pour ne pas voir ses peurs et accepter les critiques)

une famille polygame qui se respectent entre eux, qui gardent les engagements, qui élèvent les enfants en commun, qui ne pratique pas les relations sexuelles hors mariage, qui n’utilisent pas la violence (physique ou psychologique) comme outil de gestion des relations, qui pratique l’humilité et le pardon – c’est beau a voir! pas une horreur, une anomalie, simplement car ils sont polygames.

enfin le stéréotype de la jalousie:
les êtres humains peuvent être jaloux de leur ombre;
les femmes peuvent être jalouses sans mari, sans homme a se disputer;
et la jalousie en vérité cache une PEUR, un orgueil, un désir insatisfait – cette jalousie sera la, même chez les monogames, même sans raison d’être – le remède? l’amour, c’est a dire communiquer et remplir les vides, calmer les peurs, donner a tous ce qu’ils ont besoins sans discrimination (car c’est l’engagement du mariage)
puis chaque membre doit s’engager a donner les uns aux autres et penser a se servir les uns les autres avant de se servir soi-même.
La polygamie peut être un formidable creuset pour apprendre a être un vrai chrétien; en fait, c’est la famille qui est le point important (monogame ou polygame)

c’est surtout une question de choix; être monogame ou polygame, ne vous rendra pas heureux ou "réussi" mais la polygamie vous fout sur la gueule plus vite que la monogamie car comme toutes situations de groupe, on découvre plus vite qui on est vraiment que en étant tout seul> on découvre vite de quoi est fait la personne.

Il est pas question de dire on doit être ci ou ça – que c’est une obligation dans un sens comme dans l’autre – laissez le choix aux gens
et si vous avez ratée votre expérience, ne dites pas aux autres qu’ils la rateront aussi obligatoirement; laissez leur le choix>

L’interdiction est un fascisme bien-pensant mais aussi criminel que ceux qu’ils veulent "punir"; c’est un mensonge qui cache les véritables problèmes et la douleur de celui qui est (ou se sent) victime; et qui ne résout rien, qui n’enlève pas les ombres du passé et qui ne sont que le résultat de la vengeance et d’une blessure toujours ouverte.

L’amour est la véritable réponse a nos problèmes humains et de sociétés;
mais on dirait que le message donné il y a déjà 2000 ans est trop dur a comprendre et a mettre en pratique.

Je suis désolé pour votre mauvaise expérience (mais elle aurait pu être dans le cadre d’une monogamie – je connais plusieurs hommes et femmes qui ont subis les mêmes choses en monogamie)
Je souhaite que vous guérissiez et voyez que d’autres choix sont possibles et que vous rencontriez l’homme et les amis qui vous rendront heureuse (monogame ou polygame)

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